Sujet
Économie
Sahara. Le ras-le-bol de Kofi Annan
2M. Samira contre le reste du monde
Tunisie. L'autre plus beau pays du monde
Hommage. Les années Lemchaheb
Série : Femmes à poigne. 3. Nora Jamaaoui, Madame l'entraîneur
N° 148
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Hydrocarbures. Le gouvernement divisé sur le gasoil

Le gasoil propre remet le dossier de la Samir sur la table. Le gouvernement est divisé sur la décision à prendre.


Explication : en décembre 2002, un arrêté ministériel décrète, à partir de septembre 2005, l’élimination du 10.000 ppm (gasoil ordinaire). Actuellement, le Maroc importe à peu près 100.000 m3 du gasoil 350 ppm (gasoil à faible teneur en soufre, dit propre), commercialisé au prix moyen de 7 DH le litre. La cible visée par ce produit se limite aux propriétaires de véhicules dotés de moteurs HDI et TDI. Mais il semble qu’une bonne partie des consommateurs ont viré vers ce combustible. Ce qui s’accorde avec les revendications des concessionnaires de véhicules qui réclamaient depuis des années l’introduction du 350 ppm. Or, même si les consommateurs sont preneurs, sa généralisation pose des problèmes et pour la caisse de compensation et pour la Samir. Notons que le prix actuel du 350 ppm décourage une reconversion massive des consommateurs vers ce produit. Pour cause, l’État ne peut le subventionner pour aligner son prix sur celui du gasoil ordinaire. D’un autre côté, la Samir ne pourrait accepter la généralisation de ce produit dans les conditions actuelles, car elle ne peut le produire. Selon ses défenseurs, le raffineur peut être prêt en 2007. Une source proche de Talbi Alami, ministre chargé des Affaires générales, reconnaît que le Maroc a pris des engagements pour s’aligner sur les standards internationaux. L’option de l’importation de la totalité des besoins en gasoil 350 ppm après sa généralisation ne pose pas de problème. Mais cela réduira à néant les efforts de la Samir qui réclame le report de l’application des engagements de l’État. La solution qui serait actuellement plausible est de pousser la Samir à la fabrication de gasoil 2000 ppm, moins polluant que l’ordinaire. Il n’y aura pas d’impact sur le prix de vente. Une source au ministère de l’Énergie souligne qu’il suffit que le raffineur s’approvisionne en brut de bonne qualité. Cela aura un léger impact sur les marges du raffineur. En tout cas, le dossier est actuellement chez la Primature qui doit trancher en fonction des enjeux du pays et des engagements qu’il a pris.


Loi des finances. Jettou s’explique

Le Premier ministre a entamé une campagne d’explication des circonstances et des choix de la loi des finances 2005. La première étape a été d’inviter la presse lundi dernier et de rencontrer le patronat jeudi soir à Casablanca. Le but de ce road show est de mettre en valeur le caractère volontariste de la loi des finances. Et il aura de la peine à passer ce message. En revanche, sur le volet contrainte, la Primature a su lors de sa rencontre avec la presse démontrer que la pression exercée sur le budget n’aura pas d’impact sur le social. D’ailleurs, Driss Jettou a tenu à souligner que les arbitrages effectués au moment de l’élaboration de la loi des finances 2005, ont toujours été en faveur des secteurs sociaux. Le premier bénéficiaire est le ministère de l’Éducation nationale, suivi de celui de la Santé, de l’Habitat et celui de la Jeunesse. La priorité a donc été orientée vers le social. Reste à le prouver.



Khalid Tritki
Le consommateur est mineur

Quelle est la marge de manœuvre dont dispose le consommateur ? Aucune. Son seul choix est d’aller vers les produits de contrebande. Mais restons dans un monde idéal où toutes les frontières sont bien gardées, et surtout bien définies. Dans bien des cas, le consommateur est mis devant le fait accompli. Surtout au niveau des services. N’avez-vous pas remarqué que vous signez des contrats types qui ne sont pas négociables et qui vous sont opposables quand vous n’êtes pas contents ? Ne vous êtes-vous jamais
trouvés dans des situations gênantes, voire pénalisantes, dont on ne vous a pas informé avant la signature du contrat ? Combien de fois, vous êtes-vous vu refuser des dossiers médicaux, pourtant en règle ? Combien de fois a-t-on majoré vos pénalités sans vous en informer auparavant ? Les cas ne manquent pas. Le constat est clair. Le consommateur n’a pas droit à la parole ni aux recours. Il est à l’image d’un mineur dépourvu de discernement qui subit la loi de son tuteur avec un flegme presque britannique. Et pourtant, nous avons un tempérament méditerranéen qui nous pousse à réagir avant de réfléchir. Le système ne nous le permet pas, en tout cas, pas tant que nous sommes sous tutelle. La loi censéé nous protéger sommeille et nos défenseurs laissent faire car pour eux, libéralisme est synonyme de diktat.


Coopératives. De la fiscalisation à la réforme

La polémique sur l’imposition des coopératives à caractère commercial s’élargit. Selon Adil Douiri, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale, en réponse mardi dernier à une question orale au Parlement, il faut faire "le distinguo entre une véritable coopérative et une société commerciale ou artisanale qui a des objectifs différents de la coopérative". Le mot est dit. En plus de la fiscalisation, le gouvernement va vers la redéfinition de la coopérative et de ses objectifs. Dans la foulée, l’office en charge de ce secteur renaîtra de ses cendres. Il reste maintenant à savoir comment le gouvernement va concilier entre l’impératif de développement de l’économie sociale et la transformation de la coopérative. Sachant que cette dernière se propose comme le cadre idéal pour développer des activités commerciales locales.


Paiement. Le retard est un sport national

La fédération des PME a organisé, mercredi dernier, une conférence sur les délais de paiement. La problématique est sensible, justifiant ainsi la forte présence au ftour de la fédération. Au menu, des juristes et des financiers ont débattu sur les techniques qui permettent de minimiser l’impact des retards de paiement. Factures, bons de commande et de livraison, informations sur le client… des précautions permettent de sauver les meubles. Toutefois, les rapports de force entre clients et fournisseurs ne laissent pas de marge de manœuvre.
Les intervenants ont rappelé que la fédération est actuellement en négociation avec le gouvernement pour la réforme de la loi sur la concurrence. Le but est de cadrer les délais de paiement, de sorte à éviter l’asphyxie des entreprises. L’option d’externaliser le recouvrement vers des sociétés spécialisées a également été évoquée. Il reste cependant, et là c’est un constat de fait, à changer les mentalités.



Les off

CGEM. Scrutin de liste ?
La Confédération patronale a réuni mardi dernier son bureau pour discuter de la réforme des statuts. La formule qu’a présentée le comité en charge de ce dossier n’a pas été retenue. D’ailleurs, aucune résolution n’a été prise lors de cette rencontre. Les propositions de réforme continuent à s’entrechoquer. La plus originale est celle présentée par Ahmed Benkirane, en charge de la médiation sociale au sein du patronat. Benkirane a, en effet, déclaré que la CGEM devrait instaurer un scrutin de liste, donc une équipe et un programme. Venant d’un coopté, la proposition est séduisante.

Banques. Road show en janvier
La Fédération des Services financiers, le groupement professionnel des banques du Maroc et la fédération de la PME entameront un road show en janvier prochain. L’objectif est d’aller vers la demande régionale tout en réglant les dossiers en suspens. Les partenaires chercheront ainsi des solutions pour les dossiers qui n’ont pas réussi à trouver un financement. Cette initiative s’inscrit dans la tendance de rapprochement entre les banques et les PME. D’ailleurs, la Banque Populaire a proposé un partenariat à la FPME dans le cadre de son positionnement sur ce créneau.


Bourse. Panique à la Bourse de Casablanca

Non seulement la baisse se confirme, mais elle enregistre des records. Cette semaine (du 22 au 28 octobre), le Masi a chuté de 20 %, une contre-performance jamais enregistrée dans l’histoire de la Bourse. Selon les analystes, il n’y a aucune raison directe qui justifierait cette baisse brutale. Il n’en demeure pas moins que des facteurs psychologiques tirent la Bourse vers le bas. L’accord d’Agadir et la flambée du prix du pétrole en font partie. L’attente de l’introduction d’une valeur aussi liquide que Maroc Telecom en est un autre facteur. Toutefois, cela n’explique pas le comportement des institutionnels, dont la course vers la vente a fait planer la panique sur la Bourse de Casablanca. "Du coup, tout le monde s’est rappelé la dégringolade des années passées. L’essentiel maintenant est le sauve qui peut", commente un observateur de la place casablancaise.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés