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Économie
Affaire Mandari. La version Ouamoussi
N° 149
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Pêche Une zone franche à Dakhla

Objectif : attirer la production mauritanienne et préparer une "bourse de la sardine".


L'Office national des pêches lancera le mois prochain une étude de programmation et de développement d’une zone franche à Dakhla. C’est une première dans la vie de l’Office. Et il a raison de cibler cette région. L’initiative s’inscrit dans le cadre du fameux plan à 7 milliards de dirhams pour développer les provinces du Sud. Le coût global de cette étude est de 3 millions de dirhams, financés par des chambres de commerce, le ministère de l’Industrie, l’agence du Sud et, entre autres, l’ONP. Les conclusions de l’étude serviront à créer une zone franche à Dakhla. Pourquoi là ? Parce que Dakhla est la ville la plus proche de ce qu’on appelle dans le jargon marin le "stock C". C’est une zone maritime riche en pélagique (sardines, maquereaux…). Fermée à la pêche depuis 1998, elle a été réouverte à l’exploitation de la zone par tranches de tonnages. La première, de 200.000 tonnes, a été attribuée à des Russes. L’ex-ministre de la Pêche a attribué des licences de pêche à des Marocains pour l’exploitation de 200.000 autres tonnes. Il s’agissait d’une compensation sur la perte de l’activité de congélation du poulpe. Les 400.000 tonnes restantes feront l’objet de projets intégrés (pêche et investissement à terre). Si la capacité du stock C est entièrement libérée (800.000 tonnes), le port de Dakhla constituera un marché important pour le pélagique. Mais ce n’est pas suffisant pour la création d’une bourse du pélagique qui aurait un poids sur la détermination des prix au niveau régional, voire international. La création d’une zone franche le permet. Son but est d’attirer le volume de pêche réalisé en Mauritanie (de 400.000 à 600.000 tonnes). Le cas échéant, la région de Dakhla disposerait, en plus du port, d’une zone aménagée pour accueillir des investissements à terre, surtout l’industrie de conserve. Le projet est, selon un opérateur du Sud, ingénieux, encore faut-il que les politiciens ne s’en mêlent pas.


Agriculture Les premiers chiffres de la campagne 2004-2005

La campagne agricole commence sous de bons auspices. Les premiers chiffres sur la pluviométrie estiment les réserves en eau des barrages à 7 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 54%. C’est le Haouz qui affiche le taux le plus élevé (72%), suivi du Gharb (69%) et du Tadla (61%). Côté culture, la superficie totale travaillée en céréales d’automne s’élève à 1,4 millions d’hectares, soit le même niveau que l’année dernière. En revanche, la betterave sucrière affiche une hausse de 40% par rapport à la campagne précédente avec 53.900 hectares sur une superficie prévisionnelle de 70.000 hectares. Côté production, les prévisions tablent sur une baisse des produits oléicoles à 500.000 tonnes, soit 50% de moins que l’année précédente. Cette matière engendrerait 50.000 tonnes d’huile de table et 90.000 tonnes d’olives de table industrielles.



Khalid Tritki
Ramadan. et productivité

Le ramadan touche à sa fin. L’économie reprendra "son cours normal". C’est en tout cas ce que pensent beaucoup de gens. Plus encore, selon un journaliste, très bien informé d’habitude, le roi Hassan II avait commandé une étude sur l’impact du ramadan sur la productivité. Selon la même source, les résultats de l’enquête étaient négatifs, mais le défunt roi a préféré garder le secret, raison politique et religieuse obligent. Le ramadan est-il réellement la cause directe de la baisse de productivité ? J’en doute. Il est clair que les
signes ostentatoires de la productivité disparaissent, comme les colloques, les séminaires de formation, les conférences et déjeuners d’affaires… Mais le rythme de travail réel reste le même. Les usines sont ouvertes, le pointage y est toujours pratiqué, le taux de production horaire aussi. Bref, Ramadan est un prétexte pour valider un comportement structurel de l’économie nationale. Celle-ci avance à pas de tortue. Le taux de croissance, hors agriculture, ne dépasse guère 3%. Ramené au taux de l’évolution démographique, la croissance est pratiquement nulle. Et le ramadan n’a rien à voir là-dedans. Le Maroc fait du surplace pendant et hors ramadan. Et si on valide la théorie de la baisse de productivité lors du mois de jeûne, le Maroc se découvrira une particularité : ramadan dure 365 jours et non pas 30. À quand l'Aïd ?


Transport. M’dina Bus roule à Casa

Remplaçant l’antique RATC (Régie autonome de transport de Casablanca) M’dina Bus est entrée en service depuis lundi 1er novembre. Avec un tour de table constitué de quatre opérateurs, El Bahja Bus, Haddou Bus, Finance.com et la RATP française, la nouvelle société prend un pari difficile, mais pas impossible à tenir. Elle a pour mission de redresser une régie sous perfusion depuis des années. La prudence est donc de mise. Le concessionnaire le sait. Il entame son périple par l’introduction de 320 bus pour alimenter le parc. Il s’agit de véhicules d’occasion, amortis dans les rues de Paris. Avant fin 2004, le parc de M’dina Bus sera de 450 bus pour 60 lignes exploitées. Le business plan prévoit la mise en service de 600 bus à l'horizon décembre 2005 pour atteindre 1200 bus en 2009. Les lignes en exploitation exploseront également. De 42 lignes actuellement, elles passeront à 75 en 2009. Pendant la phase de lancement, le prix des tickets ne connaîtra pas de changement (2,5 DH). Une augmentation de 20 centimes est prévue à partir de l’année prochaine.


Social. Laenser esquive

Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Mohand Laenser a reçu mercredi dernier les représentants du Syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière. L’entrevue s’est déroulée dans de bonnes conditions. Pour le syndicat, il fallait convaincre le ministre de la nécessité de mettre en place un fonds de prévoyance sociale et de mettre fin au transfert des quotas d’un navire à un autre. Le ministre a promis d’étudier les deux propositions. Sauf que pour le fonds de prévoyance sociale, le délai est serré. La loi des finances est déjà au Parlement et il ne sera pas facile à Laenser de forcer la main à Oualalou, son collègue aux Finances. C’est la raison pour laquelle le syndicat maintient son sit-in mardi prochain (la fameuse "nuit du 27 ramadan") devant le siège du ministère de la Pêche à Rabat. Qui sait, cela pourrait aider le ministre. À moins que son ton rassurant ne soit une esquive. Nous verrons.



Les off

Télécoms. Le régulateur en conseil lundi
L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) tient son conseil d’administration lundi 8 novembre. Selon une source autorisée, le conseil traitera de la libéralisation de la (ou des) licence(s) à venir. "En principe, la configuration de l’appel d’offres et le calendrier de la libéralisation seront fixés lundi", précise la même source. Rappelons qu’un conseil d’administration s’est tenu en début d’été, mais ses résolutions n’ont pas été retenues et le lancement de la licence, prévu pour septembre, a été retardé. L’introduction en bourse de Maroc Telecom y est sans doute pour beaucoup.


Agro-alimentaire. Jettou boude le chocolat
Lors de la tenue du conseil national du patronat, jeudi 28 octobre, l’association des biscuiteries, chocolateries et confiseries a interpellé le Premier ministre au sujet de l’imposition du sucre. Driss Jettou, qui était l’hôte du conseil, n’a pas mâché ses mots. Devant un parterre de plus de 60 personnes, il a répondu de manière virulente. Il a fait savoir au président de l’association, Hakim El Marrakchi, qu’il n’a pas apprécié que ce dernier attaque le gouvernement en justice. La Primature aurait préféré que l’affaire soit réglée à l’amiable.


L’effet Maroc Telecom

Lundi a été une journée d’espoir à la Bourse de Casablanca. La place a rompu avec la tendance baissière qui dure depuis presque deux semaines. Le Masi a pris 1,62 %, s’établissant à 3.998,22 points. Mais la fête a été courte. Deux jours après, la place a sombré encore une fois. La Masi a cédé 0,64 %. L’évolution de l’indice boursier ne trompe plus. La Bourse de Casablanca vit un désengagement en préparation à l’introduction de Maroc Telecom. La plupart des grandes valeurs sont vendues par les institutionnels, pour s’assurer le maximum de liquidités, en prévision de l’arrivée de "l’opérateur historique", considéré d’avance comme un placement prometteur sûr (au moins) durant les 5 prochaines années. Ce type de mouvement est constaté à chaque nouvelle privatisation qui passe par la bourse. Vu le nouvel entrant, on comprend que l’ampleur du mouvement boursier soit sans précédent.

 
 
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