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Économie
Affaire Mandari. La version Ouamoussi
N° 149
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Je fais de la politique par dépit"

Antécédents
Mohamed Alouah
(Fondateur du Parti libéral
réformateur)
    1948. Naissance à Fès
    1968. Diplôme d’ingénieur physicien à Lyon
    1985. S’expatrie en Arabie Saoudite pendant 5 ans
    2002. Crée le Parti libéral réformateur (radical nationaliste)
    Écope de 10 ans, puis de 10 mois de prison, pour avoir déclaré que "l’Algérie colonise 700.000 km2 de terres marocaines"
    Annonce l’organisation, en janvier, d’une assemblée exceptionnelle du Polisario à Agadir.

Smyet bak ?

Brahim Ben Ahmed.

Smyet mok ?
Ghita bent Lahcen.

Nimirou d’la carte ?
D 91 481.

Vous annoncez la tenue prochaine d’une assemblée générale du Polisario à Agadir, alors que vous sortez de prison. Ils vous manquent déjà, vos copains de cellule ?
Je fais de la politique par conviction et je défends mon pays. Depuis 1973, aucun gouvernement n’a déstabilisé le Polisario en tant qu’entité, alors que d’un point de vue stratégique, c’est la première chose à faire. Mon objectif est clair. Plus de 60 % des membres du Polisario sont rentrés au Maroc. J’organise donc une assemblée exceptionnelle conformément aux statuts du Polisario. Si j’arrive à obtenir le quorum, je fais une OPA et je sors Abdelaziz.

Et vous arrivez à garder votre air sérieux en disant ça, bravo !
C’est sérieux.

C’est ridicule, oui ! Où dénicherez-vous des membres du Polisario prêts à se montrer en public à Agadir ?
Des ralliés, il y en a des tas. Je ne parle pas des gugusses de Tindouf. Au Maroc, on a de quoi créer un second Polisario, si on veut.

À quoi bon, on a déjà assez de problèmes avec le premier… Ar roujouâ lillah a Si Alouah !
Un second front qui s’opposera au premier, qui ne lui laissera pas le champ libre.

L’idée en soi n’est pas mauvaise, mais pourquoi parlez-vous de Polisario ? Ces gens sont Marocains aujourd’hui, des repentis !
Ce sont des égarés qui ont redécouvert leur flamme nationaliste.

Un homme qui tue et torture au nom d’une idéologie n’est pas un égaré ?
Sa Majesté les a blanchis, c’est une page qui a maintenant été tournée.

C’est votre avis, mais revenons à votre congrès. Il y a des gens qui vous suivent ou est-ce que vous vous excitez tout seul ?
J’attends la réaction du ministère de l’Intérieur, mais elle tarde à venir. Je suis prêt à engager un dialogue avec le ministère s’ils veulent m’aider.

Vous faites de la provocation quoi, comme d’habitude ?
J’ai dit que j’attendais la réaction du ministère.

Hassan II et Basri ont, pendant des années, entretenu des négociations secrètes avec le Polisario, sans résultat. Vous pensez, sérieusement, pouvoir faire mieux ?
Je me bats sur un terrain diplomatique. Alors que l’Algérie a toujours été d’attaque, nous préférons la diplomatie des sentiments. Il ne suffit pas d’avoir des idées. Il faut passer à l'action pour bousculer les choses. Je trouve qu’on respecte trop l’Algérie. C’est un pays bourré de faiblesses, qu’on n'essaye même pas d’exploiter.

Vous avez invité Hadrami à votre congrès ?
C’est un gouverneur, mais pourquoi pas ? Je vous ai dit que j’attendais la réaction du ministère pour entamer mes contacts. Je suis un rationnel.

Plutôt déséquilibré, vous ne pensez pas ?
Selon la version officielle du procès, peut-être. Mais aujourd’hui, tout le monde sait que j’ai servi de bouc-émissaire. Je suis sain d’esprit, maître de l’univers et de moi-même.

Mais personne ne vous prend au sérieux, vous le savez ?
Je suis un réformateur, et c’est rare dans ce pays. Il y a des lobbies qui ne veulent pas de ces réformes.

Vous savez, vos idées ne sont pas toutes mauvaises, mais il vous manque un peu de crédibilité, un brin de sérieux, moins de sensationnel…
La créativité est rarissime chez nous. Je préfère les actes aux paroles.

 
 
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