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Par Driss Ksikes
Gilles Kepel, entre jihad et fitna
Gilles Kepel est un excellent bricoleur de la réalité islamique. Dans son dernier livre, Fitna, guerre au cur de lislam, il appréhende, avec une vision panoramique et une justesse conceptuelle, le retour du balancier après le 11 septembre. Dune guerre de jihad (propagation de la foi par le livre ou l'épée), conçue par les extrémistes pour "frapper lennemi lointain", nous sommes passés à une fitna (sédition centrifuge) au sein même de lespace vital de lislam.
Le présupposé est clair : lislamisme conquérant, anti-occidental, pyromane a buté sur le néo-conservatisme va-t-en guerre, néo-impérial de Washington. Résultat : Al Qaïda, de plus en plus perçu comme une nébuleuse aux contours diffus, nest pas éradiquée, mais son foyer |
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(Afghanistan) est mis à mal et son centre névralgique (le Moyen-Orient) est soumis à un remodelage forcé. Le deal, hier encore valide - "ton pétrole contre mon indifférence" - nest plus de mise.
Aujourdhui, lIrak est une boîte de Pandore ouverte sur toutes les dérives. LArabie Saoudite, un allié soumis à toutes les critiques. Tout cela ne mènera ni à la démocratie promise, ni à la paix espérée. Le but, explique Kepel, "est damorcer le nouveau siècle américain cher aux néo-conservateurs", avec une priorité en tête : la sécurité dIsraël, la discorde au sein des Arabes et la mise en échec du terrorisme. Critique, nullement dupe, Kepel ne souscrit pas à cet agenda fascisant, mais reconnaît que la guerre qui traverse lislam est attisée au cur de lEurope judéo-chrétienne et laïque. Avec des modèles dintégration sociale en panne, un réservoir dactivistes prompts à agir et une idéologie islamiste, identitaire, extranationale, le risque dembrasement est gros. Personne nest à labri de la fitna, le monde musulman en premier.
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Poésie. Fouad Laroui en hollandais
La semaine prochaine, paraît en Hollande le deuxième recueil de poésie de Fouad Laroui. Installé à Amsterdam où il enseigne léconomie (on a tendance a loublier), le romancier et nouvelliste, connu pour son sarcasme et ses récits à la limite de lallégorie, sadonne, à ses heures perdues, à la composition de vers en néerlandais. Son premier recueil, Mots en exil, paru en 2002, lui a valu une nomination au prix littéraire le plus prestigieux sur place. Aujourdhui, il récidive avec Mots hollandais un aller-retour entre scènes banales, futiles, cocasses, tristes (cest selon) saisies au gré de ses pérégrinations à Amsterdam, Tanger, Casa ou ailleurs. Lécriture dans cette langue, qui lui est doublement étrangère, "me permet de faire plus de recherche, déchapper à la facilité du français", reconnaît-il. Au bout du compte, cela donne 33 poèmes courts et denses. Pourra-t-on un jour les apprécier en français ? Laroui n'en est pas encore là. Ce sont juste des coups d'essai qu'il fait en dilettante. Et puis, les droits d'auteur étant onéreux en Hollande, il faudrait que le jeu en vaille la chandelle. Or la poésie n'enrichit pas son auteur. |
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