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Affaire Mandari. La version Ouamoussi
N° 149
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

Gilles Kepel, entre jihad et fitna

Gilles Kepel (AFP)
Gilles Kepel est un excellent bricoleur de la réalité islamique. Dans son dernier livre, Fitna, guerre au cœur de l’islam, il appréhende, avec une vision panoramique et une justesse conceptuelle, le retour du balancier après le 11 septembre. D’une guerre de jihad (propagation de la foi par le livre ou l'épée), conçue par les extrémistes pour "frapper l’ennemi lointain", nous sommes passés à une fitna (sédition centrifuge) au sein même de l’espace vital de l’islam.
Le présupposé est clair : l’islamisme conquérant, anti-occidental, pyromane a buté sur le néo-conservatisme va-t-en guerre, néo-impérial de Washington. Résultat : Al Qaïda, de plus en plus perçu comme une nébuleuse aux contours diffus, n’est pas éradiquée, mais son foyer
(Afghanistan) est mis à mal et son centre névralgique (le Moyen-Orient) est soumis à un remodelage forcé. Le deal, hier encore valide - "ton pétrole contre mon indifférence" - n’est plus de mise.
Aujourd’hui, l’Irak est une boîte de Pandore ouverte sur toutes les dérives. L’Arabie Saoudite, un allié soumis à toutes les critiques. Tout cela ne mènera ni à la démocratie promise, ni à la paix espérée. Le but, explique Kepel, "est d’amorcer le nouveau siècle américain cher aux néo-conservateurs", avec une priorité en tête : la sécurité d’Israël, la discorde au sein des Arabes et la mise en échec du terrorisme. Critique, nullement dupe, Kepel ne souscrit pas à cet agenda fascisant, mais reconnaît que la guerre qui traverse l’islam est attisée au cœur de l’Europe judéo-chrétienne et laïque. Avec des modèles d’intégration sociale en panne, un réservoir d’activistes prompts à agir et une idéologie islamiste, identitaire, extranationale, le risque d’embrasement est gros. Personne n’est à labri de la fitna, le monde musulman en premier.

Éd. Gallimard (258 DH)



Poésie. Fouad Laroui en hollandais

La semaine prochaine, paraît en Hollande le deuxième recueil de poésie de Fouad Laroui. Installé à Amsterdam où il enseigne l’économie (on a tendance a l’oublier), le romancier et nouvelliste, connu pour son sarcasme et ses récits à la limite de l’allégorie, s’adonne, à ses heures perdues, à la composition de vers en néerlandais. Son premier recueil, Mots en exil, paru en 2002, lui a valu une nomination au prix littéraire le plus prestigieux sur place. Aujourd’hui, il récidive avec Mots hollandais un aller-retour entre scènes banales, futiles, cocasses, tristes (c’est selon) saisies au gré de ses pérégrinations à Amsterdam, Tanger, Casa ou ailleurs. L’écriture dans cette langue, qui lui est doublement étrangère, "me permet de faire plus de recherche, d’échapper à la facilité du français", reconnaît-il. Au bout du compte, cela donne 33 poèmes courts et denses. Pourra-t-on un jour les apprécier en français ? Laroui n'en est pas encore là. Ce sont juste des coups d'essai qu'il fait en dilettante. Et puis, les droits d'auteur étant onéreux en Hollande, il faudrait que le jeu en vaille la chandelle. Or la poésie n'enrichit pas son auteur.

 
 
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