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Économie
Affaire Mandari. La version Ouamoussi
N° 149
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Laetitia Grotti

Iran. Imbroglio nucléaire

Mohamed El Baradeï (AFP)
Cela fait plus d’un an que Washington s'emploie à traîner l'Iran devant le Conseil de sécurité, l'accusant de violations répétées du Traité de non-prolifération dont Téhéran est signataire. Si ces accusations se vérifiaient, l’éventualité d’un embargo sur les exportations de pétrole iranien ne serait pas à exclure. Reste qu’une telle hypothèse paraît peu vraisemblable. D’abord, comme le déclarait en début de semaine et de façon plutôt cynique l’ancien président du Parlement iranien, parce que "les grands perdants, ce ne serait pas nous, mais eux. Qu’un embargo pétrolier soit imposé à l’Iran (2ème producteur de l’OPEP) et le prix du baril dépasserait les 100 dollars, avec le
danger d’une paralysie de l’économie occidentale". Ensuite, parce que le chef de l'agence onusienne de sécurité, Mohamed El Baradeï cherche au contraire à éviter toute rupture avec le régime islamique. Sur ce dossier, il rejoint, voire encourage la politique de modération prônée par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, les trois pays européens qui sont à la pointe de la négociation avec Téhéran. D'où l'irritation grandissante des États-Unis à l'égard de ce même Baradeï qui s'est déjà manifestée publiquement à plusieurs occasions. Du coup, il semble que tous les coups soient permis pour éviter un troisième mandat à la tête de l’AIEA à celui qui, il y a encore un mois, faisait figure de candidat sérieux au Prix Nobel de la paix. Ainsi, la polémique lancée cette semaine par les Américains : l’Égypte conduirait un programme nucléaire clandestin et Mohamed El Baradeï userait de sa position et de son influence pour éviter que sa propre organisation se penche sur ce sujet évidemment ultrasensible. De quoi effectivement se débarrasser d’un témoin gênant.


Espagne. Les islamistes ne désarment pas…

Nouvelle sortie médiatique du non moins médiatique juge antiterroriste Balthasar Garzon. Le magistrat ibère a, en effet, déclaré qu’une cellule islamiste soupçonnée de préparer un attentat suicide contre l’Audience nationale, la plus haute juridiction espagnole, avait prévu une équipe de secours et un plan de rechange avec des cibles alternatives, dont le principal stade de foot de Madrid, ainsi que le siège du parti conservateur. Deux gares - celles de Principe Pio et Atocha - et un immeuble de bureaux dans le centre de la capitale étaient également visés, toujours d’après le magistrat, qui a accusé 12 hommes de terrorisme - 4 Marocains et 8 Algériens. D’après lui, cette deuxième équipe terroriste devait prendre le relais une fois que la première aurait été détruite dans l’attentat-suicide ou que ses membres auraient été arrêtés.


Espagne. …ETA, si.

Francisco Mugica Garmendia,
un des leaders d'ETA (AFP)
"La lutte armée que nous développons aujourd’hui ne sert à rien". Ce constat amer est signé par six responsables historiques de l’organisation indépendantiste basque ETA. Ainsi, dans un document rendu public mardi par le quotidien Diario de Noticias (Pampelune), ils ont lancé un appel sans précédent à l’abandon de la lutte armée. "Notre stratégie politico-militaire a été dépassée par la répression de l’ennemi", jugent ces détenus dont les condamnations pour terrorisme totalisent plus de 6000 années de prison. De quoi satisfaire le ministre de la Justice, Juan Fernando Lopez Aquilar, qui a vu "un bon signe" dans "cette expression claire que la prétendue lutte armée n’a
pas de sens". Un message qui a également suscité la satisfaction des nationalistes basques modérés, à l’image du gouvernement régional, qui a estimé que l’abandon des armes "est une option qui commence à prendre force dans le monde de l’ETA".


Pays-Bas. Fanatique marocain contre provocateur hollandais

La police néerlandaise le désigne par le nom secret de Mohamed B. Il est Marocain d’origine, affilié à une nébuleuse islamiste, qui comprendrait quelques 250 membres très actifs aux Pays-Bas. Le mardi 2 novembre, à Amsterdam, cet homme, aujourd’hui sous les verrous, a tiré 20 coups de pistolet, puis achevé au poignard Theo Van Gogh, un cinéaste, chroniqueur réputé "très provocateur". Son dernier acte, un court-métrage, La soumission, où il symbolise la torture d’une femme tatouée de versets du Coran sur son corps recouvert d'un voile transparent. Le meurtre, mettant à mal les 300.000 Marocains de Hollande, est perçu par la presse locale comme "un assassinat de la liberté d’expression", et par les manifestants marocains comme "une violence qui nous est étrangère". Le quiproquo ne fait que commencer.


Émirats. Feu Cheikh Zayed

Cheikh Zayed Al-Nahyane, président des Émirats arabes unis, est décédé le 2 novembre à l’âge de 86 ans. Au pouvoir depuis la création de la fédération (7 émirats) en 1971, émir d'Abou Dhabi depuis 1966 - pays au revenu par habitant et aux réserves pétrolières les plus élevés de la planète - il était aussi un ami politique privilégié du Maroc. Il a ainsi participé à la construction du futur port Tanger-Med à hauteur de 300 millions de dollars. Le roi Mohammed VI a déclaré 3 jours de deuil national. Sur le plan politique, Cheikh Zayed, analphabète de son état, avait conquis le monde arabe, l’Europe et… l'Amérique dont il était l’allié reconnu. Son fils, Cheikh Khalifa, assurera sa succession dans l’Émirat d’Abu Dhabi, en attendant la nomination d’un nouveau président de la fédaration.


EU. Plaintes pour torture contre Rumsfeld

Donald Rumsfeld (AFP)
Ils sont quatre. Leurs noms : Shafiq Rasul, Asif Iqbal et Rhuhel Ahmed, tous trois de Tipton et Jamal al Harith, de Manchester en Angleterre. Point commun : être des anciens détenus de Guantanamo. Mercredi 27 octobre, ils ont porté plainte contre le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld ainsi que d’autres responsables, en affirmant avoir été torturés pendant les 3 années passées sur la base américaine, en violation du droit américain et international. S’ils réclament 10 millions de dollars de dédommagement, ils veulent surtout que Rumsfeld et les autres rendent compte de leurs actes. Selon l’un de leurs avocats, Me Eric Lewis, les plaignants démentent avoir
appartenu à un groupe terroriste. Ce à quoi le commandant Michael Shavers, porte-parole du Pentagone répond que les 4 hommes ont été capturés alors qu’ils "combattaient illégalement pour Al Qaïda".



Lu pour vous : Uri Avnery, Arafat,"quantité négligeable" ? (30 octobre 2004 Gush Shalom)

Je me souviens être resté sur le toit d’un entrepôt près du port de Beyrouth pour observer les combattants de l’OLP, dirigés par Yasser Arafat, monter dans les bateaux qui les emmenaient vers l’Ouest. "La fin de l’ère Arafat" titraient dès le lendemain les médias israéliens. "Arafat est politiquement mort", disaient les commentateurs radio. "Remercions Dieu de nous avoir débarrassé de lui pour toujours", annonçaient les invités des talk-shows TV. (…)
22 ans plus tard, les mêmes commentaires remplissent les médias.(…) L’homme qui, il y a des années, avait été officiellement qualifié par le gouvernement israélien de "quantité négligeable", a fait la Une de tous les médias du monde cette semaine. Il y a peu de leaders dans le monde dont l’état de santé suscite autant d’attention. (…) Dans les jours qui ont suivi la première conférence de Camp David, Mohamed Sid-Ahmed, un penseur égyptien reconnu, me disait : "Si Arafat n’existait pas, il vous faudrait l’inventer. Avec lui, vous avez une seule adresse pour négocier et faire la paix. S’il n’était pas là, le peuple palestinien pourrait se diviser en des centaines de fractions et il vous faudrait discuter avec chacune d’entre elles". (…) "Ma main, disait Arafat, est la seule qui puisse signer un accord de paix avec Israël". Puisque c’est ainsi, il n’y a pas d’alternative à Arafat : c’est le seul leader palestinien qui a l’autorité morale pour signer un traité de paix avec Israël mais - ce qui est bien plus important - pour tirer derrière lui son peuple.(…) Un jour quelqu’un lui a demandé en ma présence s’il espérait voir le jour où la paix viendrait. "Uri Avnery et moi connaîtrons tous deux ce jour de notre vivant", promit-il alors.



Vite !

Le 9 novembre 1989 tombait le mur de Berlin. Depuis, la communauté internationale a retenu cette date comme celle du Jour international de protestation contre le mur. Et protester, c’est justement ce à quoi vous invite le collectif Démocratie et Modernité, cette fois contre le "Mur de l’Apartheid" qu’a entamé Israël en 2002. Rendez-vous est fixé mardi 9 novembre, à 15 h, place de Nations unies à Casablanca.

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Pas de répit en Irak au lendemain de l’élection américaine. Pour la seule journée de mercredi, 4 décapitations, 6 enlèvements et l’explosion d’une voiture piégée à Bagdad… Lundi, le vice-gouverneur de Bagdad, Hassan Kamel Abdel Fattah, était assassiné par balles. Face à une telle flambée de violence, Iyad Allaoui évoque la possibilité d’instaurer l’état d’urgence… comme si la situation n’était pas déjà urgente.

 
 
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