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Politique. Loi sur les partis : étude de texte
Droits de l'homme. L'ONU entend les ONG
Partis. Ceux qui veulent changer la gauche
Abdelkébir Alaoui M'Daghri. "J'ai gagné la confiance des islamistes"
Télévision. Le marketing du sacré
N° 150
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Racisme. Les Marocains de Hollande sous tension

(AFP)
Le mercredi 17 novembre, s’ouvre dans une église sécularisée, au centre d’Amsterdam, la grande exposition sur le Maroc, sous très haute surveillance. "Les jeunes Marocains placardent les affiches dans une ambiance très tendue", rapporte une militante sur place. Depuis le meurtre de Théo Van Gogh, le mardi 2 novembre, par Mohamed B. (islamiste, d’origine marocaine), nos ressortissants sont sous menace constante. Ainsi, l’adjoint au maire d’Amsterdam (Marocain d’origine) est black-listé par les islamistes. Une présidente de municipalité portant un foulard "émancipé" a été cambriolée. À Eindhoven, une école islamique a été brûlée. Des mosquées ont été
saccagées. Sur la télévision néerlandaise, un air de nationalisme subit a soufflé. Plusieurs exigent que les Marocains ne parlant pas le hollandais repartent chez eux. Le comble a été atteint avec la déclaration du commissaire européen, Fritz Bolkestein, invitant sur la troisième chaîne locale, le roi du Maroc à "se prononcer contre l’extrémisme musulman". Taïeb Fassi Fihri a fortement rejeté toute allusion à la responsabilité du Maroc et invité Bolkestein à repenser "l’efficacité du système d’intégration des communautés étrangères". Le fait que les 300.000 Marocains d’origine, à 80 % Rifains, soient soudainement stigmatisés, l’ambassadeur du Maroc sur place, Ali M’hammedi le trouve injuste. Mais que fait-il pour pallier aux incompréhensions mutuelles ? Rien de particulier. Or, 3 à 5 % de cette population est réputée être favorable aux idées radicales.


Propagande. Télé Polisario

Le Polisario est sur le point de lancer sa première chaîne de télévision, RASD-TV. La chaîne, qui émet déjà des images via Internet, sera basée à Tindouf, avec deux relais en Europe, respectivement en Italie et en Espagne. D’après des sources fiables, le financement du projet repose sur des fonds du Polisario, en plus d’une aide financière et technique du réseau Eucoco, un collectif d’associations européennes "de soutien au peuple sahraoui" (dont le prochain congrès est prévu, fin novembre, à Saragosse en Espagne). Parmi les images diffusées en boucle sur le site promotionnel de la chaîne, figure, notamment, la dernière tournée en date du secrétaire d’État espagnol aux Affaires étrangères (Bernardino Léon) à Tindouf. La propagande polisarienne a de beaux jours devant elle.


C.I.N. Vers une "société policière"

Dans cinq ans, les Marocains traîneront dans les rues avec leur casier judiciaire. C’est en résumé la conséquence du projet de la "carte d’identité biométrique à puce" présenté, cette semaine, par le ministre de l’Intérieur Mustapha Sahel. Après la Tunisie de Benali, le Maroc sera le deuxième pays maghrébin à prendre une telle mesure. Quelques 900 millions de dirhams seront déboursés pour généraliser la carte magnétique à l’échéance 2009. "C’est une restriction des libertés individuelles. On va clairement vers une société policière", commente le SG du Forum Vérité et Justice, Mohamed Sebbar. À noter que le projet, qui existait déjà du temps de Basri, a été réactivé depuis les attentats du 16 mai 2003.


Nationalité. Benameur relance le débat

Le célèbre avocat Abderrahmane Benameur, ex-président de l’AMDH, est pris à partie par certaines associations amazighes qui vont jusqu’à l’accuser de "racisme" pour avoir lié l’obtention de la nationalité marocaine à la connaissance de la langue arabe. "Je ne comprends pas, rétorque Benameur, l’article 11 impose la connaissance de l’arabe comme condition pour accéder à la nationalité. Alors de deux choses l’une : où l’on respecte la loi, ou on la change. Je suis un homme de loi, et ce n’est pas de ma faute si certaines lois sont racistes. Qu’on les change, et qu’on change aussi la Constitution pour garantir l’égalité entre tous !". Cela a le mérite, au moins, de relancer le débat sur l’un des plus vieux projets de loi du Parlement marocain.


GMO. Qui a peur du forum de l’avenir ?

Le Maroc accueillera, le 11 décembre, le forum de l’avenir voulu par le G8, sous impulsion américaine. Première précision officielle, Israël ne sera pas de la partie. "Ce pays fait partie de la région, mais il est déjà démocratique", voilà comment Rabat a persuadé Washington de céder sur ce point. Il l’a également convaincu de permettre à l’Iran d’être de la partie. Pour quoi faire ? Pour que des ministres des Affaires étrangères et des Finances discutent des modalités de démocratisation devant être observées par chaque pays. Que faire des spécificités culturelles, des rythmes de développement, des besoins internes ? Les organisateurs se veulent rassurants. Mais "la démocratie ne peut être ni imposée ni importée", s’exclame Ismaïl Alaoui. Son parti, le PPS, n’est pas franchement contre l’initiative, comme le PJD. Ce dernier exige que "soient réglés les conflits de la région avant de penser à un quelconque forum". Bon à méditer.


UMP. Que faire de la presse indépendante ?

L'union des harakis se mêle de la presse indépendante. Il y a eu d’abord une rencontre où tous les cadres des trois partis réunis se sont concertés sur le rôle à allouer à la presse de parti et son corollaire, le presse indépendante. Les avis étaient partagés. Certains voulaient plus de professionnalisme, de liberté et d’efficacité. D’autres préféraient le statu quo. Finalement, la majorité a préféré maintenir la presse du parti, "malgré son faible rendement et son amateurisme", reconnaît Mohamed Jaouhari (MP). Le débat s’est prolongé indirectement à la Chambre des conseillers, lorsque le président du groupe MNP, M. Mansouri, s’en est pris à "la presse indépendante dans son traitement trop libre de la question du Sahara", suite à la publication d'une interview de Mohamed Abdelaziz sur les colonnes d'Al Bidaoui Ses pairs à l’UMP précisent, pour leur part, que c’est une initiative individuelle et non concertée. Autrement dit, tous les élus UMP ne sont pas liberticides. Encore heureux !


Révélations. Basri se lâche

Driss Basri a passé un accord avec le quotidien espagnol La Razon et l’hebdomadaire marocain Al-Ayam pour la publication d’une longue série d’entretiens, qui pourraient s’étaler sur plusieurs mois. Le premier épisode a été effectivement diffusé cette semaine par les deux publications. La spécificité du lectorat espagnol a fait que le texte publié par La Razon a été amputé de plusieurs passages jugés "trop marocains", mais publiés par ailleurs, intégralement, par Al-Ayam. Ces entretiens, qui seront co-réalisés par Pedro Canales et Houssine Majdoubi, devront aboutir, à la fin, à une compilation qui fera l’objet d’un livre. Enfin, on croit savoir que l’ancien homme fort de Hassan II reviendra, dans ses "révélations" sur plusieurs épisodes épineux de l’histoire du Maroc, dont les deux tentatives de coup d’État perpétrées respectivement en 1971 et 1972.


Partis. Les exclus d’une loi

Malgré le discours officiel, le texte de loi sur les partis n’a pas atterri dans les états-majors de tous les partis politiques. Annahj Addimocrati et Fidélité à la démocratie, notamment, n’ont pas reçu le texte. "Pour nous, explique ce dirigeant d’Annahj, cela signifie que nous ne sommes peut-être toujours pas reconnu par l’État (ndlr : le parti dispose d’un récépissé provisoire dont la validité a expiré en octobre 2004)". Mohamed Hafid, au nom de Fidélité, s’insurge, quant à lui, de ce que "le texte n’ait pas atterri, non plus, chez ce qu’on appelle les forces vives de la nation (ONG, syndicats, etc.), alors qu’il concerne tous les Marocains et engage l’avenir de tout un pays".


IER. 200 témoins à la barre

C'est officiel, l’Instance équité et réconciliation (IER) entame les audiences publiques à la mi-décembre. Le programme s’étalera sur 10 semaines et devra toucher les villes de Casablanca, Fès, Tétouan, Errachidia, Khénifra, Al Hoceima, Tan Tan, Figuig et Smara. Au total, 200 témoignages sont attendus. Seules les victimes, ou leurs familles, pourront témoigner (et pas les bourreaux, comme on pouvait le croire initialement). Il n’y aura pas de questions, les séances se déroulant sous forme de récit à la première personne. Ce programme, qui devra être retransmis par la télévision marocaine, s’effectuera en présence de certaines ONG et invités marocains et étrangers.


Argent. Sahel contrôle les communes

Le ministre de l’Intérieur s’invite chez le patronat cette semaine. Objectif : expliquer son projet de réforme de la fiscalité locale. Un texte a été soumis à la CGEM qui devra formuler ses remarques et doléances avant l’adoption du texte final. Notons que la réforme est menée par la Direction des collectivités locales alors qu’initialement, l’administration des impôts était le chef de file. Cette reprise en mains par l’Intérieur (au détriment du ministère des Finances) tient à une explication : les recettes des communes ne doivent pas baisser ! Le département de Sahel tient ainsi à serrer l’étau sur les percepteurs communaux, qui sont sous sa tutelle… et dont la rigueur laissait à désirer.


Congrès. Un nouveau parti islamiste

Le Badil hadari (alternative civilisationnelle) tiendra un congrès extraordinaire le 20 novembre au complexe Touria Sekkat, à Casablanca. Il s’agit de son premier congrès véritable, en fait. Le Badil avait jusque-là existé, d’abord, en tant qu’association. Le 20 novembre marquera son entrée dans le "jeu" politique. Il deviendra, officiellement, le deuxième parti "islamiste" au Maroc, après le PJD. Car le Badil est formé d’un noyau d’anciens militants de la Chabiba islamiya, au référentiel islamique. Mais l’islam prôné par le parti se veut "progressiste". "Nous sommes ouverts aux laïques, aux mouvements amazighs, et à toutes les composantes de la gauche marocaine". Confirmation, donc, le 20 novembre où le Badil, au milieu de ses invités de la GSU et d’autres personnalités de gauche, pourrait élire un nouveau S.G (Amine Regala ?) à la place de Mohamed Moâtassim.


Pédophilie. L’affaire Adib relancée

Du nouveau dans l’affaire Ayoub Adib. Rappelez-vous, cet enfant qui avait été violé dans une école maternelle à Rabat (photo). La semaine dernière, la famille de l’enfant et ses avocats étaient surpris par la réouverture de l’école en question sur ordre de l’académie de Rabat. Explication : la personne incriminée (le gardien de l’école) ne fait pas partie du corps enseignant, il n y a donc pas de raison pour fermer l’école. Une explication qui met Najia Adib hors d’elle. "Mon enfant a été abusé au beau milieu de l’école qui est censée le protéger et au su de la directrice qui protégeait le gardien de l’école". Aux dernières nouvelles, une conférence de presse serait en préparation. Si tout va bien, une rencontre internationale sur la pédophilie pourrait se tenir à Rabat, sur initiative de l’association "Ne touche pas à mon enfant", créée par Najia Adib. À suivre.


Télévision. Le syndicat de l’audiovisuel est né

Le nouveau syndicat de l’audiovisuel tiendra son congrès constitutif le 18 décembre prochain à Rabat. Le syndicat, rappelons-le, est le fruit de la scission d’Ali Khalla du SNPM. "Tout le monde est aujourd’hui convaincu qu’un syndicat spécialisé dans l’audiovisuel s’impose aujourd’hui, surtout après l’adoption de la loi de l’audiovisuel au Parlement". La priorité du nouveau cadre syndical sera de négocier le passage de la RTM en société nationale, notamment concernant des points comme la convention collective, le statut du personnel, etc. La relation avec le SNPM ? "La page est aujourd’hui tournée. Ce qui nous intéresse, c’est la défense de tout le corps journalistique, d’avoir notre mot à dire au sein du paysage audiovisuel marocain".


Partis. Aherdane sur le gril

Le bruit courait depuis plusieurs semaines sur une fronde menée, à l’intérieur du MNP (Mouvement national populaire), contre la personne de son secrétaire général, Mahjoubi Aherdane. Un quotidien s’en est fait l’écho, cette semaine, en citant un communiqué de "cadres du MNP, dont des parlementaires, demandant des comptes sur la comptabilité du parti". Et exigeant le renvoi pur et simple d’Aherdane. L’information, qui n’est pas dénuée de fondement, ressemble à du déjà vu, tant Aherdane a souvent été pris à partie, par le passé, par ses anciens protégés de la haraka. "Aherdane ne sera pas renvoyé, corrige toutefois une source proche du leader du MNP, aucun parlementaire n’a signé quoi que ce soit. Les contestataires sont des gens qui aspiraient à des nominations au gouvernement, voire dans la diplomatie".


Mosquée de Fès. Ils le savaient…

Le jeudi 4 novembre s’écroulait la mosquée Al Azhar à Fès, faisant dix morts et une dizaine de blessés. Un triste bilan, qui nous le savons aujourd’hui aurait pu être évité. En effet, souligne Fettah Seffar, co-fondateur de l’association "Nidaâ fass" (une association créée pour la défense du patrimoine et de la médina de Fès) : "Autant le ministère des Habous que les autorités locales étaient au courant que la mosquée risquait de s’effondrer. Nous n’avons cessé, depuis plusieurs années, de tirer la sonnette d’alarme, en vain". Les habitants de la médina, comme des architectes travaillant dans la ville, sont catégoriques : plusieurs sites et maisons risquent de connaître le même sort. Et plus vite qu’on ne le croit.


Côte-d’Ivoire. Et les Marocains ?

Ça se corse pour les "Blancs" en Côte d’Ivoire, Marocains inclus. Selon les chiffres de l’Ambassade du Maroc à Abidjan, ils seraient quelques 1500 résidents permanents, dont la plupart sont des commerçants. Quelques-uns, disent les dernières nouvelles, ont déjà vu leurs magasins pillés et saccagés. Face aux inquiétudes des ressortissants, l’ambassadeur marocain se voulant rassurant, promet de suivre de très près leur sécurité. À l’heure où nous mettions sous presse, aucune intention de rapatriement de la communauté marocaine en Côte d’Ivoire, où la situation continue à se dégrader, n’a été exprimée.


Casablanca. Mohammed V en danger

Tous les initiés le savent, le boulevard Mohammed V est l’un des joyaux architecturaux de Casablanca. Un joyau, qui, dans les années 60, était la fierté de la ville. Aujourd’hui, Mohammed V est l’une des artères les plus bondées, les plus sales, et en dégradation continue. C’est pour cela que les riverains, commerçants, médecins, avocats, etc ont décidé de réagir. Ils viennent ainsi de créer l’association Bidaouia, dont le but est de sensibiliser à l’état de leur boulevard et de pousser les autorités à trouver des solutions. Le plus urgent, souligne l’association, reste l’hôtel Lincoln, véritable patrimoine architectural, qui menace de s’effondrer à tout instant. Conséquence : toute l’activité environnante est ralentie, dont celle du marché central. Bidaouia a décidément du pain sur la planche.


Communication. La police et l’aspirine

Curieux droit de réponse, que celui envoyé par la DGSN suite à notre publication d’un article intitulé "La police fait son show" (TelQuel n° 147). Nous nous y interrogions sur la mission particulière des GUS (Groupes urbains de sécurité). Il faut croire qu’ils n’en ont pas, et qu’ils font simplement ce que font les policiers "normaux" : de la prévention et de la répression. Bon. M. Omar Choukri, contrôleur général, chef du service juridique et auteur du droit de réponse, nous apprend par ailleurs que la police "n’a aucunement besoin d’administrer des aspirines fébrifuges". Vérification faite, ça veut dire des aspirines contre la fièvre. On n’a pas bien compris ce que M. Choukri voulait dire par là, mais c’est sûr, il connaît bien la langue française. Félicitations.


3 questions à Driss Guerraoui (Conseiller à la primature, chargé des diplômés chômeurs)

Les diplômés chômeurs estiment que le Premier ministre n’a pas tenu ses engagements à leur égard. Que leur répondez-vous ?
Que c’est faux. Le Premier ministre a répondu positivement aux cinq groupes de diplômés chômeurs avec lesquels le gouvernement a un engagement écrit. Bilan : 1677 des 1724 candidats concernés ont été insérés dans la fonction publique. Il ne reste donc plus que 47 cas. Ainsi que 5600 docteurs en chômage qui exigent tous un poste dans l’administration.

Vous avez déclaré qu’ils refusent des offres de travail dans le privé. Y a-t-il des alternatives ?
La commission mise en place par le Premier ministre a toujours proposé des solutions alternatives aux différents groupes, avec lesquelles nous sommes en contact permanent. Mais leurs représentants n’acceptent ni l’auto-emploi ni l’insertion dans le secteur privé, seules options disponibles.

En tant que responsable de ce dossier, comment réagissez-vous au recours des forces de sécurité à la violence contre les grévistes en sit-in ?
En tant que démocrate et défenseur des libertés, je réprouve le recours à la force. Mais je crois aussi que les citoyens doivent respecter les règles qui fondent l’État de droit. Aussi, dès lors que des lieux et biens publics font l’objet d’atteinte, il est permis que l’État joue son rôle de garant de l’ordre. D’autant que le dialogue n’est jamais rompu.-



Billet : L’art d’être raciste (par Driss ksikes)

Je n’en voudrais pas à Nelson Mandela s’il portait plainte contre Mohamed Khyari. Je sais qu’il ne le fera pas parce qu’un leader historique ne chercherait pas noise à un humoriste basique. Mais sachez-le, si vous avez raté la "Nuit des Jamours", Khyari y a prouvé publiquement que les Marocains peuvent être odieusement racistes. Voulant faire preuve de nationalisme débordant, notre homme a traité l'Afrique du Sud de "parking de cafards". Cela me donne réellement le cafard de savoir qu’un homme aussi irrespectueux des Noirs partage la même nationalité que moi. Cela me hérisse encore plus de voir des personnalités qui nous gouvernent applaudir de telles insanités au vu de tout le monde. Cela m’exaspère de voir des gens, dénués de toute forme de civilité, confondre conflit politique, différence de races et divergences de points de vue. Je ne dirai pas que Khyari m’a déçu. Je n’attendais rien de précis d’un artiste aussi mal inspiré. Mais je me demande s’il n’est pas temps de repenser notre africanité, de cesser de bomber le torse au nom de notre arabité, d’en finir avec nos rêves farfelus d’accéder à l’européanité et d’être enfin vigilants vis-à-vis de tous ces acteurs publics qui insultent notre humanité. Je n’irai pas jusqu'à réclamer une loi contre le racisme. Cela doit être l’aboutissement d’un comportement civique. Et il commence par un apprentissage de l’hospitalité à l’égard de nos hôtes venus du Sud, qui arpentent le Maroc juste pour accéder au rêve européen. Qu’on réalise, enfin, que nous partageons le même dessein, celui des pays du Sud mal en point économiquement, mal à l’aise socialement, qui butent sur une sentinelle au Nord. Ce serait trop demander à un Khyari que d’être solidaire d’un émigré clandestin venu de la Guinée. Mais en aucun cas, je ne saluerai un raciste notoire qui croit, en plus, faire rire.



Humeur : Leçons hassaniennes (par Karim Boukhari)

Les leçons hassaniennes auront une deuxième vie après le ramadan. Et elles sont légion. On peut choisir l’angle du contre-pied, comme un Bziz qui a lâché, inspiré, au milieu d’un cercle d’amis : "Pour moi, les dourouss hassaniya ont commencé avec les années de plomb, dont on nous proposera bientôt la relecture". On peut choisir de descendre plus bas, dans la rue, pour évoquer un détail qui touche à l’image même du souverain : le protocole royal. Jamais, autant qu’en ce ramadan 2004, les mesures de sécurité entourant le passage du roi n’ont été aussi impressionnantes. Les Casablancais l’ont vérifié à leurs dépens, tout au long du mois sacré : quand le cortège royal est de passage dans la ville, il vaut mieux être ailleurs. La paralysie générale qui touche la ville, la tétanisation des forces de l’ordre, tout ce côté irréel chatouille un coin secret de notre mémoire collective : là où on avait rangé la plupart des leçons hassaniennes. Dans le même chapitre, on peut méditer longuement sur le sort d’un Bouchaïb Rmaïl, ancien préfet de Casablanca, "exilé" dans la lointaine Taourirt parce que, un beau jour, deux femmes ont violé le ruban de sécurité royale. Ce même Rmaïl, que l’on croyait enterré, est revenu par la grande porte, promu il y a peu directeur de la sécurité publique (police en tenue) de la Sûreté nationale. Puni et réhabilité. Il y a, là-dedans, quelque chose dont la logique nous échappera probablement pour toujours. On peut appeler cela l’art de marier les paradoxes, d’encourager une chose et son contraire, de larguer son monde. Et de jouer au père… que l’on ne comprendra jamais assez. N’est-ce pas beau ?



Vite !

Le Maroc a délégué, pour les obsèques de Cheikh Zayed aux Émirats, le prince Moulay Rachid et le général Hamidou Laânigri, patron de la DGSN. Le premier représente le roi, le deuxième a longtemps exercé aux Émirats dans l’entourage du Cheikh. L’absence du roi Mohammed VI serait due, d’après des sources officieuses, à la présence aux funérailles du président Bouteflika.

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Malgré le veto spectaculaire (et peu crédible) des notabilités de Fès, Hicham Mandari a fini par être inhumé dans la capitale spirituelle, en fin de semaine dernière. La cérémonie a eu lieu dans la discrétion, en présence d’une dizaine de personnes dont la mère de Mandari, Shéhérazade Fechtali, qui possède désormais une longueur d’avance sur son ex-mari, Mohamed Mandari, dans la bataille juridique qui s’engage entre les deux parents du défunt.

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L'association du Sahara marocain, exilée depuis des mois en Espagne, compte les jours. "Dans une semaine, explique son président Réda Taoujni, l’ultimatum qui nous a été fixé par les services marocains, pour qu’on ferme boutique, devra expirer. Mais on compte continuer, et on verra bien ce qui pourra se passer…". Dans un autre contexte, rappelons que trois dirigeants de l’ASM ont été interrogés par la Guardia civil, à deux reprises, pour complément d’information sur l’affaire Mandari.

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Une quinzaine de dirigeants de l’Istiqlal et de l’USFP se sont rencontrés, à l’occasion d’un ftour offert au domicile de Allal el Fassi. Un repas similaire avait été offert par Mohammed el Yazghi, quelques semaines plus tôt. L’objectif de ces rencontres, nous dit-on, est de "faire revivre la koutla". Quelque chose de concret ? Pour l’instant, rien, hormis l’idée d’une réponse commune au projet de loi sur les partis. Mais ce n’est qu’une idée…

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Les images de décapitation d’otages, diffusées sur Internet par les terroristes irakiens, sont systématiquement boycottées par les télés mondiales. Pas par les pirates de Derb Ghallef. À en croire Libération, ils en font des CD et les vendent, comme ils vendent des films de comédies musicales indiennes ou des films pornos. Et il y a une clientèle pour cela. Que fait la police ?

 
 
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