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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Conjoncture. L’économie s’essouffle

Selon une étude de la CGEM, la conjoncture n’est pas favorable. Les perspectives non plus.


L'enquête de conjoncture de la confédération patronale annonce la couleur. L’économie s’essouffle au terme du troisième trimestre 2004. Bien que l’échantillon de l’enquête est faible (le taux de réponse au questionnaire ne dépasse pas 25 %), une tendance générale se dégage. Selon ses résultats, le nombre d’entreprises ayant enregistré une augmentation de production a baissé à 31%. Les exportations ont régressé de 20%. Ce sont les secteurs de l’automobile, du commerce, des services et de la chimie et parachimie qui soutiennent cette augmentation de la production et de la vente. Les exportations ont, en revanche, baissé dans les secteurs de l’agro-alimentaire et du tourisme. Les carnets de commande ne laissent pas présager une embellie. Selon l’enquête de la confédération patronale, 33% des sociétés de l’échantillon affirment avoir enregistré une baisse des commandes. Les commandes étrangères ne font pas mieux. Les conclusions de l’enquête révèlent que seuls 4 % de la population sondée ont marqué une progression. En revanche 33% des entreprises interrogées donnent des signes de stabilité de commandes étrangères. Cette stagnation concerne les secteurs de l’automobile, la chimie et parachimie ainsi que l’agroalimentaire. La baisse des commandes étrangères touche surtout l’industrie du papier et de l’emballage.
Bien que le nombre des entreprises qui répondent à ce questionnaire soit réduit, l’enquête de la CGEM, mise en comparaison avec les études de conjonctures du haut commissariat au plan, donne lieu à une différence abyssale sur les prévisions de croissance en 2004. Alors que les prévisions du département géré par Alami Lahlimi parlent d’une révision à la hausse du taux de croissance, l’enquête de conjoncture de la CGEM démontre que si croissance il y a, elle ne sera pas le fait de l’industrie. L’apport de l’agriculture pourrait dans ce contexte être le seul moteur de la croissance. C’est dire que le cercle vertueux de la création de valeur n’est pas pour demain.


Investissement. Une baisse consommée

Les investissements étrangers au Maroc ont enregistré une baisse de 74 % en 2004. C’est ce qu’a déclaré Talbi Alami, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales devant le Parlement. Le montant des engagements directs au Maroc ne dépasse guère 6,7 milliards de dirhams contre 21,4 milliards en 2003. Le trou entre les deux années s’explique par l’absence de grandes opérations de privatisation en 2004. L’année dernière, l’ouverture de la Régie des Tabacs avait rapporté 14 milliards de dirhams à l’¨État. C’est dire qu’en l’absence de la vente des bijoux de famille, le capital étranger demeure timide au Maroc. La direction des investissements veut inverser la tendance. Des opérations de séduction ont été programmées pour améliorer le score hors privatisation. Amen.



Khalid Tritki
Vivement la régulation !

Lors de la découverte du pétrole à Talsint, un cadre de l’ANRT m’avait soufflé que les télécoms rapportent plus que l'or noir. À l’époque, l’Etat venait d’encaisser 23 milliards de dirhams de chez Vivendi. Les télécoms ne sont pas les seuls. L’ouverture de secteurs stratégiques rapportera encore davantage. L’électricité, le transport aérien, l’assainissement liquide… les niches de richesses ne manquent pas. Le Maroc est riche par ses marchés porteurs. Et le plus grand gagnant n’est autre que l’usager. Rappelez-vous
qu’il fallait une intervention musclée pour installer le téléphone chez soi. Actuellement, il suffit de demander. Il n’y a pas plus facile. Hier, il fallait plus de 5000 DH pour un aller-retour à Londres. Aujourd’hui, la filiale charter de la RAM fait des miracles. Qui sait, demain la redevance de l’électricité sera moins contraignante pour l’industrie si le projet de l’ouverture fait son chemin. La concurrence promet des prix et une qualité dont le Marocain n’a jamais rêvé jusqu’à maintenant. L’usager y gagne. Mais la réputation du Maroc également, si les mécanismes de régulations jouent le jeu. L’application de la loi consolide le marché en démontrant aux investisseurs que leurs capitaux ne seront pas bradés pour faire plaisir aux monopolistes. La justice doit suivre pour sécuriser l’attrait du pays et donc la création d’emplois.


Impôts. La CGEM étudie la pression fiscale

La commission fiscale de la confédération patronale étudie actuellement le projet de réforme de la fiscalité locale. Le projet que le ministère de l’Intérieur a remis à la confédération précise que la pression fiscale ne sera pas renforcée par la réforme. Mais il ne dit pas si la refonte du système favorise son allégement. Le projet annonce à cet effet, la disparition de neuf taxes dont les redevances sont insignifiantes. Ce qui laisse deviner l’impact limité sur la pression fiscale. Ce qui fait dire à l’éditorialiste de CGEM Info "qu’on ne saurait, en effet, limiter cette réforme à une vision managériale de la finance publique, uniquement préoccupée par l’efficacité. Il s’agit de prendre plus largement en considération les effets qu’elle est susceptible d’induire en chaîne sur les acteurs et les structures". Le message est clair : harmoniser, oui, mais baisser l’imposition surtout.


Pétrole. Incendie chez La Samir

Le raffineur national a précisé dans un communiqué qu’un incendie s’est déclaré jeudi 11 novembre dans un bac de stockage. Ce bac, ne contenant aucun produit inflammable, était, selon la Samir, en entretien depuis un an. Le feu a été maîtrisé rapidement et aucune victime n’a été déplorée. Une enquête est en cours pour déterminer les causes de cet incident. À noter que la raffinerie a peiné pour faire valider son projet d’investissement auprès de la Primature. La convention qui porte, entre autres, sur la mise à niveau de la Samir moyennant un investissement de 6 milliards de dirhams, lui promet le maintien de la structure des tarifs actuellement en vigueur pendant quatre ans, mais ne fait aucun geste sur le calendrier du démantèlement douanier. À partir de 2007, le secteur sera quasi libre à l’importation. C’est au raffineur de convaincre par ses offres.



Les off

Social. Maroc Telecom offre une décote de 15 %
Maroc Telecom prépare un plan d’actionnariat salarial. Le plan offre une décote de 15 % pour les salariés de l’opérateur et fixe la durée de détention de l’action à 3 ans. En revanche, la part du capital qui sera consacrée aux salariés n’est pas encore connue. Le plan d’actionnariat salarial se greffe à l’opération d’introduction en Bourse et sera ouvert aux employés en même temps que la l’offre publique de vente prévue en Bourse à Casablanca et à Paris le 22 novembre.


Comanav. Tabassage chez la filiale voyage
Comanav Voyage vit une tension sociale aigue. Selon des témoins, une forte pression serait exercée sur les cadres de la société pour les pousser vers la porte. L’un d’entre eux a même été victime d’agression et a porté plainte contre le courtier de l’agence. Selon ses proches, le courtier aurait agi sur des instructions émanant du management. Ce dernier a pris la défense du courtier en licenciant le plaignant, une affaire qui promet un rebondissement.


Marchés publics. Fin d’un monopole
La téléphonie dans l’administration sera désormais ouverte à tous les opérateurs. Seul Maroc Telecom a jusqu’à ce jour, le monopole de fournir l’administration en services téléphoniques. L’exclusivité tombera. Le système des vignettes est en cours de chamboulement et bientôt Méditelecom entrera en course sur un marché juteux.


Un marché calme

La Bourse de Casablanca connaît un calme affligeant. Le marché enregistre de faibles volumes de transactions. Un léger pic a été enregistré mardi 9 novembre avec 48 millions de dirhams. L’indice Masi a repris 27, 25 points sur la semaine du 05 au 11 novembre en clôturant jeudi à 4013,22 points. Les cours n’ont pas connu de bond majeur. La BCP s’est relativement stabilisée, terminant la semaine à 642 DH. La Samir n’a pas profité de l’annonce de sa prochaine convention d’investissement avec l’État. Le cours à 340 DH ne reflète pas les projets de développement du raffineur. Les transactions sur l’ONA continuent à soutenir le marché, même si le cours de la holding poursuit une tendance baissière, clôturant jeudi 11 novembre à 813 DH. La cotation semble attendre l’après ramadan pour entamer des mouvements en guise de préparation à l’introduction de l’opérateur télécoms.

 
 
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