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Par Driss Bennani
"Jai toujours trompé mon monde"
| Antécédents |
Mehdi Qotbi
(Artiste peintre)
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| 1951. |
Naissance à Rabat |
| 1963. |
Intègre le lycée militaire de Kénitra |
| 1969. |
Départ en France et "seconde naissance" |
| 1971. |
Plus jeune diplômé des Beaux-Arts en France |
| 1986. |
Retour au Maroc, reçu par Hassan II |
| 1991. |
Décoré chevalier des arts et des lettres en France et crée le cercle damitié franco-marocain |
| 1999. |
Un incendie à Lyon détruit une grande partie de ses uvres |
| 2004. |
Parution de Mehdi Qotbi, le voyage de lécriture |
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Smyet bak ?
Lhaj Mohamed, cest comme ça quon lappelait à la maison.
Smyet mok ?
Fatna Benbouazza.
Nimirou dla carte ?
A 805 890.
Ça marrive rarement, mais avec vous, jai envie dêtre ringard. Qui êtes-vous, Mehdi Qotbi ?
Je suis un peintre. Un passionné de la vie et pour vous embêter, un passionné de mon pays et de mon roi.
Ça ne membête pas, mais lauriez-vous été si vous naviez pas réussi en France ?
Très franchement oui, je me rappelle que, gosse déjà, et alors que je vivais dans un milieu très modeste, je disais que si le roi demandait ma vie, je la lui donnerais.
A sidi Baz ! Dites-moi dabord, que doit faire un "ould derb" pour se faire inviter, comme vous, à lÉlysée ?
Ne pas oublier doù il vient dabord. Ça aide à garder les pieds sur terre. Je reviens encore chez moi, où je reste allongé à côté de mon père, à parler de la pluie et du beau temps parce quil ne saurait pas me parler dautre chose, de toute façon. Durant mon parcours, beaucoup de mains mont été tendues, de nombreuses personnes mont aidé et je leur en suis reconnaissant. La réussite à létranger nest pas exceptionnelle, beaucoup de jeunes Marocains ont réussi, mais on parle rarement deux. Ce sont des gens très fiers de leurs racines.
Pas vous, apparemment. Vos petites manières parisiennes font oublier que vous venez du quartier Taqadoum à Rabat !
Jai toujours trompé mon monde. Quand je suis arrivé en France, je nétais pas fier de mon milieu dorigine, je nétais pas bien dans ma peau. Un jour, alors que jétais invité chez la famille dune petite amie, sa mère ne sest pas empêchée, vu mes manières, de jurer que je venais dune famille noble. Toute mon éducation, je lai faite moi-même. Jai toujours observé les autres et essayé de faire pareil.
Vous collectionnez les rencontres : Chirac, De Villepin, etc. Quest-ce que cette boulimie de vouloir à tout prix avoir accès aux décideurs ? Une revanche ?
Ce nest pas une boulimie, mais cest grâce aux décideurs que je fais avancer les causes et les intérêts que je défends. Et ça, je lai très vite compris.
Que seriez-vous devenu sans Aherdane ?
Je ne serai peut-être pas en train de vous parler à Paris aujourdhui. Aherdane, alors ministre de la Défense, sortait dune villa à côté de chez moi, dans le quartier des riches. Vu la belle voiture qui lattendait, jétais sûr que ça devait être un ministre, quelquun dimportant. Je lai donc interpellé, alors que je nétais quun enfant, pour lui demander du travail pour ma sur. Amusé, il ma remis une lettre pour Khatib, alors président du Parlement. Plus tard, je suis revenu le voir pour intégrer le lycée militaire, où jai découvert ma passion pour la peinture et que jai déserté très vite.
Gharbaoui, celui qui vous a initié à la peinture, est décédé sur un banc public
Il na pas su jouer le jeu, selon vous ?
Non, je dirais simplement que la vie est injuste. Paris est une ville difficile à intégrer, à dompter. Gharbaoui et Cherkaoui sont les plus grands peintres marocains, ce sont eux qui ont ouvert les portes à notre génération. Je garde pour Gharbaoui une reconnaissance infinie.
Vous êtes un peintre du sérail ?
Quest-ce à dire ?
Que vous avez la faveur des rois
Des présidents et des ministres aussi. |
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