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Par Driss Ksikes
La voix des laïcs musulmans
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De G à D. Sadek J. Al-Azm,
Abdulkarim Soroush (DR)
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| Le meurtre de Theo Van Gogh à Amsterdam par un islamiste marocain a fait de lombre au prestigieux Prix Erasmus, décerné pour la première fois à des penseurs musulmans. Aux côtés dune Fatéma Mernissi, hétéroclyte, plus séduisante que convaincante, le prix est revenu à deux philosophes : Sadek J. Al-Azm, un Syrien, défenseur acharné de la sécularisation et Abdulkarim Soroush, un Iranien, banni chez lui, libéral et mystique à la fois. Le premier, connu comme lun des éminents rationalistes du monde arabe, a expliqué que, "contrairement aux apparences, la laïcisation de nos pays est en marche, ne serait-ce que parce que le modèle turc est de plus en plus perçu |
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| comme le plus adéquat, alors quil y a quelques années celui de lIran était le plus attrayant". Évidemment, lémiettement ethnique et la montée des imams en Irak met en avant une troisième piste, anarchique et périlleuse. Mais là, Al-Azm propose que les sunnites demandent pardon aux chiites, que lÉtat se débarrasse des lois basées sur la Charia et que la majorité chiite reconnaisse que la démocratie, cest aussi le respect des droits de la minorité. LIrak serait donc un laboratoire qui peut basculer dun côté comme de lautre. Soroush explique pour sa part, en connaissance de cause, que "la religion organisée est lennemi de la spiritualité. Pour libérer la religion des structures, étatiques ou sectaires, il ny a rien de mieux que la propagation de lesprit philosophique, le pendant culturel de la modernité, parce quil permet de penser sans lien avec le divin". Pour être concret, il propose de repenser les Muatazilites, comme pionniers de la sécularisation, mis à lécart par les Achâarites, plutôt fondamentalistes. Aux côtés de ces penseurs, fort connus et respectés pour leur courage intellectuel, lÉgyptien Hamid Abou Zeid, exilé en Hollande, a demandé quon "tienne compte, dans linterprétation du Coran, autant de la face éclairée que de la face sombre de lislam". Pour ne pas se voiler la face. |
Parution. Zakya Daoud en romancière
Zakya Daoud sessaie au roman historique et en sort indemne. Certes, le choix de Zaynab, quatrième femme de Youssef Ibn Tachfine, comme protagoniste dune épopée almoravide est motivé par le désir de mettre en avant le rôle dune femme illustre et méconnue. Certes, le fait dêtre allée piocher dans les ouvrages dhistoire pour rappeler quau 11ème siècle, il y avait une "reine" à Marrakech est un acte clairement militant. Mais le sens du détail, la fluidité du style, le commencement par le tête-à-tête de la fin (entre Zaynab et Youssef), le flashback linéaire et tumultueux qui sensuit, la mise en dialogue de situations déterrées des archives, le va-et-vient entre Marrakech, la capitale et Aghmat, le village-refuge, la restitution des coulisses des caravanes dantan, tout cela confère au 1er roman de cet écrivain prolixe une qualité littéraire indéniable.
Zaynab, reine de Marrakech ; éd. Laube
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Conférence. A propos de la crise de repères
Charles Melman, grand psychanaliste, fondateur et président de lassociation lacanienne internationale (A.L.I), donne une conférence le samedi 20 octobre à Rabat. Au programme, une évocation de la crise de repères, culturels, civilisationnels et individuels que traite le coférencier dans son fameux livre, LHomme sans gravité. Invité dans le cadre du séminaire du symbolique, dirigé avec constance et abnégation par Abdelhaï Diouri, au sein de linstitut universitaire de recherche scientifique (IURS), le propos sadresse autant aux spécialistes quaux intéressés.
IURS, salle des conférences, 16h
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