Sujet
Économie
Politique. Loi sur les partis : étude de texte
Droits de l'homme. L'ONU entend les ONG
Partis. Ceux qui veulent changer la gauche
Abdelkébir Alaoui M'Daghri. "J'ai gagné la confiance des islamistes"
Télévision. Le marketing du sacré
N° 150
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

La voix des laïcs musulmans

De G à D. Sadek J. Al-Azm,
Abdulkarim Soroush (DR)
Le meurtre de Theo Van Gogh à Amsterdam par un islamiste marocain a fait de l’ombre au prestigieux Prix Erasmus, décerné pour la première fois à des penseurs musulmans. Aux côtés d’une Fatéma Mernissi, hétéroclyte, plus séduisante que convaincante, le prix est revenu à deux philosophes : Sadek J. Al-Azm, un Syrien, défenseur acharné de la sécularisation et Abdulkarim Soroush, un Iranien, banni chez lui, libéral et mystique à la fois. Le premier, connu comme l’un des éminents rationalistes du monde arabe, a expliqué que, "contrairement aux apparences, la laïcisation de nos pays est en marche, ne serait-ce que parce que le modèle turc est de plus en plus perçu
comme le plus adéquat, alors qu’il y a quelques années celui de l’Iran était le plus attrayant". Évidemment, l’émiettement ethnique et la montée des imams en Irak met en avant une troisième piste, anarchique et périlleuse. Mais là, Al-Azm propose que les sunnites demandent pardon aux chiites, que l’État se débarrasse des lois basées sur la Charia et que la majorité chiite reconnaisse que la démocratie, c’est aussi le respect des droits de la minorité. L’Irak serait donc un laboratoire qui peut basculer d’un côté comme de l’autre. Soroush explique pour sa part, en connaissance de cause, que "la religion organisée est l’ennemi de la spiritualité. Pour libérer la religion des structures, étatiques ou sectaires, il n’y a rien de mieux que la propagation de l’esprit philosophique, le pendant culturel de la modernité, parce qu’il permet de penser sans lien avec le divin". Pour être concret, il propose de repenser les Muatazilites, comme pionniers de la sécularisation, mis à l’écart par les Achâarites, plutôt fondamentalistes. Aux côtés de ces penseurs, fort connus et respectés pour leur courage intellectuel, l’Égyptien Hamid Abou Zeid, exilé en Hollande, a demandé qu’on "tienne compte, dans l’interprétation du Coran, autant de la face éclairée que de la face sombre de l’islam". Pour ne pas se voiler la face.


Parution. Zakya Daoud en romancière

Zakya Daoud s’essaie au roman historique et en sort indemne. Certes, le choix de Zaynab, quatrième femme de Youssef Ibn Tachfine, comme protagoniste d’une épopée almoravide est motivé par le désir de mettre en avant le rôle d’une femme illustre et méconnue. Certes, le fait d’être allée piocher dans les ouvrages d’histoire pour rappeler qu’au 11ème siècle, il y avait une "reine" à Marrakech est un acte clairement militant. Mais le sens du détail, la fluidité du style, le commencement par le tête-à-tête de la fin (entre Zaynab et Youssef), le flashback linéaire et tumultueux qui s’ensuit, la mise en dialogue de situations déterrées des archives, le va-et-vient entre Marrakech, la capitale et Aghmat, le village-refuge, la restitution des coulisses des caravanes d’antan, tout cela confère au 1er roman de cet écrivain prolixe une qualité littéraire indéniable.

Zaynab, reine de Marrakech ; éd. L’aube



Conférence. A propos de la crise de repères

Charles Melman, grand psychanaliste, fondateur et président de l’association lacanienne internationale (A.L.I), donne une conférence le samedi 20 octobre à Rabat. Au programme, une évocation de la crise de repères, culturels, civilisationnels et individuels que traite le coférencier dans son fameux livre, L’Homme sans gravité. Invité dans le cadre du séminaire du symbolique, dirigé avec constance et abnégation par Abdelhaï Diouri, au sein de l’institut universitaire de recherche scientifique (IURS), le propos s’adresse autant aux spécialistes qu’aux intéressés.

IURS, salle des conférences, 16h

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés