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Pages coordonnées par Laetitia Grotti

Irak. L’état d’urgence, Falloujah et les enlèvements

Falloujah, le 11 novembre 2004 (AFP)
Après plusieurs semaines de bombardements "ciblés" sur Falloujah et alors qu’ Iyad Allaoui venait de déclarer l’état d’urgence en Irak, combattants américains et irakiens se lançaient à l’assaut de la ville. Mais nombre d’entre eux ont exprimé leur étonnement devant le faible niveau de résistance rencontré dans la "ville de toutes les mosquées" depuis le début de l’offensive, lundi 8 novembre. Pour beaucoup d’observateurs, les combattants arabes, dont ceux dirigés par le très recherché Abou Moussab Al-Zarqaoui, ont déjà quitté la ville et seraient en train de se regrouper pour créer d’autres Falloujah. Ils observent ainsi que les insurgés sont très actifs
dans d’autres villes sunnites comme Samarra et Mossoul (au Nord) ou des régions comme Latifiya au sud de Bagdad. Des experts comme Joost Hiltermann, de l’International Crisis Group à Amman, leur prête ainsi la volonté de "réitérer en Irak ce que leurs prédécesseurs ont réussi en Afghanistan contre les Soviétiques". Reste qu’après 3 jours de pilonnages intensifs, le bilan, tel qu’annoncé par le chef d’état- major inter-armées américain, le général Richard Myers, s’établissait jeudi à quelques 600 morts côté insurgés, 70 soldats américains tués et 34 blessés. En revanche, aucun chiffre n’était évoqué concernant le bilan côté population civile. Parallèlement, et comme pour mieux souligner l’incapacité de l’armée américaine à contrôler tout le pays, 3 membres de la famille du Premier ministre étaient enlevés mardi, à leur domicile de Bagdad.


Côte d’ivoire. Bavure et tremblements

Samedi 6 novembre. Il est 14 heures quand une bombe de 240 kg atterrit sur le cantonnement français de Bouaké, en Côte d’Ivoire, tuant 9 militaires (la plus grave perte depuis la mort de 58 militaires au Liban en 1983). La stupeur est telle que les protagonistes en oublient de se diviser. Forces armées ivoiriennes (loyalistes, pro-Gbagbo), Forces nouvelles (rebelles) et porte-parole de la Licorne (nom du campement français bombardé) donnent le même version : il s’agit d’une bavure. Sauf qu’à Paris, la réaction ne tarde pas. Ordre est donné et aussitôt exécuté de détruire les deux chasseurs responsables du bombardement. À Abidjan, les pillages et les violences, le plus souvent tournés contre les ressortissants français viennent de commencer pour s’intensifier les jours suivants. Mercredi, leur évacuation commençait, même si des deux côtés, on cherchait à calmer le jeu, après 3 jours d’escalade.


Bush II. Premiers départs

John Ashcroft (AFP)
C'est sans chaleur excessive que la Maison Blanche a annoncé mardi 9 novembre la démission du ministre de la Justice, John Ashcroft, dont l’histoire retiendra qu’il est le père du Patriot Act, loi antiterroriste adoptée au lendemain du "9/11" et qui avait restreint les libertés individuelles américaines. Ce dévot bigot vient d’être remplacé par Alberto Gonzales, un profil guère plus consensuel. Premier Américain d’origine hispanique à détenir le portefeuille de la Justice, c’est un proche de Bush. C’est à lui que l’on doit, entre autres, la décision selon laquelle les prisonniers de Guantanamo n’étaient pas protégés par les conventions de Genève. Décision qui vient d’être jugée illégale.
Autre proche de Bush à quitter le navire amiral : Donald Evans, le ministre du Commerce.


Irak. L’enquête de trop

"J'ai assigné à comparaître le ministre de l’Intérieur et le chef du bureau de renseignements. Une vingtaine d’agents des services de sécurité ont été inculpés, dont 5 ont été reconnus coupables de torture. (…) je suis parvenu à obtenir la libération de 152 détenus". Celui qui s’exprime n’est autre que Zouheir Al Maliki, premier juge d’instruction de la Cour pénale irakienne. Enfin… jusqu’à il y a une semaine. Car ce jeune magistrat vient d’être limogé. "Le message qui m’est parvenu est très clair : 'contente-toi des voleurs de poules et arrête de fourrer ton nez dans les affaires du gouvernement'", déclare-t-il. Le message est limpide. Au cours de ses enquêtes, Al Maliki avait mis en lumière des affaires de corruption de grande ampleur impliquant plusieurs ministères du gouvernement Allaoui, mais aussi dénoncé la centaine de détentions arbitraires et cas de tortures.


Israël. Ré-arrestation de Vanunu

Après 18 ans d'emprisonnement et 7 mois de liberté surveillée, retour à la case départ pour Mordechaï Vanunu. L'ancien ingénieur avait été condamné en 1986 pour "espionnage" et "trahison", après avoir livré au Sunday Times britannique des informations ultra secrètes sur la centrale nucléaire israélienne, Dimona. Si interdiction lui avait été faite, après sa libération en avril, de parler aux médias étrangers, ainsi que de sortir du pays pendant un an, Vanunu avait non seulement revendiqué son acte, mais encore dénoncé devant les caméras du monde entier ses conditions d’incarcération "cruelles et barbares". Le scénario s'est à nouveau répété : officiellement, il est soupçonné d’avoir transmis des "informations secrètes à des étrangers"…


Guantanamo. Hors-la-loi

Salim Ahmed Hamdan (AFP)
"Le président n’est pas un tribunal". Dans un document de 45 pages, le juge fédéral Robertson affirme que les commissions militaires, qui ont mis deux ans à se mettre en place, sont invalides. Une première pour un magistrat fédéral qui conteste à Bush la prérogative qu’il s’était lui-même attribuée, de créer unilatéralement ces commissions. Comme il lui conteste son "pouvoir" de désigner des prisonniers comme des ennemis combattants. Résultat : c’est toute la procédure des 500 détenus de Guantanamo qui est jugée illégale. Du coup, le procès de Salim Ahmed Hamdan - chauffeur d’Oussama Ben Laden - qui devait être le premier devant la commission
militaire de Guantanamo a été arrêté le lundi 8 novembre. Qualifié de "grand jour pour la Convention de Genève" par l’avocate de Human Rights Watch.



Lu pour vous : Tensions communautaires aux Pays-Bas (Radio néerlandaise - 8 novembre)

Un groupe islamiste a averti les Pays-Bas qu’ils paieraient chèrement le prix des représailles contre les musulmans qui ont suivi l’assassinat du réalisateur Théo Van Gogh. L’avertissement est venu d’un petit groupe baptisé Al-Tawhid al-Islami, après l’explosion d’une bombe dans une école musulmane à Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas (…) Beaucoup estiment que le gouvernement n’a rien fait pour calmer les esprits. La semaine dernière, par exemple, le vice-Premier ministre Gerrit Zalm a jeté de l’huile sur le feu en déclarant la guerre au fondamentalisme islamique. Pas très sage, estime le journaliste indépendant Imad Al-Qaqa : "Je pense que c’est une erreur, car déclarer la guerre revient à donner carte blanche à ceux qui sont prêts à recourir à la violence, en l’occurrence contre les musulmans. (…) Ils pourraient voir une mosquée et se dire que c’est un repère d’islamistes, alors brûlons-la ou faisons sauter une bombe".
Dans une interview télévisée, le Premier ministre Jan Peter Balkenende a condamné les dernières agressions et a appelé à la fin de cette spirale de violence. "Nous devons éviter d’entrer dans un climat de radicalisation. L’attitude du 'nous contre eux' ne nous mènera pas loin". (…) Il y a un proverbe néerlandais qui dit que "la peur est mauvaise conseillère", or à présent, les Pays-Bas ont peur de ce qui se passe, de l’islam et de la présence grandissante des musulmans. L’islam est la deuxième religion de ce pays. (...) Chaque année, quelque 2000 Néerlandais se convertissent à l’islam et cela effraie les gens (…).



Vite !

Le 9 novembre 2004, le chancelier allemand Gerhard Schroeder a voulu rendre hommage aux ex-Allemands de l’Est pour avoir renversé pacifiquement le pouvoir communiste. "Il y a 15 ans, (vous avez) détruit le mur et triomphé d’une dictature inhumaine". Cet événement, qu’il a qualifié de "jour de triomphe de la liberté et de la démocratie" prend aujourd’hui une autre résonance, alors que s’érigent d’autres murs.

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Nouvel ultimatum accepté mardi par les ravisseurs des trois otages de l’ONU en Afghanistan (l’Irlandaise Annetta Flanigan, le Philippin Angelito Nayan et le Kossovar Shqipe Hebibi), enlevés le 28 octobre par l’Armée des musulmans (Jaish e-Muslimin). Jeudi, un groupe de 20 femmes afghanes a même proposé aux ravisseurs de se substituer aux otages, par solidarité. Chapeau !

 
 
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