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Palestine. Après Arafat, le déluge ?
Naufragés de Tunis. Journal de bord d'un rescapé
Société. La maison des femmes battues
Mémoire. Chanter Hassan II
N° 151
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Réconciliations. Un mausolée pour Abdelkrim Khattabi

Abdelkrim Khattabi (AFP)
"La dépouille de Abdelkrim Khattabi sera rapatriée au Maroc avant la fin 2005", affirme Driss El Yazami (IER). Mandaté par le roi, il a été voir, avec Driss Benzekri, la fille de l’ancien chef de l’armée du Rif, Aïcha Khattabi, pour obtenir son accord de principe. Ce qui fut fait. Reste l’aval de son frère Saïd, installé au Caire. L’IER projette, après le rapatriement, de construire un mausolée en hommage au leader rifain, longtemps banni par le Makhzen. Ajdir, village d’origine d’Abdelkrim, est pressenti comme le lieu idéal pour accueillir le monument, ainsi qu’un musée et une bibliothèque. "Il est trop tôt pour affirmer les modalités de l’opération de transfert et d’hommage", précise
Khattabi-fille. Pour l’IER, l’essentiel est d’y parvenir. N’ayant reçu au sujet des événements de 1958 au Rif que 140 dossiers, dont 80 hors délai, l’instance croit bien qu’il y a "un traumatisme profond dans la région". Aussi, pour réconcilier ces habitants avec leur histoire, l’hommage devant être rendu à Khattabi pourrait être salvateur. "Il aidera à libérer la parole", espère El Yazami. En parallèle, un groupe d’activistes rifains, emmenés par le directeur de la fondation Khattabi, Mimoun Charqi, s’est constitué en comité de soutien pour le rapatriement de la dépouille. Ils espèrent que les autorités marocaines feront autant sinon mieux que les Égyptiens, le 6 février 1963, date de décès du chef de la guerilla marocain. Des honneurs militaires lui ont été rendus alors, tel un chef d’État. Qu’en sera-t-il au Maroc ? Wait and see.


Escalade. Un Basri en cache un autre

Driss Basri multiplie les sorties médiatiques. L’ancien vizir a accordé de nouveaux entretiens aux médias algériens (le journal Al Watan et la télévision algérienne), mais aussi à Al-Jazira qui lui aurait consacré une émission, Zyara khassa toujours en instance de diffusion. Basri travaillerait également sur une grande interview avec le quotidien Le Monde. Sans oublier le feuilleton entamé, depuis deux semaines, dans les colonnes du journal espagnol La Razon. Au Maroc, les autorités judiciaires s’apprêtent, quant à elles, à écouter son fils, Hicham, en qualité de témoin dans l’affaire Laâfora et Slimani. Réponse du berger à la bergère ?


Côte d’Ivoire. Les femmes et les enfants d’abord

Le rapatriement des Marocains de Côte d’Ivoire se passe dans des conditions spéciales : "Un représentant de l’ambassade du Maroc m’a informée que des avions avaient été affrétés et que je pouvais donc quitter la Côte d’Ivoire si je voulais", raconte ce médecin installée en Côte d’Ivoire depuis plusieurs années. Sauf que l’officiel en question ajoutera que le rapatriement ne concernait que les femmes et les enfants ! Ainsi, notre médecin ne prendra pas l’avion, refusant de laisser son mari. Le rapatriement des Marocains (hommes) aurait eu cette condition : qu’ils aient été pillés par les rebelles ivoiriens. Une information non démentie par la diplomatie marocaine.


Moumen Diouri. Un retour, un livre

Moumen Diouri se rendra avant la fin 2004 au Maroc, probablement vers le 20 décembre. C’est ce qu’il vient de nous confirmer. "J’ai hâte d’être de retour, je n’attends que de régler mes affaires personnelles en France". Diouri devra rentrer à Rabat, avant de retourner à sa ville natale Kénitra où il compte restaurer la demeure paternelle, tombée en ruines. Il rentre avec sa femme vietnamienne et ses trois enfants. L’ex-opposant de Hassan II compte, dans la foulée, se consacrer à son prochain ouvrage, La haute trahison de l’élite du royaume, où il revisitera, comme à son habitude, l’histoire tumultueuse du royaume.


Maroc/Égypte. Jumelage de plomb

L'université Paris I a eu l’idée ingénieuse de regrouper, vendredi 19 novembre, d’anciens révolutionnaires du Maroc (Anis Balafrej) et d’Égypte (Baha Tahir) pour confronter leurs expériences. Prenant la période 1967-1973 comme repère, cela correspond, en Égypte, à une parenthèse entre deux guerres et à une génération d’islamistes supprimée et, au Maroc, à l’éclosion d’une jeunesse utopique et une mise au pas définitive. La rencontre permet ensuite de faire le parallèle entre les deux pays, au niveau de l’expérience carcérale, vue par les femmes, les familles et les victimes. Enfin, les deux pays exposent, par éditeurs et auteurs interposés, leur littérature de prison, mais aussi leur traitement politique, a posteriori, des retombées de cette période d’espoir et d’oppression. Les organisateurs comptent récidiver avec un parallèle entre les islamistes de Nasser et de Hassan II. Ça promet.


Investissement. Jettou accuse

Lors d’un dîner offert chez lui, Driss Jettou, Premier ministre, a pointé les investisseurs nationaux du doigt. Il s’est dit étonné de voir que l’investissement étranger soutient l’économie plus que celui des nationaux. Ces derniers se limitent à des investissements de capacité. Plus l’offre extérieure augmente, plus ils font des efforts. Mais l’investissement de création ou de développement est très faible. Ce discours a été adressé à des invités de marque : quelques gros bonnets de l’économie nationale. À eux de faire passer le message.


Recensement. Les surprises de Lahlimi

Les premières tendances du recensement commencent à filtrer. Ces tendances concernent surtout la démographie. La population du Maroc devrait se situer à hauteur de 30 millions d’habitants. La ville de Casablanca, elle, ne compte que 3 millions de personnes. Ainsi, pas de grandes surprises à enregistrer. Contacté, Ahmed Lahlimi, haut commissaire au plan, estime qu’il est encore trop tôt pour parler de chiffres. Il soutient cependant que ces tendances sont raisonnables. "En prenant en compte des paramètres comme le taux de mortalité, de natalité, d’immigration… nous serons dans les environs de 30 millions d’habitants ". Ce qui est sûr, c’est que le Maroc compte 90.000 immigrants par an et une diaspora de 3 millions de Marocains. Lahlimi affirme que les délais seront respectés. Les résultats du recensement seront communiqués à la fin du mois. Mercredi 17 novembre, le comité scientifique qui suit cette opération a été réuni à Rabat pour affiner la partie analyse. Il s’agit surtout de déterminer les informations exploitables et leurs cibles.


TV Laâyoune. Pourtant, elle tourne…

Lancée dans la précipitation des festivités du 6 novembre, la télé peine à démarrer correctement et bute sur des obstacles logistiques et techniques (elle ne dispose même pas de standard téléphonique). Pourtant, elle tourne, 2 heures et demi par jour, à partir de 21 heures 30, en décrochage sur la chaîne hertzienne et sur l’Arab sat. Au programme, de la variété locale (en hassani) et un journal local en arabe. La télé ne fait pas que des heureux. Depuis son lancement, sa seule ligne téléphonique est constamment occupée par des appels anonymes qui traitent son personnel de traîtres et de… Marocains.


Féministes. "8 mars", la résurrection

Qui des militantes féministes ne regrette pas 8 mars, 1er journal féministe marocain, publié pour la première fois en 1983 par les pasionarias de l’Union de l’action féminine et arrêté en 1995 ? Révolutionnaire à l’époque, il a été l’un des éléments clé de la lutte féministe au Maroc. Bonne nouvelle, Tmnia mars revoit le jour. Le premier numéro est ainsi prévu pour début 2005 : "Nous sommes en train de travailler sur le projet d’arrache-pied. Comme il l’a été au début, l’essentiel du journal sera consacré à la condition de la femme, prenant cette fois-ci en considération tous les changements, dont celui de la Moudawana", explique Aïcha Lakhmass, nommée directrice de publication du journal et secondée par Latéfa Jbabdi, au poste de rédactrice en chef. Exactement comme avant.


Parution. Anouzla lance un quotidien

"Al Jarida Al Maghribia sera dans les kiosques au début 2005. C’est du moins ce que promet son directeur de publication Ali Anouzla, ex-directeur du bureau d’Asharq Al Awsat à Rabat et actuel correspondant de Radio Sawa. Plusieurs noms connus du monde des médias prennent part à cette nouvelle expérience dont Abdelkader Chaoui, Taoufiq Bouachrine et Rachid Nini. "Ce sera un quotidien de 16 pages, généraliste et indépendant, qui exploitera le même plafond de liberté de la presse indépendante d’aujourd’hui", note Ali Anouzla. L’une des garanties de l’indépendance du nouveau titre, son tour de table. Des militants associatifs, des universitaires, des avocats et des journalistes sans aucune appartenance politique. Bon vent !


Hiwar. El Fassi se justifie

Abbes El Fassi n’en peut plus. Il a saisi son passage à l’émission Hiwar de Mustapha Alaoui pour prouver aux Marocains qu’il ne chôme pas. "Je suis le premier ministre d’État sans portefeuille sous le roi Mohammed VI. Et cela, l’histoire le retiendra", a-t-il scandé. En effet. A part ça, personne n’a donc le droit de le soupçonner d’oisiveté. Il a dirigé une commission sur l'Irak, a rencontré Kofi Annan et dirigé un sommet du congrès islamique en Malaisie. Mieux, il ne cesse de vanter, lors de ses multiples déplacements, les bienfaits du gouvernement Jettou. Alors, que veut le peuple ? Qu’il abandonne Abderrazak Afilal, cité dans l'affaire Slimani-Laâfoura ? Pas question, le vieux syndicaliste n’est pas encore poursuivi.


Presse. 5 prix et 30 wissams

Le grand prix de la presse a finalement accouché de cinq prix et de… 30 wissams. De différents grades (chevalier, d’excellence, etc), ils ont servi à décorer 24 personnalités "en reconnaissance de leurs efforts". Parmi les 24 personnes, des vétérans comme Ali Hassan, Iznassni, Sehimi mais aussi des figures de la relativement jeune génération comme Mohamed Khatem, Atiq Benchiguer ou Fadela Anouar (qu’on ne voit plus). Une initiative qui en a étonné plus d’un. Décorer des vétérans, cela se comprend. Mais 30 personnes, cela fait beaucoup. Sinon, les lauréats du concours classique sont : Maria Moukrim pour l’enquête, Réda Benjelloun pour le reportage, Taoufiq Bouachrine pour l’analyse, Abdelmajid Bziouate pour la photo et Khalid Mechbal pour l’hommage. Félicitations.


3 questions à Mohamed Khalidi (Député PJD, président du Mouvement pour la vigilance et la vertu (MVV))

Allez-vous transformer le MVV en parti politique ?
Jusqu’à présent, aucune décision n’a été prise par le comité central de l’association. Le MVV n’existe que depuis 6 mois. Nous sommes toujours en train de structurer l’association, de créer des sections à travers le Maroc. Quand ce sera fait, le MVV tiendra son congrès, et nous verrons. Pour l’instant, nous nous concentrons sur la reparution du journal Al Asr, dont le Dr. Khatib s’est déssaisi à mon profit. Quant au MUR (ndlr : Mouvement pour l’unicité et la réforme, matrice spirituelle du PJD), il n’a ouvert aucun dialogue avec nous.

Qu’est-ce qui vous différencie ?
Contrairement à eux, nous sommes pour l’ouverture, la tolérance et le dialogue avec tout le monde, notamment les chrétiens et les juifs, loin de toute approche intégriste. Nous voulons attirer des gens nouveaux, des cadres, qui cherchent à promouvoir un islamisme modéré et de tolérance.

Comment ?
D’abord en jetant des ponts vers les partis de gauche, avec lesquels un dialogue constructif est plus que souhaitable. Ensuite, en multipliant les contacts avec d’autres associations islamiques, pour essayer de les convaincre que leur discours et leur stratégie doivent évoluer, vers plus d’ouverture et de modération. L’Occident doit cesser de considérer que l’islam est une religion de terroristes.



Billet : Le roi des pauvres (par Driss ksikes)

Ce soir-là, comme tous les soirs, deux chmakria s’adonnent à leur rituel de commentaire politique. Ils ont l’air d’écervelés et personne, dans le café d’à côté, ne leur prête l’oreille. Mais ils finissent par avoir les mots qu’il faut. "- Tu sais pourquoi on l’appelle le roi des pauvres ? - Non. - Parce que sous son règne, on deviendra tous pauvres". Tout le monde éclate de rire. La scène me rappelle ces pièces de théâtre où le bahloul, personnage habillé en lambeaux, marginal, pris pour un illuminé, s’avère soudain être le plus sage de tous. Le roi Mohammed VI n’a certainement aucune volonté d’appauvrir les gens, mais le bahloul ne l’a pas dit pour rien. Première hypothèse : il pense à ce rituel ramadanien d’offrande de harira, qui aide les plus démunis, mais les asservit au passage. Ils restent pauvres pour mériter leur dose d’assistance royale. Deuxième hypothèse, il songe à ces petits commerçants de fortune, ambulants, qui perdent la cote, face aux Chinois qui débarquent. Ceux là deviennent plus pauvres par effet de dominos et de mondialisation. Troisième hypothèse, il pense par intuition, sans vraiment en avoir conscience, aux prix qui grimpent, aux salaires qui stagnent, aux riches qui thésaurisent et aux employés qui trinquent. En l’espace de quelques années, les fonctionnaires dégringolent de classe et de catégorie sociale, s’appauvrissent et s’en remettent à Dieu ou à ses bigots. Dernière hypothèse, il ne pense à rien, mais ressent dans sa chair, dans sa rue, dans les regards, la détresse de milliers de nouveaux venus à la ville, perdus, violents, irrécupérables. Face à tout cela, le roi des pauvres a mauvaise conscience, se démène, crie à la solidarité. La société civile fait de son mieux. Les investisseurs bloquent. Les désespérés partent. Et les fortunés se cachent. Fatalement, le roi n’a plus que des pauvres en face.



Humeur :Zapping politique (par Karim Boukhari)

"La référence maintenant adoptée dans le traitement de ce sujet (le Sahara) est le discours de SM le roi à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte". Cette tirade d’un autre âge est extraite du journal L’Opinion, qui reprend une brillante réflexion de Abbes El Fassi, le patron de l’Istiqlal, lors de son passage sur la télévision marocaine. La phrase qui tue. Honnêtement, qui a envie après ça d’adhérer à un parti politique ? Mettons-nous un moment à la place de ce Marocain moyen, que l’on nous présente comme un jeune homme non politisé, loin de tout, à qui on veut absolument coller l’idée de croire à la politique. Ce citoyen lambda, forcément consommateur d’images télévisuelles, "boit" les paroles des figures politiques qui défilent devant ses yeux et s’interroge. Que penser d’un Ahmed Lahlimi, pratiquement numéro 2 du gouvernement de l’Alternance, qui lui balance : "Je suis usfpéiste, istiqlalien, péjédiste, haraki, etc." ? Ou d’un Abbes El Fassi qui ne manque aucune occasion de s’extasier devant tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un discours royal, allant jusqu’à y puiser sa "politique", lui, le leader d’un parti historique comme l’Istiqlal ? Voire d’un Mahjoubi Aherdane, dont le moindre saute d’humeur peut être à l’origine de la création d’un nouveau "parti" ?
Bien sûr, le citoyen lambda est plus intelligent qu’on veut bien nous le faire croire. Il pourra toujours zapper ! Ce qui ne l’empêchera jamais de connaître à l’avance le "programme" de tous les partis politiques, à quelques exceptions près (les mal-aimés) : démocratie, progrès, blabla… et revendication de tous les discours royaux, avant même qu’ils ne soient prononcés. Terrible, non ?



Vite !

Ali Lmrabet est dorénavant le premier journaliste marocain à s’être rendu à Tindouf pour faire son travail de journaliste-reporter. Son atout, la double nationalité, maroco-française, son poste à plein temps à El Mundo et son illustre statut de victime de la liberté d’expression du royaume heureux. Merci qui ? Le Makhzen.

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En récompense d’"actes remarquables de courage" pendant le débarquement de Provence (Deuxième Guerre Mondiale), 71 anciens combattants marocains de l’armée française se verront accrocher l’insigne de la légion d’honneur, le 23 novembre prochain, à Casablanca et à Settat. C’est le président français qui avait décidé de leur décerner cette décoration, à l’occasion du 60ème anniversaire du débarquement.

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L'épilepsie toucherait 350.000 Marocains, dont 60 % vont d’abord consulter chez les fqihs. Voilà en gros ce qui ressort du congrès méditerranéen, qui se tient actuellement à Marrakech, pour débattre de la maladie et à l'inclure dans le programme national pour la santé de la mère et de l’enfant. L’épilepsie est guérissable, au bout d’un traitement (cher) de trois ans, dans 80 % des cas.

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Même s’ils sont invisibles sur les étalages, on trouve les VCD des films marocains à Derb Ghallef à Casablanca et à la Souiqa de Rabat. Vendus sous cape - les autorités sévissant sur le piratage de produits nationaux (tiens tiens…) - leurs prix flambent. Ainsi, Bandits ou Les yeux secs sont vendus à 50 DH, soit plus de 2 fois le prix du dernier succès hollywoodien.

 
 
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