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N° 152
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Mahjoub Benseddik,
patron de l'UMT (DR)
AMO. Les syndicats gourmands

La réunion qui s’est tenue lundi 22 novembre entre patronat et syndicats n’a rien apporté d’utile. Les frères ennemis n’ont pas abouti à une plateforme pour la mise en place de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Le projet présenté par le gouvernement propose la couverture des pathologies lourdes et une cotisation patronale et salariale de 2 % chacun. Sur une masse salariale globale dans le privé de 50 milliards de dirhams, la cotisation mobilisera 2 milliards de dirhams par a
pour l'AMO. Pendant les six premiers mois de l’année prochaine, aucune prestation ne sera fournie. Cette période servira à la mise en place du fonds de prise en charge qui sera alimenté par les premières cotisations de l’année et à former les gestionnaires du fonds. En contrepartie le gouvernement s’est engagé à améliorer les prestations médicales dans les hôpitaux. Les syndicats veulent plus. Ces derniers insistent sur l’augmentation de la cotisation et celle de sa part patronale. "Nous comprenons que la solidarité nationale nous incite à nous engager dans ce projet, mais tout en restant raisonnables et pragmatiques", souligne Yahia Zniber, vice-président de la fédération de la PME. Pour ce dernier, il ne faut pas vendre de l’utopie aux gens et céder aux tentations politiciennes. Le plus important est d’avoir un système de couverture maladie qui correspond à nos moyens et d’arriver progressivement et à terme à une couverture générale de la population.


Consulting. Le cercle des patrons bénévoles

Des ex-directeurs généraux, directeurs financiers et consultants à la retraite veulent offrir leur expertise aux entreprises, administrations publiques et collectivités locales. Inspiré de l’ECTI, l’association des patrons bénévoles de France, Abderrafie Menjor, ex-patron de la Samir, crée l’ETICM. Une convention a même été signée entre les deux associations. L’idée est simple : offrir des consultations et quand c’est nécessaire faire appel à un confrère français. Le bénéficiaire de ces services contribuera à la couverture des frais du consultant expatrié. Si c’est une intervention purement locale, le bénéficiaire prend en charge les frais généraux de la consultation. En gros, entre 4000 à 10.000 DH selon l’ampleur de la consultation. L’association compte actuellement 50 ex-dirigeants et compte s’étoffer. Juste pour savoir : ETIC France a 5000 experts.


Khalid Cheddadi (CIMR)
Retraite. La CIMR se rebiffe

La caisse interprofessionnelle marocaine de retraite semble sortir du tunnel. La caisse affiche un résultat d’exploitation excédentaire de 1,2 milliard de dirhams. Le changement est radical quand on sait que l’année dernière, la caisse a essuyé une perte d’exploitation de 124,4 millions de dirhams. Le différentiel est expliqué par Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR : la réforme nous a permis de récupérer la gestion de la part salariale des cotisations. Ces dernières étaient dans les caisses
des assureurs. Pour l’avenir, la CIMR table sur la généralisation. Le gouvernement s’est, en effet, engagé à généraliser le régime de la retraire complémentaire. Il reste à dessiner ses contours. A retenir : l’augmentation des cotisations est vitale pour la caisse.



Les off

Le golden parachute dont a bénéficié Abderrahmane Saâidi, ex-patron de la Samir, nous livre ses secrets. Ses indemnités de départ se chiffreraient à 7 millions de dirhams avec un bonus : 4 millions de dirhams en plus, en rachat de points auprès de la CIMR. Rappelons que Saâidi était ministre des Privatisations au moment de la vente de la Samir et en est devenu le directeur général après son départ du gouvernement.

Deux sociétés européennes, dont le Français Sagem, sont en compétition pour la réalisation du projet de la carte d’identité biométrique. Le projet porte sur la mise en place des cartes à puce, qui contiennent tous les renseignements sur l’identité des personnes, jusqu’à leurs casiers judiciaires. Le projet est géré par le ministère de l’Intérieur et s’étalera sur presque 5 ans.


MT. Spéculation financière en vue

Tout le réseau bancaire a travaillé cette semaine pour Maroc Telecom. Chaque agence a tenté de recruter des investisseurs potentiels. Les chargés de clients proposaient l’octroi de crédits pour l’achat des actions de l’opérateur historique. L’offre comprend un financement à hauteur des capacités de remboursement qui devra s’étaler sur 12 mois. Le taux d’usure est de 7 %. Pour être plus convaincants, les banquiers font miroiter l’opportunité d’un gain rapide. Selon une source bancaire, les candidats à la participation au capital de Maroc Telecom comptent une bonne partie de spéculateurs. Ils achètent le titre à 68 DH avec l’ambition de vendre quand la valeur touchera les 150 DH. En fait, tout dépendra des institutionnels. Il faut attendre la cotation en décembre pour en avoir le cœur net.


PME. Une convention sur le Net

La fédération de la PME et Maroc Connect ont signé une convention mardi 23 novembre. Objectif : connecter la PME au haut débit. Le fournisseur d’accès offre des prix préférentiels, notamment 99 DH au lieu de 649 DH pour les frais d’activation et des baisses sur les forfaits. Cette promotion court jusqu’au 31 décembre 2004. Elle porte également sur l’audit et la mise en place du système de protection contre les intrusions. Les cycles de formation sont également couverts par la convention avec des réductions allant jusqu’à 50 %. La Fédération, elle, s’engage à recruter le maximum de clients pour le provider. Elle compte déjà plus de 250 membres et une tournée sera bientôt entamée par la fédération pour vendre ses services, notamment la messagerie et l’assurance.


Débat. Régionaliser les capitaux

Les intégrales de l’investissement qui se tiendront le 1er et 2 décembre 2004 seront régionales. La direction des investissements qui pilote ce débat insiste sur l’importance de la dimension régionale dans l’acte d’investir. "Les firmes intègrent de plus en plus l’environnement territorial dans leurs stratégies de location. Elles cherchent à identifier les avantages offerts par une région en vue de renforcer leur compétitivité au plan global", indique une étude de la direction. Plus de 400 représentants sont attendus pour animer un débat qui portera sur l’échange des expériences. Surtout l’expérience de l’économie régionale développée en Espagne, en France, en Belgique et en Suisse.



Khalid Tritki
Manque de confiance

En discutant avec un patron de la place, très en vue d’ailleurs, ce dernier m’a glissé sur un ton inquiet qu’il espérait que les négociations sur l’AMO n’accoucheraient pas d’une mauvaise surprise. Sur mon insistance, il m’explique amèrement que l’expérience du code du travail est encore fraîche dans les esprits. Lorsqu’une couverture sociale va augmenter les charges de l’entreprise, il est légitime de grogner. Mais pour l’AMO, grogner ouvertement serait sortir des rangs des patriotes. Jettou en a conscience et a proposé
juste ce qu’il faut pour que le patronat accepte. Mais là n’est pas le message que mon ami de patron veut transmettre. Sa crainte découle non pas du projet, mais de ceux qui défendent ses intérêts dans ce dossier. Il est certain que la CGEM fait ce qu’il faut sur ce chapitre et on peut s’avancer sur un engagement ferme de Jettou pour ne pas alourdir la facture de l’AMO. Il n’en demeure pas moins que la confiance dans la confédération a été ébranlée depuis les négociations du code du travail. L’absence d’une position ferme de la CGEM face au choix de la loi des finances a totalement installé le doute. C’est grave pour une structure qui a un mandat pour représenter 90 % du chiffre d’affaires de l’économie. Et Hassan Chami n’a pas intérêt à cultiver cette image, car il lèguera à ses successeurs une structure vide de toute substance.

 
 
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