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N° 152
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Laetitia Grotti

Charm El Cheikh. Consensus en trompe l’œil

Hoshyar Zebari, chef de la
diplomatie irakienne à
Charm El Cheikh (AFP)
Dégager un consensus. C'était l'obsession des délégations présentes à la conférence de Charm el-Cheikh. Américains, Européens ou Irakiens, tous insistaient sur la nécessité de rapprocher les positions des partisans et des adversaires de la guerre en Irak. En fait, les participants ne se sont entendus que sur des considérations très générales, qui sont loin d’éclaircir le processus politique et électoral en Irak. Ainsi, la déclaration finale reprend essentiellement la résolution 1546, adoptée en juin par le Conseil de sécurité, et souligne le "rôle central" de l'ONU en Irak. Mais elle ne dit rien de ses implications concrètes. Le gouvernement irakien a, quant à lui, annoncé que
le scrutin se tiendrait le 30 janvier, en dépit des combats et des appels au boycott de la majorité des mouvements sunnites. À la France, qui voulait impliquer davantage l'opposition irakienne, le communiqué final ne concède qu'un appel à une réunion "en Irak, avant les élections générales, des représentants de l'échiquier politique irakien et de la société civile". Voilà qui ne paraît guère de nature à changer la situation sur le terrain. Quant à l'adoption d'un calendrier de retrait des forces étrangères, là encore, Paris a dû se satisfaire d'un renvoi à la résolution 1546 et du rappel que le mandat des forces militaires étrangères "n'est pas ouvert indéfiniment". De leur côté, les États-Unis peuvent s'estimer satisfaits d'avoir obtenu gain de cause sur les 2 points qui leur importaient le plus : un soutien international unanime à l'action du gouvernement intérimaire irakien, mais aussi l'accord sur une réduction de 80 % de la dette irakienne négocié à Paris.


Palestine. Visite de Powell

En envoyant Colin Powell à Jéricho pour y rencontrer la nouvelle direction palestinienne, il semble que l’administration Bush ait avant tout cherché à rester cohérente. En effet, alors que Washington avait veillé à mettre à l’écart Yasser Arafat, la rencontre de lundi est la première de ce niveau depuis près de 3 ans, entre un membre de l’administration américaine et la direction palestinienne. Si l’on s’en tient aux déclarations de chacun, le bilan de cette visite est plutôt positif. Alors que Powell a soutenu que "le temps est venu d’aider les Palestiniens pour qu’ils aient un bon scrutin le 9 janvier", Ariel Sharon a, de son côté, assuré qu’Israël n'entraverait pas le scrutin présidentiel palestinien et qu’il était d’accord pour qu’Israël permette le vote des Arabes de Jérusalem-Est "comme cela a été le cas dans le passé" (en 1996). Reste la question des modalités de vote.


Etats-unis. Désolé tout le monde !

Il s’appelle James Zetlen et il est étudiant à l’université de Californie du Sud. En quelques jours, ce jeune Américain a déclenché une véritable frénésie sur Internet. Au lendemain de la réélection de G. Bush, J. Zetlen a publié sur la toile une photo de lui avec un message disant : "Désolé tout le monde, nous avons essayé", signé "la moitié de l’Amérique". Et il faut croire qu’il n’était pas loin du compte puisqu’en quelques jours à peine, son site www.sorryeverybody.com (désolé tout le monde) a reçu plus de 27 millions de visiteurs. "L’émotion que le site a déclenché était ahurissante", explique l’étudiant dont le site a rapidement monopolisé 82 % des capacités du serveur Internet de son université. Reste que les pro-Bush ne l’entendent pas de cette oreille, puisque 8 sites opposés à cette initiative ont déjà vu le jour.


Irak. Saddam jugé avant les élections ?

Si l’on en croit les propos de Hazem Chaalane, actuel ministre irakien de la Défense au quotidien Asharq Al-Awsat, le procès du président irakien déchu Saddam Hussein devrait s’ouvrir avant la fin de l’année, sans toutefois avancer de date précise. Seule précision concédée au journaliste : le procès devrait avoir lieu avant les élections générales (théoriquement prévues le 30 janvier). Rappelons qu’un responsable américain à Bagdad avait indiqué, le 24 septembre dernier, que le procès de Saddam n’aurait probablement pas lieu en 2004, contredisant le Premier ministre Iyad Allaoui, qui avait affirmé qu’il pourrait débuter en octobre. Pour octobre, la question ne se pose plus. Pour janvier, le mystère reste complet.


Blair. Motion pour impeachment

La dernière tentative d’impeachment en Angleterre remonte à… 1806 et s’était soldée par un échec. Presque 200 ans après, 23 députés tentent de remettre cette pratique au goût du jour pour obtenir le renvoi de Tony Blair et ce, pour "abus grossier de ses fonctions" dans le cadre de la guerre en Irak. Déposé mercredi 23 aux Communes, le texte a été rédigé en août à l’initiative d’Adam Price, un député du parti nationaliste gallois. Lors de sa campagne pour cette motion, Adam Price a expliqué : "Si nous ne mettons pas en cause les actes de Tony Blair, un précédent serait établi, selon lequel le Premier ministre pourrait tromper le public et le Parlement et s’en sortir sans problème". Devant la très forte majorité travailliste aux Communes, (407 sièges sur 659), sa motion n’a cependant aucune chance d’aboutir.


Espagne. Gare à la Guardia Civil

(AFP)
Tandis que le premier procès lié aux attentats du 11 mars n’a duré qu’une demi-heure, débouchant sur la condamnation du jeune Espagnol de 16 ans, à 6 ans d’enfermement dans un centre de détention juvénile (cf. TelQuel n°151), c’est l’ouverture d’une autre enquête qui a défrayé cette semaine la chronique ibère. C’est, en effet, aux possibles défaillances de la Guardia Civil que s’intéresse cette fois le procureur général de l’État espagnol. Selon cet homme, l’enquête devrait déterminer comment une bande enregistrée en 2001, mettant en cause 2 Espagnols soupçonnés d’avoir vendu en 2004 des explosifs aux auteurs des attentats du 11 mars, n’a été remise à la justice
que courant novembre. En Espagne, l’affaire fait grand bruit et a déjà débouché le 16 novembre sur le limogeage du commandant en chef de la Guardia civil de Gijon (Nord). Après l’avoir entendu, la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 11 mars a décidé de convoquer d’autres responsables de la Guardia Civil.



Lu pour vous : Ukraine, une leçon pour tous (www.france-ukraine.com)

Si les élections se passaient sans pression de la part de la Russie, je suis sûr que le peuple ukrainien réussirait cet examen de la démocratie, comme l’atteste la victoire phénoménale remportée au 1er tour par le candidat de l’opposition démocratique et pro-européenne Victor Yuchtchenko, malgré de nombreuses manipulations et falsifications (…) Toutefois, la Russie de Poutine, ayant protégé ses arrières diplomatiques par sa participation malicieuse à la coalition antiterroriste, exerce actuellement une pression sans précédent sur l’Ukraine, de manière presque invisible à la presse, comme à l’époque soviétique. Le plus terrible est que Poutine garantit une couverture diplomatique à l’actuel pouvoir en Ukraine, organisant une véritable terreur administrative, avant le 2ème tour des élections, dans les circonscriptions où Yuchtchenko a remporté la victoire (particulièrement dans l’Est de l’Ukraine).
Plus inquiétant est que l’autre candidat à la présidence est lui-même Premier ministre et utilise les services de la police pour faire pression sur ces mêmes circonscriptions. Les services de police attestent officiellement qu’ils sont "les instruments du pouvoir", et non de la loi. Comment se conduira le peuple dans de telles conditions - sachant que la moitié de la population n’a pas encore surmonté sa crainte du pouvoir propre à l’époque communiste ? Il est difficile de le prévoir. Néanmoins, je suis convaincu qu’indépendamment des conditions actuelles, cette période sera un jour qualifiée de décisive pour le sort de tout l’espace slave oriental. Son avenir se décide aujourd’hui à Kiev, et la brutalité du pouvoir actuel donne à la situation un air de lutte définitive entre le mal et le bien. Cette période sera une leçon pour tous.



Vite !

Que va faire Israël ? L’interrogation est sur toutes les lèvres depuis que Marouan Barghouti a annoncé - selon un responsable du Fatah, après s'être entretenu avec son avocat - sa décision d’être candidat à l’élection présidentielle palestinienne prévue le 9 janvier… Barghouti purge depuis juin 2004 quatre peines d’emprisonnement à vie, en Israël. Marek Halter aurait-il vu juste et Barghouti sera-t-il le Mandela palestinien ?

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Anneta Flanigan, Angelito Nayan et Shqipe Habibi, les 3 employés de l’ONU retenus en otage depuis un mois en Afghanistan ont été libérés le 23 novembre à Kaboul. Le ministre afghan de l’Intérieur a affirmé n’avoir connaissance d’aucune rançon. Les dirigeants du groupe des ravisseurs, Jaish-e Muslimeen, affirment, eux, avoir conclu un accord avec leurs intermédiaires pour la libération de 24 prisonniers talibans.

 
 
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