Médecine. Un cur artificiel 100% marocain
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Wajih Maazouzi (Photo DR)
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Une équipe marocaine dirigée par le professeur Maazouzi sest lancée dans la conception dun cur artificiel cent pour cent marocain. Ce sera bientôt prêt, mais ça va coûter cher.
"Quand jai discuté du cur artificiel pour la première fois avec un ingénieur en hydraulique, les gens croyaient quon rigolait", assure le professeur Wajih Maazouzi. Il y avait de quoi. Inventer en lespace de six ans le premier cur artificiel marocain avec les moyens du bord tient effectivement de la science-fiction. Et pourtant. Si lon en croit le professeur |
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Maazouzi, il sagit là dun cur artificiel complet et entièrement autonome. Usiné en titanium, il fonctionne comme une pompe hydraulique animée par un moteur. L'ensemble s'accompagne d'une batterie interne rechargeable, d'un boîtier de commande électronique et dun receveur haute fréquence implanté dans le thorax et l'abdomen. Puis, un transducteur avec une batterie externe porté à la ceinture. C'est ce dernier qui recharge la batterie interne, par le biais d'impulsions électromagnétiques envoyées à travers la peau. Les perspectives offertes par un tel système sont très importantes dans un Maroc où des centaines de malades décèdent chaque année, faute d'avoir obtenu à temps lorgane salvateur.
Mais un cur artificiel, aussi perfectionné soit-il, ne pourra jamais être proposé à tous les demandeurs, à cause de son prix. Les prototypes implantés aux États-Unis coûtent entre 1 et 2 millions de dirhams. Le cur artificiel version locale pourrait, lui, être proposé à partir de 300.000 DH.
Quand on lui parle de lobstacle des gros sous, le professeur Maazouzi balaye largument dun geste agacé : "Cest souvent largument quon avance pour éviter de prendre des initiatives". Pour financer le lancement des recherches, léquipe sest adressée à la fondation recherche et développement de l'OCP. En 1998, dès que Mourad Chérif, le patron de lOffice chérifien des phosphates, a le dossier en main, il signe une convention et plusieurs dizaines de millions de centimes sont alors débloqués. Un apport financier, mais surtout un appoint logistique considérable est également apporté par Haj Fadel Sekkat, le patron de la société Maghreb Tube.
La formule adoptée par léquipe de chercheurs marocains a dailleurs consisté à mettre au point une sorte de laboratoire virtuel, où les travaux se font en milieu combiné, clinique hospitalière et institutions technologiques, utilisant ainsi de manière ponctuelle et économique les ressources humaines et matérielles. La conception du système devrait coûter jusquà 10 fois moins cher que les dispositifs en vigueur dans les pays développés. Pleins de bonne volonté, les chercheurs vont alors se relayer pour écumer les séminaires et les rencontres internationales de cardiologie. En février 2000, à Tsukuba, "La Mecque" de la recherche scientifique japonaise, la cité des sciences aux trente mille chercheurs, Maazouzi sapproche timidement du professeur Yamane, le pape du cur artificiel japonais : "Monaco ?", lui demande le Japonais, "Non, répond Maazouzi, Morocco". Le chirurgien du cur, avant dentamer son exposé scientifique, a dû se prêter contre mauvaise fortune bon cur au jeu des questions-réponses sur le Maroc, devant le regard curieux et étonné du chercheur japonais. La démarche proposée est finalement approuvée par les scientifiques japonais.
Les essais mécaniques passés avec succès, le cur marocain devra passer lexamen des tests animaux avant dêtre implanté dans un cur humain. Nous y serons, quand cela arrivera. D'ici là, bon courage. |