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N° 153
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Sheikh Salah Kamel, patron
de Dallah Al Baraka (AFP)
Médias. Dallah Al Baraka contre MA3

Cheikh Saleh Abdellah Kamel, président du groupe Dallah Al Barraka, sait désormais de quel bois se chauffent les femmes marocaines. Mardi 30 novembre, dans la soirée, le cheikh, a organisé une conférence de presse à Marrakech. Alors qu’il s’attendait à une sortie paisible et surtout maîtrisée, le patron du conglomérat financier saoudien a fait l’objet d’attaques frontales. La visite surprise de Fatim-Zohra Benaddi, l’initiatrice de la chaîne satellitaire MA3, et de Majid Benchekroune, patron
de Prima Electronics, a transformé la conférence en un procès en bonne et due forme. De quoi s’agit-il exactement ? Pour le cheihk, le projet de MA3 a bénéficié du soutien du groupe, mais l’incapacité de la gestionnaire à drainer de la publicité, a conduit à l’arrêt de la chaîne satellitaire. Faux, rétorque Fatim-Zohra Benaddi. Le contrat initial entre les deux parties prévoiyait le versement le versement de 10 millions de dirhams à la chaîne et son approvisionnement en produits médiatiques à partir des stocks d'ART. Fatim-Zohra devait apporter le capital de démarrage. Le groupe l’a faite traîner pendant plus de 10 mois pour lui donner son premier chèque et six mois de production audiovisuelle non adaptée à la cible de la chaîne. La dame a dû payer de sa propre poche pour tenir presque deux ans. Juillet 2004, Dallah Al Baraka lui coupé l’herbe sous le pied : elle met fin à la transmission par satellite. Benaddi sort de ces gonds et les attaque en justice en Italie. Le tribunal lui donne la meilleure leçon de sa vie : le Saoudien est domicilié aux îles Caïman, c’est presque une entreprise fantôme.


Promotion. L’ONA en tournée

Le président directeur général de l’ONA, Bassim Jaï Hokeimi, poursuit son périple à travers l’Europe. Après la France et l’Espagne, le patron du holding fera une escale à Londres mardi 7 décembre. Il présentera à la City les perspectives de développement du pays. Des sources proches du groupe assurent que cette tournée a pour but de rassurer les investisseurs potentiels. Depuis l’émergence de l’idée des champions nationaux, et surtout depuis les deux opérations de fusion de la Wafa avec BCM et l’absorption de Crédor, les étrangers s’interrogent au sujet des intentions du holding national. Sa boulimie fait peur. Surtout qu’il a repris à son compte l’achat de Crédor après avoir ficelé le dossier avec son ex-partenaire Cetelem.


Corruption. Une BD business

La Banque mondiale prépare une bande dessinée en partenariat avec la fédération de la PME. Il s’agit de l’édition de scénarios en image pour combattre la corruption et définir le comportement des affaires vis-à-vis de la justice et de l’administration. La Banque mondiale n’est pas à sa première expérience de ce genre. Mais c’est la première fois qu’il la propose au Maroc. Le slogan de cette opération est qu’il est "difficile d’être un entrepreneur et davantage plus dur de réussir dans un environnement qui n’est pas favorable à l’entreprise". La bande dessinée devrait illustrer des cas pratiques sous forme d’histoire animée par des personnages des milieux d’affaires. Les scénarios porteront sur l’obtention de marchés de manière illégale ou en situation de concurrence déloyale. Et sur ces chapitres, ce ne sont pas les exemples qui manquent.



Les off

Le ministre des Affaires générale du gouvernement, Talbi Alami, active le conseil de la concurrence. La période de transition prévue par la loi se terminera fin décembre. Et le conseil doit assurer sa mission. Une grande journée d’information sera lancée en 2005. Objectif : inciter les citoyens à écrire au conseil s’il y a une situation d'entente ou de concurrence déloyale sur les prix.

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La Société de financement international (SFI),qui opère sous l’égide de la Banque mondiale, propose de soutenir le risque PME. Les banques marocaines seront, sous peu, soumises aux règles de Bâle II. L’impact sur les PME sera négatif. La SFI propose un partage de risque pour garder les vannes du financement ouvertes, surtout pour les petits. La balle est dans le camp des banques nationales.


Méditelecom. Non à la bourse

Le pacte des actionnaires de Méditelecom table sur une introduction en bourse en 2005 ou 2006. Des actionnaires, nationaux surtout, avaient clairement négocié cette option pour intégrer le capital de l’opérateur du mobile. Or, bien que l’assise financière de Meditelecom s’est, selon des sources à la CDG, améliorée, l’opérateur estime qu’une introduction en bourse en 2005 serait du suicide. Entre temps, la CDG devra afficher ses intentions. Elle a une participation dans le capital de Maroc Connect, qui s’il obtient une licence du fixe, sera un concurrent de Meditelecom. "Là, la situation cause problème. La logique voudrait que la CDG se retire du capital de l’opérateur car son engagement avec Maroc Connect est à long terme", pronostique un fin connaisseur de la caisse.


Tourisme. Recettes en hausse

Sur les six premiers mois de 2004, les recettes touristiques ont progressé de 7,9%. Elles ont atteint 28,7 milliards de dirhams, contre 26,6 milliards à fin octobre 2003. Ce résultat est attribué à la progression des virements bancaires en provenance de l’étranger (+15,6%) ainsi qu’aux recettes en devises. Ces dernières ont enregistré une hausse de 4,4%. De leur côté, les recettes des Marocains résidant à l’étranger sont passées en un an de 29,4 à 31,2 milliards de dirhams. Les MRE maintiennent la tendance enregistrée depuis l’année 2000. Idem pour la nature du tranfert : les virements postaux sont toujours en tête avec 21,4% des transferts et l’échange de billets de banques représente 4 ,4%.


Emploi. Des chômeurs en moins

La note statistique du haut commissariat au plan annonce une baisse du chômage. Au troisième trimestre 2004, la population en chômage est passée de 1,3 million de personnes à 1,19 million, soit une baisse de 8%. Le marché du travail a enregistré une amélioration résultant de l’augmentation de près de 5,9% de la population active âgée de 15 ans et plus. Sur la période de juillet septembre l’économie a créé 521.000 postes dont 265.000 dans la campagne. Plus d’un tiers des emplois sont non rémunérés (apprentis et aides familiales). L’amélioration du marché de travail dans le milieu urbain a concerné aussi bien l’emploi salarié que l’auto emploi. Ce dernier a été favorisé par l’informel. Dans la campagne, presque 30% des emplois créés relèvent de l’agriculture.



Khalid Tritki
Impliquons-nous !

La loi sur la concurrence tape à nos portes. Le dispositif est moderne et ne peut être que performant. Pour cela il faut la conjugaison de deux facteurs qui ne concernent pas la loi. Cela touche à la volonté du gouvernement de l’appliquer, mais aussi à celle de la population de la rendre effective. Si le gouvernement affiche actuellement sa ferme intention d'activer le conseil de la concurrence, il faut que nous, citoyens, fassions notre part du contrat. Le mécanisme prévu par la loi, ne donne pas la possibilité au conseil de se
saisir lui-même. Il faut que les consommateurs attirent son attention sur des cas de fraudes. C’est dire que si nous n’exerçons pas ce droit qui nous est reconnu par la force de la loi, tout le dispositif que nous avons mis du temps à mettre en place risque de rester lettre morte. Et attention, ce droit est ouvert à tout le monde, pas uniquement aux hommes d’affaires. Vous pouvez l’exercer à tout moment sur tout ce qui touche à la consommation. Ainsi, si vous estimez qu’il y a entente sur les prix entre des concurrents, faites le savoir. Si l’étiquetage d’un produit n’est pas assez explicite ou incomplet, signalez le au conseil. La compétence ou l’incompétence de ce dernier ne peut être mise en évidence que si nous jouons le jeu. Faisons le, si ce n’est que pour tester la volonté du gouvernement à nous protéger.

 
 
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