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Par Driss Bennani
"Je souffre d'avoir été renvoyé de l'école"
| Antécédents |
Ahmed Boulane
Réalisateur
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| 1955. |
Naissance à Salé |
| 1975. |
Fait ses premiers pas dans le cinéma international |
| 1985. |
Rencontre sa première femme |
| 1990. |
Rencontre la mère de ses enfants |
| 2000. |
Sortie de "Ali, Rabia et les autres" |
| 2004. |
Ecrit le scénario d'un film inspiré de l'affaire des 14 accusés de satanisme |
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Smyet bak ?
Abdelwafi Ben Mohamed.
Smyet mok ?
Ghita Bent Othmane Zellou, cest une grande famille à Salé.
Mbark Messaoud. Nimirou d'la carte ?
Laquelle ?
Celle à laquelle vous tenez le plus
Les deux alors. A 25 494. Je ne me rappelle pas du numéro de la carte irlandaise.
Parce que monsieur est Irlandais ?
De nationalité seulement, italien de culture et marocain de cur. J'ai toujours côtoyé les Anglo-saxons. Je crois avoir cet humour noir qui leur plaît.
Et vous croyez avoir du talent ?
Ce n'est pas à moi de répondre. Je sais ce que j'ai fait de ma vie, comment je me suis construit, que je parle 5 langues, alors que rien ne m'y prédestinait, que j'ai été renvoyé trois fois de l'école.
Vous en faites une fierté, on dirait
J'en suis complexé, oui. J'en pleure des fois, comme quand mes textes sont remplis de fautes. Enfant, je n'ai pas été paresseux. Je n'excuse pas l'éducation nationale de l'époque de m'avoir renvoyé de l'école au lieu de me scolariser. De m'avoir privé de ce droit.
Vous n'étiez peut-être pas bon ?
Un enfant est bon. On le fabrique mauvais. à 50 ans, ça ne passe toujours pas, j'en souffre encore. Lorsqu'à 10 ans, on vous fout dehors parce que vos parents sont pauvres ou qu'on n'a pas tous les manuels, j'assimile cela au viol. Je sais qu'aujourd'hui, c'est pire.
Vous préparez un film sur l'affaire des 14 jeunes accusés de satanisme alors que vous n'étiez même pas là au moment de l'affaire. Vous vous joignez à la liste des "surgistes", Si Boulane ?
A l'époque, j'étais en post-production à 2M. Mais sinon, j'ai assisté au sit-in, ça fait un an que je travaille sur ce film. Tant mieux, parce que maintenant, j'ai l'impression de mener une deuxième enquête.
Dans quel état d'esprit écrit-on un scénario alors qu'on vient tout juste de se voir refuser l'aide pour un autre ?
Je n'étais pas bien. Je suis donc parti en Europe, j'ai pris du recul puis je suis rentré avec une soif d'écriture. J'ai contacté beaucoup de personnes, je suis en train de finaliser le scénario.
C'est passible d'ébranlement de foi de musulman, vous savez ?
Vous savez quoi, je suis en train de corriger le scénario. La vérité est surréelle. Dans un film, ça ne ressemblera à rien. Je corrige le kafkaïen. J'essaie de donner une logique au tout.
Si vous n'avez pas eu l'aide, c'est la faute à Laâbi (président du jury) ?
Il n'était pas seul.
Oui, mais vous savez que les réalisateurs n'aiment pas les analphabètes ?
Je sais pas. Je suis peut être pas poète, mais j'ai été chansonnier à 14 ans.
Bandia est un bon film ?
Quand j'ai vu le film, j'ai dit à Said Naciri que ça allait faire un tabac. Mais ce n'est pas le film que j'aimerais faire ni que j'irais voir.
De quoi vivez-vous ?
J'ai bossé depuis 1975 dans le cinéma. Je n'ai relativement arrêté qu'en 2000. J'ai fait tous les métiers du cinéma. J'ai donc bien gagné ma vie. J'ai investi dans une petite affaire de construction.
Pourquoi reprochez-vous aux autres d'être douaniers ou pharmaciens alors ?
Parce que dans mon cas, c'est mon argent qui travaille pour moi. Je ne consacre pas de temps pour ça.
Que seriez-vous devenu si vous aviez réussi à l'école ?
Un poète qui n'aime pas les analphabètes. |
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