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N° 154
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

(DR)
Jeunes Promoteurs. La résistance s'organise

Les jeunes promoteurs sortent de leur mutisme. Mercredi 8 décembre, l’Union des PME a organisé une rencontre avec la presse pour informer sur les dernières évolutions du dossier. Rappelons au passage que les jeunes promoteurs qui ont bénéficié de crédits auprès de l’état sont dans l’expectative. Les déboires financiers où ils vivent laissent planer le risque d’une contrainte par corps. Justement, la surprise de la rencontre du mercredi réside dans la présence du promoteur qui a été arrêté
à Beni Mellal pendant le mois de ramadan dernier. "Quelques jours après la fin du ramadan, des gendarmes m’ont informé que j’étais libre, je n’ai pas compris ce qui s’était passé", raconte-t-il. Notons que des sources proches du Trésor, avaient soutenu que l’arrestation du propoteur est intervenue suite à la certitude du Trésor que ce dernier disposait de biens et de revenus pour rembourser l’argent de l’état. Il s’est avéré que cet argument était farfelu. D’ailleurs, sa relaxation prouve que l’administration s’est rendue compte de son erreur, mettant ainsi en relief le double langage de l’état. Sur le plan politique, le déclenchement de la procédure de la contrainte par corps a une facture que le gouvernement actuel (surtout les ministres usfpeistes) ne peut assumer. Ensuite, l’état s’est probablement rendu compte que la mouture du projet jeune promoteur portait en lui les germes d’une crise non déclarée. Au final, les jeunes promoteurs affichent leur bonne volonté pour négocier un rééchelonnement, mais veulent que l’état fasse un effort sur les intérêts de retard.


Financement. Au Trésor de jouer

L'Agence française de développement a rempli sa part du contrat. Selon des sources diplomatiques, l’agence a débloqué les 10 millions d’euros qu'elle avait promis à l’état pour l’alimentation du fonds de restructuration des entreprises. C’est à présent à l’état de faire le nécessaire. Soulignons que le ministère des Finances s’est engagé à verser 100 millions de dirhams pour couvrir la part de l’état. La stratégie consiste à aider les entreprises qui ont des difficultés de trésorerie à baliser le terrain d'une mise à niveau globale. Au sein de la fédération de la PME, qui a fortement milité pour la mise en place du fonds, la crainte que le Trésor prenne du retard est vivace. Le dossier de la mise à niveau a cumulé des erreurs depuis la signature de l’accord d’association avec l’UE en 1996.


Concession. La CDG dans Lydec

La Caisse de dépôt et de gestion et la RMA Watanya se sont adjugé 41% du capital de Lydec, la société de distribution d’eau et d’électricité et d’assainissement à Casablanca. Ce deal, bien que présenté comme une preuve de confiance dans les fondamentaux de l’opérateur, représente la concrétisation de la stratégie de récupération par l’état. Ce que beaucoup de gens ignore, c’est que pour chaque concession, l’état prend soin d’exiger le transfert du capital du gestionnaire délégué vers des sociétés marocaines ou encore via une introduction en bourse. Le choix de Lydec témoigne que l’option de la bourse n’est pas porteuse pour l’opérateur. Signe de méfiance de la place casablancaise, ou manque d’attrait pour les porteurs ?



Les off

Les fabricants de chocolat et de sucreries reviennent à de meilleurs sentiments. Leur litige avec le gouvernement sur la compensation du sucre sera réglé à l’amiable. Mais à une condition : il faut qu’ils paient ce que l’état leur réclame et qu'ils retirent la plainte qu’ils ont déposée auprès de la justice. Driss Jettou avait reproché à la branche d'avoir choisi la voie judiciaire lors du dernier conseil du patronat.

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Warning : de sources étrangères, les flux des capitaux sont négatifs pour le Maroc. Le pays en reçoit moins qu’il n'en voit s'échapper. Les avoirs des Marocains à l’étranger ont atteint un montant record, plus de 30 milliards de dollars, presque le PIB. La situation est critique puisqu’elle ébranle la confiance des étrangers dans le pays. Personne n’investit dans un pays que les siens fuient, à tort ou à raison.


Assurance. Naissance d’un géant

La RMA Watanya est commercialement prête. Saâd Bendidi, PDG de la nouvelle entité résultant de la fusion de la RMA et de la Watanya, annonce de nouveaux produits à partir de janvier prochain sous la nouvelle bannière. La fusion est donc consommée juridiquement et fiscalement. Elle a coûté plus de 150 millions de dirhams en impôts. Quant à son avenir, Saâdi Bendidi reste discret. Les projections de chiffres d’affaires et des réserves sont gardées secrètes. L’essentiel est que la fusion a donné lieu au numéro un national avec 2,5 milliards de chiffre d’affaires et des réserves de 12 milliards de dirhams. La nouvelle compagnie représente 23% de parts de marché. Sa nouvelle stratégie est axée sur le client.


Conjoncture. 3,8% de croissance

La note d’information du haut commissariat au Plan, souligne la réalisation d’une croissance de 3,8% en glissement annuel contre 4,8% une année auparavant. Si cette tendance se confirme à la fin de l’année, 2004 sera clôturée sur une note positive. Cette croissance a été soutenue par la valeur ajoutée des secteurs non agricoles. L’énergie surtout affiche une hausse de 17,9% contre une baisse de 5,3% le même trimestre de l’année précédente. De son côté, l’industrie enregistre des variations contrastées selon les branches d’activité. Ainsi, la note souligne la baisse de rythme du textile et celui de la chimie/parachimie. L’industrie métallurgique, mécanique et électrique, a enregistré une progression modeste de 0,7%. C’est presque une stagnation par rapport à l’année dernière.


Rapport. Attention au travail appauvrissant !

La Banque mondiale présentera la semaine prochaine son nouveau rapport sur le développement. Le Maroc n’y fait pas bonne figure, surtout concernant le volet de l'emploi. L’analyse de la Banque mondiale s’attaque surtout à l’identification du travail qualifiant. C'est-à-dire un travail rémunéré presque au double du Smig. Et sur ce chapitre, le Maroc est dernier de la classe, car sa politique de promotion repose sur la vente d’une main d’œuvre bon marché et donc sur la quête du travail appauvrissant. Ce qui veut dire qu’il crée des emplois qui ne servent pas à sortir la population de la pauvreté. Et quand la pression des masses se fait sentir, l’état comptabilise même les postes saisonniers pour faire bonne figure.



Khalid Tritki
La politique du silence

Le dossier de l’Assurance maldie obligatoire (AMO) révèle une autre facette de la CGEM. Plusieurs patrons de fédérations gardent le silence sur le sujet. En aparté, ils rejettent la réforme en bloc. Et attention, il ne s’agit pas de petites entités en mal de représentation. Cette position est surtout celle des mastodontes de la confédération. Cela n’arrange pas les intérêts futurs du patronat. Pourquoi cette attitude ? Il n’est pas nécessaire de revenir sur l’alignement de la CGEM sur la ligne gouvernementale, le temps nous l’a
prouvé. Mais ce qui est désolant, c’est que la confédération rate l’occasion de négocier de grands dossiers dans une position de force. Un patronat fort aurait, au moins sur le plan symbolique, mis le dossier de l’IGR face à celui de l’AMO. Et cela aurait été de bonne guerre, puisque le gouvernement Youssoufi avait mis en place la loi sur l’AMO pour marquer l’histoire. Ni lui ni ses ministres n’avaient une idée exacte sur la configuration technique du dossier. La CGEM a raté le coche en laissant filer presque deux ans sans réagir et c’est maintenant qu’elle se rend compte de la dérive. Elle a oublié un principe fondamental du capitalisme : dans les affaires, il n’y a pas de charité. C’est donnant-donnant.

 
 
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