Sujet
Actu Économie
Années de plomb. Crimes d'état et auditions publiques
Interview. Gilles Kepel, "Al Qaïda ne mobilise pas les masses"
Reportage. L'Atlas en fusion
Découverte. Les vins du bled
Patrimoine. Sauvez l'horloge !
N° 154
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"La monarchie n'est pas assez moderne"

Antécédents
Mohamed Sassi, Coordinateur
national de Fidélité à la démocratie
    1952. Naissance à Rabat
    1971. Adhésion à l’UNFP
    1978. Enseignant à la faculté de droit, Rabat
    1987. SG de la Chabiba Ittihadia
    1999. Réclame dans une interview, la modernisation de la monarchie
    2002. Quitte l'USFP avec1000 militants
    2004. Fidélité tient son 1er congrès national

Smyet bak ?

Mokhtar Ben Saleh.

Smyet mok ?
Rahma Bent Mohamed.

Nimirou d’la carte ?
Je ne m’en rappelle jamais. A 131 960.

Qu’est ce qu’elle représente pour vous, cette carte ?
La rafle, surtout la nuit.

Vous êtes apparemment derrière l’appellation "Fidélité à la démocratie". Cela veut dire que tous les autres n’y sont pas fidèles ?
Il est vrai que c’est mon idée. Le fait est que, dans notre organisation, nous essayons de rester fidèles à la démocratie. Au Maroc, les hommes politiques ont pris l’habitude de répéter des slogans sans vouloir en payer le prix.

Que vous payez, vous ?
Oui. Ce prix peut être l’abandon d’un statut de jouissance personnelle. Il n'y a pas de démocratie avec un dirigeant qui refuse d’avoir tort, qui refuse de répondrede ses faits et gestes et qui n’envisage pas de quitter ses fonctions un jour ou l’autre.

Cela vous fait peur ? C’est pour ça que vous refusez d’être secrétaire général de Fidélité ?
Il y a beaucoup de pressions qui continuent à s’exercer sur moi. Mais en fait, je ne veux pas que l’idée de Fidélité se personnalise en moi. Je suis prêt à travailler. Et pour cela, il n y a pas que le secrétariat général qui me le permettrait.

Un dirigeant de l’ombre, c’est encore plus grave pour la démocratie, vous ne croyez pas ?
(Après une longue réflexion) Fidélité est un laboratoire où on développe des mécanismes à même de nous épargner de pareils scénarios. Nous espérons que notre arsenal de mécanismes nous aidera à combattre cette dualité d’instances de l’ombre et d’autres de figuration, au sein de notre organisation et au niveau de l’état.

Vous rêvez d’un grand parti socialiste. Ce n'est pas marginal ?
Les composantes de ce rassemblement de gauche a des ramifications dans les syndicats et les associations. Ce sont des viviers inépuisables.

Que répondez-vous à votre épicier lorsqu’il vous dit : "voyez ce que sont devenus vos collègues, Oulalou et Yazghi et d’autres a si Sassi !" ?
Je pense aux quelques minutes qui précèdent le sommeil. Quand je suis face à moi-même. Et je réponds qu’il n'y a ni gloire ni ministère qui vaille une conscience tranquille.

Parce que vous croyez que Oulalou, le pauvre, il en perd le sommeil tellement sa conscience le fait souffrir ?
Désolé, mais je refuse de parler des personnes, c’est un signe de faiblesse. Aujourd’hui, je ne regarde pas en arrière mais devant.

Quelques jours avant le congrès, vous rendez visite, pour la première fois depuis des années, à Youssoufi. Le retour du fils égaré, ça vous dit quelque chose ?
Les différents politiques ne doivent pas altérer les relations humaines. Je ne méprise personne, même si je continue de croire que l’œuvre de ceux à qui je m'oppose a eu des effets très négatifs.

En 1999, au lendemain de la mort de Hassan II, vous réclamiez la modernisation de la monarchie. Vous êtes servis aujourd’hui ?
Non, je persiste et signe.

Quoi, la monarchie ne s’est donc pas assez modernisé en cinq ans ? Vous exagérez !
Pas encore assez. Mon texte est encore valable aujourd’hui.

Donnez-moi le nom d’un grand leader de l’USFP encore en vie …
L’USFP n’est plus le même parti déjà. Il n'y a pas de grand leader.

Quelqu’un qui tient réellement les appareils du parti alors ?
Maître Driss Lachgar.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés