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N° 154
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

Ces penseurs qui bousculent l’islam de l’intérieur

Rachid Benzine, ce politologue qui s’attaque à l’herméneutique du Coran, est enfin publié chez lui, au Maroc. Les nouveaux penseurs de l’islam, aujourd’hui réédité et considéré par les observateurs comme une référence dans le genre, propose un tour d’horizon des principaux réformistes en terre d’islam. Il explique que Mohamed Abdou et Jamal Eddine Al Afghani ont eu un soutien populaire parce qu’ils sont intervenus dans une ère de décolonisation et, même s’ils ont adopté la raison comme base de la foi, ils ont plaidé pour une réinvention de la tradition. Il montre, à contrario, que leurs successeurs se sont heurtés à un mur d’incompréhension du côté de pouvoirs totalitaires et autres monarchies instrumentalisant la religion, et face à une base populaire hostile car de plus en plus acquise au discours islamiste. Après cette mise en situation, l’auteur propose l’essence de la pensée de chacun de ces croyants qui font appel à l’intelligence. Tous admettent que le Coran est révélé mais établissent une distinction entre la parole de Dieu et le texte soufflé par le prophète, dont la confection a pris des décennies. Tous rejettent la sacralisation de l’interprétation et appellent à mise en perspective historique et à sa remise en cause perpétuelle, à l’aune de la modernité. Ainsi, l’Iranien Abdulkarim Soroush plaide pour qu’une place prépondérante soit accordée à la philosophie, afin que la religion reste une affaire personnelle. L’Algérien Mohamed Arkoun insiste pour que le texte coranique soit ramené à sa dimension spirituelle et littéraire et étudiée à la lumière des outils modernes d'analyse. Le Pakistanais Fazlur Rahman refuse que le Coran soit compris de manière parcellaire et invite à une approche qui tienne compte de sa globalité. Enfin, l’Egyptien Nasr Hamed Abou Zaïd remonte jusqu’au moment de la révélation pour mieux voir la face cachée d’un texte occulté par son interprétation. En gros, Benzine, lui-même croyant, nous livre les clés d’une lecture moins autiste d’un texte à désacraliser.

Ed. Tarik Editions (70 dh)



Parution. La violence contre les femmes, en arabe

L'expérience menée en commun par les centres d’écoute de femmes battues, au Maroc, en Algérie et en Tunisie, depuis 1993, aboutit aujourd’hui à un ouvrage de référence. Outre les explications historiques, la mise en contexte du travail ardu mené par les centres et les entraves immédiates de l’environnement, ce livre, Femmes contre la violence (enfin paru en arabe) expose des témoignages poignants. Ces paroles, libérées, viennent percer le silence assourdissant qui drape ce tabou social, patiemment transgressé. Le recueil, divisé de manière quasi égalitaire entre les trois pays maghrébins, permet d’apprécier l’ampleur des efforts menés, les derniers chiffres disponibles et les perspectives de la lutte, encore à ses débuts. Indispensable pour ne pas s’en tenir aux messages publicitaires placardés dans la ville.

Nissa' didda Al 'ounf ; Ed. Le Fennec (40 dh)



Parution. Le Muezzin est mort

Ahmed Tazi n’en est pas à son premier essai. Avec un style toujours aussi empâté, l’auteur, venu à la littérature sur le tard (52 ans), nous offre une nouvelle plutôt originale. L’oiseau de Dieu est un texte polysémique. La tourterelle, Meski, et le muezzin d’à côté meurent le même jour. L’enfant est chagriné par le départ de cet oiseau de Dieu qui roucoulait. Tamou, esclave à son service, est aussi malheureuse. Mais, elle, regrette surtout la mort de l’autre oiseau de Dieu, le muezzin. à chacun son chantre de Dieu. Et puis surtout, à chacun son horizon de rêve.

Ed. Marsam (50 dh)

 
 
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