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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Je suis un docteur irresponsable

En lisant l’éditorial de M. Benchemsi ("Chantage", N°152) sur les diplômés chômeurs, je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre pour toutes les bonnes choses dont il nous a gratifiés. Nous, ces diplômés irresponsables et improductifs, à qui on n’a jamais appris à se prendre en charge. Oui, vous avez eu raison de nous accuser, car je pense que vous ne connaissez pas le parcours d’un docteur chômeur. Aussi, je vous renvoie à mon courrier "Comment devenir un chômeur de luxe" que vous avez eu la gentillesse de publier (TelQuel n°101) et qui retrace fidèlement ce parcours. Comme vous pouvez le constater, c’est un parcours de personnes appartenant à une classe sociale moyenne et qui ont commis une seule erreur : celle de ne pas avoir eu la possibilité d’étudier dans des établissements privés, croyant que leur réussite et leur amour pour la recherche scientifique seraient des atouts suffisants pour croire à un avenir meilleur. Permettez moi, cependant, de vous féliciter pour la seule constatation logique que vous avez fait: "l’état est lâche" ; oui, très lâche car il nous oblige à manifester auprès des ministères et du Parlement. Tout le monde est d’accord sur le fait que si l’état voulait empêcher cela, il le ferait sans gêne, même si les diplômés peuvent exercer toutes les pressions possibles. Mais non, l’état est lâche, et ça l’amuse tellement qu’il continue à ouvrir les portes des facultés au risque de voir augmenter le nombre des chômeurs chaque année. En revanche, l'état nous a beaucoup gâtés et il continue de le faire en nous faisant subir à chaque fois les conséquences des réformes universitaires...
Le problème ne se limite pas à rejeter la responsabilité sur quelqu’un, mais à contribuer à chercher des solutions logiques. De quel privé parlez-vous et de quelles promesses ? Sachez simplement qu’avant de manifester auprès du gouvernement, nous avons frappé à toutes les portes et nous continuons à le faire ; mais peut être que finalement, notre formation n'est pas si utile pour notre développement socio-économique. Enfin, comme vous dites, c’est l’impasse. Il est regrettable que toutes ces années passées dans la recherche ne nous aient même pas permis d’être classés parmi les personnes responsables.

Hasnae El Hnot



Il y a plus grave que la laïcité

Je suis le plus souvent agréablement surpris par le contenu de vos articles. Votre esprit critique, votre volonté de creuser là où personne ne daigne s’aventurer garantissent une relative liberté d’expression. Il est toujours intéressant de constater votre capacité à jongler avec les interdits et autres tabous. Cependant, je regrette les éternelles confrontations, soigneusement distillées à travers des articles finement rédigés, entre islam et laïcité. Il est vrai que cette thématique est d’actualité ; néanmoins, il y a d’autres chats plus intéressants à fouetter. Partant du principe que les hommes ont essentiellement besoin de vivre décemment, de ne pas payer 20 DH pour légaliser un papier, d’étudier, d’être soignés, je pense que les débats spirituels devraient laisser place à plus de dénonciation des manquements aux règles éthiquesde toute société qui se respecte. Merci pour cet espace de dialogue.

Hamdi Dounia



Méditez, M. Basri

Pendant presque trois décennies, vous avez été l’homme fort du Royaume. Lors de cette longue période, votre mode de gouvernance a été de faire et de défaire les hommes à votre guise. Une fois au placard, ces hommes n’avaient plus droit de cité (je peux vous en citer une centaine).
Maintenant que la nouvelle équipe dirigeante vous a, à son tour, défait (personne n’est éternel), et par amour pour notre regretté souverain, acceptez les règles du jeu et observez le silence.

Un citoyen qui vous veut du bien.

 
 
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