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N° 155
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

M'hand Laenser (DR)
Pêche. Laenser rate sa première décision

La pêche au poulpe a repris depuis le 15 décembre à minuit. Comme à l’accoutumée, cette décision s’inscrit dans la lignée du plan d’aménagement. L’ouverture de la pêche indique que la reprise concerne la zone s’étalant de Boujdour à Lagouira. à une exception près : "Pendant les 45 premiers jours de la reprise, il est recommandé d’exploiter en priorité la zone située au nord de la baie de Cintra, (150 km au sud de Dakhla), où existe une prédominance de poulpe de taille adulte" pour favoriser
la régénération de l’espèce. Il est également recommandé d’éviter le sud de Cintra, car "le poulpe n’a pas encore atteint la taille commerciale réglementaire". Cela veut dire que le ministre, à force de recommander et à défaut d'interdire, ouvre en fait la pêche au juvénile. Il aurait été plus logique d’interdire la pêche dans cette zone pendant les 45 premiers jours. L’incohérence de la décision apparaît aussi concernant le nombre de bateaux de pêche. Selon la matrice de l’ex-ministre de la Pêche, seuls 100 bateaux côtiers sont autorisés à pêcher le poulpe. Leurs licences comporteront la zone d’exploitation. Le ministère passera outre cette délimitation. Ainsi, les quelques 300 unités de pêche côtière pourront se relayer jusqu’à épuisement du quota. La pêche hauturière n’est pas épargnée. Pour la catégorie de bateaux inférieure 750 CV, le quota est de 40 tonnes. La deuxième, limité à 1400 CV, hérite de 43 tonnes et les plus de 1400 CV, de 44 tonnes. Les quotas sont très rapprochés, alors que les coûts de fonctionnement se creusent considérablement d’une catégorie à l’autre. Ce qui favorise les bateaux à 750 chevaux. Précision de taille : Plusieurs gradés de l’armée exploitent ce type d’embarcation.


Coaching. Une association-pilote

L'Agence française de développement a rempli sa part du contrat. Selon des sources diplomatiques, l’agence a débloqué les 10 millions d’euros qu'elle avait promis à l’état pour l’alimentation du fonds de restructuration des entreprises. C’est à présent à l’état de faire le nécessaire. Soulignons que le ministère des Finances s’est engagé à verser 100 millions de dirhams pour couvrir la part de l’état. La stratégie consiste à aider les entreprises qui ont des difficultés de trésorerie à baliser le terrain d'une mise à niveau globale. Au sein de la fédération de la PME, qui a fortement milité pour la mise en place du fonds, la crainte que le Trésor prenne du retard est vivace. Le dossier de la mise à niveau a cumulé des erreurs depuis la signature de l’accord d’association avec l’UE en 1996.


Piratage. Une enquête inédite

L'alliance des éditeurs de logiciels a commandé une enquête sur les tendances de piratages de logiciels chez les revendeurs. Quatre pseudo-clients ont sondé 530 revendeurs dans 35 villes. Et des visites chez les revendeurs étaient au menu. Résultat, 33% des revendeurs proposent des logiciels piratés, 44% sont réglos et 15% proposent des ordinateurs vides. La représentante de la BSA au Maroc interprète cette dernière catégorie comme une incitation à la fraude. En principe, depuis l’apparition des logiciels libres, les revendeurs peuvent proposer des ordinateurs sans logiciel, surtout si l’acheteur est un initié. Pour le reste, les visites effectuées chez les revendeurs ont démontré que 35% de la population dite en règle, est pirate. Des cas de ventes réelles de logiciels piratés ont été constatés.



Les off

Les négociations sur le projet d’investissement de Fruit Of the Loom avancent bien. Le dossier porte sur 2 milliards de dirhams pour la délocalisation d’une unité en Irlande et l’extension de la branche amont du textilien. Selon des sources bien informées, les dernières retouches sont en cours et l’état a été généreux. Et vraiment, il y avait de quoi.

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Le distributeur de produits pétroliers, Somepi, a décroché le contrat du transporteur Médina Bus. A rappeler que ce dernier est le remplaçant de la défunte régie de transport urbain de Casablanca. C’est dire que le parc des autobus est important, le contrat du pétrole aussi. Surtout que le nouveau gestionnaire délégué n’aura pas les mêmes habitudes que son ancêtre. La Régie collectionnait les factures impayées.


Cotation. Jackpot

L'introduction en bourse de Maroc Telecom a dépassé les espérances à Attijariwafa Bank. L’opération a été un véritable succès. Selon son management, la banque a traité 45,5% des 130.985.210 titres mis à la vente. Le paquet représente 4 milliards de dirhams. Ce qui doit rapporter gros à la société d’intermédiation de la banque en appliquant le taux de la commission à ce montant. Rappelons qu’Attijari Finances Corps s’est chargé en consortium avec BNP Paribas et Merrill Lynch du conseil et du placement à la Bourse de Casablanca et à celle de Paris. Rien que pour le conseil, le groupement doit empocher 65 millions de dirhams. Le tiers revient à Attijariwafa Bank. Sans compter les opérations sur le titre depuis sa cotation. Le consortium dispose de valeurs qui servent à soutenir la cotation.


MRE. Les devises augmentent de 60%

Selon Nouzha Chekrouni, ministre chargée des Marocains résidant à l’étranger, les transferts des MRE ont progressé de 60%. L’évolution est énorme. Son analyse porte de la période de 1997 à 2003. C’est la seule ressource (avec les télécoms, bien sûr) au Maroc qui affiche ce score. Le comble est que près de 37 milliards de dirhams se perdent dans la nature ou restent stockés dans les banques. Ils ne se transforment pas en projets productifs. La ministre le sait et promet une vaste opération de sensibilisation. Une stratégie de communication vise à inciter les Marocains non résidents à s’orienter vers des projets d’investissements à forte valeur ajoutée. La tâche sera rude. Le MRE a tendance à exiger les mêmes conditions d’affaires que dans les pays d’accueil.


Agriculture. Bon début de campagne

Le ministère de l’Agriculture annonce un bon départ de la campagne agricole. Selon ses chiffres, 3% d’augmentation pour les terres céréalières. Cela démontre la confiance des agriculteurs. La surface totale travaillée est de 4,3 millions d’hectares. La mécanique a touché 3,7 millions d’hectares, soit 88% de la surface globale. Dans l’ensemble, la campagne affiche les mêmes niveaux que l’année dernière. Les premières pluies et les réserves des barrages rendent optimiste. Au 13 décembre dernier, le cumul pluviométrique moyen national a atteint 109 mm. Les réserves en eau de barrages à usage agricole ont atteint 7 milliards de m3. Le taux de remplissage est de 54%.



Khalid Tritki
Le touriste est sacré

"Ils veulent attirer 10 millions de touristes avec ça" ! C’est devenu une expression populaire. Quant le téléphone ne marche pas, quand le train arrive en retard, quand l’aéroport est bloqué à cause de la météo… Toutes les occasions sont bonnes pour sortir la formule. Pour un pays qui n’a pas de ressources pétrolières, le tourisme est une bénédiction. La perdre par mégarde est un manquement au respect de la nation. Nous, nous la perdons par insouciance. Le touriste, la personne sacrée par excellence pour le Maroc,
risque de le déserter car une composante de la communauté n’a pas fait ce qu’il fallait. Que dire si, en plus, l’accusé est un hôtelier ? Le touriste est souvent conseillé par une agence qui lui vend un produit bien défini. La chambre d’hôtel y figure en bonne place. Le choix d’un hôtel classé supérieur, cela suppose un certain standing. Or, le classement et les prix pratiqués ne correspondent à rien. Des étoiles existent, des tarifs forts également, mais pas de portier à minuit, pas de moquette propre, ni de service d’étage, sans oublier les retards de livraison, l’oubli du réveil-matin… La liste est longue et ce n’est surtout pas avec ça qu’on va attirer 10 millions de touristes. Et ce n’est pas une simple formule. C’est la dure réalité.

 
 
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