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N° 155
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Nous sommes des pseudo citoyens"

Antécédents
Abdelaziz Gougas
Journaliste
    1964. Naissance à Rabat
    1985. Fait ses premiers pas dans le journalisme, "par hasard"
    1991. Mariage
    2001. Directeur de la rédaction d'Assahifa
    2002. Publie son premier roman "La mémoire de l’absence"
    2004. Directeur de publication d'Al Ousbouîa
Smyet bak ?
Mohamed Ben L’hassan.

Allahou waliyyouh ?
Non, non. Ceci dit, il fait partie des sacralités auxquelles je crois.

Smyet mok ?
Fatema Bent Ahmed El Fanid. C’est un joli mot qui m’a valu plusieurs vannes quand j’étais petit. J’étais Ould l’fanida. C’est délicieux.

Je comprends pourquoi, jeune, vous avez choisi le pseudo d’Abou Ahlam…
C’est un choix que j’ai fait avec ma femme alors qu’on était fascinés par une pièce de Doureid Lahham.

Nimirou d’la carte ?
Vous voulez dire le numéro de la détention nationale ?

J’ai dit la carte !
A 228 735.

Bien, c’est quoi cette histoire de détention nationale ?
Des fois, j’ai l’impression que nous ne valons pas plus que cette carte. Nous sommes des pseudo citoyens dans une pseudo patrie. C’est une pièce d’identification légale mais des fois, j’ai l’impression que c’est un numéro d’écrou.

Vous n’avez pas l’impression que vous en faites trop ?
Nous sommes privés de notre droit de rêver, laissés en proie à la frustration. Il est des prisons encore plus dures que celles que nous connaissons, vous savez !

Non, je n’y ai jamais été et vous ?
Non plus, si ce n’est une semaine à Rabat, suite aux grèves de 1981. Sans coups ni torture, une semaine de détention sans même passer devant le parquet.

Je ne vois votre parcours de Mouâlim nulle part sur votre fiche. Vous en avez honte ?
Non. Je suis maintenant un journaliste qui commet l’acte d’enseigner. Je n’ai pas reçu de formation en journalisme. Je garde toujours d’ailleurs ma lettre de candidature à l’institut de journalisme. Je n’étais peut être pas bon à l’époque. Je n’ai pas été retenu.

Si vous voulez, la directrice de l’école est une bonne amie…
C’est une amie commune. Mais je vous laisse l’initiative. J’ai encore besoin d’apprendre.

Maintenant que vous êtes journaliste, que représente l’enseignement pour vous ?
Ce n’est peut être pas courageux, mais je ne veux pas être un journaliste miséreux. La rémunération de l’enseignement me protège contre les aléas du métier.

Vos élèves seront contents de savoir qu’ils ne sont qu’un "plan de secours" pour vous ?
Du tout. Je suis un enseignant qui respecte ses engagements envers ses élèves. Je ne m’absente jamais. Je n’ai jamais utilisé la presse pour améliorer ma situation d’enseignant mais l’éthique du journalisme m’a beaucoup aidé dans l’exercice de l’enseignement.

Ou Fash Kheddam ?
C’est compliqué, je sais. Si j’avais à choisir, je n’aurai été que journaliste.

Vous venez de lancer un journal qui est à cheval entre Al Ousboue et Al Ayam. Ou préférez-vous qu’on vous case ?
Entre les deux. Une ligne éditoriale professionnelle sur le fond et une forme plus légère et plus pratique. Les ventes des hebdos engagés n’ont pas dépassé les 39.000 alors qu’Al Ousboue en vend 60.000.

Et vous ?
Sur 20.000 exemplaires, nous en avons vendu 5460 pour le 1er numéro et 6720 pour le deuxième.

"Sois comme tu veux, seulement sois démocrate, pour que le Maroc se porte bien". Vous savez de qui est cette citation ?
De moi.

Vous reconnaissez vous être auto-cité lors d’un de vos articles alors ?
Oui.

 
 
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