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Enquête. Sorcellerie !
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Lectorat de TelQuel.
N° 156-157
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

El Mostafa Sahel,
ministre de l'Intérieur (AFP)
Argent. Campagne contre les finances occultes

Le ministère de l'Intérieur et celui des Finances auraient lancé une enquête (discrète) sur les modes de financement occulte. Pour l'instant, rien ne filtre sur les modalités de cette enquête. En revanche, ses cibles sont connues. Selon des sources fiables, les enquêteurs visent trois pôles de financement parallèle. Le premier est le blanchiment de l'argent de la contrebande. Des trafiquants de marchandises, peut-être aussi de drogue, proposent à des commerçants de renflouer leurs caisses en contrepartie d'une part du capital. L'argent qui provient de la
contrebande sera ainsi placé dans l'économie légale par prise de participation tout aussi légale. Le deuxième pôle est constitué par ce que des sources appellent les banques islamiques informelles. Il s'agit de structures non autorisées qui se positionnent comme un capital-risqueur. Ils injectent des sommes importantes dans des structures de tailles variables. La provenance des liquidités étant opaque, les enquêteurs doivent y regarder de plus près. Le troisième et dernier créneau est plus modeste, mais fortement répandu. Il s'agit des prêteurs sur gage. Dans cette catégorie figure également l'hypothèque informelle. Pour l'heure, la date de clôture de cette enquête n'est pas connue. Mais les hommes d'affaires qui sont déjà au fait de cette initiative s'attendent à une suite. Les conclusions de l'étude devraient, en principe, donner lieu à une large campagne de pénalisation. Les instigateurs de cette enquête iront-ils jusque-là ?


Electricité. Libéralisation cherche formule

La semaine dernière, le Premier ministre a tenu une réunion sur le projet de libéralisation de l'électricité. L'ONE avait préparé un projet dont les axes majeurs reposent sur la distinction de trois pôles: la production, la distribution et le transport. Une réflexion est actuellement en cours pour savoir quel pôle pourrait faire l'objet d'une ouverture en 2005. Il semble que seule la production se prête à ce jeu. La présence de plusieurs producteurs, dont un mastodonte national, impose la création d'une agence de régulation. Ce qui ajoutera une autre instance de régulation aux côtés des télécoms et des ports. Le gouvernement s'interroge sur la possibilité de créer une grande agence de régulation qui sera structurée par secteur. La formule est encore au stade de réflexion. Aucune décision n'a été prise.


La Samir. Enfin le feu vert !

Le raffineur du pays vient de signer une convention d'investissement avec l'état. Elle porte sur 6 milliards de dirhams pour l'extension et la mise à niveau du site de Mohammadia. Il a fallu plus de deux ans pour arriver à un accord. La Samir faisait jouer la carte de l'investissement et de l'emploi pour bénéficier des largesses de l'état. Surtout en matière de marges. Les prix étant fixés par le gouvernement, le raffineur voulait des coefficients plus confortables. Il cherchait également à repousser la date du démantèlement tarifaire. Finalement, la structure des prix a été maintenue sans modification. Le rétablissement des droits de douanes est programmé à partir de janvier 2005. Mais 2009 restera toujours la date butoir de la libéralisation du marché.



Les off

La CNSS sort ses griffes. La veille dame adopte de nouvelles méthodes. Elle a instauré un suivi des adhérents. Dès que le compte d'une entreprise présente une anomalie, la Caisse déclenche un contrôle sur place. Elle cherche à vérifier les raisons de la baisse éventuelle d'une cotisation par exemple. Cette méthode rompt avec le passé, quand la caisse laissait s'accumuler des mois de cotisations non honorées.

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La douane s'attaque à la sous-facturation. Les équipes de la douane sont parties en Chine pour dépister les marchandises écoulées au Maroc. Ils cherchaient à vérifier les coûts de production et donc le prix de vente qui en découle. La méthode a porté ses fruits puisque la filière du thé est la première à avoir payer le prix. Un gros de la place vient de passer à la caisse. Selon des témoins, il n'a même pas contesté la pénalité, qui s'élève pourtant à plusieurs millions de dirhams.

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Le conseil d'administration d'Attijariwafa Bank, tenu vendredi dernier à Marrakech, s'est soldé par le départ
d'Abdel Ali Benmansour. Le président de la banque a mis en place un nouveau comité de gestion (encore un autre) en y plaçant trois produits de l'ex-BCM. Benmansour qui ne l'était pas, s'est senti marginalisé et a présenté sa démission. La direction ne l'a pas retenu. Même pas pour la forme.


Echanges. Mezouar fait des mécontents

Le ministre de l'Industrie et du Commerce prépare une nouvelle mouture de tarification douanière. Elle est destinée à remplacer les taux de référence du droit commun. L'objectif est de baisser les droits de douane sur les marchandises en provenance de pays qui n'ont pas d'accord de libre-échange avec le Maroc. Ainsi, selon le nouveau projet, la plus forte protection ne dépassera pas 35%. Dans la foulée, d'autres positions tarifaires seront revues à la baisse. Cela permettra de diversifier les points d'approvisionnement en matières premières. Les producteurs de produits semi-finis et finis ne l'entendent pas de cette oreille. Pour cause, la nouvelle tarification servira de base de calcul au démantèlement tarifaire prévu avec l'Union européenne. Toutes les positions touchées par cette réforme, serviront au calcul du rythme d'ouverture sur l'Europe. Et in fine, au lieu d'avoir la date butoir de 2010 pour l'ouverture complète des frontières, l'industrie nationale sera sans protection à partir de 2008 ou de 2007. La fédération de la PME, qui affirme son attachement à l'ouverture estime que le gouvernement doit respecter ses engagements. Le calendrier a été établi sur une période donnée et la mise à niveau des entreprises a été établie sur cette base.


Marché. Chinois contrebandiers

Les Chinois aiment le Maroc. Ils apprécient particulièrement ce marché de pauvres où l'on peut faire circuler toutes sortes de marchandises. Après la capitale économique, les produits chinois s'installent dans les souks Tangérois. Les Chinois n'hésitent pas à s'attaquer de front au marché juteux de la contrebande. Et ils y arrivent en affichant des prix défiant toute concurrence. Mieux encore, pour plaider la cause chinoise au Maroc, le Conseil chinois pour le Développement du Commerce International a invité, du 23 novembre au 7 décembre 2004, les directeurs des Chambres de Commerce et d’Industrie de Kenitra et de Mohammedia pour un voyage d’affaires en Chine. Cette opération de charme à destination de 19 pays africains laisse présager une nouvelle offensive.


Auto. Renault convoite les grands taxis

Renault s’intéresse aux grands taxis de Casablanca. Lors d’une réunion avec les représentants des grands taxis qui a eu lieu la semaine dernière à Casablanca , le PDG de Renault Maroc a présenté son projet de remplacement des vieux taxis par des utilitaires Kangoo réaménagés avec une banquette arrière de manière à accueillir les sept passagers réglementaires. Renault veut reconduire l’expérience entamée à travers les modèles Dacia. Le montage local de la marque propose Kangoo à partir de 110.900 dirhams pour les particuliers et 109.900 dirhams pour les versions utilitaires. Cette initiative du constructeur s'inscrit dans sa stratégie d'équipement des marchés émergents. La commercialisation de la Logan à partir de l'été prochain en est l'étape la plus importante.


Tanger. Un City Center pour le détroit

Dans le cadre du développement touristique de la destination Tanger, le département du Tourisme et la Société nationale d’aménagement de la baie de Tanger (SNABT) viennent de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour la sélection de promoteurs intéressés par la réalisation du complexe Tanger City Center. Ce projet, similaire à celui de la baie de Bouregreg à Rabat, intègre des composantes hôtelière, immobilière, commerciale et de loisirs. Le terrain de 3,4 ha, situé au cœur de la baie de Tanger est propriété de la SNABT. Les candidatures doivent être déposées avant le vendredi 18 février 2005. Tanger City Center est une manne pour la ville qui souffre depuis des années de l'absence d'un positionnement touristique.



Khalid Tritki
Chasse aux sorcières

Les opérations d'assainissement touchant le financement et les tarifs douaniers sont une bonne chose. Elles révèlent que, quelque part, le gouvernement affiche sa volonté d'instaurer l'état de droit dans le monde des affaires. Finalement, on passe du discours à l'acte. Cela va de soi que ce type d'actions ne plaise pas à tout le monde ; il est évident également que des pressions s'exercent pour en détourner les objectifs. Nous avons déjà eu un assainissement en 90, et non des moindres. Il est donc hors de question
que l'histoire se répète. Et ce n'est pas Jettou qui dira le contraire. L'homme a toujours été contre les méthodes Basri. Il reste cependant une note négative. Tout assainissement repose sur le droit à l'arbitrage. Seul le juge en a toute la responsabilité. Oui, l'état peut constater la fraude et sévir. L'accusé (ou la victime) peut aussi se défendre devant le juge. C'est à qui prouvera que l'autre a eu tort. L'épine dorsale de tout assainissement est donc la justice. La nôtre peut-elle prétendre assumer cette mission ? C'est la question à laquelle seul Jettou peut répondre. En tant que chef du gouvernement, c'est à lui de donner les garanties nécessaires pour que le nouvel assainissement, le sien cette fois-ci, ne se transformepas, par la force des lobbyistes, en une chasse aux sorcières.

 
 
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