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dautres projets. Le propre dun projet politique est daccepter des compromis, notamment par lalliance avec dautres projets, qui nont pas le même fondement. Al Adl Wal Ihssane, par exemple, na pas compris cela doù sa difficulté à se transformer en force politique en bonne et due forme.
Mais un projet politique fondé sur lislam ne peut être porté uniquement par des politiciens. Il faut aussi que les théologiens (ouléma) sy impliquent. Pourquoi un alem, naurait-il pas le droit de se présenter aux élections ? Il peut être dépositaire du fiqh, tout en briguant les suffrages des électeurs sur la base dun programme distinct de sa fonction religieuse.
Politique et religion, au Maroc, sont confondues dans la personne du roi, amir al mouminine. Mais ce nest pas une raison pour que sa parole soit sacralisée. Celle du prophète lui-même était discutée et débattue de son vivant. Pourquoi, dans ces conditions, ne pourrait-on pas remettre en question la parole du roi ?
Hassan Tarik (2) Jeunesse de lUSFP
Un projet politique est toujours relatif. Laction politique est humaine, historique. Elle exprime des prises de positions, des intérêts particuliers, propres à leur contexte et à leur époque. Par conséquent, lespace politique ne peut être borné par le sacré. Un opposant, par exemple, ne devrait pas pouvoir être taxé de mécréant. Mais les islamistes sont-ils prêts à abandonner cet argument, dont ils usent abondamment ?
Sous le règne de Hassan II, la notion dimarat al Mouminine a été utilisée comme un argument pour légitimer la répression politique. A partir des années 80, elle a aussi été utilisée pour contrer lopposition politique qui se manifestait encore à légard de la monarchie. Aujourdhui, il faut clarifier, et bien définir les contours de lautorité religieuse du roi. Est-elle constitutionnelle, pré-constitutionnelle, ou supra-constitutionnelle ?
Le débat sur la laïcité est effectivement récent dans le monde musulman. Je pense que la laïcité est lhorizon indépassable du débat qui doit nécessairement traverser une société démocratique. On ne peut pas, de nos jours, éviter de soulever cette question. Pour linstant, la revendication laïque est encore cantonnée à lélite. Il faut que le peuple sen saisisse. A terme, nous devrons remettre clairement en question la formule "Maroc, état islamique".
Abdelali Hamieddine (3) Jeunesse du PJD
L'action politique est relative, humaine, circonstanciée. Il ny a pas de sacralité en politique. Le texte coranique lui-même nest pas sacré. Ses interprétations évoluent avec le temps. Le débat sur la place de la religion dans la politique nest pas propre au monde musulman. En ce moment, il est au cur de lélaboration de la constitution européenne. Les références à la religion traversent toutes les cultures. La vraie question est de cerner les limites de lutilisation de la religion en politique. Il ne saurait exister de monopole de la religion, tout comme il ny a pas de monopole de lidée démocratique ou de lidée nationale.
Dans lhistoire du monde musulman, la pluralité a toujours existé. Dès le début, il y a eu des divergences entre les compagnons du prophète, et même des divergences entre le prophète et ses compagnons. Il faut relire attentivement la notion de choura. La démocratie en islam a une histoire vieille de quatorze siècles.
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