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N° 158
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Nous sommes des pseudo citoyens"

Antécédents
Othman El Omeir
Propriétaire du groupe Maroc Soir
    1951. Naissance en Arabie Saoudite
    1964. Premiers apprentissages
    1968. Début dans la presse
    1975. S’installe à Londres
    1998. Quitte la direction d’Asharq al Awssat pour se consacrer à ses affaires, crée le portail Elaph
    2003. Rachète le groupe Maroc Soir
Smyet bak ?
J’ai presque oublié son nom tellement on ne s’est pas vus. Il s’appelle Moussa.

Original, ça !
Je n’étais pas tout à fait d’accord avec son mode de vie. Ma mère a joué un plus grand rôle pour moi.

Bien. Smyet mok ?
Noora Diyeb.

Nimirou d’la carte ?
Je ne sais pas, j’en ai plusieurs. Je n’en porte jamais sur moi. Je n’en ai pas besoin.

Célébrité ou pouvoir ?
La célébrité est un pouvoir.

Maroc soir est un jeu qui vous occupera longtemps ?
C’est le jeu. C’est une expérience nouvelle qui tombe à un moment où j’ai mûri. C’est un jeu qui ne supporte pas l’échec. Plusieurs éléments qui en font une épreuve difficile.

Comme l’allégeance que doit le groupe au Palais ?
Pas seulement. Son histoire, son organisation et sa proximité du Palais, en font une entreprise hors du commun.

Vous êtes un homme qui paye cher ses jouets !
Et alors ? Tant que j’en ai la possibilité, quitte à casser le jouet…

Combien avez-vous payé pour Maroc Soir ?
Je ne m'en rappelle pas.

Vous voulez me faire croire que vous avez oublié que vous avez investi 140 millions de dirhams ?
Voilà, ça doit être ça.

Vous savez ce que doivent penser de vous la moitié de nos lecteurs ?
Que je suis un homme irresponsable, désorganisé ? Peut être, mais au fond de vous, vous savez qu’il n’en est rien.

Votre statut de Khaliji vous dessert sur ce point, malheureusement…
Vous savez, nous ne venons pas d’une autre planète, nous travaillons avec beaucoup de sérieux et nous sommes à l’origine de nombreux succès. Je crois qu’il faut en finir avec ces stéréotypes, dans les deux sens.

Un homme comme vous serait heureux de vivre en Arabie Saoudite aujourd’hui ?
Non, ni à Casablanca. Je me suis fait à la vie européenne. Il est difficile de revenir à son point de départ.

Vous dites aimer les challenges. C’est pour ça que vous avez choisi l'entreprise la plus plombée et la plus servile du pays ?
La plus dramatique. J’éprouve un plaisir particulier à changer et à réorienter. Le jour où tout rentrera dans l’ordre, je m’en lasserai.

Vous ne vous lasserez jamais alors …
Mais si.

Tout grand journaliste indépendant que vous êtes, cela ne vous dérange pas d’éditer un titre qui s’appelle Assahra Al Maghribia ? Ç’est un concept qui n’existe qu’au Maroc !
Le proverbe dit : une faute partagée vaut mieux qu’une vérité isolée. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurai choisi un nom sans connotation politique.

Vous craignez une colère royale ?
Non. Je fais mon travail de manière à ne provoquer la colère de personne. Il y a aussi les repères des lecteurs, des annonceurs, etc.

Vous avez été un intime de Hassan II parce qu'il aimait votre côté intello. Qu’est ce qu’il aime en vous, M6 ?
Peut-être le fait que son père m’ait choisi, justement.

Il a bien viré Basri !
Il a gardé d’autres proches de Hassan II. J’ai été le premier non Marocain reçu par Mohammed VI. Il aime à traiter avec quelqu’un qu’il connaît et qui réalise ses objectifs.

Le roi fait chaque jour quelque chose d’intéressant pour justifier ses photos en une de vos journaux ?
Il doit faire des choses quotidiennement parce que c’est un roi, justement. Ainsi le veut la Constitution. Je n’ai pas créé cet état de fait.

 
 
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