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N° 159
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Basri. Le système s’emballe

(AFP)
Sommes-nous au bout au bout du feuilleton Basri ? Pas si sûr. Selon des sources dignes de foi, Me Jacques Vergès, le célèbre avocat parisien, s’est rendu cette semaine au Maroc, précisément à Casablanca, dans le but de défendre les intérêts de son client, le néo-parisien Driss Basri. Aucune source officielle n’a confirmé cette information parce que, nous explique-t-on, "Vergès n’a entrepris aucune démarche officielle et –donc- sa présence au Maroc peut nous échapper (sic)". Le passage de Vergès s’est fait au moment où le roi, et pratiquement toute l’équipe gouvernementale, se trouvaient, en milieu de semaine, à Ouarzazate. En parallèle à la visite de
Vergès, qui devait logiquement être porteur d’un message de son client, l’épouse Basri, jusque-là épargnée par le feuilleton judiciaire des hommes de Basri, a été à son tour entendue respectivement par les policiers de la BNPJ et le juge d’instruction. Mme Basri a été entendue en qualité de témoin. La séance, qui a eu lieu en début de semaine, devrait être suivie par d’autres… Pratiquement dans le même temps, la police a finalement procédé à l’arrestation de l’un des principaux piliers du système Basri : Abderrahim Qanir, désormais incarcéré à Oukacha. L’interpellation de Qanir, qui est un ancien parlementaire, est une surprise tant l’intéressé semblait jouir d’une certaine immunité. Non pas à cause de son ancien statut de parlementaire, mais pour, nous explique-t-on, les affaires en commun qu’il gère encore avec le fils de l’un des ministres les plus puissants de l’équipe Jettou. Affaire à suivre.


Pêche. La marine royale sévit

Samedi 8 janvier 2004, 12 bateaux de pêche ont été arraisonnés par la marine royale à Dakhla. Il s'agit de la flotte qui pêchait dans une zone interdite à 5 miles des côtes. Les bateaux pris en flagrant délit appartiennent à des barons du sud, notamment à Maa el Aïnine, président des chambres de pêche, et à Derhem. Les autres bateauxsont la propriété des sociétés comme Lucky Fisheries et Royal Fisheries, dont les licences d'exploitation appartiennent à des gradés de l'armée. La loi précise que dans ce cas, les armateurs doivent payer une pénalité. Cette recette est versée à une caisse gérée par le commandement des forces armées de la zone sud. Ce qui mettra en confrontation les généraux de la pêche et ceux qui encaissent pour le compte de l'état.


Inédit. Laânigri devant les juges

Hamidou Laânigri, le directeur de la Sûreté nationale, risque de passer, le 24 janvier, devant le tribunal administratif de Rabat. Il doit en tout cas répondre à la convocation de ce même tribunal pour une affaire de saisie, perpétrée en 2002, contre le journal arabophone Wijhatou nadar (point de vue). "A l’époque, se souvient le directeur de la publication Abdellatif Housni, j’avais porté plainte contre le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et le directeur de la Sûreté nationale". Seul Laânigri (à l’époque à la tête de la DST) semble avoir été épinglé par le tribunal administratif de Rabat. Wijhatou nadar avait été saisi pour un numéro consacré à la transition démocratique, avec une large contribution du prince Moulay Hicham.


Témoignage : "J'ai revu mon tortionnaire"

Les premières auditions publiques de l’IER continuent de susciter des remous. Objet de la polémique qui enfle, la présence de tortionnaires dans la salle. à l’origine, il y a ce témoignage troublant de Fatna el Bouih, ex-prisonnière politique qui a vu, le deuxième jour, son tortionnaire parmi l’assistance. Certains en ont déduit que l’IER était en contact avec des bourreaux pour les auditionner à leur tour en off. "Faux, rétorque ce membre influent de l’instance, il n’en a jamais été question". Et que faisait ce tortionnaire dans la salle ? Mystère. D’autant qu’un autre tortionnaire, venu lui pour se réconcilier, a rencontré son ex-victime, accidentellement, mais loin de la salle où les auditions ont eu lieu.


Marrakech. La torture tue encore

La cour pénale de Marrakech devra statuer, le 18 janvier, sur une autre affaire de décès sous la torture. Il s’agit du cas de Mohamed Aït Sirahal, un MRE qui avait l’habitude de passer ses vacances estivales au Maroc. En juillet 2002, il est arrêté à Marrakech (suite à une banale altercation avec le client d’un café) et conduit au poste de police où il subit, sous les yeux de sa propre femme, des séances de torture. Monsieur Aït Sirahal est décédé à l’hôpital Ibn Tofaïl, dans les heures qui ont suivi… Sa petite famille, qui réside en France, a intenté depuis un procès, déjà reporté à 14 reprises. "Le pire, nous explique cette source à Human Rights Watch, c’est qu'aucun des policiers qui ont participé aux séances de torture n’a été suspendu de ses fonctions…"


Rif. Unis pour la vérité

Les militants des droits de l’homme d’Al Hoceima ne se contenteront pas de la visite que leur rendra, bientôt, l’IER pour de nouvelles séances d’écoute sur les exactions du passé. Ils passent à l’offensive en organisant, à la fin du mois, une large table ronde "pour dévoiler tous les abus" perpétrés dans la région du Rif, au lendemain de l’indépendance. "Nous ne sommes pas contre l’IER, explique l’un des organisateurs, mais nous l’invitons à écouter nos doléances avant les séances d’écoute…". à signaler, et c’est assez rare, que la table ronde porte la signature d’un large pan de la classe politique, fédéré à l’occasion, allant de l’Istiqlal à l’USFP, en passant par le PPS, Annahj, le PSD etc.


Mohamed est libre !

Mohamed Bouhcini
Mohamed Bouhcini est libre, depuis le jeudi 13 janvier à 18h. Cela faisait exactement 31 jours que notre collaborateur était en détention provisoire – d’abord au commissariat, puis à la prison de Ouezzane. Félicitations à Mohamed et à sa famille et merci à ses avocats, Maîtres Mohamed Ghoudane et Lahbib Hajji. Merci également à Me Abderrahim Jamaï, qui a accepté de représenter notre collaborateur, ainsi qu’à l’ONG Reporters sans frontières et aux médias marocains et internationaux qui nous ont soutenus.
L’affaire n’est tout de même pas close. Si Mohamed est sorti, c’est qu’une détention provisoire ne peut légalement pas
excéder un mois, sauf à être expressément prorogée sur initiative du juge d’instruction ou à la demande du procureur. La demande n’a pas été faite, et l’initiative n’a pas été prise. L’instruction du dossier de Mohamed (qu’un prisonnier avait dénoncé – avant de se rétracter – comme étant un de ses fournisseurs de haschisch) est toujours en cours. Vu le manque flagrant de preuves contre notre collaborateur, on devrait logiquement aboutir à l’absence de poursuites. Même si ce n’était pas le cas, Mohamed comparaîtrait en état de liberté. Saluons ce pas. La bonne foi des magistrats de Ouezzane (même tardive), est de très bon augure. La suite (et espérons-le, la fin), bientôt.


France. Benzekri à l’Assemblée nationale

Le Maroc commence à engranger les bénéfices politiques des auditions publiques des victimes des années de plomb, orchestrées par l’IER. Driss Benzekri sera ainsi à Paris, le 20 janvier, et s’exprimera à l’Assemblée nationale, à l’invitation du parti socialiste français… dans le cadre plus vaste, il est vrai, d’un débat intitulé "L’incontournable démocratisation du Maghreb". Organisée par le site Internet lobservateur.ma et l’hebdomadaire La Vérité (le premier est entré dans le capital du second il y a peu), cette rencontre verra aussi la participation des anciens ministres socialistes Hubert Védrine et Elisabeth Guigou. Jolie plateforme promotionnelle pour le royaume…


Célébration. Asseggass Ifoulkin 2955 !

Les Imazighen ont fêté le 13 janvier dernier le nouvel an berbère. Nous sommes donc en 2955 (sur le calendrier agraire) et Inayir (fête du nouvel an) a été célébré comme tous les ans par les communautés berbères au Maroc, comme dans toute l’Afrique du Nord (et pas que par les militants, contrairement à ce que l’on peut croire) et le reste de la diaspora notamment en France : "dans le Souss, le Haut et le Moyen-Atlas ainsi que dans le Rif, Inayir est vécu comme un renouveau. Il marque la fin du froid et le début d’une période plus douce. Aussi, c’est la fête partout", explique cette militante berbère. Bonne fête.


Première. Azoulay sur Al Hourra

André Azoulay a répondu présent à l’invitation de la chaîne américaine Al Horra. Sollicité par la journaliste marocaine, Malika Malak, pour son émission hebdomadaire L’autre dimension, il répondra le jeudi 20 janvier à 22h, à ses questions et à celles de Driss Ksikes, au sujet de la rencontre de Bruxelles entre imams et rabbins, des coulisses du conflit israélo-palestinien, de l’histoire de l’exode des juifs marocains après 1967, et de ses fonctions de conseiller auprès de deux rois successifs. Ceci est la première fois, sous Mohammed VI, qu’Azoulay prend part à un débat politique télévisé. Opportun pour un conseiller que l’on dit en mauvaise posture.


Communes. De l’argent pour des élus

Le décret est tombé le 10 janvier. Les nouvelles indemnités de mission et de représentation des élus des collectivités locales sont substantielles. En vertu de ce décret, les présidents des 61 conseils préfectoraux auront droit chacun à une indemnité mensuelle nette de 6.000 DH. Quant à l’adjoint du président, il aura droit à 3.500 dhs. Le rapporteur et le secrétaire toucheront chacun un salaire de 1700 DH. Cerise sur le gâteau, Mustapha Sahel, pour gâter ses élus, a donné à ce décret un caractère rétroactif… pour information, ce nouveau texte prévoit aussi la création de deux nouveaux postes, celui de chef de cabinet et de chargé de mission auprès du conseil préfectoral ou communal.


Polémique. Le PJD veut la peau de Sitaïl

Le PJD veut la peau de Samira Sitaïl, la directrice des informations de 2M. "Elle a une dent contre nous, nous explique ce dirigeant du parti, elle reçoit des instructions pour nous descendre sur l'antenne, avec sa clique habituelle". La raison de la colère est bien simple : un flash d’information, largement diffusé en milieu de semaine, est revenu, avec trois invités, sur le dérapage d’Attajdid consécutif au tsunami asiatique. Attajdid et le PJD en ont pris pour leur grade. Au point que la direction du parti a demandé un "droit d’antenne". 2M aurait répondu oui, mais pour accorder aux amis de Othmani 1,5 minute d’antenne. Le PJD a refusé, estimant les 90 secondes accordées insuffisantes pour se défendre. Un communiqué dénonçant la deuxième chaîne, et sa responsable de l’information, pourrait voir le jour. Certains, à l’intérieur du PJD, vont jusqu’à programmer… un sit-in en bonne et due forme devant le siège de la télévision casablancaise.


Palais. Rebondissement royal

Le procès du colonel Hilali, conservateur du palais d'Agadir, se poursuit. L'audience de jeudi 13 janvier s'est déroulée sans Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi. Les avocats de Hilali accusent clairement le Parquet général de ne pas avoir notifié le secrétaire royal. En outre, Mohamed Fennaoui, l'un des accusés qui a accablé Hilali, soutient avoir toujours des relations d'affaires avec le Palais (bien qu'il soit en prison). Son avocat, Mostapha Ramid, a brandi, comme preuve, une lettre du roi remerciant Fennaoui pour avoir présenté ses vœux à l'occasion de la dernière fête du trône. Notons en fin, l'absence d'un des témoins déterminant à la décharge de Hilali. Le colonel Keroumi, peut attester, selon les avocats de la défense, que les relations d'affaires avec des sociétés se faisaient sans bon de commande ni facture.


Circulation. A vos ceintures !

Automobilistes, prenez garde : la ceinture de sécurité est désormais obligatoire en ville. Le texte, qui sera publié au bulletin officiel incessamment sous peu, oblige les conducteurs, sous peine d’amende, à boucler leur ceinture de sécurité dans l’espace urbain. Une décision qui intervient suite à l’adoption au dernier conseil des ministres du décret sur la police de la circulation et du "roulage". Il s’agit là d’une mesure qui s’intégre dans le cadre du plan d’urgence, déjà initié depuis 2003 par le département des Transports. L’objectif final étant de stopper l’hémorragie de vies humaines consécutive aux accidents de la circulation, pour laquelle notre pays bat à chaque fois de tristes records.


Justice. Coupable d'avoir été volée !

Le système juridico-policier marocain a une grosse marge de progression devant lui. Un exemple pour illustrer l’incroyable retard en la matière : les (més)aventures de madame F. En mai 2004, elle se fait subtiliser son sac à main, qui contenait entre autres son chéquier, et court déposer plainte. Non seulement elle ne revoit plus le sac mais on vient l’arrêter un jour "pour chèque sans provision". Finalement relâchée, la dame s’apprêtait, en début de semaine, à effectuer un voyage en France pour raisons de santé. Elle était à l’occasion accompagnée de sa petite famille au complet. Cette fois, elle est débarquée de l’avion et de nouveau arrêtée "pour chèque sans provision". "C’était la nuit, on m’a emmené au poste de police comme une criminelle et on m’a dit que seul le procureur du roi pourrait signer ma libération". Et comme c’était la nuit, et que le procureur était introuvable… "Aujourd’hui je suis libre mais j’ai compris une chose : quand on se fait voler son sac, il vaut mieux ne pas le déclarer". Incroyable mais vrai.


Tolérance. La leçon belge

Voilà une histoire qui met du baume au cœur. Elle s’est passée à Bruxelles et concerne Rik Rimmery, patron de société flamand et son employée, Naima Amzil, d’origine marocaine. L’homme, depuis plusieurs mois, recevait des lettres le menaçant de mort s’il ne mettait pas à la porte l’ouvrière "voilée" et l’accusant de "collaborer avec les musulmans". Rimmery ne cédant pas au chantage refusa même la proposition de son employée qui lui proposa d’enlever son foulard pendant les heures de travail ou de démissionner. Actuellement sous haute protection, les deux ont été reçus mercredi dernier par le roi de Belgique Albert II, impressionné par le courage de Rik Rimmery.


Presse. Lmrabet interdit d’écrire ?

Ali Lmrabet n’est pas au bout de ses peines. Le journaliste, qui essaie de remonter un journal au Maroc, s’est vu refuser le titre Après-demain. "Ce titre est déjà déposé par quelqu’un d’autre", lui a-t-on répondu. Lmrabet en propose alors un autre, Demain libéré. Là, on lui demande une pile de documents pour le renvoyer, au bout du compte, chez le substitut du procureur. "Seul lui peut régler votre affaire". Ce n’est pas fini. "Le substitut, explique le journaliste, m’a demandé de lui prouver que je suis journaliste et a exigé de nouveaux documents. Je suis revenu le voir le lendemain comme prévu et, là, c’est un policier, qui me dit : le substitut refuse de vous voir, ce n’est pas la peine d’essayer"… Y a-t-il besoin de rajouter un commentaire ?


Mohammédia. Pas de repos pour les morts

Le cimetière chrétien de Mohammédia a été à deux reprises visité par des individus qui se sont attaqués aux croix ornant les tombes. Aucune inscription, ou revendication, n’était visible sur les tombes. Le constat a établi des signes de vandalisme que d’aucuns attribuent aux SDF qui trouvent dans ce cimetière un gîte bien commode, puisqu’il se trouve au cœur de la ville, sur l’avenue Hassan II. Ces actes bêtes et gratuits, dont l’origine reste indéterminée, ont profondément ému l’association des Français de Mohammedia qui a demandé l'ouverture d’une enquête. Laquelle traîne pour le moment… Rappelons que les tombes et les allées du cimetière venaient d’être restaurées, courant 2004.


Cinéma. Souhaïl, le Chevalier

Le roi Mohammed VI a inauguré mercredi dernier des studios flambants neufs à Ouarzazate, financés par les producteurs italien et marocain, Dino De Laurentiis et Saïd Alj. Un projet monstre qui a coûté la coquette somme de 70 millions de dirhams. Les deux promoteurs ont ainsi été décorés par le roi comme l’a été d’ailleurs, un revenant, Souhaïl Ben Barka. Ainsi, l’ancien directeur du Centre cinématographique marocain arbore dorénavant un ouissam Al Arch de l’ordre de chevalier. Chose étonnante, l’homme est actuellement en procès contre ses anciens employés qu’il a licenciés du Dawliz à Casablanca et à en croire les professionnels du cinéma : "Il a fait plus de mal que de bien au cinéma marocain"… dont avoir profité de son ancien poste au CCM pour se faire une sacrée fortune…


3 questions à Ahmed Abbadi (Directeur des Affaires islamiques)

On vous reproche d’être cadre du ministère des Affaires islamiques avec un passé de fondamentaliste au PJD. Qu’en dites-vous ?
Je n’ai jamais été membre du PJD. J’avais des affinités. J’étais au bureau exécutif du Mouvement de réforme et de renouveau que j’ai quitté en 1996. Après un passage à la Sorbonne et aux universités américaines, je ne me reconnaissais plus dans le travail de cette mouvance. Mais je ne me défile pas de mon passé. Il m’a énormément apporté.

Vous faites partie du comité issu du congrès des imams et rabbins. Ne craignez-vous
pas que ce dialogue des religions soit instrumentalisé par les sionistes ?
La rencontre de Bruxelles a permis de faire fondre la glace et de mener un dialogue académique. La déclaration finale a tenu à se démarquer de toute tendance politique pour éviter, justement, que le religieux ne serve à mobiliser les foules.

Vous avez préparé le projet de loi sur les lieux de culte. C’en est fini des mosquées souterraines ?
Le texte nous aidera à dépasser une phase anarchique et à gérer ces lieux selon les besoins des Marocains. Si on parle de métrage pour les officines, pourquoi pas pour les mosquées ? Le texte permettra surtout une gestion des lieux plus claire, nette et légale et bien sûr une restriction de leur usage au culte stricto sensu.



Billet : La dérive d’Attajdid (par Driss ksikes)

Il a fallu une catastrophe aussi immense que le tsunami pour qu’Attajdid nous aide à comprendre ce qu’est un journal intégriste. Démonstration en quatre règles. Primo, un intégriste se comporte avec le Coran comme si c’était un trousseau magique. Il y a eu des vagues de 10 mètres à mille lieues de nos côtes il y a deux semaines. Interprétation, Dieu est cycliquement en colère et peu importe le lieu et l’époque, si la terre tremble et que la mer déborde, c’est forcément l’apocalypse. Deuxio, un intégriste pioche dans le Coran comme si c’était une boîte à slogans pour mieux jouer au moralisateur et au devin. Interprétation, si l’Asie du Sud-Est est une destination prisée par les touristes, sexuels entre autres, et que la colère de Dieu s’est abattue sur elle, soyez-en prévenus, maudits pécheurs du Maroc, vous serez les suivants sur la liste. Tertio, un intégriste estime que l’identité d’un musulman est chevillée à son corps et qu’il est préférable pour son salut de le draper ou de le cacher. Il a donc suffi qu’une actualité dévaste les plages, lieu où les corps prennent le plus de plaisir et de liberté, pour qu’il ressorte son antienne. Message, on vous l’avait dit, il n’y a pas mieux que le voile, la non mixité et la séparation des plages pour se mettre à l’abri de cette inévitable colère de Dieu. D’où la quatrième règle, un intégriste se nourrit de l’ignorance populaire pour cultiver un imaginaire religieux standard. Illustration, si les gens se disent qu’il y a forcément une revanche de Dieu derrière cette catastrophe, il suffit de l’écrire et de marteler dessus pour que ces gens ne jurent plus que par notre sagesse. Moralité, Attajdid ne s’est jamais autant mis à nu. Et le résultat est sérieusement catastrophique.



Humeur : Une histoire de cadeaux (par Karim Boukhari)

En décrétant fièrement que "l’AMO (assurance maladie obligatoire) est un cadeau de Mohammed VI aux Marocains", le ministre Biadillah nous ramène des siècles en arrière. Cette phrase digne d’un Abbes El Fassi au sommet de son art recèle en elle tout ce que le Maroc doit dépasser s’il veut réellement être en phase avec son siècle. L’AMO, pour corriger, n’est pas un cadeau pour tous les Marocains puisqu’elle met sur la touche des millions de non-salariés. Déjà. Mais là n’est pas le plus important. Dire que l’AMO est un cadeau du roi est aussi une manière de sous-entendre que c’est le roi qui bloquait la situation par le passé. Ce qui ne cadre ni avec la réalité, ni avec la volonté de bien faire qu’on prête volontiers à Biadillah.
Que voulait donc dire monsieur le ministre? Que c’est le roi qui va débourser les frais de recouvrement médical pour les heureux élus ? A priori, le pauvre Biadillah, qui n’a pas oublié d’où il (re)vient, a juste voulu faire dans le béni-oui-ouisme ambiant. On peut l’applaudir et lui permettre d’aller prendre sa douche. Mais on regrettera profondément que cette AMO ne soit pas un cadeau de lui, monsieur le ministre de la Santé (il sert à quoi, sinon ?). On aurait tant aimé que ce soit le cadeau d’un parti, n’importe lequel, ou encore d’un programme politique, l’un de ceux dont on nous mitraille à chaque campagne électorale. En d’autres termes, le cadeau de la démocratie… Ça sera donc pour une autre fois, un autre siècle, avec d’autres Biadillah et d’autres Abbes El Fassi, des ministres enfin normaux, avec des réflexes dignes du 21ème siècle, issus d’élections honnêtes, de partis bien différenciés, avec de vrais programmes politiques, une véritable marge de manœuvre... blabla.



Vite !

La visite du roi Juan Carlos au Maroc, en début de semaine prochaine, est placée, en Espagne, sous le signe de la réconciliation entre les deux pays. Juan Carlos, qui sera accompagné d’un staff représentant l’exécutif espagnol, devra se rendre à Marrakech, Rabat et dans les deux villes-symboles de Tanger et Tétouan. Mohammed VI pourrait le rejoindre lors de cette dernière étape, si l’on en croit des sources espagnoles.

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Nous nous y attendions, et nous n’avons pas été déçus. Le quotidien islamiste Attajdid n’a pas pu s’empêcher de réagir à notre dossier "Et si on relisait le Coran ?" (TelQuel n° 158). Sous la plume d’un certain Hassan Serrat, le quotidien a écrit, au sujet de TelQuel : "Béni soit celui qui connaît ses limites et qui s’y arrête" Et celui qui ne s’y arrête pas, il est maudit ? Si ce n’est pas une menace…

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Les troubles sociaux ont repris dans les villes de Goulimim et Assa liés, essentiellement, à des sit-in (et grèves de la faim) de protestation des sections locales de l’association des diplômés chômeurs. Ces troubles ont atteint leur paroxysme, d’après des sources locales, le 6 janvier où une intervention musclée des forces de l’ordre n’a pas contribué à apaiser le climat.

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En menaçant de faire grève de la faim, Ahmed Snoussi (Bziz) dit "vouloir se défendre". Contre quoi ? "Les interdictions de mes spectacles, consignées par écrit à Taourirt, Safi, Benslimane". Et la télé, y est-il vraiment interdit ? "On ne fait pas appel à moi depuis 1986". En tant qu’humoriste, ou pour prendre part à des débats politiques ? "Il n’y a pas de contradiction entre les deux", affirme-t-il. L’essentiel est qu’on se rappelle qu’il existe.

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Grâce à un concours Internet organisé par top-maroc.net, on connaît les 20 sites les plus plébiscités par les internautes marocains. Les 5 premiers (dans l’ordre) sont www.menara.ma, www.yabiladi.com, www.casafree.com, www.bladi.net et www.emarrakech.info. Selon les organisateurs du concours, "la plupart de ces sites sont des efforts personnels". à saluer.

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Le réalisateur Mustapha Derqaoui (Casablanca by night et Casablanca by day) qui a été victime, le 29 décembre dernier, d’un accident cérébral (qui a provoqué une hémiplégie) a été admis lundi dernier dans un centre de rééducation fonctionnelle. Nous lui souhaitons un bon rétablissement.

 
 
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