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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Par Sofia Benyahia
Ecrivain et dramaturge marocaine vivant à Montréal
Déguisée en voilée

Voilà le genre d’histoire qui arrive à une Casablancaise à Montréal. Un jour, je reçois un appel de mon amie Nabila.
Elle : J’aimerais que tu m’accompagnes à une soirée déguisée.
Moi : Super !
Elle : On va se déguiser en femmes voilées.
Moi : Super !
Elle : Le problème, c’est que la soirée a lieu demain et je ne sais pas où
trouver les voiles.
Moi : Pas de souci. Je m’en occupe.
D’un appel à l’autre, je me retrouve dans le sous-sol d’un centre commercial glauque. Et là, Bingo! Juste en face de moi, un magasin exactement comme j’imagine La Mecque ou Lourdes : une dent dorée dans une haleine sinistre. Livres, porte-clés, tableaux à fond de velours vert, rouge et noir, tout dans cet environnement braille le dépouillement de la foi. Tout, sauf le sourire discret de la vendeuse. Tout le problème, d’ailleurs, est dans le sourire discret de la vendeuse. Elle semble si gentille, si douce, que j’en oublie son voile. Mon souci, une fois entrevus les prix astronomiques des tenues complètes, est de ne pas froisser ce sourire en cherchant à louer deux "déguisements". Hélas, malgré ou peut-être bien à cause de mes garanties de nettoyage à sec japonais, processus révolutionnaire capable de curer le fond du fond d’une fibre jusqu’à changer, par tissu interposé, l’état d’âme de celui ou celle qui le porte, la dame s’est montrée complètement fermée à l’option. Tu achètes ou tu me fous la paix, semble dire ce sourire autrefois discret, maintenant sentencieux. J’ai quitté "Meccatita of Montreal" deux voiles sous le bras. Je passe sous silence le spectacle sans doute comique offert par cette grande bringue et ce petit bout de femme, toutes de noir vêtues et voilées, se passant le joint et cherchant l’appartement bruyant dont elles ont oublié l’adresse à la maison. L’affaire ne finit pas là. Nous trouvons, nous entrons, nous dansons et voilà qu’un cheikh intégral, dont seul le visage trahit les origines plus enneigées que sablonneuses, se dirige droit sur nous. Il veut une photo, lui au milieu et les deux voilées autour. Ça m’embête d’arrêter de danser, mais bon, il faut assumer et être gentille de temps en temps. J’y vais et aussitôt le vaccin administré, je retourne danser, enfin tranquille. Mirage. L’intégral revient à la charge, il veut une deuxième photo. Et là, tout s’est passé très vite. Juste avant de l’envoyer bouler sans remords, une idée saugrenue me traverse l’esprit. J’accepte la photo à condition qu’il se mette à genoux face à nous deux. À chacun son fantasme. Le faux cheikh me regarde d’un sale oeil. Jamais ! fulmine-t-il. Morale de l’histoire, le voile ne fait pas le vent, même au pays de la neige.


La dernière blague. On est les meilleurs !

Après avoir creusé le sol sur une profondeur de 100 mètres, des scientifiques russes ont trouvé des traces de fils de cuivre âgés de plus de 1.000 ans et en sont arrivés à la conclusion que leurs ancêtres avaient un réseau téléphonique interurbain à cette époque.
Pour ne pas être en reste, les Américains ont creusé à plus de 200 mètres de profondeur le sous-sol de la mère-patrie pour découvrir des traces de fibres optiques vieilles de 2000 ans, confirmant que l'Amérique possédait un réseau de communications digital très avancé, à l'époque de Jésus et 1000 ans avant les Russes.
Une semaine plus tard, le Maroc publiait un rapport mentionnant que des scientifiques avaient creusé le sol du Maroc à une profondeur de 500 mètres et n'avaient absolument rien trouvé, confirmant que 3000 ans avant Jésus Christ, tous les Marocains avaient déjà un téléphone portable.

Proposée par Hassan Ziady, Paris

 
 
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