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N° 159
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Fathallah Oualalou,
ministre des Finances (DR)
Finances publiques. Le FMI épingle Oualalou

Le Maroc risque de revenir à la douloureuse expérience du plan d'ajustement structurel. C'est une mise en garde du Fonds monétaire international. Des rencontres entre le FMI et le gouvernement ont eu lieu avant la fin de l'année 2004. Cette visite de "courtoisie" risque d'avoir des retombées négatives. L'institution internationale n'est pas convaincue par les efforts du Maroc, même si, au passage ses experts se félicitent (officiellement bien entendu) des avancées réalisées par le pays. Mais au fond, ils gardent un œil, sceptique et surtout
scrutateur sur les comptes de la nation. Pour cause, la recette de Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la privatisation, ne tient pas la route. Rappelons que depuis la nomination du gouvernement Youssoufi en 1998, les observateurs s'attendaient à une refonte de la structure des lois des finances. Au lieu d'être un vulgaire outil comptable, cette loi devait basculer vers une feuille de route économique et sociale. Il n'en est rien. Le ministre des Finances, qui en est à son deuxième mandat, se limite à boucher les trous budgétaires par la vente des entreprises publiques. Le FMI a relevé la nuance. Et dans la perspective de la baisse des recettes de la privatisation, l'institution internationale a préféré mettre en garde le gouvernement. Question de dire, si demain il n'y a rien de consistant à vendre, comment le Maroc va-t-il combler son déficit structurel. Pour l'instant, le ministre n'a pas de réponse à cette question.


Concession. La Lydec se marocanise

Le gestionnaire de l'assainissement et de la distribution d'eau et d'électricité à Casablanca suit une logique de marocanisation. Après l'invitation de la CDG à son tour de table, c'est au tour de la RMA Watanya de prendre le relais à la place de l'opérateur espagnol Endesa. Ce dernier a officiellement annoncé son retrait par la cession de ses parts le 11 janvier 2004 à l'assureur marocain. Le deal a mobilisé 26 millions d'euros dont 12 millions en plus-value. En se basant sur cette transaction, la Lydec serait valorisée à plus de 1,6 milliard de dirhams. Une belle performance pour une entreprise régionale. Il reste désormais à savoir si les institutionnels nationaux pousseront la curiosité jusqu'à développer un pôle assainissement ou s'ils se contenteront de prises de participations minoritaires. Cela, l'avenir nous le dira.


PME. Recentrage sur la création

L'agence nationale pour la PME a tenu en début de semaine son conseil d'administration. Les membres du conseil ont tenu à ce que l'agence assure sa mission telle qu'elle a été définie par la charte de la PME. Ce qui laisse présager un renforcement du pôle soutien à la création de l'entreprise. Notons que l'ANPME a jusqu'à présent été concentrée sur la mise à niveau de l'économie. Laissant ainsi de côté la création d'entreprise. Ce qui la mettait dans une situation de non conformité avec la loi qui la régit. En parallèle, l'agence ciblera les secteurs qui seront jugés stratégiques. Une étude commandée par le ministère de l'Industrie et du commerce et réalisée par le cabinet MacKinsey, définira les secteurs porteurs. Ses résultats sont attendus pour le premier trimestre 2005. C'est dire si les PME opérant dans les autres secteurs auront du mal à se faire entendre.



Les off

La société pharmaceutique Sotherma se prépare à entrer en bourse. L'opération dont se charge CFG, devait être réalisée fin 2004, mais elle a dû être repoussée à cause de l'introduction de Maroc Telecom. Selon des sources averties, la cotation est toujours programmée pour le premier trimestre 2005. Auquel cas, Sotherma, appartenant à la famille Tazi, sera la première entreprise pharmaceutique cotée à Casablanca.

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L'ONA équipe son centre d'appel. Sis au boulevard Zerktouni à Casablanca, le centre d'appel du holding connaît un mouvement intense. Les installations vont bon train et les recrutements également. Reste à savoir si sa vocation sera d'appuyer les structures du groupe ou de démarcher des clients à l'étranger. Les rumeurs du marché lui prêtent déjà un rapprochement avec Orange, la filiale de France Telecom.


Gazon. Un marché en suspens

La firme canadienne Field Turf attend toujours que Driss Jettou, Premier ministre, débloque la coquette somme de 80 millions de dirhams pour le financement de la fourniture et de l’installation du gazon synthétique dans 16 terrains de football au Maroc. Le leader mondial des surfaces en gazon artificiel homologué par la FIFA a proposé le financement de ce grand projet de mise à niveau des infrastructures sportives du Royaume par la Société pour l’expansion des exportations (SEE), un établissement financier canadien. Cela fait plus de 3 ans que les responsables de Field Turf essaient de conclure ce contrat. La loi des finances étant votées, rien n'explique ce retard, à moins que le Premier ministre n'envisage de changer de cap. Une chose plausible bien qu'inexplicable.


Collectivités locales. La révolution Hessar

Le directeur des collectivités locales annonce la couleur. Le budget est fin prêt. C'est une première. Il est d'usage que ce budget soit noyé dans celui du ministère de l'Intérieur, qui le distribue quand bon lui semble. La tendance a donc été inversée. Côté chiffre, le budget 2005 accorde 14,5 milliards de dirhams aux collectivités. La quasi totalité de cette enveloppe provient de la TVA (7 milliards de dirhams) et des recettes transférées (7,19 milliards de dirhams). Le reste des recettes découle des taxes locales et de la taxe urbaine. Quant aux dépenses, la masse salariale mobilise 7 milliards de dirhams. La nouveauté est que plus de 5 milliards de dirhams seront affectés à l'investissement. C'est dire si les présidents de communes et de conseils des villes auront de quoi respecter une partie de leurs promesses. Il suffit de s'y mettre sérieusement.


RAM. Le Call center en filiale

La RAM vient de filialiser les activités de son centre d'appels en créant la société "Atlas On line" qui sera dotée de 150 positions spécialisées principalement dans l'activité aérienne. Intégré dans la structure de la compagnie nationale et opérationnel depuis 1999, le Call Center RAM est désormais une société anonyme d’un capital de 300.000 DH. Parmi ses administrateurs figurent Mohamed Berrada, président directeur général, Ahmed Ammor, directeur financier, Abderrahmane Sadouk, directeur des opérations, Saâd Azzioui, directeur du pôle clients Maroc et Hihi, directeur technique. Cette initiative s'inscrit dans la restructuration de la compagnie et qui a touché des activités comme l'hôtellerie et la restauration à bord.



Khalid Tritki
Otage

Une citoyenne marocaine vivant à l'étranger est prise en otage. La jeune expatriée contracte un crédit auprès d'une banque au Maroc. Objectif : l'achat d'un appartement. Au début, son agence lui assure que le taux est variable. Cela veut dire que les mensualités varieront en fonction de l'évolution, à la baisse ou à la hausse, du taux d'intérêt. à sa grande surprise, les taux baissent depuis plus de deux ans, mais sa traite ne bouge pas d'un iota. Elle continue à rembourser son crédit au taux de 9%. Quand elle fait la remarque
à sa banque, celle-ci l'envoie balader. Pire, quand elle propose un règlement par anticipation, la banque ne veut rien savoir: "Vous payerez l'ensemble du crédit dû, intérêt compris, en plus des pénalités", lui rétorque-t-on. Sans arme, ni protection, elle ne peut rien contre sa banque. Si bien sûr, elle peut toujours ester en justice, en prenant le risque de se faire plumer dans un procès dont l'issue n'est pas garantie d'avance. Et si par malheur elle décide de couper le cordon avec la banque, celle-ci n'hésitera pas à lui confisquer son appartement. Tel un otage, elle n'a qu'à attendre que quelqu'un vienne la délivrer. Et contrairement à un otage politique, personne ne plaidera sa cause. Même pas l'autorité de tutelle.

 
 
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