|
Par Driss Ksikes
Oyez, écrivains de langue française !
| Ecrire en français, est-ce une manière de parler de soi autrement, dassumer sa double culture ? Est-ce, par contre, une manière décrire tout simplement, dans sa singularité ? Est-ce que cela empêche lécrivain dêtre proche de sa culture, de son oralité, de son quotidien ? Et écrire en français signifie-t-il forcément une adhésion à la francophonie comme politique globalisante et lénifiante ? Des questions aussi vieilles que cette littérature-là et aussi anachroniques que nos sociétés, trop centrées sur lidentitaire, reviennent chaque année. La France, soucieuse de préserver la diversité et la richesse |
|
littéraire qui lui vient de tous les affluents, préfère les reposer, quitte à devoir se répéter. La machine est donc mise en branle cette année et la grande messe sera inaugurée le 20 mars, journée mondiale de la Francophonie. Au Maroc, deux mois de rencontres sont prévus dans les instituts français entre écrivains dici et dailleurs, pour apprécier "le français dans tous ses états".
Au menu, des questions essentielles reformulées pour reparaître séduisantes. Dabord, "lécriture comme traduction", ou comment des poètes, romanciers et autres nouvellistes puisent la force de leur langage dans les images et codes inhérents à leur langue et culture dorigine. Puis, "le choix du multilinguisme", ou comment des écrivains revendiquent leur culture plurielle, non seulement comme référence mais aussi comme levier pour passer dune langue à lautre. Ensuite, il y a le "renouveau générationnel de la littérature", ou comment de nouvelles individualités constituent une vague susceptible dapporter de la fraîcheur à la grosse matrice de la littérature francophone. Enfin, "le lieu de lécriture", ou comment distinguer les écrivains exilés de ceux du terroir, dautres encore qui sont dans le besoin existentiel urgent de laisser des traces dun vécu fugace. Le programme est prometteur. Mais les échanges, sils sont sincères, risquent dêtre houleux. |
Roman.
Sa lettre à Dieu
Hafid Fassi Fihri est dabord connu comme journaliste. Une saison de tourmente est son premier roman. Ou plus exactement, sa première tentative littéraire. écrit, lit-on en guise davertissement, "comme on avale, dun seul trait, un brûlant verre de thé", ce texte est un fatras, où lon retrouve de tout : le rapport du narrateur à sa conscience, à sa femme, à Dieu, à Fès, à la sécheresse et à bien dautres aléas. Le texte nest pas dépourvu de fil conducteur. Cest, en gros, lhomme qui a péché et cherche justice. Cest effectivement une source de tourmente. Mais pas uniquement pour lauteu
|
Poésie.
Les vers du diplomate
"Ali Skalli considère la poésie comme lune des variantes de lart du diplomate", écrit son pair libanais, Salah Stétié. Multipliant les recueils depuis bientôt 20 ans, cet ancien ambassadeur (à Paris, Bonn, Genève, New York) a le sens de la nuance, de la préciosité de la langue, de la courtoisie de la formule et de bien dautres subterfuges linguistiques qui laissent croire que la poésie nest pas transgression. Dans La noria des jours, Skalli ne déroge pas à la règle. Et fait même preuve dingéniosité dans sa métrique. Avis aux amateurs de poésie.
Ed. Fondation Roi Abdelaziz & Konrad Adenauer
|
|