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Par Karim Boukhari
Politiciens schizophrènes
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de g à d : Ismaïl Alaoui (PPS)
Mohamed Elyazghi (USFP)
Saâd Eddine El Othmani (PJD)
Abbès El Fassi (Istiqlal)
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La Constitution et la loi sur les partis déchirent, pour des raisons différentes, les principaux acteurs du champ politique : USFP, Istiqlal, PPS et PJD.
"La Constitution est un chantier ouvert, mais non prioritaire". La phrase est de Lahcen Daoudi, dirigeant du PJD. Elle résume parfaitement létat desprit de la classe politique vis-à-vis dune question récurrente, qui revient comme un serpent de mer, un |
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non-événement qui en dit long, cependant, sur la mentalité des uns et des autres. écoutons le dirigeant du PJD qui nous donne le point de vue de son parti sur la question : "Bien sûr que lon aimerait voir élargir les prérogatives du Premier ministre par rapport à la monarchie, cest cela, techniquement, lessence de toute révision constitutionnelle véritable. Mais comment et pourquoi le faire tant que ce Premier ministre nest pas issu des urnes? Qui sait, dailleurs, qui sera demain Premier ministre et au nom de quoi
On en est encore à labécédaire de la pratique politique, là où il va sagir dabord de nettoyer et dassainir avant de se montrer plus ambitieux. Parler de la révision de la constitution, dans ces conditions, relève plus du sensationnalisme que dautre chose". Les premiers visés sont évidemment les socialistes : ceux de la GSU et de ses amis du RGD (Annahj, PADS, CNI et Fidélité à la démocratie) et, plus encore, de lUSFP. Pour le noyau rassemblé autour de la GSU, la réforme constitutionnelle a toujours constitué une priorité absolue. "Notre raison dêtre vient de là, résume ce dirigeant du parti, lavenir du Maroc, son entrée dans une véritable ère de démocratie a un passage obligé : amener la monarchie à moins gouverner". à lUSFP, la question se pose en des termes plus embarrassants. Depuis lexpérience de lAlternance, rares sont les dirigeants qui revendiquent haut et fort la refonte de la Constitution. "Ce qui a changé, relève-t-on dans lentourage du premier secrétaire Mohamed Elyazghi, cest que le 7ème Congrès approche. Il sagira de fédérer et de rassurer les militants, surtout à la base, pour leur rappeler que le parti na pas vendu son âme au diable". Pour le principe donc. Mais pas seulement. LUSFP dElyazghi est actuellement prise entre deux feux, elle ne sait plus si son avenir se fera à lintérieur du gouvernement ou, plutôt, à lextérieur. Le pouvoir ou lopposition. Le débat sur la Constitution basculerait, en fonction de ce positionnement, de lanecdotique au prioritaire. Ce débat se réduit pour le moment à des murmures et autres chuchotements. Mais il est clair que la réforme de la Constitution constitue, lus que jamais, une affaire interne pour le parti fondé par Abderrahim Bouabid.
Entre les amis de la GSU et lUSFP, on retrouve, dans un habituel rôle darbitre, le sifflet à la bouche et le pied en permanence sur le frein et laccélérateur, le PPS. Le parti d'Ismaïl Alaoui nen finit pas de traverser, à linstar dautres pôles de la gauche marocaine, une crise didentité. Même si son autorité nest pas contestée, Ismaïl Alaoui sent désormais le souffle chaud dun Nabil Benabdellah, plus ambitieux que jamais, dans sa nuque. En se retirant du gouvernement, le SG du PPS a perdu en influence ce quil a récupéré en lucidité. Le débat récurrent sur la constitution est une aubaine quil sait exploiter comme à sa manière. Finement. "Quand ce nest pas la Constitution, cest le remaniement ministériel, renchérit Ismaïl Alaoui. Cest notre pain quotidien. Même sil ny a pas urgence en la matière, il est clair que, pour nous, deux questions font actuellement tache et il va falloir les réviser pour aller de lavant". Les deux questions sappellent, dans lordre, lamazighité et le bicaméralisme (principe de deux chambres au Parlement). "Il est temps, explique le S.G du PPS, de constitutionaliser la langue amazigh pour la mettre sur un pied dégalité avec larabe. Cest une forme de reconnaissance. Il importe aussi de réviser le statut de la deuxième chambre au Parlement, qui fait plus de mal que de bien, pour la transformer, conformément au souhait initial, en une sorte de chambre de sages, un Sénat
". Critique à demi-mot ("La Constitution est le résultat dun effort humain, il est normal quon cherche constamment à la perfectionner"), lhéritier de Ali Yata ne cherche surtout pas à sattirer le regard des autres. "Le PPS, indique-t-on dans lentourage du dirigeant socialiste, a dautres chats à fouetter que de revendiquer une réforme qui ne pourra venir que du roi". Le parti lorgne de nouveau vers la Koutla, au moment même où il semblait le plus sen éloigner. LUSFP et lIstiqlal ont signé, en effet, des amendements communs au projet de loi sur les partis (encadré). La GSU, et surtout le PPS, ne se sont pas joints à leurs alliés "historiques". Abbes El Fassi, au nom de lIstiqlal, en a même profité pour taper sur les doigts du PPS, invité à "se positionner clairement par rapport à son alliance avec les partis du PSD et du âahd". On se croirait revenus au milieu des années 90, quand le parti dAli Yata multipliait les allers et retours à la Koutla. "On nous a déjà fait le coup en effet, confirme Ismaïl Alaoui. Je ne veux pas polémiquer avec Abbes El Fassi, mais je lui rappelle que lui aussi sest allié à la mouvance populaire, au RNI et à dautres, pour figurer dans le gouvernement". En fait, lIstiqlal reproche au PPS de faire cavalier seul, pour les amendements sur la loi des partis comme pour le reste. "On ne vient pas quand on ne nous invite pas", réplique cette source interne au PPS. Les amis dIsmaïl enfoncent carrément le clou en affirmant que "lunion avec le PSD et le âahd est désormais envisagée sous langle fusionnel et, en attendant, ces partis ont le droit dintégrer la Koutla". Ce que ni lIstiqlal, ni lUSFP, nenvisagent pour le moment
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Amendements. La loi sur les partis divise
Tous les partis sont unanimes : le projet de loi sur les partis, tel quil leur a été proposé, consacre "lomnipotence du ministère de lIntérieur aux dépens de la Justice". Les amendements proposés ici et là vont bon train. Ils visent le désengagement de lIntérieur, et la substitution de la Justice, pour dissoudre officiellement un parti. Mais aussi, et surtout, la comptabilité des partis sur laquelle lIntérieur exige un contrôle de tous les moments. "Comment voulez-vous régler toutes les affaires liées au parti par chèque, remarque ce dirigeant de la majorité, imaginez le désagrément et le côté ridicule pour quelquun qui veut payer sa cotisation symbolique". Toujours sur le volet financier, la remarque la plus intéressante, qui peut dailleurs faire lobjet dun amendement, concerne le mode de distribution des dividendes publics aux partis politiques. Le parti de Saâd-Eddine El Othmani propose que "largent (de létat) ne soit pas distribué selon le nombre délus aux deux chambres du Parlement, mais selon le nombre de voix gagnées par les partis lors des scrutins populaires". En dautres termes, selon le poids réel des partis dans la société, et non plus selon les règles parlementaires dominées par la transhumance, la cooptation et les élections collégiales. Dernière remarque, plus générale : aucun parti na rejeté publiquement le projet de loi. Sans doute parce quils savent, comme la rappelé récemment Abdelouahed Radi de lUSFP, que ce projet est avant tout le résultat "dune volonté royale"
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