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N° 161
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Hassan Chami (DR)
Industrie. La CGEM tire sur Mackinsey

Mardi 25 janvier, une réunion s’est tenue à la Confédération patronale pour informer les présidents de fédérations sur l’état d’avancement de l’étude du cabinet Mackinsey sur la stratégie industrielle. Kamil Benjelloun, président du travail "groupe de communication" à la CGEM, qui en faisait la présentation, a été malmené. Initiée par la démarche de Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce et de l’industrie, ne fait pas que des heureux. Pour les uns, il était dangereux que cette étude stratégique soit confiée à un cabinet étranger. Les nationaux
pouvaient la faire, eux-mêmes, étant suffisamment rodés sur les mécanismes de l’audit sectoriel. D’autres encore estiment que le pays dispose d’assez de diagnostics. L’étude Mackinsey n’a donc pas lieu d’être, la stratégie industrielle étant une décision politique que le gouvernement doit assumer. Pire encore, le processus de mise à niveau a été mis au point mort en attendant les résultats de l’audit. Ce qui revient à perdre six mois, voire plus, alors que le pays a accusé un retard flagrant sur ce dossier. Mais le plus grave est que certains secteurs ne partagent pas le diagnostic du cabinet. Ainsi, selon des professionnels de la pêche, la base de travail du cabinet ne serait pas conforme à la réalité du secteur. Si le cabinet persiste dans sa démarche, ses recommandations laisseront à désirer.


Associations. Les professionnels en assises

Les associations professionnelles ont ouvert leurs assises jeudi 27 janvier à Casablanca. Qui dit assises, dit insuffisance dans le fonctionnement et la représentativité. L’Union Européenne avait mis en place en partenariat avec la CGEM et des associations indépendantes un programme d’appui. Ses premiers résultats sont mitigés. Autant un progrès est constaté au niveau de la communication et de l’organisation, autant les associations qui ont bénéficié de ce programme demeurent encore sans service à valeur ajoutée. Peu d'associations, si ce n’est aucune, n'ont mis en place des services rémunérés au profit des adhérents. Des initiatives existent, mais demeurent sans impact sur le quotidien des entreprises. Un autre programme d’appui sera mis en place à cet effet.


Benjelloun. L'adieu à Bendidi

Le patron du groupe Finance.com a offert, mardi 27 janvier, un dîner en l’honneur de Saâd Bendidi, l’actuel PDG de l’ONA. Le geste est hautement symbolique. Tout le monde sait que Bendidi ne coupera jamais le cordon avec son mentor. Ce qui laisse croire que le dîner de Benjelloun était un signe vers le patron de l’ONA : "je suis beau joueur", semble-t-il vouloir dire. Mieux encore, selon les échos de la soirée, Si Othmane n’a pas exclu un partenariat entre son groupe et l’ONA pour défendre l’économie nationale. Une otopie pour tous les observateurs. Benjelloun voudrait surtout qu'on cesse de le saboter.



Les off

Les multinationales du secteur pharmaceutique se constituent en association. L’objectif est d’avoir un contre-pouvoir au sein de l’Amip (association marocaine de l’industrie pharmaceutique), l’organisme porte-parole du secteur. Selon des fins connaisseurs de la branche, les multinationales veulent prendre de la distance par rapport aux nationaux, surtout après la position de ces derniers dans le dossier de l’ALE.

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Le plan d’action pour l’emploi que prépare Driss Jettou prend forme. D’abord la Primature a confié à une équipe présidée par Talbi Alami, ministre délégué en charge des Affaires économiques, le soin de régler le problème des jeunes promoteurs. La Primature a pris conscience que ce mécanisme est porteur. Secundo, des exonérations de l’IGR pour tout nouveau recrutement sont à l’étude. Certaines dispositions du plan seront opérationnelles cette année, alors que d’autres attendront 2006.


Electricité. 4,7 milliards de dirhams

L'Office national de l’électricité qui a tenu son conseil d’administration la semaine dernière, annonce un programme d’investissement de 4,7 milliards de dirhams en 2005. L’Office table sur le démarrage des travaux de construction d’un parc éolien de 60 MW à Essaouira, l’adjudication du marché de construction de la centrale thermoionique d’Aïn Béni Mathar et le lancement de l’appel d’offres pour la construction du parc éolien de 140 MW à Tanger. A cela s’ajoute la poursuite du programme d’électrification rurale qui a atteint 72% de foyers en 2004 et arrivera à 81% en 2005. Notons que l’office a connu une conjoncture difficile. Les prix des matières premières, comme le pétrole et le charbon ont augmenté en 2004, alors que celui de l’électricité a baissé.


Télécoms. L'ANRT met le turbo

L'agence nationale de la réglementation des télécommunications (ANRT) a tenu son conseil d’administration mardi 25 janvier à Rabat. Trois décrets d’application de la loi régissant le secteur ont été approuvés par le conseil et devront passer en conseil de gouvernement en février. Le calendrier de la libéralisation est maintenu. L’appel d’offres pour les licences fixes est programmé pour le 24 février. Le directeur général de l’agence se dit confiant : "Nous partons gagnants", martèle-t-il. En outre, l’agence se penchera sur une étude pour le développement de l’incubation. L’idée vise à encourager la recherche et développement en logiciels au Maroc. Les conclusions de l’étude serviront à l’élaboration d’un projet qui sera donc présenté au prochain conseil d’administration de l’agence.


Coopératives. L’agriculture domine

L'Office du développement de la coopération (ODCO) a recensé 4827 coopératives. L’agriculture s’accapare 3039 coopératives, soit près de 63% du total national. Ces dernières produisent 35% du lait pasteurisé. Le quart des productions céréalières est commercialisé par ces groupements dont une partie se spécialise dans le stockage de 50% du riz local. Ces structures exportent également une part appréciable des produits maraîchers et des agrumes. Les coopératives opèrent dans divers secteurs. 850 unités s’activent dans l’habitat et 583 dans l’artisanat. Les autres coopératives visent le forestier, la pêche, les transports, le commerce au détail, la formation et l’éducation, le tourisme, les mines, la culture et les arts.



Khalid Tritki
Oualalou, désespérant !

Le ministre des Finances, socialiste et éminent professeur d’économie, est tout simplement désespérant. Tout ce que le ministre a compris de la dernière rencontre avec les adhérents de la Chambre française de commerce est que le milieu des affaires s’inquiète de la disparition progressive des recettes de la privatisation. Les opérateurs craignent donc une pression fiscale pour boucher les trous du budget. Au lieu de proposer une vision, une stratégie, un plan d’action, le ministre s’est contenté de marteler qu’il "y aura
toujours des choses à vendre ou à concéder". "Et il le fait en toute bonne foi, en affichant une assurance digne d’un prix Nobel en économie", ironise un observateur. C’est clair que l’état aura toujours quelque chose à vendre. Il peut démonter la RAM en filiales est les vendre en gardant l’activité des lignes régulières sous perfusion. Il peut concéder la gestion des ports et des aéroports. Il peut même concéder la douane (un sultan alaouite l’avait fait). Il peut même vendre l’OCP… Oui, mais quel est le plan de développement de "l’entreprise Maroc" ? Où allons-nous, quel visage aura l’économie nationale dans cinq ans, voire dix ans ? Comme vous, je n’en sais absolument rien, et je ne compte pas sur Oualalou pour m’éclairer. Si ce n’est pas de l’incompétence, c’est de l’indifférence. C'est peut-être pire.

 
 
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