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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Je vends du bonheur à Casa"

Antécédents
Anouar Zyne, Directeur de "Maville"
(groupe de citymags gratuits)
    1978. Naissance à Casablanca
    1996. Avec 2 bacs, il s'inscrit parallèlement en Droit et Littérature française
    2000. Diplôme en... management
    2002. Directeur de publication de Casamaville
    2003. 1er roman : "La dernière culotte"
    2005. Crée des citymag gratuits à Rabat, Marrakech, Agadir et Tanger
Smyet bak ?
Larbi Ben Mbarek.

Et à part ça… ?
Ma mère s’appelle Hlima Bent Abdessalam. La carte, c’est toujours BE 711746, sauf que maintenant, pour la profession, c’est journaliste.

Ça tombe mal, c’est aujourd’hui que vous l’êtes le moins …
Ma carte a toujours été en retard par rapport à l’évolution de ma vie.

Vous avez baissé combien de culottes depuis votre dernière convocation ?
(sourire) Aucune, sincèrement.

Vous avez récemment invité tout Casa pour une grande soirée sur la côte. Vous offrez des pots, des cocktails… Vous êtes devenu riche ?
Non, mais c’est un événement symbolique pour fêter la parution du centième numéro de Casamaville, et l’évolution globale du Citymag gratuit Maville qui existe aujourd’hui à Rabat, Tanger, Agadir et Marrakech. Personnellement, je ne suis pas riche, mais la boîte est à présent saine et stable.

Ce n’est pas flatteur, mais on dirait que vous parlez d’un parti politique !
Ce n’est effectivement pas flatteur. Disons plutôt que c’est un réseau d’existence et de distribution. La valeur d’une marque aujourd’hui est d’être présente partout, c’est valable pour les médias aussi.

Comme par hasard, tout cela arrive au moment même de la parution de votre premier concurrent. Monsieur aime casser les effets d’annonce ?
Je ne peux casser que ce qui existe.

Arrêtez de faire de la communication et répondez-moi !
Dans la presse, exister, c’est durer. Et puis, je ne casse rien, je construis une marque qui existe aujourd’hui. Ça pourrait effectivement ressembler à du sabotage, je dis que c’est de bonne guerre. Les pionniers doivent bien se protéger.

Les patrons de presse payante vous prennent-ils au sérieux, maintenant ?
J’ai une relation amicale avec les plus jeunes, et respectueuse avec les vétérans. Avec 100.000 exemplaires, je pense bien que oui, finalement.

Vu que c’est gratuit, vous savez où ils finissent, vos 100.000 exemplaires ?
Depuis qu’on est passé au format magazine, on est au moins sûrs de ne plus servir à essuyer les vitres. Sérieusement maintenant, on sait que nos magazines finissent dans les tiroirs, les tables de chevet, les salles d’attente, etc. C’est ce qu’on appelle la troisième vie d’un magazine.

Si Casa est réellement votre ville, pourquoi ne mettez-vous jamais les pieds à Sidi Moumen, à Bernoussi, ou à Hay Mohammadi ?
Parce que c’est un choix délibéré. Je vends du bonheur à Casablanca. Il y a de plus en plus de malheur dans nos rues. Il y a même eu du sang, c’est le summum. Je crois qu’en y mettant chacun du sien, en étant positifs, on pourra créer le rêve casablancais, même marocain, qui a existé dans les années 70.

Il n'y aurait pas eu votre maman, vous ne seriez pas déjà au Canada ?
Euh… si !

Vous grandirez, un jour ?
Je veux accompagner heure par heure l’éducation de mon enfant. Je grandirai donc le jour de sa naissance.

Dans neuf mois alors ?
(sourire gêné) Sept.

 
 
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