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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

Le salon international du livre ressuscité ?

(DR)
À chaque fois que le ministère de la Culture annonce la réouverture du salon international de l’édition et du livre (SIEL), les auteurs, éditeurs, lecteurs et autres passionnés ont le ventre noué. Certes, le raz de marée de la littérature wahhabite est un vieux souvenir. Mais l’air de désolation professionnelle, le manque d’animation, la faiblesse des exposants externes, tout cela s’est tellement reproduit qu’on en arrive à craindre le pire. "Aujourd’hui, on s’est ressaisi et le SIEL (prévu du 10 au 20 février) va sûrement renaître cette année", estime la directrice du livre au ministère, Mounia Nejjar. Plus prudent, le commissaire général, Rachid Jebbouj préfère "juger sur pièce,
une fois le site prêt. Mais ce ne sera certainement plus comme avant". Quels sont donc les signes avant-coureurs du changement annoncé ?
D’abord, la logistique et la communication du salon ont été pour la première fois déléguées à des professionnels. Les éditeurs locaux - en tout cas les moins récalcitrants - ont été impliqués dans la co-animation du salon. Et plus important encore, le salon redevient annuel, pour refermer la parenthèse bi-annuelle qui a longtemps duré. "Après l’évaluation faite suite à la dernière édition, on s’est rendu compte qu’on s’était vraiment oubliés", reconnaît Nejjar. Dans cet élan nouveau, une commission scientifique, plutôt indépendante, a été mise en place pour concocter un programme d’animation culturelle attrayant. Le résultat, sur le papier, ne manque pas d’intérêt. Les questions de l’heure sur la réforme religieuse, la libération de la recherche historique, ou encore la création littéraire d’expression amazighe seront au rendez vous. Côté stands, "pour réduire l’espace pouvant être occupé par des éditeurs de seconde zone et autre vendeurs de reliques sans valeur littéraire, on a choisi d’inviter davantage d’exposants de qualité", ajoute Jebbouj. Avec une promesse de 80 éditeurs français, une dizaine de maisons égyptiennes marginales et novatrices et surtout une quinzaine de professionnels espagnols accompagnant leur littérature à l’honneur à Casa, les organisateurs veulent se racheter.
Plus que les auteurs, le salon met à l’honneur les chercheurs qui sont le plus en vue (en géographie, en histoire, en sociologie, en économie, etc). Par ailleurs, les écrivains, jeunes et moins jeunes, poètes et romanciers, arabophones et francophones, agrémenteront le tout de rencontres. Cette fois-ci sera-t-elle, donc, la bonne ? Croisons les doigts.


Parution.
Les bases de la modernité


Etre moderne ne veut pas dire forcément être anti-religion. Comme être moderne ne veut pas dire exclusivement être laïc. La revue Prologues, fidèle à sa qualité éditoriale, à l’esprit critique qu’elle distille dans la sphère publique et à son effort de clarification des concepts, invite les lecteurs à découvrir l’Esprit de la modernité. En relisant Spinoza, auteur du traité théologico-politique, mais aussi Kant qui s’interroge sur les lumières mais aussi des contemporains comme Foucault et Habermas qui ont le mieux appréhendé la sphère publique et les bases modernes de la démocratie, l’équipe de Prologues fait œuvre utile. D’autant qu’elle laisse le soin au réformiste tunisien, Moncef Benabdeljalil, pour faire la jonction avec le monde musulman, aujoud’hui.

Automne 2004, (30 dh)

 
 
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