Politique. Le Maroc, alibi de l'opposition espagnole
Reportage. Les déportés de la médina
Santé. Hépatite C, une bombe à retardement
Production. Les jeunes musiciens se débattent
N° 162
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Larbi Bencheikh, D.G de l'OFPPT (DR)
Formation Professionnelle. Bencheikh saute

C'est pratiquement officiel. L’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) aura une nouvelle tête. Ali Ghennam, ex-wali d’Agadir, est pressenti au poste de directeur général de l’office en remplacement de Larbi Bencheikh. Certains milieux d’affaires ont bien accueilli cette information. Mais ils ne manquent pas d'attirer l’attention sur la problématique de la gouvernance des établissements publics. Surtout quand il s’agit d’un organisme aussi stratégique que celui en charge de la formation professionnelle. Pour eux, les
signaux d’alerte n’ont pas inquiété outre mesure les autorités. Le changement à la tête de l’office a pris beaucoup de retard. Les premières mises en garde ont fusé dès mars 2004. Depuis ce mois, la tension sociale est allée crescendo à l’office et le programme de la formation s'est vu de plus en plus décrié par les grandes associations de la place. Au lieu de prendre les choses en main, les autorités ont préféré attendre, peut être par fatalisme, sûrement par jeu d’appuis. L’été dernier, des directeurs centraux ont constitué un front face à Larbi Bencheikh. Au même moment, l’ambassade du Canada mettait en garde contre la lourdeur de la gestion des marchés de l’office. Bref, le nouveau venu passera certainement par un audit de l’état des lieux. Son rapport ne manquera pas de surprises. Des milieux bien informés parlent déjà de cadavres à l’office. Ils ne visent pas particulièrement la gestion financière, mais surtout la gestion de la formation, un élément des plus déterminants pour le développement du pays.


Pharmaceutique. La Primature en colère

Driss Jettou a les multinationales du secteur pharmaceutique dans le collimateur. Depuis qu'elle a eu connaissance de la différence entre les prix pratiqués au Maroc et ceux pratiqués dans les pays d'origine, la Primature a haussé le ton. Suite à cela, l'Association Marocaine de l’Industrie Pharmaceutique a demandé à ses membres de lui fournir la liste des prix de leurs gammes de produits. Jusqu’à maintenant, seuls trois laboratoires se seraient exécutés. Selon une source proche de l’association, "cela prend un peu de temps et de toutes les manières, les autres laboratoires présenteront leurs listes ". La problématique des prix pratiqués au Maroc est posée depuis des années. Les miltinationales se défendent en évoquant la faiblesse des volumes fabriqués. Sous d’autres cieux, l’échelle de production est beaucoup plus grande, et les prix beaucoup plus petits.


Commerce extérieur. Le Maroc dans le rouge

L'année 2004 a été mauvaise pour le commerce extérieur. Les chiffres rendus publics par l’office des changes sont parlants. Le déficit a atteint 33,5%. Les importations ont progressé de 14% à 155 milliards de DH. Le pétrole en représente 58%. À souligner également l’importation de blé qui a avoisiné 36% des importations. La progression des exportations, pourtant censée couvrir le flux des importations, est très timide, ne dépassant guère 2%. Le décalage entre exportations et importations est justifié par la flambée des prix du pétrole. Mais ce n’est que la partie apparente de l’iceberg. Le commerce extérieur vit une défaillance structurelle depuis des années. La politique de promotion, voire de subvention des exportations n’a pas apporté les fruits escomptés. Les atténuations fiscales ayant atteint leur limite, il est temps de regarder ailleurs.



Les off

Les coulisses de la confédération patronale sont chaudes. Des patrons se préparent à "descendre" Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie et du commerce. Ce dernier sera l’invité du conseil national du patronat et y présentera la future stratégie industrielle du Maroc. Vu l’accueil que comptent lui réserver certaines fédérations, l’exposé du ministre ne sera pas de tout repos.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La Banque mondiale effectue une enquête sur la gestion des marchés publics. Objectifs : audit général l’état des lieux et mise en place d'un système plus performant. Des contacts avec des opérateurs économiques ont déjà été pris. Le satisfecit affiché par le ministère des Finances n’est pas de mise et les tentatives de réformes n’ont pas été suffisantes pour convaincre les partenaires du Maroc.


Pêche. L’ONP voit grand

L'Office National des Pêches a tenu son conseil d’administration le 1er février 2005. Le plan d’orientation stratégique pour la période 2005-2009 a été au menu. Le plan se focalise sur la mise à niveau de la flotte côtière et artisanale. Il prévoit un investissement global de 780 millions de DH. Une bonne partie de cette enveloppe est destinée au renforcement des infrastructures commerciales. Sur le plan de la mise à niveau, l’Office a pris beaucoup de retard sachant que ce dossier a vu le jour avant la nomination du gouvernement Youssoufi en 1998. Ce retard est dû à la multiplication des nominations à la tête du ministère de la Pêche, mais aussi à la lourdeur de la mise en œuvre des fonds de garantie. Aucune date n’a été avancée lors du conseil. C’est dire que la mise à niveau n’est pas pour demain.


CIH. Un sauveur étranger ?

Ce n’est pas la première fois que le ministère des Finances annonce un plan de sauvetage pour le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH). Début 2000, il avait suscité la solidarité de la place financière pour masquer la faillite de la banque étatique. Mieux encore, il a programmé des injections de capitaux pour renflouer les caisses dévastées du CIH. Aujourd'hui, il joue la carte du partenariat étranger. La Caisse Française d’Épargne serait dans le coup. Mais Oualalou se veut discret. Est-ce vraiment indiqué s'agissant d'une banque publique ? Si une institution étrangère s’implique dans le tour de table d’un organisme au bord du gouffre, elle le fera moyennant des sacrifices de la partie marocaine.


Devises. Les MRE en bonne forme

Les recettes des Marocains résidant à l’étranger ont augmenté de 7,4% en 2004. Ils ont transféré vers le Maroc pas moins de 37,15 milliards de DH. Les virements bancaires de cette manne ont progressé de 6,1% et les virements postaux de 17%. Et ce n’est pas fini. Les MRE, toujours comptabilisés dans la catégorie touristes, ont boosté les arrivées vers le Maroc. Les statistiques révèlent que 5,5 millions de touristes ont visité le pays en 2004. Globalement la destination a connu un engouement et les recettes touristiques ont atteint 34 milliards de DH. La France est toujours en pole position avec plus de 40% des arrivées sur le Maroc. Le taux d’occupation des hôtels classés s’est également amélioré. Il a atteint 43% alors qu’il était de 39% l’année d’avant.



Khalid Tritki
Les marchandises ont des appuis

Deux importateurs n’ont pas nécessairement le même itinéraire. La cargaison de l’un passe la douane et les services de contrôle en moins de 48 heures. L’autre attend plus d’une semaine pour sortir sa marchandise du port. A première vue, il est légitime que les services de contrôle fassent leur travail. Mais qu’ils le fassent intelligemment. La règle dans le monde entier est le contrôle par sondage. Les marchandises passent rapidement et certaines sont sélectionnées pour subir des tests ou des inventaires physiques. Il est donc normal qu'un sur dix soit retardé une fois sur cent. Mais qu’il le soit toutes les fois, cela laisse planer le doute. Les marchandises auraient-elles aussi des appuis ? Tout le laisse croire. Jusqu’à tout récemment, la nomination aux postes de responsabilité aux frontières était l’apanage de certains pontes à Rabat, huilant la machine pour les uns et la rouillant pour les autres. Les accords de libre-échange laissaient présager un changement de cap et de méthodes. Imaginez un Américain bloqué au port pour une raison inconnue de lui (mais entre nous, parce qu’il gêne un importateur influent). Cela ruinera la stratégie d’ouverture. Mais lui, aura son ambassade pour faire le forcing et exiger un traitement à part dans les tribunaux nationaux (oui, ça se fait). Le Marocain n’a personne. Sauf, peut-être, sa grande gueule ou pire, son bakchich.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2004 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés