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N° 162
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Proche-orient. Ils iront à Charm-el-Cheikh

Mahmoud Abbas
et Ariel Sharon (AFP)
Le réchauffement a l’air d’avoir bien lieu. Mahmoud Abbas et Ariel Sharon sont en effet tombés d’accord pour se rencontrer sous l’égide du président égyptien Hosni Moubarrak mardi 8 février à Charm-el-Cheikh, en Égypte. Si ce sommet a lieu, il s’agira de la première rencontre entre un premier ministre israélien et un président de l’Autorité palestinienne depuis cinq ans et le sommet de camp David, aux États-Unis (à l’époque entre Ehud Barak et Yasser Arafat).
George W. Bush y est aussi allé de son petit couplet. Le président américain fait de la démocratisation du "grand Moyen-Orient" la priorité de son agenda international. Dans son
discours sur l’état de l’Union, mercredi dernier, George W. Bush a déclaré : "Le but de deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix est à portée de main et l’Amérique les aidera à atteindre cet objectif". Par ailleurs, le président américain a annoncé une aide de 350 millions de dollars aux Palestiniens. Le roi Abdallah II de Jordanie participera à ce sommet. En revanche, l’interrogation plane sur la présence de Condoleeza Rice, la secrétaire d’État américaine.
L’ironie de l’histoire, c’est qu’Israël exclut des négociations politiques sur la "feuille de route", à ce sommet de Charm-El-Cheikh, alors que les Palestiniens veulent annoncer un cessez-le feu officiel. Que pourront alors bien se dire Abbas et Sharon à l’heure où le retrait de Gaza, le statut de Jérusalem et des colonies restent parmi les questions les plus cruciales ?


Vatican. Le pape agonisant ?

Depuis mardi, c’est l’effervescence autour du pape. Les communiqués les plus contradictoires circulent. Silvio Berlusconi croit que le pape sortira de la clinique "dans deux ou trois jours", alors que l’entourage papal n’envisage un rétablissement complet que dans sept jours, même si ses analyses sont "satisfaisantes". À l’origine de cette bataille de communiqués, la grippe qui a atteint le pape la semaine dernière et qui s’est brusquement aggravée.
À 84 ans et atteint par la maladie de Parkinson, le pape a été hospitalisé mardi dernier à la polyclinique Gemelli à Rome, près de l’Université catholique du Sacré- coeur. Le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls expliquait que : "La grippe qui atteint le Saint-Père depuis trois jours s’est compliquée avec une laryngo-trachéite et des crises de spasme du larynx". L’entourage du pape, "par précaution", a préféré le transférer à l’hôpital.



Vite !

Après les Américains, c’est au tour des Anglais de se mettre à l’arabe. Le Foreign Office de Grande Bretagne a lancé un nouveau site Web en langue arabe : www.fco.gov.uk/arabic. Jusque là, seules les ambassades au Yémen, à Oman et au Koweït, utilisaient des sites en arabe. Aujourd’hui, l’usage en est généralisé, avec des thèmes comme l’Union européenne, la paix au Proche-Orient, l’Irak.

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Le nombre de chômeurs en Allemagne a atteint un record depuis la guerre. Il s’est établi à 5,037 millions de demandeurs d’emploi, un chiffre "épouvantable", selon Wolfgang Clément, le ministre de l’Économie et de l’emploi. Cette détérioration s’explique par l’arrêt de plusieurs chantiers de construction et par la réforme de l’assurance-chômage, qui a fait passer 220 000 personnes bénéficiant de l’aide sociale, sur les listes de l’Agence pour l’emploi.


Algérie. Bouteflika président du FLN

Abdelaziz Bouteflika cumule désormais les fonctions de chef de l’État et de président de front de libération nationale (FLN), l’ex-parti unique hérité de la guerre d’indépendance. A. Bouteflika a fait savoir dans un message écrit qu’il acceptait l’offre "honorifique" des participants du 8èmecongrès.
Réunis du 31 janvier au 2 février à Alger, les congressistes avaient manifesté la souhait, lundi, "lors d’un plébiscite à la majorité absolue" de voir M. Bouteflika prendre la présidence du parti. Ce poste nouvellement créé devrait permettre au chef de l’État d’éviter la réédition d’un scénario "à la Benflis".
Ali Benflis n’a pas participé à ce congrès pas plus que les ténors du FLN, Abdelhamid Mehri, Mouloud Hamrouche ou Karim Younès. La voie est désormais libre pour un FLN aux bottes du chef de l’Etat. Revoilà, "Le FLN comme au bon vieux temps", a ironisé El Watan.


Torture. Vers une IER à la syrienne ?

Surprise. Dans une Syrie au système politique opaque, des militants de droits de l’homme et d’anciens prisonniers politiques ont annoncé mardi à Damas le lancement d’une campagne contre la torture dans les prisons syriennes. Le texte, signé par les avocats Anouar Bounni, Abdelrahim Gammaza, Tarek Houkane, ainsi que par six anciens détenus politiques dont Imad Shiha qui a passé 29 ans en prison (1975-2004) dénonce "les actes de torture physique, la détention en cellule, l’interdiction des visites, le manque d’hygiène, la privation de livres". Il appelle à mettre en place "un mécanisme de contrôle composé de juges et de personnalités de la société civile, afin de mettre fin à toutes ces violations". Les signataires demandent à toutes les victimes de la torture "d' engager des procès contre tous ceux qui ont commis ces actes criminels". Une IER à la syrienne ?


Népal. Coup de force royal

Le roi Gyanendra a nommé un gouvernement à sa main, mercredi 2 février, au lendemain d’un coup de force qui lui a permis de limoger le précédent cabinet et de décréter l’état d’urgence au Népal. Le monarque a légitimé son choix de la manière forte en se réclamant, sur les chaînes radiodiffusées d’État, "des droits impartis à la couronne par la Constitution". Le roi Gyanendra s’est arrogé les pouvoirs exécutifs et la "direction" du nouveau gouvernement, s’accordant trois ans pour "rétablir l’ordre et la démocratie". Le roi reproche au précédent cabinet d’avoir échoué à organiser des élections législatives et à contrecarrer la rébellion maoïste. Cette rébellion vise à remplacer la monarchie constitutionnelle par un régime communiste. La guerre civile a causé plus de 11 000 morts et la rébellion contrôle la majeure partie des campagnes. La fédération des journalistes népalais a condamné ce "coup d’État contre la démocratie".


France. Sus au cannabis !

Six mois après la publication du plan quinquennal de lutte contre les drogues, le ministre de la Santé français Philippe Douste-Blazy a présenté mercredi la première campagne de sensibilisation sur les effets de la consommation de cannabis. Une initiative qui répond à deux objectifs selon le ministre : "faire prendre conscience des risques sanitaires liés à la consommation de cannabis et répondre à la demande de prise en charge des jeunes et de leur entourage". En France, selon l’Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (OFDT), la moitié des jeunes de 17 ans ont déjà fumé du cannabis. Le nombre des consommateurs réguliers est évalué à 850 00, dont 450 000 usagers quotidiens, soit un des plus forts taux d’Europe.
Intitulée "le cannabis est une réalité", la campagne est donc axée sur la dimension sanitaire. Son volet information s’appuiera sur six films de 25 secondes diffusés à la télévision et huit spots pour la radio , notamment des témoignages authentiques sur le risque de perte de mémoire, de repli sur soi, de perte de motivation, de dépendance et isolement…



Lu pour vous : Derrière les grands mots, la realpolitik (Courrier International, 3 février 2005)

Par Philippe Thureau-Dangin

On s’en voudrait de ternir le bel unanimisme qui a suivi les élections en Irak, avec force commentaires sur le caractère "démocratique" du scrutin. Car rien ne ressemble moins à un pays démocratique que l’Irak, où il n’y a ni souveraineté, ni indépendance des pouvoirs, ni Etat de droit. On avance pour la participation le chiffre de 60% des inscrits. De fait, les Kurdes ont voté en masse, les Arabes chiites aussi, ainsi que les Irakiens de l’étranger. Quant aux sunnites, environ 20% de la population, ils se sont abstenus. Comme le soulignent la plupart des journaux arabes, ce ne fut pas une élection politique et pluraliste, mais un acte d’affirmation ethnique ou religieux. Les Kurdes ont voté pour la liste concoctée par les deux leaders kurdes, pourtant rivaux. Et une grande majorité de chiites ont voté pour la liste fabriquée par l’entourage de l’ayatollah Ali-Al Sistani, où se côtoient allégrement fondamentalistes et libéraux.
Les autorités se sont donné dix jours pour proclamer les résultats. Un délai sans doute nécessaire pour négocier derrière le rideau la composition du Parlement, et surtout le partage du pouvoir. Cette semaine auront lieu d’âpres négociations entre le Premier ministre actuel, Ilyad Allaoui et les vainqueurs du scrutin , à savoir les chiites rassemblés AUTOUR DE Sistani (...) Derrière la façade, on voit donc la realpolitik à l’oeuvre à Bagdad, mais aussi ailleurs. On verra bientôt comment tous les Occidentaux, réalisme oblige, se retrouveront pour saluer cette drôle de démocratie irakienne.

 
 
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