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N° 163
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Abdellatif Zaghnoun (DR)
Douane. Formation contre les magouilles

La Direction des douanes et des impôts indirects a ouvert une brèche inédite. Les agents de la douane apprennent à déjouer les magouilles utilisées par les opérateurs indélicats. Surtout en matière de régime économique en douane. Ce régime permet à des exportateurs d’introduire au Maroc des matières premières en franchise de douane. Ils s’engagent à les façonner et à les réexporter. Au moment du transfert à l’étranger, la douane doit s’assurer que les quantités importées sous régime économique
correspondent, au détail près, au volume importé. Des opérateurs trouvent toujours une parade pour écouler une partie de la marchandise au niveau local. La loi le permet mais moyennant le règlement de droits et taxes sur la partie vendue localement. Or, des techniques ingénieuses permettent de passer outre cette obligation. L’Association Marocaine des Industriels du Textile et de l'Habillement (AMITH), qui s’est engagée à la transparence, informe actuellement la douane de toutes ces techniques. En contrepartie, les douaniers s’engagent à prendre en considération les dysfonctionnements du système. Certaines entreprises, réputées propres, cumulent actuellement un passif en régime économique en douane. L’AMITHtente d’expliquer à la douane que ce passif ne découle pas nécessairement d'unefraude, mais d’une inadéquation du régime lui-même, pourtant issu d’une réforme récente (début 1999). Et tout laisse croire que le code de la douane n’échappera pas à des retouches pour éviter des goulots d’étranglement.


Tourisme. Taghazout a son conseil

Le Consortium Business Consulting, Ernest & Young et CID a été retenu pour accompagner la SONABA et le ministère du Tourisme dans le choix de l’aménageur de Taghazout. Cette station est l’une des plus importante du plan Azur, l’armature de la stratégie de 10 millions de touristes. La concrétisation de ce projet qui s’étale sur plus de 670 hectares devant accueillir plus de 25.000 lits, a pris du retard. Dallah Al Baraka avait obtenu ce marché de gré à gré et devait démarrer en mars 2004. Mais des problèmes de financement ont déjoué ses plans. Le projet lui a été retiré et un appel d’offres sera lancé en février 2005 pour le choix de son remplaçant. Ce dernier doit préparer le terrain qui drainera plus de 6 milliards de dirhams d’investissements. Des incitations ont été prévues pour attirer les professionnels de l’hôtellerie.


Agriculture. Des dégâts à évaluer

Après avoir adopté un ton nuancé, le département de l’Agriculture reconnaît que la vague de froid a endommagé les cultures dans la zone du Gharb-Loukous, le Pré-Rif, le Tadla-Al Haouz et leSaïss. Le niveau des dégâts diffère selon la région et les cultures. Les informations émanant du ministère font état de dégâts dans les légumineuses alimentaires (fèves et petits pois), dans l’arboriculture fruitière (les bananes notamment) ainsi que dans la canne à sucre. Une commission planche actuellement sur l’évaluation des dommages. La commission est composée d’agents du ministère de l’Agriculture, des Chambres d’agriculture et des associations professionnelles. Aucune date n’a été fixée pour clôturer l’opération d’évaluation ni les modalités de compensation.



Les off

Othman Benjelloun a réuni son staff managérial vendredi 4 février pour communiquer ses quatre volontés. Parmi celles-ci, Benjelloun veut lancer un grand chantier portant sur la synergie entre Méditelecom, la RMA-Watanya et Maghrebail. C’est une vision avant-gardiste qui repose sur la convergence technologique et l’innovation commerciale. Les licences fixes qui seront lancées le 24 février en seront le premier jalon.

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Le cabinet Fox a finalisé l’enquête sur la pratique de bonne gouvernance dans les entreprises marocaines. Cette étude dont l’initiateur est la commission éthique et bonne gouvernance de la CGEM a pour référentiel les standards des pays de l’OCDE. Les premières conclusions qui filtrent confirment une tendance déjà connue : les entreprises marocaines sont loin de ces standards.


Notariat. Une réforme à voter

La réforme du notariat est passée en conseil de gouvernement le 20 janvier. En principe, elle devra être discutée au Parlement lors de la cession d’avril et là, il faut s’attendre à des surprises. Surtout que toutes les opérations immobilières doivent être faites par actes authentiques, donc par un notaire ou un adoul. Ce monopole fait grincer des dents les conseillers immobiliers. En revanche, la réforme a omis de faire obligation aux notaires de dissocier leurs comptes personnels de ceux de leurs cabinets. Maître Noureddine Skouked, président de la Chambre nationale du notariat moderne, estime que cette séparation s’impose par règle prudentielle. Une règle qui n’est pas toujours respectée. La réforme doit être plus précise sur ce volet. C’est une question de sécurité pour les clients.


Comptabilité. Le choix des pme

Un autre front s’ouvre entre experts comptables et comptables agréés. Les seconds ont saisi Bank Al Maghrib pour que le projet de certification des comptes des PME ne soit pas un monopole au profit des experts-comptables. Les PME sont désormais obligées de justifier d’une attestation validant les bilans comptables présentés aux banques au moment d’une demande de crédit. Les comptables agréés cherchent maintenant à être de la partie. Mais ils oublient que la certification des comptes est une initiative qui a été proposée par la fédération des PME. D’ailleurs, une convention de partenariat entre l’Ordre des experts comptables et la fédération a été signée lors du congrès de la profession qui s'est tenu à Tanger en 2003. C’est donc le choix de la fédération des PME que la banque centrale a validé.


Tourisme. Chraïbi à l'observatoire

Le regard vif, les répliques tranchantes, Fouad Chraïbi sera l’œil scrutateur du secteur du tourisme. Il a été désigné à la tête de l'observatoire du tourisme le 8 février. Les postes de directeur d’Accor au Maroc et de consultant en développement touristique lui ont fait acquérir une grande expérience qui fait de lui l'homme de la situation.
Le poste est délicat car il a pour tâche de balayer une fois pour toutes les divergences sur les chiffres qui opposent ministère et opérateurs. Il a également pour objectif de procéder à des analyses sans complaisance pour les opérateurs ni allégeance pour l’administration. L’homme a le tempérament qu’il faut. Bon courage.



Khalid Tritki
Appui royal

Le cabinet Mackinsey a préparé notre nouvelle stratégie industrielle. Salaheddine Mezouar, le ministre de l’Industrie, allait la rendre publique le 15 février, en présence du patronat, mais il s’est rétracté. Certaines fédérations sectorielles ne partagent pas la démarche du ministre et donc rejettent les conclusion de la stratégie. Que faire alors ? Remettre les pendules à zéro ? Impossible. Mezouar a pris un risque énorme et un retour en arrière porterait un coup fatal à la carrière de cet homme qui a une
capacité indéniable de travail et de mobilisation. Il lui reste peut-être le recours à l'arbitrage du roi. C’est une idée qui fait son chemin dans le monde des affaires. Inquiétude des professionnels : pourquoi le tourisme jouit-il de l’appui du roi et pas l’industrie ? Salaheddine Mezouar est convaincu que le Maroc a une vocation industrielle. Il suffit de mettre les bouchées doubles pour que le pays s’impose en tant que tel mais il faut un appui fort. Toutefois, le roi ne peut s’engager sur une stratégie qui ne fait pas l’unanimité. Rappelons que le contrat-programme du tourisme a été à l’initiative des opérateurs économiques, donc il y avait d’abord (et il y a toujours) leur engagement comme gage de réussite. Si Mezouar veut l’appui royal, il lui faut d’abord fédérer les secteurs concernés. C’est dire l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le jeune ministre. Bonne chance, vraiment.

 
 
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