|
Par Khalid Tritki
Douane. Formation contre les magouilles
La Direction des douanes et des impôts indirects a ouvert une brèche inédite. Les agents de la douane apprennent à déjouer les magouilles utilisées par les opérateurs indélicats. Surtout en matière de régime économique en douane. Ce régime permet à des exportateurs dintroduire au Maroc des matières premières en franchise de douane. Ils sengagent à les façonner et à les réexporter. Au moment du transfert à létranger, la douane doit sassurer que les quantités importées sous régime économique |
|
| correspondent, au détail près, au volume importé. Des opérateurs trouvent toujours une parade pour écouler une partie de la marchandise au niveau local. La loi le permet mais moyennant le règlement de droits et taxes sur la partie vendue localement. Or, des techniques ingénieuses permettent de passer outre cette obligation. LAssociation Marocaine des Industriels du Textile et de l'Habillement (AMITH), qui sest engagée à la transparence, informe actuellement la douane de toutes ces techniques. En contrepartie, les douaniers sengagent à prendre en considération les dysfonctionnements du système. Certaines entreprises, réputées propres, cumulent actuellement un passif en régime économique en douane. LAMITHtente dexpliquer à la douane que ce passif ne découle pas nécessairement d'unefraude, mais dune inadéquation du régime lui-même, pourtant issu dune réforme récente (début 1999). Et tout laisse croire que le code de la douane néchappera pas à des retouches pour éviter des goulots détranglement. |
Tourisme. Taghazout a son conseil
Le Consortium Business Consulting, Ernest & Young et CID a été retenu pour accompagner la SONABA et le ministère du Tourisme dans le choix de laménageur de Taghazout. Cette station est lune des plus importante du plan Azur, larmature de la stratégie de 10 millions de touristes. La concrétisation de ce projet qui sétale sur plus de 670 hectares devant accueillir plus de 25.000 lits, a pris du retard. Dallah Al Baraka avait obtenu ce marché de gré à gré et devait démarrer en mars 2004. Mais des problèmes de financement ont déjoué ses plans. Le projet lui a été retiré et un appel doffres sera lancé en février 2005 pour le choix de son remplaçant. Ce dernier doit préparer le terrain qui drainera plus de 6 milliards de dirhams dinvestissements. Des incitations ont été prévues pour attirer les professionnels de lhôtellerie. |
Agriculture. Des dégâts à évaluer
Après avoir adopté un ton nuancé, le département de lAgriculture reconnaît que la vague de froid a endommagé les cultures dans la zone du Gharb-Loukous, le Pré-Rif, le Tadla-Al Haouz et leSaïss. Le niveau des dégâts diffère selon la région et les cultures. Les informations émanant du ministère font état de dégâts dans les légumineuses alimentaires (fèves et petits pois), dans larboriculture fruitière (les bananes notamment) ainsi que dans la canne à sucre. Une commission planche actuellement sur lévaluation des dommages. La commission est composée dagents du ministère de lAgriculture, des Chambres dagriculture et des associations professionnelles. Aucune date na été fixée pour clôturer lopération dévaluation ni les modalités de compensation. |
 |
Les off
Othman Benjelloun a réuni son staff managérial vendredi 4 février pour communiquer ses quatre volontés. Parmi celles-ci, Benjelloun veut lancer un grand chantier portant sur la synergie entre Méditelecom, la RMA-Watanya et Maghrebail. Cest une vision avant-gardiste qui repose sur la convergence technologique et linnovation commerciale. Les licences fixes qui seront lancées le 24 février en seront le premier jalon.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le cabinet Fox a finalisé lenquête sur la pratique de bonne gouvernance dans les entreprises marocaines. Cette étude dont linitiateur est la commission éthique et bonne gouvernance de la CGEM a pour référentiel les standards des pays de lOCDE. Les premières conclusions qui filtrent confirment une tendance déjà connue : les entreprises marocaines sont loin de ces standards. |
|
Notariat. Une réforme à voter
La réforme du notariat est passée en conseil de gouvernement le 20 janvier. En principe, elle devra être discutée au Parlement lors de la cession davril et là, il faut sattendre à des surprises. Surtout que toutes les opérations immobilières doivent être faites par actes authentiques, donc par un notaire ou un adoul. Ce monopole fait grincer des dents les conseillers immobiliers. En revanche, la réforme a omis de faire obligation aux notaires de dissocier leurs comptes personnels de ceux de leurs cabinets. Maître Noureddine Skouked, président de la Chambre nationale du notariat moderne, estime que cette séparation simpose par règle prudentielle. Une règle qui nest pas toujours respectée. La réforme doit être plus précise sur ce volet. Cest une question de sécurité pour les clients. |
Comptabilité. Le choix des pme
Un autre front souvre entre experts comptables et comptables agréés. Les seconds ont saisi Bank Al Maghrib pour que le projet de certification des comptes des PME ne soit pas un monopole au profit des experts-comptables. Les PME sont désormais obligées de justifier dune attestation validant les bilans comptables présentés aux banques au moment dune demande de crédit. Les comptables agréés cherchent maintenant à être de la partie. Mais ils oublient que la certification des comptes est une initiative qui a été proposée par la fédération des PME. Dailleurs, une convention de partenariat entre lOrdre des experts comptables et la fédération a été signée lors du congrès de la profession qui s'est tenu à Tanger en 2003. Cest donc le choix de la fédération des PME que la banque centrale a validé. |
Tourisme. Chraïbi à l'observatoire
Le regard vif, les répliques tranchantes, Fouad Chraïbi sera lil scrutateur du secteur du tourisme. Il a été désigné à la tête de l'observatoire du tourisme le 8 février. Les postes de directeur dAccor au Maroc et de consultant en développement touristique lui ont fait acquérir une grande expérience qui fait de lui l'homme de la situation.
Le poste est délicat car il a pour tâche de balayer une fois pour toutes les divergences sur les chiffres qui opposent ministère et opérateurs. Il a également pour objectif de procéder à des analyses sans complaisance pour les opérateurs ni allégeance pour ladministration. Lhomme a le tempérament quil faut. Bon courage. |
 |
Appui royal
Le cabinet Mackinsey a préparé notre nouvelle stratégie industrielle. Salaheddine Mezouar, le ministre de lIndustrie, allait la rendre publique le 15 février, en présence du patronat, mais il sest rétracté. Certaines fédérations sectorielles ne partagent pas la démarche du ministre et donc rejettent les conclusion de la stratégie. Que faire alors ? Remettre les pendules à zéro ? Impossible. Mezouar a pris un risque énorme et un retour en arrière porterait un coup fatal à la carrière de cet homme qui a une |
|
| capacité indéniable de travail et de mobilisation. Il lui reste peut-être le recours à l'arbitrage du roi. Cest une idée qui fait son chemin dans le monde des affaires. Inquiétude des professionnels : pourquoi le tourisme jouit-il de lappui du roi et pas lindustrie ? Salaheddine Mezouar est convaincu que le Maroc a une vocation industrielle. Il suffit de mettre les bouchées doubles pour que le pays simpose en tant que tel mais il faut un appui fort. Toutefois, le roi ne peut sengager sur une stratégie qui ne fait pas lunanimité. Rappelons que le contrat-programme du tourisme a été à linitiative des opérateurs économiques, donc il y avait dabord (et il y a toujours) leur engagement comme gage de réussite. Si Mezouar veut lappui royal, il lui faut dabord fédérer les secteurs concernés. Cest dire limpasse dans laquelle se trouve actuellement le jeune ministre. Bonne chance, vraiment. |
|
|