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N° 163
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Tous les Marocains ont un fond rétrograde"

Antécédents
Jamal Berraoui
Président de l’association contre
la haine et le racisme
    1952. Nait à Safi
    1972. Intègre l’UNFP
    1992. Intègre le journalisme (L’économiste, La vie économique, Le journal, La gazette du Maroc, La vérité)
    2003. Président de l’association contre la haine et le racisme
Smyet bak ?
Abbes Ben Regragui.

Smyet mok ?
Mahjouba Kouar.

Nimirou d’la carte ?
A 106 108.

Qu’est ce que ça vous fait d’être à l’origine de la première décision du CSCA* ?
Ni chaud ni froid. Je ne dépends pas de l’audiovisuel et je n’en ai pas la prétention. En tant qu’intéressé, disons, je trouve désolant qu’un problème éminemment politique se soit retrouvé dans une instance technique. Le PJD a utilisé cela pour se mettre en avant.

Ce qui est de bonne guerre …
Oui, et le CSCA est tombé dedans.

Qui aurait pu trancher, sinon, selon vous ?
Majliss Al Iftaâ, par exemple. Une instance, créée dans le cadre de la régulation du champ religieux, mais qui n’a encore servi à rien.

Dans une interview parue récemment, vous vous en preniez au CSCA qualifiant sa décision d’illégale. On ne vous savait pas mauvais joueur dites donc ?
Ce n’est pas un jeu c’est une bataille. La décision est illégale dans le sens où les textes régulant le travail de l’instance n’ont été publiés qu’après l’annonce de la décision. C’est donc une considération technique. Mon combat continue contre le PJD, Attajdid et tous les obscurantistes de ce pays. Le CSCA n’a pas sifflé la fin de la partie.

Concrètement, ça veut dire quoi ?
Nous constituerons bientôt un réseau associatif contre l’obscurantisme. Une première réunion est prévue avant fin février.

Un réseau associatif contre la première force politique et populaire du pays, vous n’avez pas peur du ridicule !
Première force, ça reste discutable. C’est une force importante qui s’appuie sur une pensée passéiste contre la tolérance. Ce réseau se voue donc à combattre cette pensée obscurantiste, de sensibiliser les marocains, jusqu’aux gens du PJD, contre les dérives de la haine raciale.

Votre association a été créée juste après le 16 mai, elle s’est un peu agitée puis silence radio jusqu’à l’affaire du tsunami. Vous êtes une organisation"surgiste" ?
Ce sont là nos actions les plus médiatisées. Depuis la création de l’association, j’avale autant de kilomètres qu’un délégué médical. Nous avons réalisé un important travail sur les manuels scolaires en collaboration avec plusieurs institutions.

… et vous réalisez chaque jour que les Marocains constituent un peuple raciste ?
Il y a un fonds rétrograde chez tous les Marocains. Un fonds régressif, raciste, sexiste, etc.

C’est peut-être culturel finalement ?
Je dis que c’est une bataille de tous les jours, que nous ne gagnerons que si les intellectuels de ce pays s’y engagent.

Où est ce que vous voulez en venir avec le PJD à la fin ?
Les réduire à chaque fois.

Vous ne faites que les renforcer, en attendant…
C’est une mauvaise analyse. Il faut demander au PJD ce q'il veut faire de l'éducation, du tourisme, des finances, etc. Eux-mêmes disent ne pas être prêts à la gouvernance faute de programme. Sur quelle base se présentent-ils dès lors aux élections ? Celle des élus croyants ? C’est du pur fascisme.

Vous êtes un éternel frustré ?
Je suis un jouisseur. Quand je ne jouis plus, je pars. J’ai une vision de ma société, je la défends quitte à être minoritaire. Je déforme une phrase de Benhima, alors wali de Casa, pour dire : si j’ai à choisir entre Kaboul et Barcelone, je choisis Barcelone.

* Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle

 
 
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