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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Égypte. Opération de Charme de Sharon et Abbas

Mahmoud Abbas
et Ariel Sharon (AFP)
Est-ce la bonne trêve ? Pour la première fois depuis quatre ans, le premier ministre israélien, Ariel Sharon et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, se sont rencontrés mardi dernier à Charm-El-Cheikh en Égypte. Ils y ont proclamé un cessez le feu général et l’arrêt de toutes les opérations militaires. Mais les moments d’espoir ont été si nombreux depuis les accords d’Oslo en 1993, et si souvent déçus qu’il faut se garder de toute euphorie après cette rencontre. Si Sharon et Abbas veulent mettre un terme à la violence, ils restent torpillés par leurs oppositions réciproques. Du côté palestinien, le Hamas par son porte parole, a déclaré que cette annonce "n’exprime
pas les positions des mouvements palestiniens". Néanmoins, Israël a promis de libérer 500 prisonniers palestiniens la semaine prochaine.
Les États-Unis se sont pleinement impliqués. Ils appuieront cet accord en dépêchant sur le terrain un coordonnateur en matière de sécurité pour aider les Palestiniens. Pour Georges W. Bush, le contexte a radicalement changé : l’élection présidentielle palestinienne permet un réengagement américain dans la région. D’un autre côté, l’Oncle Sam, empêtré en Irak, ne serait pas peu fier, de redorer son image en montrant la reprise du processus de paix au Proche-Orient comme un exemple de promotion de la démocratie. La secrétaire d’état américaine, Condoleeza Rice, n’a pas manqué de le rappeler en soulignant le rôle que pouvaient jouer les Etats-Unis et l’Europe.


Terrorisme. Un centre mondial

La conférence internationale sur le terrorisme à Riyad a approuvé mardi la création d’un centre mondial pour la lutte antiterroriste, proposée par l’Arabie Saoudite. C’est le prince héritier, Abdullah Ibn Abdul-Aziz, qui a exposé cette idée à l’ouverture samedi de la conférence qui a réuni des délégations de plus de 50 pays. Le document final intitulé, "Déclaration de Riyad", n’a pas précisé où se situerait le centre, même si le chef d’une délégation a indiqué qu’il serait installé en Suisse. "Tout effort international sera insuffisant pour combattre efficacement le terrorisme en l’absence d’une action collective et d’une approche stratégique globale" dans la lutte contre ce fléau, dit le texte. Dans leur "Déclaration", les participants affirment que ce fléau "n’a pas de religion, de race, de nationalité ou de zone géographique précise (…) Ainsi, toute tentative de lier le terrorisme à une quelconque religion aidera en fait les terroristes".



Vite !

Une voiture piégée a explosé mercredi près du centre de conférences de Madrid, faisant au moins
39 blessés légers. Le journal basque Gara avait reçu une demi-heure avant, un appel de l’organisation basque ETA annonçant l’imminence de l’explosion. L’attentat est intervenu peu avant la visite du roi Juan Carlos et du président Vicente Fox à la Foire d’Art contemporain.

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Le monde chinois a célébré mercredi l’entrée dans l’année du Coq, que certains astrologues prévoient comme agitée. Succédant au Singe dans le calendrier lunaire chinois, le Coq est considéré comme travailleur mais aussi vantard. Les géomanciens ont égrené les années terribles du gallinacé : 1909, le Japon envahit la Corée ; 1933, Hitler arrive au pouvoir ; 1945, fin de la guerre avec deux bombes atomiques sur le Japon. ça promet…


Italie. Giuliana Sgrena pourrait être libérée

Les ravisseurs présumés de la journaliste italienne Giuliana Sgrena, 56 ans, envoyée du quotidien Il Manifesto, et retenue en otage en Irak depuis le 4 février, ont indiqué dans un communiqué sur Internet, qu’ils allaient la libérer prochainement. Le groupe Organisation du Djihad islamique qui avait menacé de tuer la journaliste si Rome ne retirait pas ses troupes du pays avant lundi soir, a indiqué qu’il avait établi que Giuliana Sgrena n’était pas une "espionne". "Nous allons relâcher la captive italienne dans les prochains jours", ajoute le texte, dont l’authenticité reste invérifiable. Mais des revendications contradictoires sont apparues sur Internet. "L’attente se poursuit au milieu de rumeurs incontrôlées (…) mais les prochaines heures pourraient être vraiment décisives pour la fin de l’enlèvement de Giuliana Sgrena", assure Il Manifesto.


Michel Aoun. Le retour

Entouré d’une cour de journalistes libanais dont certains lui ont demandé un autographe à la fin de sa conférence, l’ancien Premier ministre Michel Aoun, en exil à Paris depuis près de quinze ans, a confirmé sa volonté de rentrer au Liban avant les élections législatives de mai prochain pour en être l’un des principaux acteurs. "Nous avons beaucoup plus de candidats qu’il n’y a de sièges", a-t-il déclaré avec un sourire triomphant. "Il est même possible que je me présente aux élections". Au programme, s’il parvenait à occuper un poste à responsabilités, le départ des Syriens du Liban, mais aussi celui des Palestiniens : "Vous savez qu’il y a unanimité au Liban contre l’implantation des Palestiniens. Les Libanais vont bien travailler dans les pays arabes, pourquoi pas les Palestiniens ?". Les journalistes présents opinent du chef. Tous pensent que "l’avenir politique du Liban ne s’écrira pas sans la participation de Michel Aoun".

I.B



Condi à Paris. Une main tendue vers l’Europe

Tailleur bleu marine et collier de perles, Condoleezza Rice a fait son numéro de charme le 8 février à l’Institut d’études politiques de Paris devant un parterre d’invités triés sur le volet. Son discours ferme et optimiste a marqué un tournant dans les relations entre l’Europe et les États-Unis : "Mettons sur la table nos idées, notre expérience et nos ressources, discutons et décidons ensemble de la meilleure façon de les utiliser au service du changement démocratique". Il n’est donc plus question, comme elle l’aurait déclaré il y a plusieurs mois, de "punir la France, d’ignorer l’Allemagne et de pardonner à la Russie"…Mais son sourire et son professionnalisme n’ont pas caché une détermination sans faille ; si "la réunion de Rabat a été un grand succès" "le statu quo dans le monde arabe est inacceptable et les réformes sont urgentes". La croisade des États-Unis est loin d’être terminée.

I.B



Corée du nord. Pyongyang se fâche

Ce communiqué nord-coréen cinglant, c’est la première réaction officielle au discours de l’État de l’Union prononcé par le président américain G. W. Bush. En réponse aux brimades et menaces américaines, la Corée du Nord a déclaré jeudi s’être dotée de la bombe atomique pour se protéger des États-Unis accusés de vouloir renverser son régime, et a refusé de reprendre des négociations sur son programme nucléaire. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé que le pays a décidé de renforcer son arsenal nucléaire face à l’hostilité de la seconde administration Bush. "Nous nous sommes déjà retirés du Traité de non prolifération nucléaire et avons fabriqué des armes atomiques par mesure d’auto-défense face à la politique de moins en moins déguisée de l’administration Bush d’isolement et étouffement de la République démocratique populaire de Corée", rapporte le communiqué. Inquiétante escalade.



Lu pour vous.
Charm-El-Cheikh… et après ?
(Jeudi 10 février, Al Quods Al Arabi)

Éditorial

Le sommet de Charm-El-Cheikh s’est terminé. Les choses ont repris leur cours normal dans les terres palestiniennes occupées. Et déjà un premier accroc au cessez-le-feu. Des colons israéliens ont tiré sur un adolescent palestinien à Rafah dans la bande de Gaza. Le jeune homme a été emmené à l’hôpital dans un état grave.
Ce cessez-le-feu, qualifié par certains, de plus grand exploit du sommet, paraît inégal. Car d’ordinaire, un tel accord a lieu entre deux forces du même poids, surtout militaire. Or personne n’ignore la différence abyssale qui sépare Israéliens et Palestiniens sur ce point. Il a été question de beaucoup de trêves à Charm-El-Cheikh, Camp David, Aqaba, Washington etc. Ces questions ont fait long feu pour une raison très simple. Elles sont le fruit d’une pression américaine, israélienne et arabe sur la Palestine. Le sommet de Charm-El-Cheikh ne dérogera pas à la règle.
On peut se demander en quoi Condoleezza Rice et son président George W. Bush qualifient ce sommet "d’historique". La vérité est que ce sommet a accouché d’une souris. L’accord conclu est sécuritaire avant tout. Ce cessez-le-feu sera balayé dans quelques semaines au meilleur des cas. L’accord historique est celui qui coupera les racines du conflit et qui conduira à une paix tangible et complète. Et cela n’a pas eu lieu à Charm-El-Cheikh. Les problèmes de fond subsistent : de la question des colonies au statut de Jérusalem. Le plus dur reste à faire : convaincre les hommes politique d’accepter les sacrifices indispensables.

 
 
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