|
Par Khalid Tritki
Blé. Les minotiers tapent dans la farine
Les opérateurs du secteur meunier perdent patience. Faute de pouvoir rencontrer le Premier ministre, ils lui ont adressé une lettre ouverte. La lettre en question a été publiée dans CGEM Info, le bulletin de la confédération patronale. Une chose étonnante en soi. La CGEM a toujours adopté un profil bas dès que le Premier ministre est pointé du doigt. La publication de cette lettre ouverte a redonné espoir dans lengagement de la confédération à défendre les intérêts de ses affiliés. Et dans le cas des minotiers, il y a de quoi. Le secteur vit une situation |
|
| bâtarde. Ni complètement libéralisé, ni complètement protégé, le secteur meunier a entamé une semi libéralisation en 1996 pour lachever en 2006 conformément à la loi sur la concurrence et les prix. Entre temps, un plan détape devait permettre une transition sans douleur. Or, selon la lettre à lattention de la Primature, la transition est mal vécue. Une réunion sest tenue en mai 2004 et a abouti à un plan de travail enclenché en juillet de la même année. Il nen fut rien et le verdict des minotiers est sans appel : "Ce manque de visibilité a fini par jeter le discrédit sur les engagements des pouvoirs publics et mettre dans le désarroi les professionnels", souligne avec force la lettre ouverte. Notons que le secteur bénéficie de subventions que la loi sur la libéralisation des prix doit réduire à néant dici mi 2006. |
Tourisme. Les voyagistes moins confiants
Le 16 février dernier, la fédération du tourisme a annoncé les résultats de lenquête sur la vision 2010. La moitié des professionnels estime que le contrat programme avance plus ou moins, alors quils sont 7% à penser quil avance mal et 1% très mal. Les hôteliers sont plus optimistes (43%) que les voyagistes (36%). Prêt de 67% des professionnels pensent par ailleurs que la baisse des prix enregistrée sur la destination Maroc constitue un facteur de fragilisation du produit Maroc sur le moyen terme. Près du tiers (33%) estime quil sagit dun levier de croissance conjoncturel. Cest à Casablanca et à Ouarzazate (83%) que lon est le moins favorable à cette baisse des prix. Côté promotion, 60% de léchantillon interrogé jugent laction de lONMT sans changement. Moins de 20% pensent quelle est faible et inadaptée. |
Micro-crédit. Zakoura cartonne
En marge de la méga rencontre organisée à Marrakech le week-end dernier, la fondation Zakoura a séduit par les chiffres quelle a exposés. Tenez-vous bien, une association qui sactive dans le micro-crédit réalise un chiffre daffaires de 44,5 millions de dirhams avec un ratio de charge de 16% et dégage une marge de presque 18% (17,2 millions de DH en résultat net). Depuis sa création, Zakoura a débloqué 925.739 crédits dont 335.745 accordés en 2004. La création de micro entreprises demeure faible - seulement 4.784 - mais affiche une évolution étonnante. Dune année à lautre le nombre de demandes est passé du simple au triple. Le tourisme rural évolue rapidement également, mais demeure peu demandeur avec seulement 471 crédits débloqués en 2004. |
 |
Les off
Méditélécom sous tension. Lopérateur de téléphonie mobile vit une crise dactionnariat. Lun de ses actionnaires ayant un besoin de liquidité, fait pression pour céder ses parts dans le capital. Apparemment, le report de lintroduction en bourse jusquen 2006 ne lui a pas plu. Le management de Méditélécom estime quune introduction en bourse en 2005 serait suicidaire.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le groupe Akwa serait candidat pour la reprise de la part de la Samir dans le capital de Somirgy. La transaction ne porterait selon des sources fiables que sur le pôle lubrifiant. Le divorce entre Amhal et Samir était programmé. Le raffineur nayant pas respecté ses engagements par louverture de plus de 200 points de vente. |
|
Pharmaceutique. Sothema prisée
Une autre réussite pour la Bourse de Casablanca. La société pharmaceutique Sothema a été souscrite plus de six fois. Pour son introduction en bourse, la mariée sest vu offrir pour sa dot au minimum 95 millions de dirhams et au maximum 108 millions de dirhams. Nétant pas une opération portant sur lémission de nouvelles actions, et donc daugmentation de capital, les actionnaires de Sothema empocheront un joli pactole. Le prix dachat final sera déterminé en fonction des offres des investisseurs exprimant des ordres dans une fourchette de 2 à 15 millions de dirhams. Justement cette tranche dinvestisseurs sest réservé 54% des actions. Il n'est donc pas exclu que le prix dachat soit le prix plancher de 828 dirhams par action. |
Assurance. El Alami contrecarré
Après lannonce de la reprise du groupe Saham, appartenant à Moulay Hafid El Alami, de 67% du capital de la CNIA, le groupe Banques Populaires (GBP) a réagi vivement. La banque a pris la décision de retirer son portefeuille en banque assurance pour le placer ailleurs. La CNIA y perd plus de la moitié de son chiffre daffaires. Lactif global du GBP qui profitait à la compagnie est valorisé à 1,5 milliard de dirhams. La perte est donc énorme. Les raisons de ce revirement sont motivées par le risque que présente le nouvel acquéreur de la compagnie, les milieux daffaires ne le jugeant pas assez solide pour une telle opération. Ce qui est sûr, cest que la banque populaire na pas apprécié que la CNIA lui échappe alors quelle avait des visées sur la compagnie. |
Formation. APC gagne du terrain
Le soutien du gouvernement canadien pour réformer la formation professionnelle à travers lApproche Par Compétences (APC) se prépare à létape suivante. Doté dun budget de 10 millions de $ canadiens, ce vaste programme vise une meilleure adéquation entre la formation et lemploi. Concrètement, loffre de formation cible le tourisme, le textile, lagriculture, lartisanat, les NTIC et enfin les Industries Mécaniques, Métallurgiques Électriques et Électroniques (IMMEE). Une expérience pilote a été entamée dans le tourisme. La généralisation aux 13 autres centres du ministère du Tourisme représentera létape suivante du projet. Dans le secteur du textile et de lhabillement, ont été posés les jalons dune politique dingénierie de formation par lAPC. |
 |
La bonne personne
Méditez cette déclaration de Driss Jettou : "Lorsque nous arriverons à mettre la bonne personne à la bonne place, le Maroc avancera beaucoup plus vite". Cest du réchauffé, direz-vous. Soit, mais lisons entre les lignes. Lauteur de cette déclaration nest autre que le Premier ministre, le poste civil le plus élevé après le roi. Son pouvoir de signature, quoi que lon en dise, est important. Son champ dintervention est assez large, pas autant que nous le souhaitons, mais il est très étendu. Et "last but not least", il est au fait de ce |
|
| qui se passe dans les coulisses. Si un homme qui a autant de puissance vous dit indirectement que nous continuons à placer notre avenir entre les mains de bras cassés, cest quil y a des choses qui vont de travers. Pourquoi ? Réponse de Jettou encore une fois : "lessentiel est que nous tentons à chaque fois de changer la tendance". Il ne dit pas les raisons de cette anomalie, somme toute spécifique au Maroc. Mais il annonce prudemment quil essaie de corriger le tir. Cest grave. La seule explication qui se dégage de ce constat est quil y a des forces qui sacharnent à nous confiner là où nous sommes. Nous sommes sous-développés et nous nen avons pas conscience. Nous sommes illettrés et nous nen avons pas honte. Nous sommes pauvres et nous le cachons en extériorisant notre côté flamboyant. Et si nous continuons à cultiver la médiocrité, nous serons une nation sans avenir. |
|
|