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N° 164
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

(DR)
Blé. Les minotiers tapent dans la farine

Les opérateurs du secteur meunier perdent patience. Faute de pouvoir rencontrer le Premier ministre, ils lui ont adressé une lettre ouverte. La lettre en question a été publiée dans CGEM Info, le bulletin de la confédération patronale. Une chose étonnante en soi. La CGEM a toujours adopté un profil bas dès que le Premier ministre est pointé du doigt. La publication de cette lettre ouverte a redonné espoir dans l’engagement de la confédération à défendre les intérêts de ses affiliés. Et dans le cas des minotiers, il y a de quoi. Le secteur vit une situation
bâtarde. Ni complètement libéralisé, ni complètement protégé, le secteur meunier a entamé une semi libéralisation en 1996 pour l’achever en 2006 conformément à la loi sur la concurrence et les prix. Entre temps, un plan d’étape devait permettre une transition sans douleur. Or, selon la lettre à l’attention de la Primature, la transition est mal vécue. Une réunion s’est tenue en mai 2004 et a abouti à un plan de travail enclenché en juillet de la même année. Il n’en fut rien et le verdict des minotiers est sans appel : "Ce manque de visibilité a fini par jeter le discrédit sur les engagements des pouvoirs publics et mettre dans le désarroi les professionnels", souligne avec force la lettre ouverte. Notons que le secteur bénéficie de subventions que la loi sur la libéralisation des prix doit réduire à néant d’ici mi 2006.


Tourisme. Les voyagistes moins confiants

Le 16 février dernier, la fédération du tourisme a annoncé les résultats de l’enquête sur la vision 2010. La moitié des professionnels estime que le contrat programme avance plus ou moins, alors qu’ils sont 7% à penser qu’il avance mal et 1% très mal. Les hôteliers sont plus optimistes (43%) que les voyagistes (36%). Prêt de 67% des professionnels pensent par ailleurs que la baisse des prix enregistrée sur la destination Maroc constitue un facteur de fragilisation du produit Maroc sur le moyen terme. Près du tiers (33%) estime qu’il s’agit d’un levier de croissance conjoncturel. C’est à Casablanca et à Ouarzazate (83%) que l’on est le moins favorable à cette baisse des prix. Côté promotion, 60% de l’échantillon interrogé jugent l’action de l’ONMT sans changement. Moins de 20% pensent qu’elle est faible et inadaptée.


Micro-crédit. Zakoura cartonne

En marge de la méga rencontre organisée à Marrakech le week-end dernier, la fondation Zakoura a séduit par les chiffres qu’elle a exposés. Tenez-vous bien, une association qui s’active dans le micro-crédit réalise un chiffre d’affaires de 44,5 millions de dirhams avec un ratio de charge de 16% et dégage une marge de presque 18% (17,2 millions de DH en résultat net). Depuis sa création, Zakoura a débloqué 925.739 crédits dont 335.745 accordés en 2004. La création de micro entreprises demeure faible - seulement 4.784 - mais affiche une évolution étonnante. D’une année à l’autre le nombre de demandes est passé du simple au triple. Le tourisme rural évolue rapidement également, mais demeure peu demandeur avec seulement 471 crédits débloqués en 2004.



Les off

Méditélécom sous tension. L’opérateur de téléphonie mobile vit une crise d’actionnariat. L’un de ses actionnaires ayant un besoin de liquidité, fait pression pour céder ses parts dans le capital. Apparemment, le report de l’introduction en bourse jusqu’en 2006 ne lui a pas plu. Le management de Méditélécom estime qu’une introduction en bourse en 2005 serait suicidaire.

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Le groupe Akwa serait candidat pour la reprise de la part de la Samir dans le capital de Somirgy. La transaction ne porterait selon des sources fiables que sur le pôle lubrifiant. Le divorce entre Amhal et Samir était programmé. Le raffineur n’ayant pas respecté ses engagements par l’ouverture de plus de 200 points de vente.


Pharmaceutique. Sothema prisée

Une autre réussite pour la Bourse de Casablanca. La société pharmaceutique Sothema a été souscrite plus de six fois. Pour son introduction en bourse, la mariée s’est vu offrir pour sa dot au minimum 95 millions de dirhams et au maximum 108 millions de dirhams. N’étant pas une opération portant sur l’émission de nouvelles actions, et donc d’augmentation de capital, les actionnaires de Sothema empocheront un joli pactole. Le prix d’achat final sera déterminé en fonction des offres des investisseurs exprimant des ordres dans une fourchette de 2 à 15 millions de dirhams. Justement cette tranche d’investisseurs s’est réservé 54% des actions. Il n'est donc pas exclu que le prix d’achat soit le prix plancher de 828 dirhams par action.


Assurance. El Alami contrecarré

Après l’annonce de la reprise du groupe Saham, appartenant à Moulay Hafid El Alami, de 67% du capital de la CNIA, le groupe Banques Populaires (GBP) a réagi vivement. La banque a pris la décision de retirer son portefeuille en banque assurance pour le placer ailleurs. La CNIA y perd plus de la moitié de son chiffre d’affaires. L’actif global du GBP qui profitait à la compagnie est valorisé à 1,5 milliard de dirhams. La perte est donc énorme. Les raisons de ce revirement sont motivées par le risque que présente le nouvel acquéreur de la compagnie, les milieux d’affaires ne le jugeant pas assez solide pour une telle opération. Ce qui est sûr, c’est que la banque populaire n’a pas apprécié que la CNIA lui échappe alors qu’elle avait des visées sur la compagnie.


Formation. APC gagne du terrain

Le soutien du gouvernement canadien pour réformer la formation professionnelle à travers l’Approche Par Compétences (APC) se prépare à l’étape suivante. Doté d’un budget de 10 millions de $ canadiens, ce vaste programme vise une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi. Concrètement, l’offre de formation cible le tourisme, le textile, l’agriculture, l’artisanat, les NTIC et enfin les Industries Mécaniques, Métallurgiques Électriques et Électroniques (IMMEE). Une expérience pilote a été entamée dans le tourisme. La généralisation aux 13 autres centres du ministère du Tourisme représentera l’étape suivante du projet. Dans le secteur du textile et de l’habillement, ont été posés les jalons d’une politique d’ingénierie de formation par l’APC.



Khalid Tritki
La bonne personne

Méditez cette déclaration de Driss Jettou : "Lorsque nous arriverons à mettre la bonne personne à la bonne place, le Maroc avancera beaucoup plus vite". C’est du réchauffé, direz-vous. Soit, mais lisons entre les lignes. L’auteur de cette déclaration n’est autre que le Premier ministre, le poste civil le plus élevé après le roi. Son pouvoir de signature, quoi que l’on en dise, est important. Son champ d’intervention est assez large, pas autant que nous le souhaitons, mais il est très étendu. Et "last but not least", il est au fait de ce
qui se passe dans les coulisses. Si un homme qui a autant de puissance vous dit indirectement que nous continuons à placer notre avenir entre les mains de bras cassés, c’est qu’il y a des choses qui vont de travers. Pourquoi ? Réponse de Jettou encore une fois : "l’essentiel est que nous tentons à chaque fois de changer la tendance". Il ne dit pas les raisons de cette anomalie, somme toute spécifique au Maroc. Mais il annonce prudemment qu’il essaie de corriger le tir. C’est grave. La seule explication qui se dégage de ce constat est qu’il y a des forces qui s’acharnent à nous confiner là où nous sommes. Nous sommes sous-développés et nous n’en avons pas conscience. Nous sommes illettrés et nous n’en avons pas honte. Nous sommes pauvres et nous le cachons en extériorisant notre côté flamboyant. Et si nous continuons à cultiver la médiocrité, nous serons une nation sans avenir.

 
 
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