Redonner espoir
("Aménager des bibliothèques, des centres informatiques,
des ateliers artistiques, des tournois sportifs, des espaces verts
Bref, BOUGER !")
Le 24 février 2004, Al Hoceima tremblait, tuant 600 de ses enfants. Cela va bientôt faire un an. Il y a longtemps que les médias ont déserté la région, et que lintérêt public est retombé. Mais de la flambée de solidarité qui avait suivi le séisme, il reste une lueur : le réseau associatif Al Amal (lespoir), né sur les décombres moins de 24 heures après le drame pour coordonner les premiers secours et le soutien aux victimes. Aujourdhui, il regroupe 56 associations locales, et son objectif est de ne pas laisser Al Hoceima retomber dans lapathie et la marginalisation qui la caractérisaient avant le tremblement de terre.
Grâce à son vibrionnant tissu associatif, cette région oubliée du royaume foisonne désormais de projets de développement en tous genres. Irriguer, intégrer les femmes au développement, monter des bibliothèques, des centres informatiques ou culturels, des ateliers artistiques, des tournois sportifs, aménager des espaces verts, sensibiliser les jeunes à la citoyenneté, aux droits de lhomme, à laction associative
Bref, BOUGER !
Mais il faut de largent, pour cela. Et largent, on le cherche là où il y en a : dans les grandes entreprises de laxe Casa-Rabat. Cest ainsi quest née lidée de monter une "bourse" de 50 projets de développement à budget réduit, dans la perspective de les soumettre à la générosité des donateurs. Dès que le réseau Al Amal a été informé du projet, une formidable machine sest mise en branle à Al Hoceima. Travaillant sans relâche, de jour comme de nuit, des centaines danonymes, militants associatifs dans lâme, se sont attelés à synthétiser, planifier, et budgétiser avec précision ces petits projets qui nont lair de rien, mais qui vont bouleverser leurs vies. En moins dun mois, les 50 dossiers étaient bouclés. Ils seront intégralement présentés samedi prochain dans une édition spéciale de
TelQuel, distribuée gratuitement avec notre prochain numéro (lire les détails sur la page ci-contre).
Partenaire du projet, la CGEM sest montrée, comme dhabitude sagissant de ce genre de cause, admirable. Sous limpulsion enthousiaste de son président Hassan Chami, la confédération patronale a accepté sans hésiter de sponsoriser cette édition spéciale de TelQuel, et de se joindre à notre magazine pour appeler aux dons au réseau Al Amal, pour lui permettre de coordonner la réalisation des 50 projets (toutes les entreprises donatrices seront mises à lhonneur cest bien la moindre des choses dans notre édition spéciale. La souscription est toujours ouverte, nhésitez pas à nous contacter pour plus dinformations).
Une fois les 50 projets connus du grand public, on passera à la seconde phase, la plus importante : le financement des projets eux-mêmes. Une expérience similaire avait été tentée lannée dernière à Casablanca avec la CGEM, toujours, et le RESAQ (Réseau des Associations de Quartier). Notamment grâce au soutien du Premier ministre Driss Jettou, le résultat avait dépassé toutes les espérances : une quarantaine de généreux capitaines dindustrie avaient sorti leurs chéquiers, plus de 4 millions de dirhams avaient été rassemblés en un week-end, et TOUS les projets avaient trouvé preneur ! Il sagit de recommencer, avec un objectif encore plus noble cette fois-ci : redonner espoir à des populations marginalisées, délaissées, encore marquées par une catastrophe naturelle denvergure.
Il ne fait aucun doute que cela fonctionnera. Beaucoup de choses laissent encore à désirer, dans ce pays. Mais un des plus grands, sinon le plus grand espoir du Maroc, réside dans le dynamisme et la générosité (de cur comme dargent) de sa société civile et de sa classe daffaires. La "solidarité" est un dogme de la "nouvelle ère". Mais il ny a aucune raison pour laisser lÉtat sen occuper tout seul. Chacun à son niveau, chacun selon ses moyens
Ne sommes-nous pas tous Marocains ? |