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Par Driss Ksikes
Ils sauvent le salon du livre
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De g à d : Abdellatif Laâbi,
Salim El Jay, Abdellah Laroui (DR)
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| Le Salon International du Livre et de lÉdition (SIEL) a meilleure allure. À première vue, certes. Mais de là à lire sur Libération quil "na plus rien à envier au Salon du livre de Paris", il y a un pas (dignorance ou de complaisance, va savoir) quon ne franchirapas. Mais alors, quest-ce qui a vraiment changé dans ce 11ème SIEL ? La taille des stands ? Les espaces de débats mieux circonscrits ? La chasse aux livres du patrimoine wahhabite, dorénavant concluante ? La place consacrée aux livres denfants et à lédition multimedia, élargie et plus visible ? Lintérêt porté dans les conférences aux jeunes chercheurs en sciences sociales (histoire, sciences politiques, etc) ? Les |
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| signatures duvres collectives dauteurs marocains confirmés comme Mohamed Berrada et Abdellah Zrika ? Aucun de ces arguments nest réfutable. Mais ce qui compte le plus pour les amateurs du livre, ce sont les nouveautés, les livres longtemps attendus, les auteurs qui se calent sur lévénement pour ne pas passer inaperçus, et bien dautres particularités littéraires qui font le sel dun salon. Or, à ce niveau, le bilan est mitigé. Grande désillusion, le dernier né de lanthropologue Abdellah Hammoudi, "Une saison à la Mecque"(Seuil), nest pas disponible. Sorti il y a presque un mois, les lecteurs les plus férus attendaient cette occasion pour découvrir la dernière production de lauteur du "Maître et ses disciples". "Nous en avons commandé 500 exemplaires mais nous ne les recevrons pas pendant le salon", confie ce responsable de Hachette, chargée de distribuer louvrage. Grande surprise, par contre, le témoignage de lhistorien et philosophe, Abdellah Laroui, "Le Maroc et Hassan II", qui a fait un périple de deux ans, entre éditeurs, lecteurs et journalistes, a finalement vu le jour. Coédité par les presses inter universitaires du Canada et le Centre culturel arabe (traditionnellement lié à lauteur), ce livre, à mi-chemin entre le plaidoyer pro-Hassan II et le réquisitoire anti-dénigrement, en attire plus dun. Il a finalement atterri dans les stands malgré le retard pris par l'imprimeur. La rencontre avec l'auteur a été un moment clé du salon. Quant au Dictionnaire des écrivains marocains (Eddif), sur lequel travaille Salim El Jay depuis plus dune année et que la plupart des connaisseurs attendent avec circonspection, il tarde à venir. Because limprimeur. Dans le même registre, "lAnthologie de la poésie marocaine" (Ed. la différence), enfin achevée par Abdellatif Laâbi, est bien au rendez vous. Comme lest lexcellent écrivain espagnol, Juan Goytisolo, emblème dune Espagne qui ne renie pas sa part darabité. Installé à Marrakech, attaché à la dimension interculturelle et engagée en faveur de la marge (à la manière dun Jean Genet), il symbolise cette Espagne, invitée de marque du Salon. Comme Paul Coelho, autre invité de marque, représente une écriture populaire sur le destin, notion si chère à des peuples soumis comme les nôtres. Bref, ce salon ne laisse pas indifférent. Lannée prochaine, arrivera-t-il à accrocher pour de bon ? |
Roman.
Le zapping littéraire de Faïza
Faïza Guène, la vingtaine à peine, signe un roman excentrique, mais à partir de sa propre bulle. "Kiffe Kiffe demain" est drôle par moments, comme peut lêtre une beurette qui disjoncte, banal, comme doit lêtre une oeuvre désinvolte, et jamais grave, même lorsque Doria, la protagoniste, est devant sa psy, Mme Burlaud. Férue de ciné, de télé, cette lycéenne signe un roman, qui passe dune scène à lautre, comme on zappe dune chaîne à lautre. Peuplée de personnages qui se démerdent, qui draguent, qui font la fumette, qui survivent, lhistoire avance, mine de rien. À coup de chagrins damour, dincursions dans le réel atroce de tous les jours, de voyages dhommes comme Aziz qui vont se marier au Maroc et plein dautres taquineries. À lire avec modération.
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Nécrologie.
Cérès en deuil
La maison dédition tunisienne, Cérès, vient de perdre son fondateur et sa cheville ouvrière, Mustapha Belakhdar. Disparu la veille du SIEL, ce grand professionnel du livre a non seulement 25 ans dédition derrière lui, mais aussi des batailles pour la professionnalisation du métier dans les pays du Sud. Mort des suites dune maladie incurable, il aura manqué à lappel dans un événement littéraire quil na jamais raté. |
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