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Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Liban : Hariri assasiné

Rafic Hariri (AFP)
La mort de l'ancien Premier ministre a secoué tout le Moyen Orient. Tour d'horizon.


Vu de Beyrouth
Ce n’est pas une cérémonie officielle, mais des obsèques populaires , conformément au souhait de la famille de Rafic Hariri, qui ont été organisées mercredi pour l'ex-Premier ministre libanais, tué dans un attentat lundi à Beyrouth. Un camouflet pour le gouvernement prosyrien d’Omar Kamaré, prié de ne pas assister aux funérailles.
Pour les chrétiens, musulmans ou druzes, venus par centaines
de milliers, la chose est entendue : le responsable n’est autre que Damas : "La Syrie dehors !", "La Syrie, on n'en veut pas" ont-ils clamé. L’ancien Premier ministre a été inhumé sur la place des Martyrs, non loin de la mosquée Mohammad-Al-Amine, située au centre de la ville

Vu de Damas
L'argument utilisé depuis 25 ans par la dictature syrienne, selon lequel ses 14 000 soldats sont indispensables à la stabilité du Liban, a volé en éclats. Ni la tutelle exercée sur le président Lahoud, ni la présence de forces d'occupation n'ont permis de prévenir l'attentat.
Entrée au Liban en 1976, pour aider le président libanais Soleiman Frangié et ses alliés, face aux forces palestino-progressistes, l'armée syrienne n’a plus jamais quitté ce Liban, dont elle n’a jamais accepté l’indépendance.
Enfin, les services de renseignements syriens sont décriés par l'opposition libanaise qui les accuse de faire la pluie et le beau temps dans la vie politique.

Vu par l'occident
Dans le bloc occidental, Jacques Chirac a réagi en réclamant une "enquête internationale". Sa demande a été reprise aux Nations Unies. La déclaration amendée réclame "le rétablissement complet de l'intégrité territoriale, de la souveraineté, et de l'indépendance politique du Liban". Washington a rappelé son ambassadeur, Margaret Scobey, à Damas, "pour des consultations urgentes" d’une durée indéterminée. Selon Rumsfeld, la Syrie "cause du tort" à la région, en soutenant des "groupes terroristes". C’est l’occasion rêvée pour Washington de durcir sa position envers un pays dans son collimateur depuis des mois.

Vu par les arabes
Les voisins arabes du Liban redoutent que cet assassinat ne fasse basculer le pays du Cèdre dans la guerre civile. "L’unité et la solidarité nationale des Libanais vont à vau-l’eau", estime le porte parole du secrétaire général de la Ligue arabe Hossam Zaki. L’analyste Emad Gad, du centre d’études stratégiques et politiques d’Al Ahram déclare que "si Damas refuse d’appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU (départ des troupes syriennes), une guerre civile pourrait éclater". Crainte relayée par le quotidien égyptien Al Masry qui titrait mercredi "le spectre de la guerre civile plane sur le Liban".


Affaire. Pots-de-vin aux Nations-Unies ?

L'ex-directeur du programme "Pétrole contre nourriture", Benon Sevan aurait personnellement empoché au moins 1,2 millions de dollars de pots-de-vin durant la période d’embargo contre l’Irak, a accusé lundi une Commission parlementaire américaine. Ce programme permettait à l’Irak de Saddam Hussein de vendre du pétrole sous contrôle de l’ONU pour acheter des biens de première nécessité. Accusé de "graves conflits d’intérêts", Sevan serait intervenu directement dans le choix de compagnies pétrolières pour l’allocation du brut irakien, alors que cette décision devait revenir à Bagdad.



Vite !

En Chine, Un coup de grisou a ravagé la mine de charbon de Sunjiawan, à Fuxin, dans la province de Liaoning (Nord-Est), lundi dernier. L’explosion a causé plus de 210 morts. C’est le plus grave accident minier qu’ait connu le pays depuis quinze ans. La catastrophe est survenue à 242 mètres de profondeur. Selon les statistiques officielles, les accidents dans les mines ont fait en Chine 6027 morts en 2004.


Irak. Al Jaâfari premier ministrable

Populaire et modéré, Ibrahim El Jaâfari, 58 ans, est pressenti pour prendre la tête du prochain gouvernement d’Irak. Ce médecin est le candidat de la liste chiite Alliance irakienne unifiée (AIU) -qui est sortie victorieuse aux urnes- au poste de Premier ministre.
Dès mercredi, des critiques contre lui ont été formulées. Le parti du premier ministre irakien sortant Iyad Allaoui a mis en garde Al Jaâfari contre les risques d'un alignement sur l'Iran et d'un gouvernement islamique. "Il doit se comporter en Irakien. Il doit être fidèle à l'Irak et non à un autre pays", a dit Imad Chebib, adjoint de M. Allaoui.


Brésil. Revers politique pour Lula

Le président brésilien Lula Da Silva vient d’essuyer son plus sérieux revers politique depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans. Sa formation, le Parti des Travailleurs (PT), a perdu la présidence du Parlement. Le candidat PT, Luiz Eduardo Greenhalgh n’a obtenu que 195 voix contre 300 au député conservateur Severino Cavalcanti, du Parti progressiste (PP, droite). Cavalcanti sera en poste jusqu’à la fin du mandat de Lula, en 2006. Selon les analystes, cette défaite historique du PT serait due à la rébellion des députés de la propre coalition de Lula, fatigués de ne recevoir qu’au compte-gouttes, les fonds destinés à leur région. Une revendication, avec celle des salaires, dont Cavalcanti s’est fait le chantre.
Lula va devoir désormais négocier dur avec Cavalcanti, le contrôle de l’ordre du jour, ainsi que l’approbation des réformes qu’il prévoit. A commencer par la hausse des impôts. Cavalcanti a prévenu : ce sera non.



Lu pour vous.
Conservation
(Libération du 16 février)

Par Patrick Sabatier

Un petit pas pour la diplomatie, mais un grand pas pour l’humanité. Après vingt ans d’études scientifiques, tous les politiques (George W. Bush en premier) ne sont pas encore convaincus qu’il y a, sinon le feu, la fièvre à la planète, et encore moins qu’il faille agir.
L’aspect le plus important de Kyoto, texte dont il ne faut attendre nul miracle, est qu’un premier pas a été fait. Un autre avenir est concevable. A condition que ce pas ne reste pas sans lendemain. Réduire l’impact potentiellement ravageur du réchauffement climatique passe, plus que par un traité, par une révolution. L’enjeu en est de détruire la double hégémonie du roi Charbon et du roi Pétrole, qui nourrissent notre dépendance à une énergie bon marché, mais fatale pour l’environnement (…)
Le mode de vie occidental s’est érigé sur une surconsommation des ressources naturelles, dont les États-Unis donnent l’exemple le plus fragrant. La révolution politique, sera d’imposer la nécessité de maîtriser la consommation de l’énergie. En ce domaine, être conservateur est authentiquement révolutionnaire.

 
 
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