Sujet
Actu Économie
Témoignage. Le roi et l'intellectuel
Enquête. Les voleurs de sable
Hassan Iquioussen. Le prêcheur de la discorde
N° 165
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Police. Révolution en catimini au sein de la DGST

Ahmed Harari (Telquel)
Vivant dans la clandestinité depuis sa création, la DGST (ex-DST), dirigée par Ahmed Harari semble, à son tour, vouloir jouer la carte de la transparence. Du moins, en apparence. Depuis quelques semaines, en effet, les bureaux des services, à Casablanca, tenus anonymes jusqu’ici, se transforment en commissariats. Le projet concernerait un minimum de trois sites sur la ville. Le premier, une villa délabrée située dans le quartier de l'Oasis que les initiés reconnaissaient à l’immense antenne parabolique qui en ornait la terrasse, a d’ores et déjà troqué sa façade anonyme contre celle d'un commissariat. Le second, logé dans un immeuble d' Aïn Borja, a été totalement
rénové dans l’attente d’y installer la même enseigne. Finalement, le troisième bureau appelé à connaître le même sort, qui se trouve dans une petite ruelle du quartier d’Anfa (non loin de la clinique Val D’Anfa) est une petite villa toute aussi anodine. En contre partie, les services de la DGST seront présents dans chaque commissariat en tant que division de la direction du ministère de l’Intérieur au même titre que la police judiciaire. "Un statut clair mais une fonction différente" qui lui permettrait par là même d’avoir un poste budgétaire indépendant de celui- de la PJ. Par ailleurs, seule sera maintenu dans l’anonymat la direction régionale de la DGST à Casablanca, boulevard Moulay Youssef.
Révolution. Le mot est probablement fort, mais le changement pointe en tous cas.


Crise. L’IRCAM contre El Malki

Coup de tonnerre à l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM). Le 21 février, 7 dirigeants ont démissionné, parce que "malgré les beaux discours, l’État ne fait rien pour la langue Amazighe" – notamment en matière d’éducation. Quelques jours plus tôt, Ahmed Boukous, recteur de l’IRCAM, avait adressé au roi un rapport très détaillé, avec copie des 10 lettres qu’il avait envoyées au ministre de l’Éducation nationale – sans réponse. Selon des sources internes, Habib El Malki se serait fait "tirer les oreilles" au Palais et aurait reçu l’ordre de débloquer la situation au plus vite. Si les choses se tassent à nouveau, les 17 membres restants du conseil (si on exclut les 7 nommés par le roi) menacent de démissionner à leur tour. Bras de fer en perspective.


Pêche. Un procès sans accusé

Le capitaine chinois du bateau de pêche marocain qui a transbordé sa marchandise en Mauritanie, a mis les voiles. Dénoncé par ses marins, le capitaine avait navigué jusqu’aux côtes mauritaniennes pour passer sa cargaison à un collègue puis a fait cap vers le nord. Il pouvait transporter des armes ou faire de la contre bande sans que personne ne l’arrête. Il a été présenté à la justice le 9 février et a libéré sous caution (50.000 DH). Mercredi 23 février, il devait assister à son audience devant le tribunal de première instance. Il n’y était pas. Entre temps, le chinois a pu se procurer un certificat d’entée au port en bonne et due forme et mettre les voiles vers l’étranger. Incroyable…


Diplomatie. Le Maroc se rapproche d’Israël

Le journal israélien Yediot Aharonot rapporte dans son édition du 22 février, en se basant sur les affirmations du ministre des A.E Sylvan Shalom, que l’ouverture des relations diplomatiques entre l’État hébreu et 7 nouveaux pays arabes, dont le Maroc, est imminente. Tel-Aviv a en effet lancé d’autres canaux pour baliser le terrain de la diplomatie. Le sport y figure en bonne place. Exemple : la création, au sein du ministère du Tourisme israélien d’un département "chargé de promouvoir le tourisme sportif, par le biais d’invitations tous azimuts en direction des sportifs du monde entier" et dont l’une des réalisations a été la récente invitation, en Israël, de la championne de tennis marocaine Bahia Mouhtassine.


Rapatriement. Retour à Guantanamo

Il semble bien que le quatrième pouvoir ait eu gain de cause dans l’affaire des détenus de Guantanamo. Devant la pression des médias américains (dernier en date le New Yorker du 14 février 2005) qui se sont longuement étalés sur la remise de suspects pour cause de tortures à des gouvernements étrangers comme le Maroc, l'Arabie saoudite, l'Égypte, la Jordanie et la Syrie , les services américains ont repris leurs détenus. Si l’on en croit des sources journalistiques américaines, des avions affrétés par les Américains auraient procédé, dans la plus grande discrétion, au rapatriement de groupes d’islamistes de diverses nationalités qui étaient en "sous-traitance" dans le réseau des pays amis de l’Amérique… Les fonctionnaires de Témara seront-ils au chômage pour autant ?


Retraite. Les fonctionnaires se tâtent

6500 c’est le nombre de fonctionnaires à avoir déposé une demande de départ volontaire, à cette date. Une première réalisation, certes timide (l’État vise le départ de 35.000 fonctionnaires), mais la Primature a son idée derrière la tête pour faire encore plus d’"ex-fonctionnaires". Le Premier ministre, Driss Jettou, s’apprêterait en effet à signer un accord avec le groupement des banques du Maroc. Accord en vertu duquel ces dernières s'engageraient à financer les projets des démissionnaires, à hauteur d'une contribution maximale de l'ordre 50%. Autre appât proposé par le gouvernement de Jettou, une assistance totale pour la réalisation de leurs études de faisabilité et de marché ainsi qu'un accompagnement technique pour le démarrage de leurs entreprises. Rien de tel pour convaincre !


Terrorisme. Charkaoui ballotté entre le Canada et le Maroc

Le cas de Adil Charkaoui, ce Canadien d’origine marocaine soupçonné d’avoir des liens avec Al-Qaeda, est enveloppé d’un épais mystère. Extradera, extradera pas ? Contredisant les propos du ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaâ, les autorités canadiennes ont affirmé, en milieu de semaine, qu'aucun mandat d'arrêt international n'a été lancé à l'endroit d'Adil Charkaoui et que le Maroc n’a jamais demandé son extradition. Dans une interview accordée à Rabat, Bouzoubaa pour sa part affirmait que "les autorités marocaines avaient lancé un mandat international contre M. Charkaoui le 6 septembre 2004" et disait "ignorer que Charkaoui se trouvait au Canada". Interrogé par le journal La Presse, un responsable canadien est allé jusqu’à affirmer que "la DGST a confirmé le lancement du mandat Interpol en septembre dernier", et a dit vouloir interroger M. Charkaoui après son retour au Maroc.


Maroc-Côte d’Ivoire. Gbagbo fait marche arrière

Oui, Laurent Gbagbo a bel et bien demandé la médiation du roi du Maroc pour dénouer la crise ivoirienne. C’est le quotidien ivoirien "24 heures" qui met fin aux rumeurs et contre rumeurs en précisant que, "en dépit des dénégations du Front populaire ivoirien et de la présidence de la République, Abou Drahamane Sangaré était bien porteur d’un long message de Gbagbo au roi Mohammed VI". Sous le titre "Mission de Sangaré au Maroc : Le vrai message de Gbagbo à Mohammed VI", le journal rappelle que Sangaré s‘était rendu au Maroc, le 16 février porteur d’un long message de Gbagbo au roi Mohammed VI pour demander au souverain Marocain de jouer les médiateurs entre les Ivoiriens et le président français Jacques Chirac. Selon le quotidien, Gbagbo "est aujourd’hui obligé de raser les murs pour aller demander pardon".


Social. Une caravane vers les mines d’Imini

Le procès des six mineurs d’Imini (région de Ouarzazate), condamnés à de lourdes peines de prison suite aux revendications syndicales dont ils étaient les meneurs, gagne en ampleur. À côté d’un large soutien international et des pétitions en circulation, une caravane menée, entre autres par l’AMDH, prendra le départ, le 5 mars, de Rabat pour "descendre" vers Ourzazate et les mines d’Imini. Une manifestation est également prévue devant le caïdat d’Amerzgane, non loin d’Imini. À signaler que Mohamed Khouya, le plus célèbre des condamnés, est en grève de la faim de puis le 29 décembre 2004.


Clandestins. Drame africain à Belyounech

Plus d’un millier de migrants africains sont soumis à un encerclement opéré par les autorités marocaines, depuis le 7 février, dans la forêt de Belyounech aux environs de Tétouan. L’information, diffusée par l’AFVIC (association des familles des victimes de l’immigration clandestine), va plus loin, qualifiant de véritable "embargo" le barrage imposé par les Marocains, rendant impossible l’acheminement de toute aide en nourriture provenant des ONG. L’association des travailleurs marocains de France, AMTF, lance à ce sujet un appel au roi Mohammed VI pour améliorer le sort des clandestins pris au piège.


Partis. Le temps des amendements

La loi sur les partis sera à l’ordre du jour du conseil du gouvernement au plus tard dans trois semaines. Objectif, son adoption durant la session de printemps du Parlement. La parole est de Driss Jettou. La première mouture du projet a d’ores et déjà fait le tour des partis. Résultat, alors que quelques uns se sont contentés de brefs communiqués, d’autres se sont lâchés sur les amendements. Il est notamment question de l’alliance socialiste (PPS, PSD et Al Ahd), de la GSU et du duo USFP/ Istiqlal qui ont signé un mémorandum commun. Les trois pôles précités ont unanimement pointé du doigt l’hégémonie du ministère de l’Intérieur, demandant que le ministère de la Justice soit désormais compétent à sa place, notamment pour les affaires de dissolution des partis et pour le contrôle de leurs comptes. En réalité, le branle-bas de combat touchait à deux dispositions de loi. Une première qui soumet toute alliance entre partis à une autorisation, a été perçue comme une intrusion et une restriction de leur liberté d’action. La seconde clause prévoit que les mouvements financiers des partis (rentrées et dépenses) doivent être effectuées par chèques; l’amendement proposait son application pour les transactions portant sur des montants importants.


Affaire Aït Sirahal. Sit-in à Paris

Mme Aït Sirahal, épouse de Mohamed Aït Sirahal, décédé de suites de tortures dans un commissariat à Marrakech le 25 juillet 2002, a entamé cette semaine ce qui deviendra "un sit-in hebdomadaire de trois heures, tous les vendredis, devant l’ambassade du Maroc à Paris". L’épouse Aït Sirahal entend ainsi protester contre l’impunité des bourreaux de son mari, et les retards accumulés par le procès qu’elle a lancé au Maroc (15 reports déjà, prochaine audience le 1er mars). La famille Aït Sirahal était en vacances au Maroc au moment du drame. L’épouse de la victime consacre l’essentiel de ses économies (elle est concierge d’immeuble à Paris) aux déplacements vers le Maroc, dans le cadre de cette malheureuse affaire.


Sahara. Ali Salem Tamek est de retour

Après un séjour de deux mois et dix jours en Europe, le militant sahraoui Ali Salem Tamek est rentré en milieu de semaine au Maroc. Il a atterri à l’aéroport de Casablanca en provenance de Barcelone. "Je n’ai pas été inquiété à l’aéroport, tout s’est passé normalement", affirme Tamek. Il aura également tenu sa promesse de n’entreprendre aucune activité politique à l’étranger. Ses différents examens médicaux confirment cependant que son état de santé s'est dégradé. En Belgique, le jeune opposant a eu une rencontre avec les responsables d’Amnesty International et projette d’organiser, dans un futur proche, une rencontre sur la situation et l’avenir du sahara.


Aviation. Une caserne à Anfa

L'armée chercherait-elle à renforcer ses bases à Casablanca ? C’est du moins ce que laisse supposer la mue de l’aéroport de Casa-Anfa. Ce dernier est en effet désormais doublé d’une caserne militaire en bonne et due forme. Entamés depuis trois mois, les travaux de transformation n’ont pas fait beaucoup de curieux. Quatre miradors construits progressivement. La muraille relevée de quelques deux mètres. Des patrouilles de police militaires stationnées en permanence devant son entrée. Des manœuvres nocturnes d’avions militaires et des camions citernes des FAR. Que cache tout ce remue-ménage ?


Média. Ayouch lance sa télé

Las d’attendre la libéralisation du paysage audiovisuel marocain, Nourredine Ayouch lance sa télévision de proximité… en interne. Les programmes produits seront diffusés dans les 600 centres que compte la Fondation Zakoura à travers tout le Maroc. Ces capsules de 5 minutes traiteront en darija d’environnement, de civisme, de nutrition, et- petite originalité- donneront des conseils de beauté aux 200.000 bénéficiaires de la Fondation. Soit un audimat sans doute supérieur à celui d’"Arts et Lettres" de Omar Salim sur 2M !


Santé. Cœur de femmes marche à Fès

Toutes les raisons sont bonnes pour marcher. Forte du succès d’une première marche à Marrakech à laquelle plus de 5000 femmes avaient pris part l’année dernière, l’Association "Cœur de femmes" pour la lutte contre le cancer du sein chez la femme reconduit l’expérience à Fès le dimanche 6 mars prochain. Selon les estimations du professeur Rajaâ Aghzadi, présidente de l’association, le nombre de nouveaux cas de cancer du sein au Maroc atteindrait les 10.000 par an. Un chiffre record. Le sein reste, avec les bronches chez l’homme, la localisation cancéreuse la plus répandue au Maroc.


Barthez. Le Maroc calme le jeu

L'affaire du gardien de l’olympique de Marseille qui a craché sur l’arbitre international Abdellah El Achiri est en train de tourner en eau de boudin. Alors que la commission de discipline de la Fédération Royale Marocaine de Football devait statuer sur l’affaire en milieu de semaine, les téléphones et pressions diverses ont obligé les membres de la commission à se débarrasser de ce dossier brûlant en le transmettant au bureau fédéral de la fédération. Pourtant, Fabien Barthez qui est accusé d'avoir insulté et craché sur l'arbitre du match amical qui opposait l’OM au WAC de Casablanca, le 12 février dernier, s‘est fait descendre en flammes par la presse sportive de l’hexagone qui estime ce comportement indigne d’un joueur international. Après son retour en France, Barthez avait d’ailleurs fait l'objet d'une "sanction interne".


3 questions à Brahim Hajjam (S.G de l’ANSFMDSM (Association des Familles des Martyrs et Disparus au Sahara))

Vous prenez part à la marche "pour la libération des séquestrés de Tindouf", le 6 mars à Rabat ?
Bien sûr. Même si on n’a pas été associés à l’événement. Il y a les séquestrés mais aussi les prisonniers marocains, qui sont encore au nombre de 408. Nous viendrons en tant que familles des martyrs et disparus du Sahara, pour ces soldats qui sont les plus vieux prisonniers de guerre au monde, et pour les droits spoliés des prisonniers libérés dont beaucoup vivent une situation indigne de leurs sacrifices.

À quand une marche spécifique pour les 408 prisonniers de guerre ?
Mais on a déjà organisé trois sit-in successifs, devant les Sièges du Parlement, du CCDH et des Nations-Unies à Rabat ! Sans oublier les correspondances aux diverses instances de décision, au Maroc comme à l’étranger. On n’a pas été suffisamment médiatisés ici, c’est tout.

Comment expliquez-vous le "réveil" de la société civile marocaine, concernant ce dossier ?
Comme une bonne chose qui arrive avec un retard de près de trois décennies. Nous estimons que si nos soldats sont toujours prisonniers, c’est d’abord la responsabilité de l’État marocain, des partis politiques et de la société civile. On n’en serait pas là, aujourd’hui, si tous ces gens avaient fait leur devoir.



Billet : Le legs de Hariri (par Driss ksikes)

Je connais plusieurs libanais qui pleurent encore Rafic Hariri. Je parle là d’un deuil profond, discret, intime. Rien à voir avec les effusions spectaculaires, aux allures de drame oedipien, vécues à la mort de Hassan II. Ce n’est pas tant l’accoutumance à la monarchie que je remets en cause, ni même la répulsion contenue à l’égard de Hassan II, sublimée le temps d’un enterrement. Tout cela, j’en laisse le soin aux psychologues et à l’IER, tant qu’on y est. Par contre, les leçons que nous lègue Hariri, à notre insu, me semblent d’une urgence extrême. Appréciez le geste, cet homme d’État que plusieurs prenaient, à tort, pour un milliardaire écervelé, octroyait 38.000 bourses d’études sur ses fonds personnels. Prenez un Marocain au capital comparable. En voyez-vous un capable d’entretenir une telle entreprise de mécénat des années durant ? Avant que vous songiez à un nom (et je doute fort que vous le trouviez), faites la distinction entre bourses dédiées à la recherche, au savoir et dons servant à entretenir des familles par solidarité. Ce n’est pas du tout la même catégorie d’humanisme ni même de civisme. Hariri faisait un geste digne des bourgeois éclairés, qui ne sont pas égalitaristes par idéologie mais n'érigent pas non plus l’aide à la survie en idéologie de l’Etat. L’engagement sacerdotal de cet homme pour un Liban reconstruit, digne, qui recouvrerait son intelligence créative, en a fait tout simplement un visionnaire. Imaginez un homme d’Etat marocain, capable de résoudre une équation aussi complexe et de maintenir le cap, religieusement, pour que le savoir prime dans la société. Personnellement, je n’en connais pas. Si jamais vous le repérez, faites moi signe. En attendant, méditons ensemble le legs de Hariri. Il est tout de même exceptionnel. Peut être finira-t-il par nous inspirer ?



Billet : L'exception politique (par Karim Boukhari)

Quelle est la définition exacte d’un parti politique ? Au Maroc, on n’est pas très sûr de la réponse. Imaginez qu’un Akhennouch, par exemple, le richissime homme d’affaires soussi, est apparenté à la haraka. Cela paraît incroyable. À part des liens d’intérêt (élections, députation), qu'est-ce qui peut lier sérieusement un Akhennouch à un Aherdane, voire à d’autres chefs de "famille" comme Ikken ou même Archane ? Imaginez-vous, un seul instant, un Akhennouch recevant les instructions d’un Aherdane pour appliquer le "programme politique du parti" ? Et puis, quel programme ? Imaginez-vous le même Akhennouch assistant aux meetings populaires et débattant sérieusement avec les "militants" ? Et quels militants ? Savez-vous que madame la maire d’Essaouira, la fille de Miloud Chaâbi, est une élue PPS ? De l’aveu même de l’un de ses frères, elle n’avait jamais assisté à un meeting du parti (dont elle connaissait à peine le nom) avant de devenir maire sous sa bannière. Savez-vous que son père, le vénérable Miloud Chaâbi, est passé PPS après le 16 mai 2003, alors qu’il s’apprêtait à signer au PJD ? Mais comment a-t-il fait pour se transformer, en un clin d’œil, d’islamiste en progressiste ? Pouvons-nous penser, un seul instant, que monsieur Chaâbi écoutera les recommandations de l’ex-parti communiste marocain ? Oui, tous ces gens, auxquels on pourra ajouter les ministres Ghallab, Douiri, Boussaïd et tant d’autres, sont bien sympathiques. Mais nous sommes dans un pays où la vie politique, partisane, a été pourrie depuis l’indépendance jusqu’à nos jours. Le RNI, par exemple, a surgi de nulle part (des SAP mis ensemble), sans doctrine véritable, pour gouverner, diriger les villes, et accoucher d’une flopée de petits partis avec des soi-disant programmes, des élus… etc. Où vont tous ces messieurs et que (qui) représentent-ils ? Bien heureux est celui qui connaît les réponses.



Vite !

Ils n’ont pas vu le roi, ils verront la reine. L’annulation à la dernière minute de la visite que devait effectuer le couple royal Espagnol à Tétouan a été mal digérée par la population et les notables de la ville à la colombe. L’information ayant été communiquée par les canaux diplomatique, la reine Sofia a décidé d’effectuer une visite privée à Tétouan dans les semaines à venir.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Mardi premier mars à 18h30, la fac de médecine de Casa abritera un singulier face à face : Saâdeddine Othmani contre Rachid Benzine. Thème : "Quelles lectures du Coran au XXIème siècle ?". C’est à l’invitation du collectif modernité et démocratie que le secrétaire général du PJD croisera le fer avec l’auteur iconoclaste des Nouveaux penseurs de l’islam. Une occasion de vérifier si l’islamiste officiel n°1 est aussi "modéré" qu’il le prétend.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Dans un sondage lancé par le site africatime.com (site d'information consacré à l'Afrique), 75% des quelques 500 personnes interrogées "ne pensent pas " que les auditions publiques sur les années de plomb soient "un tournant décisif dans la transition démocratique au Maroc" parce que les "crimes sont restés impunis". Seuls 6,21% pensent que les auditions sont bénéfiques pour la démocratie au Maroc "parce que la vérité a éclaté au grand jour" rejoints par 15,2% pour lesquels "l’autorité publique a montré sa volonté de tourner la page".

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Après les universités populaires, Mohamed El Gahs lance "le réseau national des cafés littéraires". Des accords que le secrétaire d’État a signé avec des cafés privés dans différentes villes du royaume pour y organiser des rencontres avec écrivains, penseurs et poètes, le tout est naturellement ouvert au public. Le coup d’envoi officiel sera donné le samedi 26 février. À la bonne heure !

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le suivi parlementaire, dans les affaires liées à l’éducation et à la formation, vient de faire l’objet d’une publication du ministère de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Propositions, débats et réalisations y sont soigneusement compilés. Une initiative (qui en appelle d’autres) à encourager.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Notre confrère Abdelmajid Hachadi d' "Al-Ahdath Al-Maghribiya" a été entendu par la BNPJ sur ordre du procureur du roi à Casablanca. Le journaliste doit cela à une enquête publiée, en septembre 2004, sur l’affaire Laâfora et Slimani. Il a été sommé de révéler ses sources, ce qu’il a refusé avant de repartir sans savoir ce qu’on lui reprochait.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2005 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés