Témoignage. Le roi et l'intellectuel
Enquête. Les voleurs de sable
Hassan Iquioussen. Le prêcheur de la discorde
N° 165
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Ahmed Lahlimi (AFP)
Agrégats. Les pronostics de Lahlimi

Le haut commissariat au plan a publié une note sur ses prévisions pour 2005 et 2006. Selon cette note, le PIB devrait connaître une croissance de 2,6% en 2005 et de 3,2% en 2006. Cette croissance sera surtout l’œuvre des secteurs de l’industrie et des services. La valeur ajoutée réelle des activités non agricoles devrait se maintenir en termes de croissance aux niveaux de 3,3% en 2005 et de 3,4% en 2006. L’agriculture fera moins avec une valeur ajoutée de 1% pour 2005 et de 2% en
2006. Cette hypothèse est construite sur des campagnes moyennes pour les deux années.
Le taux de chômage s’inscrirait en légère hausse, passant de 11,7% estimé pour l’année 2004 à 12% en 2006. En revanche, à un rythme similaire que celui de 2004, la croissance des activités non agricoles marchandes se traduirait par une baisse du taux de chômage urbain, qui passerait de 19% en 2004 à 18,8% en 2005 et 18,5% en 2006. Mais la note ne prend pas en compte la nouvelle stratégie que le gouvernement mettra en place à partir du deuxième trimestre 2005. Côté finances, sans les recettes des privatisations, le déficit s’établirait en 2005 à 5,8% et 5,1% en 2006, contre 4,7% en 2004. Là encore, l’impact de la campagne de départs volontaires mis en place par l’administration, n’apparaît pas. Si ce programme réussit, le déficit budgétaire s’en ressentira. Il faut juste espérer que d’ici là, l’état n’augmentera pas son train de vie.


Banque Mondiale. L’Assistance Strategy finalisée

La Banque Mondiale et le gouvernement ont finalisé un nouveau protocole de financement pour la période 2005-2009 appelé Country Assistance Strategy (CAS). Les prêts s’élèvent à 1,2 milliard de dollars sur quatre ans, soit près de 10,2 milliards de DH au total. Cette enveloppe servira, entre autres, au renforcement des grands projets structurants. Le protocole pose certaines conditions. La Banque Mondiale a demandé au Maroc d’accélérer le rythme des réformes. Cela touche la fiscalité, le système de compensation et surtout la masse salariale dans l’administration. Les réformes pourront induire un taux de croissance du produit intérieur brut de 5 ou 6%. Surtout si l’état arrive à sauver les pensions de retraite de ses établissements (comme l’OCP) sans pénaliser le contribuable.


Télécoms. La libéralisation reprend

Jeudi dernier, et comme prévu, l’Agence Nationale de Réglementation des télécommunications (ANRT) a lancé l’appel à concurrence pour la licence fixe. Trois configurations sont retenues : la boucle locale, le national et l’international. Les candidats intéressés par l’international doivent soumissionner pour au moins un des lots nationaux. Le système d’évaluation des candidatures par l’ANRT favorise les soumissionnaires pour plus d’un segment. A noter que le magazine Economie & Entreprises a organisé pour le compte de l’ANRT, un séminaire à Casablanca sur la libéralisation du fixe. La présence de la CDG à cette rencontre est un signe que ce gestionnaire de portefeuille vise les télécoms. Dans tous les cas, nous serons fixés dans trois mois.



Les off

La commission des investissements prépare plusieurs projets de plus de 200 millions de dirhams chacun. Certains dépassent ce seuil et de loin. La quasi-majorité des dossiers sont d’origine marocaine. Ce sont des groupes nationaux qui présentent ces projets. Les secteurs visés sont essentiellement l’industrie hors textile, et le tourisme.

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Le sauvetage des pensions de retraite de l’OCP nécessite pas moins de 32 milliards de dirhams. Et c’est le gouvernement qui doit passer à la caisse dans les plus brefs délais. Il a jusqu’à 2006 pour trouver la parade ou la vache à lait. Ce qui pose un sérieux problème aux finances de l’état. L’endettement, notamment externe, n’est pas exclu.


Justice. Le CIH traîne toujours

L'audience de l’affaire CIH, qui devait se tenir mardi 22 février à la Cour d’appel de Casablanca, a été reportée au 26 avril prochain. Les absences des prévenus en sont la cause. Sur les 18 personnes appelées à la barre, seules quelques unes se sont présentées. Le procès du CIH est pourtant d’une importance capitale. C’est le premier scandale à avoir éclaté au Maroc. Les mis en cause dans ce dossier sont des figures de proue de l’époque Hassan II. Et l’issue de l’affaire rétablira ou détruira la crédibilité du nouveau règne. Surtout que la banque en a souffert (et le contribuable avec). Cela fait maintenant quatre ans qu'elle est sous perfusion. La banque souffre actuellement d’une insuffisance des provisions qui doivent éponger 1,7 milliard de dirhams de pertes nettes.


Départ volontaire. Les banques aussi

Le gouvernement a signé une convention avec le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM). L’objectif est de transformer les départs volontaires des fonctionnaires en investissement. Le mécanisme de financement repose sur le principe du financement additionnel. En plus de la cagnotte versée par l’état, les partants peuvent obtenir des crédits afin de lancer des affaires. Les crédits seront accordés sur une période de 7 ans, avec un taux d’intérêt qui varie entre 6,25 et 6,75%, selon les banques. Le montant du crédit peut atteindre l’équivalent des indemnités octroyées par l’administration. Cette initiative permet d’inciter à postuler au départ volontaire et à encourager l’auto-emploi.


Lesieur / Cristal. Cap sur la Tunisie

Lesieur Cristal, filiale de l’ONA, investit le marché tunisien. Le spécialiste de l’huile de table a pris une participation de 34% dans la Raffinerie africaine. L’accord de partenariat a été signé le 8 février 2005 entre Ahmed Rahhou, Pdg de Lesieur Cristal et Tarek Yassine Hamila, PDG de Raffinerie Africaine. Rahhou n’avait pas le choix. La société évolue dans un domaine fortement concurrentiel. Le marché local n’offre pas de grandes opportunités de croissance. Une internationalisation boostera la position de la société marocaine et augmentera ses gains, et donc ses dividendes. D’autres filiales de l’ONA visent le même objectif, Attijariwafa notamment. Cette dernière a également des visions sur le secteur financier tunisien.



Khalid Tritki
Faisons comme le Japon

Chaque année, l’ambassade du Japon organise un voyage de presse pour les journalistes marocains. Le pays du soleil levant nous invite ainsi à le découvrir. Rien ne l'y oblige. C’est une puissance mondiale qui n’a pas besoin de nous. Il peut déployer ses investissements là où il veut et tout le monde lui déroulera le tapis rouge. Il nous invite donc à le comprendre, à le connaître par nous mêmes au lieu d’en entendre-parler dans la presse internationale et les films hollywoodiens. Nous, en revanche, nous n’avons
pas besoin de nous faire connaître. C’est ce que laisse entendre l’absence d’une initiative comme celle prise par les Japonais. On n’a jamais pensé à inviter un journaliste japonais, chinois ou australien… Ils viendront par eux mêmes à l’occasion d’un colloque ou d'un congrès international. Ou se rabattront sur le Maroc en cas de catastrophe. Attendons donc un séisme ou une boucherie comme celle du 16 mai. à part cela, nous n’avons rien à dire au monde, ni accord de libre-échange, ni opportunité d’investissement… Sont-ce les contraintes budgétaires qui nous interdisent de faire mieux ? Pas sûr. C’est notre égocentrisme qui nous en empêche. Qui ne connaît pas le Maroc, cette petite tête qui déborde au nord-ouest du continent africain ? Eh ben moi. J’ai vraiment l’impression de ne plus connaître mon pays.

 
 
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