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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Europe. Bush fait son show

(AFP)
Officiellement, Bush a présenté son voyage de quatre jours dans le Vieux-continent –le premier depuis son investiture- comme "une tournée pour écouter". En fait, Bush est venu surtout pour mieux expliquer sa politique à des alliés de plus en plus sceptiques et pour montrer sa bonne volonté à coopérer dans les crises où la "liberté" est en jeu. Le président américain a "supporté", stoïque, deux sommets, de l’OTAN puis de l’U.E. Il a serré des dizaines de mains de chefs d’État, écouté en souriant, de multiples interventions, ressassé sa vision du monde où "la tyrannie et le désespoir" reculeront au profit de "la paix et de la démocratie". Dans son exercice préféré, il a
désigné un "arc de réforme allant du Maroc à Bahreïn, en passant par l’Irak et l’Afghanistan".
Rien n’a été laissé au hasard dans cette entreprise de séduction. Condolezza Rice avait devancé en Europe son patron, pour lui ouvrir la voie ; annonçant le nouveau style de la seconde présidence. Bush a évité les références religieuses qui fâchent, il a parlé en abondance de "partenariat" ou souligné que les réformes dans le Grand Moyen-Orient "ne devaient pas être imposées de l’extérieur". Il a demandé à la Syrie de quitter le Liban, il s’est aussi montré soucieux de la question iranienne et palestinienne. Il a refait le même show mercredi, à Mayence en Allemagne, face à Gerhard Schröder. Jeudi enfin, à Bratislava, il s’est même permis le luxe dans un sommet tendu, de rappeler à Poutine les principes de la démocratie, comme l'État de droit ou le respect des droits de l'homme. Le comble !


Egypte/Jordanie. Retour des ambassadeurs en Israël

Après plus de 4 ans d’absence, l’Égypte et la Jordanie ont annoncé le retour de leur ambassadeur en Israël, à l’issue du sommet israélo-palestinien de Charm el-Cheikh. Les deux pays veulent croire à une normalisation des relations avec leur voisin hébreu depuis la proclamation de la fin des violences et l'annonce de l’évacuation, cet été, de la bande de Gaza, après plus de 37 ans d’occupation.
L’ambassadeur jordanien Maarfouf al-Bakhit "est arrivé dimanche en Israël et il devrait présenter ses lettres de créances à la fin de la semaine" selon la porte parole de l’ambassade. De son côté, l’Égypte a nommé mardi dernier Mohammed Assem Ibrahim comme ambassadeur. Pour mémoire, l’Égypte comme la Jordanie avaient retiré leur ambassadeur en novembre 2000 pour protester contre la répression de l’Intifada.



Vite !

Shocking ! La reine Elisabeth a annoncé qu'elle n'assisterait pas au mariage civil de son fils, le prince Charles avec Camilla Parker-Bowles. Pauvre prince de Galles qui subit sans broncher les injonctions de sa royale mère et ses relations fraîches avec Camilla. L’union ne se déroulera pas au château de Windsor, mais dans la mairie de la ville. La mère cruelle assistera néanmoins à la bénédiction privée qui suivra le mariage civil.

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Air France dans le collimateur de l’inspection de travail. Dans un courrier, l’inspection a "mis en demeure" la compagnie de sécuriser les escaliers autotractés lors des escales d'Air France, après la chute mortelle d'une hôtesse de l'air. Le ministre des Transports, Gilles de Robien, en a rajouté une couche jeudi indiquant, qu’ "il y a des défauts sur les équipements existants". Voilà qui devrait donner des ailes aux syndicats et aux grévistes…-


Palestine. Le nouveau cabinet d’Ahmed Qoreï

Que ce fut difficile pour Ahmed Qoreï de présenter jeudi dernier au Conseil législatif palestinien (CLP), qui fait office de Parlement, un cabinet de 24 membres pour un vote d’investiture. Ce cabinet a été radicalement remanié par rapport à sa composition initiale et comprend des technocrates, parmi lesquels Nabil Chaat comme vice-premier ministre et Salam Fayad aux Finances.
Mais le Premier ministre palestinien a dû s’employer pour obtenir le feu vert du Fatah. Lundi, il s’est pourtant vu confronté à la défection des députés du Fatah. Le soutien de ces derniers, qui contrôlent la majorité des sièges du CLP, s’est brusquement dissipé, non pas sur les objectifs annoncés –la sécurité et les réformes- mais sur les noms des ministres choisis pour incarner le changement. Devant cette fronde inattendue, Ahmed Qoreï, taxé de frilosité, a préféré repousser le vote et revoir sa copie.


Pays-Bas. Trois imams"radicaux" expulsés

Les séquelles du meurtre de Théo Van Gogh se font sentir aux Pays-Bas. Le pays va expulser trois imams "radicaux" rattachés au mouvement salafiste à Eindhoven. "Ces imams étaient responsables de la création d’un terreau pour le jihad. Ils représentent un danger pour l’ordre public et/ou la sécurité nationale",
a indiqué le ministère de la Justice.
Les autorités néerlandaises ont décidé mardi de retirer le titre de séjour à deux des imams et refusé une prolongation du permis au troisième. Ils ont deux semaines pour quitter le territoire. La mosquée Al Fourkaan, où prêchent les trois imams, a vite rejeté ces accusations jugées "sans fondement". Les imams ont décidé de faire appel. Les services de renseignement néerlandais (AIVD) surveillent d'autres mosquées salafistes aux Pays-Bas, à Amsterdam et à La Haye.


Liban. Le gouvernement prêt à partir si…

Désavoué par la rue et par les appels internationaux à la démission, le gouvernement libanais pro-syrien s'est dit mercredi prêt à partir, sous condition. "Je suis prêt à démissionner si un accord est trouvé sur un nouveau gouvernement, afin d'empêcher un vide politique", a déclaré le Premier ministre Omar Karamé. "Dans tous les cas, je demanderai un vote de confiance à l'issue du débat de politique générale lundi au Parlement", a-t-il ajouté.
L'appel à la démission de Omar Karamé par le patriarche maronite Nasrallah Sfeir, personnage clé de l'opposition chrétienne, a accéléré les choses. Dans l’opposition unifiée, l'un des ténors, Marouane Hamadé, tonne que "nous voulons un gouvernement au-dessus de tout soupçon qui ne soit pas nommé par les chefs des services de renseignement syrien et libanais". L’opposition souhaite qu’un "cabinet de transition" supervise le retrait syrien et prépare les élections du printemps prochain.


Algérie. Nouveau code de la famille

Nos voisins ont-ils décidé de faire comme nous ? Le Conseil des ministres algérien a approuvé mardi des amendements à l’actuel Code de la famille, largement défavorable à la femme, maintenant pourtant le tuteur pour le mariage de la femme. Selon l’actuel Code de la famille, adopté en 1984, sous le FLN, la femme ne peut se marier sans l’aval de son père, frère, oncle, ou cousin. La révision prévoit toutefois "la soumission de la polygamie au consentement préalable de la ou des épouses et de la future épouse et à l’autorisation du président du tribunal". L’actuel code reconnaît la polygamie et la répudiation.
Les amendements obligent "les futurs époux à produire un certificat médical". Le nouveau texte prévoit aussi "l’obligation pour l’époux d’assurer, en cas de divorce, le logement à ses enfants mineurs dont la garde est confiée à la mère", et que l’âge légal du mariage sera de 19 ans pour les hommes comme pour les femmes.



Lu pour vous.
Ne levons pas l’embargo sur la Chine
(Herald Tribune du mercredi 23 février.)

Par David Shambaugh

Dans sa tournée, le président Bush n’aura de cesse de persuader les Européens de ne pas lever l’embargo sur les armes à la Chine. Voici les arguments pro-chinois qu’il entendra et comment il pourra les contrer. Les Européens déclareront que l’embargo n’est rien d’autre que la réponse au tragique massacre de Tienanmen. C’est un argument spécieux et infondé diront-ils. Il répondra que l’embargo n’est pas une interdiction complète des transferts de technologies. Cela n’en demeure pas moins un avertissement à l’attention de Pékin. Il n’y a pas eu en seize ans, d’excuses officielles pour Tienanmen ou un dédommagement pour les 2 000 morts du 4 juin 1989. Second argument européen : l’exportation d’armes et de technologies de défense envers la Chine est en deçà du quota d’exportations minimal. Il rétorquera que ces quotas ne sont pas légaux et qu’ils laissent libre cours aux interprétations les plus fantaisistes. Troisième argument européen : l’embargo empêche la "normalisation" des liens avec Pékin. L’embargo stigmatise la Chine et la rejette au rang de paria comme la Corée du Nord. C’est vrai que les relations auront rarement été aussi bonnes entre Européens et Chinois. Pékin n’a refusé aucune aide au Vieux-Continent et l’a bien rendu commercialement aux Européens. (…)
Lever l’embargo serait malvenu. Le renforcer, ça oui. L’Europe et l’Amérique apprécient les relations avec Pékin. Mais veulent maintenir leur embargo. La Chine doit juste faire avec en attendant de s’excuser pourde Tienanmen et d'arrêter sa pression militaire sur Taiwan.

 
 
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