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N° 166
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Fausse alerte. Pas de cas de vache folle au Maroc

Sous cette bâche, la victime
(supposé) mort de Creutzfeld Jacob
(AICPress)
Jeudi soir, à l’écriture de ces lignes, le ministre de la santé est formel, "il n y a pas de cas de vache folle au Maroc. Nous en sommes sûrs à 99%". En milieu de journée, Mohamed Cheikh Biadillah a dû pourtant interrompre sa tournée avec le roi en Afrique après l’annonce du décès d’un homme de 61 ans, mercredi soir à Casablanca des suites "de la maladie de Creutzfeld Jacob", indiquait une dépêche de la MAP reprenant un communiqué du ministère.
Jeudi soir toujours, Said Louahlia, chef du service de médecine légale qui venait à peine de terminer son autopsie confirme les dires du ministre, "cliniquement, biologiquement et
génétiquement, il s’agit d’une variante humaine de la maladie de Creutzfeld Jacob, assimilée à la maladie de la vache folle mais qui n’a rien à voir avec celle-ci". À l’origine de cette fausse alerte donc, le décès mercredi en début de soirée, au pavillon 27 du service de réanimation médicale du CHU Ibnou Rochd, d’un sexagénaire des suites d’une "encéphalopatie spongiforme", a indiqué la MAP, précisant au passage, que "l’individu a effectué de fréquents séjours en Europe". Qu’est ce à dire ? Quel est le lien entre la maladie et les séjours fréquents en Europe ? Black out. Toujours est-il qu’en début d’après midi, alors que le ministre était sur le trajet du retour au Maroc, des responsables ministériels continuaient de confirmer "le cas de vache folle détecté", certains se hasardant même à essayer d’en donner des explications "alimentaires ou hygiéniques". Aux dernières informations, des échantillons du cerveau du patient décédé ont été prélevés pour de nouvelles analyses qui permettront de confirmer à 100 % l’origine non animale de la variante de Creutzfeld Jacob contractés.


Terrorisme. Israël pointe le Maroc

On ne comprendra jamais assez les relations entre le Maroc et Israël. La publication, par le journal Kol Israël, d’un reportage sur le "mur" de la honte érigé à Sebta pour "que les Espagnols empêchent les Arabes de traverser la frontière alors que les Marocains ne sont pas des terroristes", a provoqué un débat en Israël où un parallèle a été établi avec le mur israélien en Palestine. Ce débat coïncide avec la publication, surprenante, par le département de la lutte contre le terrorisme d’une liste de pays "contre-indiqués pour le touriste israélien", où le Maroc figure en bonne place. Etrange manière d’accompagner le réchauffement diplomatique entre les deux pays, qui devrait aboutir à la réouverture des représentations diplomatiques israéliennes au Maroc.


Enquête. À propos des roquettes

L'enquête sur les deux roquettes "disparues" de la caserne d’Aïn-Harrouda s’achemine vers une banale histoire de livraison. L’affaire remonte à début février, date à laquelle le général Mourad Belahcen de la Place d’armes de Casablanca donna l’ordre de transfert pour maintenance d’une partie de l’armement (à destination du dépôt d’armes de Benslimane) au lieutenant-colonel Boutaleb, chef de corps du bataillon du transport à Aïn-Harrouda. C’est là que la disparition des deux pièces a été constatée. L’enquête a abouti à la mise aux arrêts de plusieurs subalternes dont le chef de service armement, l’officier de sécurité défense, le chargé des munitions, qui attendent de passer devant le tribunal militaire. Affaire close ?


Watanouna. La marche de tous les mystères

Jusqu’en milieu de semaine, une certaine confusion entourait encore la marche que le collectif d’associations Watanouna organise, le 6 mars à Rabat, "pour la libération des Marocains séquestrés de Tindouf". La marche cible-t-elle les femmes seulement, les civils, ou les militaires ? Rien n’est moins sûr, et ce n’est pas Naïma Lemcharqi, la présidente du collectif, qui dira le contraire. "Tout ce que je peux dire c’est que cela fait six mois que je pense à cela, que c’est la première fois de ma vie que j’organise une marche et nous souhaitons mobiliser tout le monde". Aucune réponse, non plus, sur le soi-disant boycott des partis politiques, relayé par une certaine presse. "Je ne suis au courant de rien", s’est contentée de nous répondre Naïma Lemcharqi, visiblement dépassée par les événements.


Détenus islamistes. Du nouveau, encore !

Du nouveau dans le dossier des détenus islamistes post 16 mai. Lundi 28 février, 92 d’entre-eux ont été transférés de la prison d’Outita vers d’autres centres pénitentiaires à Salé, Marrakech et Casablanca. Motif officiel : rapprocher des familles et permettre aux étudiants détenus de passer leurs examens. Problème selon Abderrahim Mouhtad, de l’association Annassir, "ces détenus se sont retrouvés incarcérés dans des conditions pires que celles qu’ils étaient parvenus à "décrocher" à Outita". De leur côté, les Shioukh de la Salafia Jihadia ont à nouveau mené une grève de la faim de deux jours pour renouveler leurs demandes. Dans une lettre signée par Mohamed Fizazi, ils réclament la tenue de la prière du vendredi, l’ouverture des quartiers pour permettre la rencontre entre les différents détenus islamistes (souvent issus de la même famille), la visite hebdomadaire de leurs femmes (Al Khouloua Acharîa), l’installation de récepteurs paraboliques, etc.


Rencontre. Imarat Al Mouminine sous la loupe

Le centre Tarik Ibnou Ziad, que dirige le porte-parole du roi, Hassan Aourid, consacre ce samedi 5 mars son université d’hiver (tenue à Midelt) à la réforme du champ religieux. Derrière ce titre générique de la rencontre (co-organisée avec la revue Naouafid et la fondation Konrad Adenauer), une question clé : la place d’Imarat Al Mouminine. Au menu, son histoire, son rôle, une lecture analytique de l’article 19, puis un aperçu sur la position des partis de gauche et des islamistes à son propos. D’autres points annexes seront aussi à l’ordre du jour, mais le fait que l’entourage du roi cogite, dans les coulisses, sur la réforme constitutionnelle mettra forcément Imarat Al Mouminine sous les feux de la rampe.


Événement. L’histoire s’invite à Rabat

C'est parti. Après plusieurs mois de préparation, Rabat accueille finalement, du 10 au 13 mars, les Rendez-vous de l’histoire. Voulu par un groupe d’éminents historiens marocains et adopté par le ministre de l’Éducation nationale Habib El Malki, l’événement se veut une fête où cette matière longtemps délaissée et tronquée envahirait tous les recoins de la ville. Des spécialistes, venant de 10 pays, iront dans des lycées (Lalla Aïcha, Hassan II, Moulay Youssef) pour corriger quelques erreurs accumulées. D’autres se rendront à l’université pour relativiser l’histoire des religions et proposer des lectures multidisciplinaires. D’autres encore iront à l’Institut de journalisme évoquer le chevauchement entre média et histoire. Des cafés littéraires seront organisés pour donner carte blanche à des lycéens. On croit rêver, quoi !


Diplomatie. Gbagbo se réconcilie avec le Maroc

La mini-crise entre le Maroc et la Côte-d’Ivoire appartient désormais au passé. L’ambassadeur du royaume à Abidjan, Hassan Bennani, un moment rappelé à Rabat, s’apprête à rejoindre de nouveau son poste alors que, de son côté, le président Gbagbo a dépêché une nouvelle mission diplomatique au Maroc. Cet heureux dénouement a eu lieu après l’entretien téléphonique ("qui a duré un quart d’heure, de 11h à 11h15, le samedi 26 février", précisent les pointilleuses autorités ivoiriennes) qu’a eu Laurent Gbagbo avec Mohammed VI en tournée en Afrique. Une façon, bien diplomatique, de confirmer que le président ivoirien avait bien demandé, via son envoyé spécial Sangaré Abou Drahamane, la médiation du souverain pour le règlement de la crise ivoirienne.


Naufrage. 37 harraga noyés au large d’Oran

Le drame des harraga marocains devient maghrébin. Après le naufrage au large de la Tunisie, survenu il y a quelques mois, 60 originaires de Kelaat Seraghna sont aujourd’hui portés disparus au large de l’Algérie. Àl’origine du drame un zodiac parti d’Al Hoceïma le 19 février, en direction d’Almeria. Suite à des investigations lancées par l’association de familles victimes de l’émigration clandestine (AFVIC), il s’est avéré que l’embarcation disparue a eu une panne de neuf jours dans les eaux méditerranéennes. Algérie Watch et le consulat du Maroc à Oran ont confirmé le décès par noyade et par déshydratation de 37 marocains. Et les 23 autres ? black out.


Micmac ministériel. Jettou contre Lahlimi

Tirs croisés entre Driss Jettou et Ahmed Lahlimi. Selon des observateurs bien informés, le Premier ministre et le Haut commissaire au Plan ne sont pas en bons termes. Le premier reproche au deuxième de publier des statistiques sans aviser le gouvernement. D’ailleurs, au lendemain de la publication sur nos colonnes d’un rapport du HCP sur le plan quinquennal, Jettou aurait reproché vivement à Lahlimi de l’avoir ébruité sans son aval. Surtout que Jettou ne partage pas la démarche du rapport qui n’a pas pris en compte les changements intervenus suite à son programme d’action du gouvernement. Qu’en pense Lahlimi ?


USA. Un rapport sévère pour le Maroc

Le rapport publié par le Département d’État américain le 28 février sur "les pratiques relatives aux droits de l’homme dans le monde pour l’année 2004" est relativement sévère pour le Maroc. Dès les premières lignes, le pouvoir absolu du roi est épinglé. "Même si le Royaume se targue d’avoir organisé des élections transparentes et libres en 2002, le Premier ministre n’est pas issu des urnes, il a été nommé par le Roi", lit-on dans le texte. En matière de droits de l’homme, les Américains rappellent que "La lutte contre l’islamisme radical a sérieusement entravé les progrès accomplis par le Maroc dans le domaine des droits de l’homme". Le document note également que "la justice n’a pas suivi les progrès enregistrés par le Maroc sur le terrain des droits de l’homme et reste assujettie à de nombreuses pressions et souffre de la corruption". Dans son rapport, le Département d’État fait état de nombreux cas de torture physique et morale, d’abus sexuelS, perpétrés lors des interrogatoires. Ceci dit, il serait bon de demander à ces enquêteurs yankees de s’interroger sur le cas des détenus de Guantanamo offerts en sous-traitance par les Américains à ces mêmes services locaux (dont les Marocains) qui sont épinglés par le fameux rapport.


Moyen-Atlas. On achève bien les habitants

Déjà encerclé par une clôture de 6 kilomètres les coupant de leurs terres, (afin d’y implanter, selon les autorités, une réserve de mouflons…) le douar de Bou Imoura, dans le Moyen-Atlas, continue de subir l’agression des dirigeants locaux. Récemment, 8 hommes représentant, entre autres, les Eaux et Forêts et le caïdat local, ont forcé l’entrée d’un foyer et malmené la femme qui s’y trouvait, seule. Cela pour intimider son mari (trésorier-adjoint de l’ONG ASIDD). 4 femmes sont en procès (reporté au 22 mars) pour avoir ouvert une brèche dans la clôture afin d’accéder au point d’eau vital à leurs familles, et 80% des foyers font l’objet de procès-verbaux basés, pour certains, sur des articles de loi remontant à 1917 !


Polémique. Ali, Rabiâa et les islamistes

Les islamistes continuent de faire impunément la loi dans les universités. Le dernier incident en date concerne une projection lundi 28 février du film de Ahmed Boulane "Ali, Rabiâa et les autres", dans un amphithéâtre de la faculté de droit de Mohammédia. A vingt minutes de la fin du film et profitant de l’absence du réalisateur et du prof encadrant, un groupe d’étudiants islamistes investissent l’amphi et font sortir, sous la menace, les autres étudiants. Le film, hurlent-ils, contient des scènes "contraires aux bonnes mœurs et à la chariâa". Cette fois-ci, d’autres étudiants ont réagi, le lendemain, à la faculté des Lettres de la même ville en organisant un sit-in et en lançant une pétition de protestation.


Farine. Les minotiers haussent le ton

Les minotiers marocains ont engagé, depuis le mois de février, une partie de bras de fer avec les ministères de la Santé et de l’Agriculture. Raison bien simple : invités à enrichir la farine alimentaire en premix (un produit importé qui permet un apport en fer et en vitamine D), les minotiers ont demandé une exonération de la TVA et autres frais de douane, allant jusqu’à exiger que "les farines soient reconnues d’utilité publique", nous explique un minotier. Selon la Banque Mondiale, les carences en fer et en vitamines provoquent le décès annuel de 20.000 personnes au Maroc, et un manque à gagner de 5 % au niveau du PNB. Au Maroc, seuls 4 minotiers (sur 13 qui en ont les moyens) ont commencé à produire localement le fameux premix.


Casa. Un port sans surveillance

ça vole dur au port de Casablanca ! De nombreux opérateurs font état de vols commis sur les marchandises en provenance de l’étranger. Les voleurs, qui se sont arrangés pour opérer des trous dans le mur érigé autour du port, se faufilent et se servent dans les bateaux avant que la marchandise ne soit débarquée. Le plus souvent, ils dissimulent l’objet de leur vol dans les grandes poubelles et attendent la nuit pour récupérer leur butin. Ainsi pas moins de 730 cas de vols ont été enregistrés au cours des derniers mois de l’année 2004. Normal, il arrive, nous explique-t-on, que les quinze caméras de surveillance du port tombent en panne en même temps !


Tanger. Cool, la poste…

Les Tangérois n’en peuvent plus des retards de livraison du courrier. Les lettres venant des autres villes du Maroc arrivent 3 semaines après avoir été postées et le courrier local 2 semaines après. Toutes les invitations arrivent après échéance, les relevés bancaires sont largement périmés une fois reçus, etc. Un usager raconte même qu’une lettre qui avait été tamponnée par le centre de tri le 2 n’est arrivée que le 18… à une boîte postale située dans le même bâtiment que le centre de tri !! Interpellés à plusieurs reprises, les responsables de la poste n’ont pu fournir aucune explication. Résultat : pour gagner du temps, les sociétés du détroit préviennent leurs correspondants pour qu’ils viennent chercher leur courrier eux-mêmes…


Onze d’or. Le Raja rafle la mise

Cette année, le concours "onze d’or", organisé par "Le journal du sport" a pris l’allure d’un événement national, grâce au soutien de la TVM et au vote par SMS à une très large échelle. Le résultat de cet exercice de démocratie directe confirme plusieurs tendances. Le Raja remporte la part du lion avec 4 joueurs : Amine R’bati, Nabil Masloub, Mustapha Bidoudane et Mustapha Chadli. Ce dernier, longtemps ignoré par le sélectionneur Baddou Zaki, passe en tête de sa catégorie. Quant aux FAR, ils confirment leur montée en puissance avec deux milieux de terrain (Ahmed Ajeddou et Youssef Kaddioui) et l’excellent entraîneur, M’hamed Fakhir. Voilà, le public a donné son verdict.


3 questions à Ahmed Boukous (Recteur de l’IRCAM)

Les sept démissionnaires de l'IRCAM vous obligent-ils à accélérer le rythme d’intégration du Tamazight ?
La démission de ces amis que je respecte ne doit pas nous faire oublier que le processus est long et qu’il y a eu des acquis en matière d’enseignement, de recherche et de codification de la langue. Il est vrai que les manuels manquent, que le nombre d’enseignants est insuffisant, que nous n'avons pas d’interlocuteur au ministère de l’Éducation nationale, etc. Mais nous sommes en phase inaugurale. Nous devons faire preuve de professionnalisme.

Les techniciens de l’IRCAM peuvent être patients, mais pas les représentants du mouvement associatif. Avez-vous oublié les attentes de vos bases ?
Je reconnais qu’il y a une attente pressante et beaucoup de frustrations. Je sais qu’on a longtemps attendu pour voir notre langue à la télé, à l’école, dans les administrations. Mais tous, membres et chercheurs, sont acquis à la cause et nous avons besoin d'une mobilisation collective pour y arriver.

Si les promesses ne sont pas tenues, ne craignez-vous pas une démission collective ?
Une démission collective ne serait pas possible. D'autant que les choses avancent. Suite à notre réunion, mercredi, avec M. El Malki et trois de ses collaborateurs, je reste optimiste. Il suffit de rétablir la confiance pour aplanir les difficultés.



Billet : La culture revient (par Driss ksikes)

La culture a longtemps été au Maroc au service de l’idéologie d’une opposition socialiste, nationaliste ou marxiste, avant d’être bannie par un État plutôt orthodoxe. Pendant très longtemps, l’art de la scène a été mis en quarantaine, l’expression pop diabolisée, les particularismes culturels gommés, la pensée libre bâillonnée. La culture était devenue sourde-muette. Depuis, le marxisme est mort, l’esprit critique aussi, l’orthodoxie a fait tâche d’huile et la culture pointait à peine du nez, dans quelques ilôts associatifs, des festivals de fortune et des salons de privilégiés. Et puis voilà que l’État met tout en œuvre pour ressusciter, revaloriser toutes les formes d’une culture qu’il a autrefois pourchassée. Faites le compte : la philo et l’art reviennent discrètement à la fac, l’histoire n’est plus taboue, les concerts de musique deviennent un second réflexe, les salons du livre s’améliorent à peine, le débat public devient libre et télévisé, les cafés littéraires se généralisent, la connaissance pour tous devient un emblème, la chaîne éducative longtemps en panne finit par naître, l’amazighité sort de l’ombre lentement. Bref, tout laisse croire que la culture revient. Mais ne jubilez pas trop vite. Pour le moment, mises à part quelques initiatives indépendantes éparses, cette relance culturelle est orchestrée par des profils éclairés au sein de l’État ou gravitant tout autour. Nous vivons donc la situation inverse d’il y a 30 ans. La culture est à nouveau au service de l’idéologie d’un État qui tente de se moderniser, face à une opposition intégriste qui ne laisse pas indifférent. Seul moyen pour éviter un nouveau retour de balancier : faire le choix politique clair d’une nation qui vit de culture et pas seulement d’un État qui s’en sert. Tant que le mouvement ne vient pas aussi d’en bas et de partout, l’acquis restera fragile.



Billet : Le retour du swing (par Karim Boukhari)

Courage les amis, le golf est de retour ! Le sport des rois, des princes et de tous ceux qui vous font regretter d’être né sous un ciel pas riche, n’a rien perdu de son lustre hassanien. On le croyait mort et enterré avec la mort de Hassan II, le limogeage de Driss Basri et l’émergence du jet-ski, le nouveau sport royal bombardé sport national. Eh bien, pas du tout ! La télévision, la radio et les journaux plus ou moins officiels ont remis une couche sur la tartine. Les commentateurs des radios et télévisons marocaines, comme d’habitude, y ont perdu leur langage, massacrant les noms des "champions" et tournant l’essentiel de leurs "analyses" vers les dîners offerts par les princes et officiels de cette énième édition du trophée Hassan II. À Salé, comme cela a été rapporté par notre confrère Al Ahdath Al Maghribiya, la ville a été inopinément coupée de Rabat pendant près d’une heure pour permettre le passage du "convoi princier". Quant à Aujourd’hui le Maroc, ils ont trouvé l’accroche qu’il faut pour qualifier le président délégué du tournoi : "Il a le golf dans le sang !". Pour rester dans le ton, disons que le retour du golf coïncide avec le retour de vieilles habitudes. On va se régaler. Le golf version 2005 swingue sous la houlette du prince Moulay Rachid, du ministre de l’Intérieur Mustapha Sahel, du général Housni Benslimane, etc. Comment ne pas aimer le golf avec ce plateau-là ! Aimons-le, mes amis, pour éviter d’être traités de populistes, de nihilistes et de tous les mauvais "istes".
Aimons-le pour la beauté du green, la classe des champions, des princes, des généraux et des gouverneurs.
Aimons ce sport d’hier et de demain parce que, comme vient de nous le rappeler Abdellah Laroui dans son dernier livre, c’est sur les greens de golf qu’un paquet de décisions historiques pour l’avenir de ce pays ont été prises par le roi défunt et son ministre golfeur. Vive le swing !



Vite !

L'AMDH déplacera les auditions des victimes des années de plomb en France, à l’écoute des MRE. La date du 26 mars a été retenue pour cette grande première qui aura lieu à Paris, à la mairie de Saint-Denis, et sera répartie en deux temps : quatre heures de témoignages et quatre heures de débats. Les auditions devraient être placées sous le thème de "plus jamais ça".

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Le parti Alliance des libertés (ADL) prépare son congrès pour fin mars sur fond d’alliances. Selon des sources proches du parti, Ali Belhaj a confié la mission de préparation et les négociations des alliances à un proche de Sajid, maire de Casablanca. Les mêmes sources soutiennent qu’un éventuel rapprochement avec l’Union constitutionnelle, parti du maire, est exclu pour l’instant. Tout laisse croire que la tendance de ADL pourrait se diriger vers la mouvance Harakie.

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Aucune date n’a été proclamée pour le prochain (et très attendu) congrès de l’USFP, longtemps annoncé en mars 2005. Dans les rangs du parti, le compte à rebours (décompte des congressistes à travers les sections locales de l’USFP) n’a pas encore commencé, ce qui est annonciateur d’un retard d’au moins quelques semaines. Un laps de temps que Mohamed Elyazghi devra passer à rassurer ses propres partisans, inquiets de la mise en veilleuse de la chabiba ittihadia et de son rapprochement de Mohamed El Gahs.

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Le tribunal de première instance de Rabat a condamné le journal Ashark Al Awsat à verser à ses anciens employés Ali Anouzla et Moncef Slimi, respectivement 270.000 et 200.000 DH. Les journalistes avaient intenté un procès pour licenciement abusif contre le quotidien saoudien, demandant un million de dirhams chacun de dommages et intérês. Anouzla, entre-temps, a lancé son quotidien "Al-Jarida", qui publie son troisième numéro.

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En deux jours à peine, le portail "blog.ma" lancé par Tarik Saïdi a recueilli pas moins de 130 inscrits qui y hébergent désormais leurs sites personnels. "Preuve que le Marocain, comme n’importe quel citoyen du monde, a besoin de communiquer", commente Saïdi. Les "blog" sont des sites personnels garnis des (diverses) humeurs de leurs auteurs.

 
 
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