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Par Cerise Maréchaud
Pouvoir d'achat. Elles consomment plus
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Elles choisissent et vérifient
prix et composition du produit (DR)
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Elles font leur marché ou plus précisément, "ont" leur marché. Il ne sagit pas tant dun nouveau pouvoir dachat que dune révolution de loffre et des mentalités.
Une balade le long dun boulevard casablancais et cela saute aux yeux : la femme marocaine semble consacrée, en 4x3 le long des vitrines, comme nouvelle cible commerciale. Portables et lingerie, voitures et parfum seraient les objets phares dune consommation féminine en plein boom, le tout sublimé dans les pages dune presse féminine de plus en plus prisée et |
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diversifiée. Les Marocaines consomment-elles plus quhier et moins que demain ? Oui, sans aucun doute, mais si le pouvoir dachat na pas explosé en quelques années, pourquoi et comment loffre se multiplie de la sorte ?
La prolifération des franchises est une des manifestations les plus parlantes de la nouvelle consommation féminine. Zara investissant plus de 75 millions de dirhams pour implanter ses 2700 m2 de surface de magasin à Casablanca ; Marionnaud simposant comme premier parfumeur et visité par 15.000 clients en six mois
Mais plus quun indicateur de la consommation féminine au Maroc, ce phénomène est en fait un facteur, voire le facteur dominant, dans la création dun nouveau marché féminin. Non pas que les femmes, avant larrivée de ces enseignes, ne consommaient pas. Mais la nouveauté tient dans la structuration inédite du marché. Ainsi, en plus des facteurs socio-économiques (femmes plus nombreuses sur le marché du travail, baisse de la natalité dégageant plus dargent pour les ménages, laccès aux médias), sont visibles des causes plus intrinsèquement liées au marché. Comme lexplique Khadija Mekouar, responsable de lObservatoire de la franchise au Maroc, "loffre produit est plus significative aujourdhui quil y a tout juste quelques années. Pour relayer cette offre et la rendre abordable ou désirable au plus grand nombre, les organes de crédit à la consommation se multiplient, ainsi que les services pour la personne - esthétique, centres damincissement
)
Il faut cependant distinguer création de marché et création de pouvoir dachat : sil est clair que ce dernier est en progression, celle-ci na pas à proprement parler connu de pic récent. Par contre, on peut analyser que ce pouvoir dachat, quand bien même il était un peu plus faible il y a quelques années, était surtout peu sollicité, ou peu exploité. "Prenons lexemple, poursuit Khadija Mekouar, du prêt-à-porter et des accessoire pour femmes : il y a trois ans, le marché était vierge. Il y avait certes une offre de produits, mais le marché nétait pas organisé. Les femmes faisaient avec ce quelles trouvaient, dans les marchés parallèles, ou achetaient à létranger, soit elles faisaient ramener les produits dailleurs par un ami, un mari
Aujourdhui, les enseignes tentent de cibler tous les âges et toutes les catégories socio professionnelles : la cadre ou "profession libérale" chez Manoukian, ladolescente chez Jennyfer, la jeune femme chez Zara (de 69 DH le top à 1500 DH un manteau passant par 250 DH un pantalon hors soldes) ou Mango
".
Selon le sociologue de lentreprise Ahmed Motamassik, professeur à lENS de Casablanca, "à louverture de Zara ou pendant les soldes, des femmes de tous les milieux étaient là". Mais les manières de consommer demeurent différentes. "Les femmes des classes moyennes supérieures ont besoin de se renvoyer une image de soi moderne en cherchant la distinction tout en discrétion. Celles des milieux plus populaires privilégient lostentatoire, pour se sentir exister autrement sur le plan social. On ne peut pas parler de démocratisation de la consommation".
Depuis lapparition des enseignes étrangères, les femmes marocaines trouveraient désormais non seulement le produit, mais également lenvironnement recherchés : service à la carte, grands espaces chauffés ou climatisés, musique et ticket de caisse, accueil impeccable. Ceci, pour des produits pas forcément plus chers que ce quelles achetaient auparavant. "La structuration du marché, résume t-on à lObservatoire de la franchise, cest cela : une enseigne par cur de cible. Si lon dressait un mapping, on constaterait que très peu denseignes sont sur le même créneau". Loffre a révélé la demande.
Or, la prolifération récente des franchises au Maroc (environ 350 réseaux dont une cinquantaine ciblant la femme), notamment à Casablanca, a davantage été déclenchée par un changement fiscal que par une subite inflation du marché. Khadija Mejouar explique : "Il y a trois ans existait encore une barrière à lentrée phénoménale, lÉtat avait fixé des prix-plancher pour les produits étrangers, en majorité supérieurs au prix dachat. Nétaient présentes que des marques de luxe. Aujourdhui cette barrière a été supprimée, doù le déferlement des enseignes de différents standing". Et le marché est encore loin d'être saturé, si lon en croit larrivée prochaine denviron 80 nouveaux réseaux pour lannée 2005 Adolfo Dominguez, NafNaf, Womens secret pour nen citer quune poignée. Dautant que les franchises négligent encore, à tort selon une analyste, les capitales provinciales.
Daprès un professionnel dans une société de crédit à la consommation, "1 client sur 3 chez nous est une femme, et un quart de celles-ci sont célibataires. La progression sur les dernières années nest pas extraordinaire, mais réelle". Ce sont pour la grande majorité des femmes du secteur privé, de catégorie C ou C+, qui anticipent pour lachat de meubles, délectroménager ou d'une voiture. Un concept qui marche : les cartes de crédit à la consommation dites revolving, qui permettent de constituer une réserve de 3000 à 50 000 DH environ pour répondre à un achat impulsif, un coup de cur : pour exemple, la carte AZZURRO du groupe Aksal, qui gère lenseigne Zara au Maroc. "Ce qui est nettement palpable, poursuit ce professionnel, cest lengagement croissant de la femme seule sur un crédit".
Daprès le Haut commissariat au Plan, les dépenses ménagères seraient passées de 28% il y a quelques années à 12 ou 13% aujourdhui, le reste des dépenses étant davantage consacré aux transports et aux loisirs (sport, esthétique). Si ces données ne sont pas sectorisées par genre, les femmes, daprès les observateurs, suivent la tendance générale. "35% de notre clientèle sont des femmes, précise Youssef Touhami, responsable marketing de Fiat Auto Maroc à Casablanca. Ce taux pouvant aller jusquà 50%, si lon considère les cartes grises prises au nom du mari. Il y aurait environ 10 à 15% de femmes propriétaires de véhicules au Maroc, soit près de 50.000. Tout le monde fait des efforts sur la cible féminine". |
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Source : Direction de la statistique
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Quelques chiffres
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Taux dactivité 45,9%
Hommes 72,6%
Femmes 20,9%
Écart de salaires moyens
entre hommes et femmes 35,7%
Indice du coût de la vie 164,9 DH/Jour
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