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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Je me sens trop libre, c'est pas une vie…"

Spécial 8 mars
Meryem Absitou
Ouvrière dans le textile
L’interrogatoire est habituellement réservé aux personnalités publiques, plus ou moins célèbres. Pour cette édition spéciale du 8 mars, une question s’est posée : qui est à même de symboliser la femme marocaine ? A défaut d’interroger Lalla Salma (on aurait bien aimé), nous avons choisi de prendre le contre-pied et de donner la parole à une Marocaine "lambda", ouvrière dans le textile en l’occurrence. Nous ne partageons absolument pas ses convictions, mais elles valent la peine d'être écoutées…
Smyet bak ?
Lhoucine Absitou.

Smyet mok ?
Mahjouba.

Nimirou d’la carte ?
PP 479.

Que veut dire la Moudawana pour vous ?
Elle a donné ses droits à la femme qui est devenue l’égale de l’homme.

C’est le cas dans votre usine par exemple ?
Non, mais le travail c'est autre chose. Dans la famille, une femme qui a des enfants a aujourd’hui le droit de rester chez elle par exemple.

Vous qui êtes déjà propriétaire de votre logement, qu’attendez-vous de votre futur mari ?
Qu’il paye la traite pour les 20 ans à venir. Il n’habitera quand même pas gratuitement chez moi, il sera locataire (rires).

Et que lui donnerez-vous en échange ?
Moi, la maison et des enfants. C’est déjà beaucoup.

Vous pensez aussi que les hommes ne sont plus ce qu’ils étaient depuis la Moudawana ?
C’est une question de personnalité, ni plus ni moins. La Moudawana n’y a rien changé. Un homme est déjà venu demander ma main alors qu’il était marié. Sa femme l’y a autorisé parce qu’elle ne lui refuse rien. Quand un homme a une forte personnalité, sa femme lui obéit.

Vous connaissez Latifa Jbabdi ?
Non.

Son nom ne vous dit vraiment rien ?…
Si elle apparaît à la télévision, ça doit être une journaliste ou une artiste.

Non, c’est une féministe qui parle au nom des femmes marocaines …
C’est qu’elle doit être cultivée alors. Une fois, j’ai vu ça à la télé. Toutes ces féministes me donnent l’image de psychiatres qui écoutent les plaintes des femmes.

Le 8 mars, vous connaissez ?
Bien sûr, c’est la fête de la femme. Avec celle de l’amour (Saint Valentin), ce sont les seules fêtes qui nous restent, à nous femmes, quand on devient adultes. Puis une fois mariée, s’ajoute l’Aïd El Kebir.

Le nouveau code vous affranchit de la tutelle masculine lors du mariage, cela vous satisfait ?
Notre Constitution, c’est la religion. Une femme ne se marie pas sans l’accord de son père. Un homme reste un homme. S’il m’interdit de sortir, je lui obéis, et c’est comme ça que je le respecterai. J’ai besoin d’avoir quelqu’un à qui obéir pour donner un sens à ma vie.

Parce qu’elle n’en a pas, maintenant ?
Je me sens perdue. Libre de faire ce que je veux. Ce n’est pas une vie, ça.

Qui est la femme marocaine type selon vous ?
Moi (rires, puis hésitations), wallah !

Votre modèle, ce serait Zoulikha Nasri, Choumicha ou Khadija Assad ?
(Après réflexion) Je choisis Choumicha.

Et votre modèle homme ?
Hassan II. C’était un homme, un vrai.

Si demain, votre mari vous bat, vous porterez plainte ?
Il serait alors un homme entier et j’aurai fait quelque chose pour mériter cela. Sinon, si j’ai des enfants, je supporterai ou je lui défendrai de me toucher avant qu’il ne change.

Si les femmes ont des droits aujourd’hui, c’est grâce à qui ?
Au roi bien sûr, comme pour le Code du travail d’ailleurs.

 
 
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