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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Révolution. La Syrie promet de se retirer du Liban

Bachar Al-Assad (AFP)
Sous les coups de boutoirs internationaux et régionaux, la Syrie a commencé à plier. Lundi, l’opposition anti-syrienne avait réussi à obtenir la démission du gouvernement de Omar Karamé. Complètement dopés par cette démission, des milliers de manifestants ont occupé la place des Martyrs à Beyrouth. Ils ont exigé le départ des chefs des six services secrets libanais, inféodés à Damas. Cette revendication apparaît considérable, tant ces services représentent l’armature de la présence syrienne au Liban (la sécurité générale dirigée par Jamil Al-Sayyed et le "deuxième bureau" de l’armée). L’opposition, par la voix du chef druze Walid Joumblat, a demandé un
"gouvernement transitoire et neutre".
Effet d’annonce ou réalité, le président Bachar Al-Assad a déclaré, dans la foulée, que l’armée syrienne retirerait ses troupes du Liban "dans les prochains mois", dans un entretien au magazine Time. Ce retrait "devrait intervenir très rapidement, peut être dans les prochains mois, au plus tard", a assuré le président syrien à l’hebdomadaire. Bachar Al-Assad a ajouté que l’armée syrienne a besoin de temps pour un tel redéploiement. "Je n’ai pas eu de réunion avec l’armée. Ils peuvent dire que cela prendra six mois. Vous avez besoin de vous préparer quand vous ramenez l’armée dans votre pays". 14 000 soldats sont toujours stationnés au Liban, contre 40 000 au plus fort de la présence militaire syrienne.
Le mardi même, Paris et Washington ont accru la pression sur Damas en appelant conjointement au retrait des troupes et à la tenue d’élections libres.


Egypte. Moubarak la joue à la tunisienne

Après s’être délecté de voir l’opposition en déconfiture, Moubarak lâche du lest. Le chef de l’État a pris de court tous ses adversaires politiques en décidant d’ouvrir la course à l’élection présidentielle. Du coup, les forces politiques sont à la recherche d’un concurrent pour que le jeu démocratique soit complet.
Selon les sondages, Amr Moussa, le secrétaire de la Ligue arabe, est en pole position. Le Wafd se prépare à jeter dans l’arène son président Nooman Gomaa. Selon Sayed Badawi, le secrétaire du parti, cette décision pourrait donner "un semblant de légitimité" à une accession au pouvoir de son fils cadet, Gamal, 42 ans, dont le rôle s’accroît au Parti national démocrate.
L’armée égyptienne est restée muette sur cette décision qui remet en cause le pouvoir d’investiture du chef de l’État qui lui est attribué depuis le renversement de la monarchie en 1952. En optant pour un scénario à la tunisienne, Moubarak va sonner le glas d’une tradition décriée.



Vite !

Deux cassettes vidéo rendues publiques mardi ont montré que la journaliste de Libération, Florence Aubenas, est en vie. Particulièrement éprouvée et amaigrie, elle appelle à l’aide le député Didier Julia. Cette cassette suscite autant d’espoir que de questions. Pris de court par les implorations de la journaliste, le gouvernement Raffarin a sommé le député UMP, qui avait vainement tenté de faire libérer Christian Chesnot et Georges Malbrunot, de coopérer.

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En prévision du débarquement potentiel d’un éventuel avatar de la grippe aviaire, la Grande-Bretagne a décidé de commander et de stocker 14,6 millions de doses d’antiviral Tamiflu, un médicament efficace. Cette décision survient une semaine après que l’OMS a estimé que la grippe aviaire sévissant actuellement en Asie était "porteuse du plus grand risque de pandémie" de grippe humaine depuis des décennies.


Europe. Zapatero dit oui à la constitution

Alors que les opposants à la constitution européenne ne cessent de progresser en France, le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero a lancé un vibrant plaidoyer en faveur de l’Europe, mardi à la tribune de l’Assemblée nationale. Fort de la large victoire du "oui" au récent référendum espagnol, le dirigeant socialiste est donc venu en personne apporter son soutien aux partisans du "oui" en France.
Répondant aux questions des députés après un discours de quinze minutes, il a vanté "la solidarité du projet européen" -dont l’Espagne a été "témoin" -et "la supériorité" du modèle européen en dépit de certaines "injustices sociales". Une façon de répondre à toute une partie de la gauche française qui appelle à voter "non". En tant qu’ "Européen convaincu", il a également souligné que "l’Europe est la grande espérance" pour "la paix".


Etats-Unis. Peine de mort abolie pour les mineurs

La Cour suprême a aboli, mardi dernier, la peine de mort pour les criminels de moins de 18 ans. La plus haute instance judiciaire du pays a estimé, par 5 voix contre 4, que "l’exécution des mineurs était cruelle et contraire à la Constitution". Elle viole le huitième amendement qui interdit "les sanctions cruelles ou disproportionnées". La décision annule de facto les peines de mort de 72 détenus aux Etats-Unis, tous mineurs au moment des faits. La cour a basé sa décision sur le cas de Christopher Simmons.
De nombreuses réactions ont salué cette décision. En 2002 déjà, la Cour avait décidé d’abolir les exécutions des retardés mentaux. Dans une déclaration dissidente, Anthony Scalia, juge conservateur, a déclaré que "tout cela aboutira à se poser un jour la question de l’acceptabilité de la peine de mort". Pas faux.


Palestine. La "feuille de route" relancée à Londres

La réunion internationale de mardi à Londres a eu le mérite de "clarifier le scénario" au Proche Orient, selon Tony Blair. La communauté internationale a salué la volonté de réforme du président palestinien Mahmoud Abbas, concrétisée par une série d’engagements. Elle a pressé Israël d’agir pour tenir ses engagements, conformément à la feuille de route, plan de paix qui prévoit la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël.
But de la réunion : renforcer l’autorité de Abbas et l’encourager sur la voie des réformes. En l’absence d’Israël, il n’était pas question d’aborder les questions cruciales. Les conclusions de la réunion ont été réunies dans un document en trois parties : engagements palestiniens, ceux de la communauté internationale et organisation du suivi. Abbas a promis d’unifier les services de sécurité palestiniens et de tenir des élections législatives autour du 17 juillet. Wait and see.


Torture. Rumsfeld à la barre

Deux organisations américaines de défense des libertés ont assigné en justice mardi, le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld. Elles l’accusent d’avoir autorisé le recours aux sévices en Irak et en Afghanistan, puis de ne pas avoir mis fin à ces pratiques.
L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) et Human Rights First ont intenté un procès devant un tribunal fédéral du district de l’Illinois (nord). Elles agissent au nom de huit détenus, aujourd’hui relâchés, qui affirment avoir été torturés. "Le secrétaire Rumsfeld porte la responsabilité directe et ultime de cette descente aux enfers en ayant autorisé personnellement des techniques d’interrogatoire illégales et en renonçant à son devoir d’arrêter la torture", a déclare Me Lucas Guttentag, qui dirige le collectif des avocats des plaignants. Le Pentagone a nié en bloc toute complicité dans ces exactions. "Aucune enquête n’a conclu à l’existence d’une politique d’abus en la matière".



Lu pour vous.
Le réveil du Liban
(Al Hayat du 2 mars 2005)

Par Randa Takia Adin

Qu’elles étaient belles et puissantes ces manifestations de joie et d’enthousiasme des jeunes Libanais qui se sont rués sur la place des Martyrs, brandissant les drapeaux et réclamant que justice soit faite sur l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri. Seule la mort de l’ancien premier ministre martyr a réalisé la chose qui lui était la plus chère mais qu’il ne put achever : l’unification des Libanais, toutes couches sociales confondues (…)
Voilà donc que le peuple libanais se réveille, gronde et refuse qu’on le brime. Lui qui était resté si calme, docile, attendant la paix (…)
Désormais, après ce crime abominable, devant la ténacité du peuple et des puissances que sont les États-Unis et la France, il faut que soit respectée la volonté des Libanais et de la communauté internationale. Le retrait du Liban est devenu indispensable.. Il en va de l’intérêt de la Syrie.
La Syrie ne souhaite pas être isolée ; ses relations et sa coopération avec l’Union européenne resteront gelées jusqu’au moindre signe de bonne volonté. L’Autriche a reporté sine die la visite du président syrien.
La communauté internationale est convaincue que le régime du jeune Bachar Al-Assad doit faire des avancées dans l’intérêt du Liban et dans son intérêt propre (…)
Joumblat a très bien fait de rappeler aux Libanais de ne pas verser dans un racisme haineux envers leurs frères Syriens (…) S’il est vital de se battre pour sa liberté et son indépendance, il est tout aussi vital de se prémunir du racisme envers qui que ce soit. Le racisme, c’est la décadence.

 
 
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