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N° 167
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Walis, gouverneurs. Le roi prépare ses listes

(AFP)
Plus d’une centaine de dahirs attendent le retour du souverain pour être validés. Dans le lot, en plus de quelques directeurs d’offices et de secrétaires généraux, il y a un bon paquet de walis et de gouverneurs qui attendent d’être nommés incessamment. Les nouveaux profils devraient être puisés, essentiellement, dans les partis politiques et même le PJD devrait faire partie de l’opération. Une information pour le moment non confirmée par le SG du parti, Saâd Eddine Othmani. Pour le reste, cette vague de nominations serait la deuxième en moins d’un an, après celle effectuée en juillet 2004, et qui avait concerné une trentaine de nouveaux walis et
gouverneurs, parmi lesquels deux ex-ministres : Amine Lahcen Demnati pour la région Guelmim-Semara et Rachid Filali pour Souss-Massa-Dra. Le prochain mouvement devrait abonder dans le même sens, avec l’objectif officiel de "doter l’administration territoriale de nouvelles compétences aptes à redonner confiance aux habitants des régions concernées en soutenant notamment un développement économique et social réel des provinces". En attendant sa concrétisation, cette prochaine vague alimente déjà la chronique dans les salons, où l’on insiste sur la mise au placard des rescapés de l’ère Basri et d’éventuels "permutations" qui pourraient amener un Hassad de Marrakech à Tanger, un Hassan Amrani de Rabat à Tétouan (sa ville natale) et un Dryef… à la retraite.


IER. Prolongations de 6 mois

C'est sûr, le mandat de l’IER (Instance équité et réconciliation), qui devait prendre fin ce mois-ci pour permettre à l’instance de rendre sa copie le 12 avril, sera prolongé de six mois en raison notamment des 3.000 nouveaux dossiers dont vient d’hériter l’instance et du prolongement des auditions publiques. Après les précédentes séances, organisées successivement à Rabat, Figuig, Errachidia et Khénifra, l'IER reprend son bâton de pèlerin pour déplacer les auditions publiques le 16 mars à Marrakech, le 27 mars à Al Hoceima et à une date non encore fixée à Laâyoune. Les étapes de Casablanca, Tan-Tan, Smara, Fès et Tétouan, ont été annulées "pour des questions de timing", nous apprend-t-on.


Tazmamart. Basri évoque Hassan II

La dernière sortie médiatique de Driss Basri, via "Jeune Afrique/ L’Intelligent" qui lui a consacré sa couverture cette semaine, risque de faire du bruit. L’ancien vizir y va plus loin que jamais. Outre les réflexions somme toutes croustillantes qu’il délivre sur le protocole royal, les opposants d’hier et d’aujourd’hui, Basri fait, sur l’épisode Tazmamart, une révélation proprement fracassante : selon lui, c’est Hassan II qui aurait choisi d’y convoyer les putschistes de 1971-72, jugeant les verdicts prononcés à leur encontre peu sévères et les conditions de leur détention à Kénitra pas assez dissuasives. Toujours selon Basri, cette grave décision aurait été prise en 1974 en présence de Dlimi, Benslimane, Bahnini, Moulay Hafid et Moulay Ahmed Alaoui…


Polémique. Ramid répond à Hachimi Idrissi

"Nous vous invitons, vous et votre famille, à venir passer une journée agréable chez nous à la maison. Primo, pour vous assurer personnellement de notre franchise et secundo, pour tester la validité de vos préjugés". Auteurs de cette invitation : Zineb et Hajar, filles du député PJD Mostapha Ramid. Cette semaine, elles ont adressé une lettre au directeur d'Aujourd'hui le Maroc, Khalil Hachimi Idrissi (KHI) en réponse au billet rédigé par ce dernier suite à la fugue de la fille du dirigeant islamiste. En gros, il s'y moquait (maladroitement) du mode de vie des Ramid et prodiguait à "Bastofe" des conseils en matière d'éducation des filles. La lettre des Ramid Junior nous apprend qu'elles reviennent tout juste de Paris et de Suisse où elles ont fait leur shopping d'hiver et que le foyer familial est loin du "Guantanamo islamiste" décrit par KHI.


Islamistes. La torture en chiffres

Le document a été publié par nos confrères d'Al Ayyam, avant d'être communiqué par la suite à différentes associations des droits de l'homme. Réalisé entièrement par les détenus islamistes d'Outita 2, sur la base de sondages effectués par leurs soins (avec l’aide de leurs familles), il donne les statistiques détaillées des méthodes de torture physiques ou morales subies par les détenus (un échantillon de plus de 200 personnes). C'est ainsi qu'on apprend que 182 détenus ont été dénudés, 36 violés, 73 suspendus, que 38 ont subi "Tiyara" (supplice de l'avion) et que 99 ont été électrocutés. Cela a eu des conséquences sur la santé des détenus. 95 ont aujourd'hui des problèmes d'ouïe, 101 des problèmes de vue, 164 souffrent de rhumatisme et 51 présentent un handicap chronique.


Adil Imam. Peur au ministère de l'emploi

Le 2 mars, une annonce relayée par Al Ahdat Al-Maghribia et Médi 1 a provoqué un remue-ménage au ministère de l’Emploi. Le nom de la société "qui embauche" n’apparaissait nulle part. Seul figurait un numéro de serveur vocal, avec un prix surtaxé à 7 DH la minute. Le nombre des postes à pouvoir n’était pas précisé non plus. Le spectre de l’affaire Ennajat étant toujours présent, le ministère de l’Emploi sortit alors ses griffes. Une enquête fut lancée. Il s’avère, aujourd’hui, que la société en question s’appelle JadMar. Ses promoteurs sont Saoudiens et opèrent dans l’événementiel. Ils ont conclu un contrat avec la société Allo Maroc pour assurer le service télécom. Les opérateurs télécoms touchent 40% de la recette téléphonique alors que Allo Maroc et Jad Mar se partagent le reste. Quant au fin mot de l’histoire, il tient en une phrase : la société cherche à recruter 200 personnes pour préparer… la prochaine tournée au Maroc de l’artiste égyptien Adil Imam, prévue en juin 2005.


Armée. Le retour du service militaire

Le contingent des appelés au service militaire pour 2006 est fixé à 5.420 personnes. Les nouveaux appelés seront répartis comme suit : 160 officiers, 300 sous-officiers et 4.960 hommes de troupe. Les appelés doivent être âgés de 20 à 40 ans et disposer au minimum du 2ème cycle de l’enseignement fondamental. La date d’appel du contingent est arrêtée au 1er décembre 2005. L’armée revient ainsi à la charge. Pendant des années, le service militaire butait officiellement sur des contraintes budgétaires. Aucune explication sérieuse n’a été pour le reste avancée pour expliquer ce retour en force du service militaire.


11 mars. Le pardon d'une mère

"Je demande pardon au peuple espagnol pour ce qu’a fait mon fils". C’est ce qu’a déclaré la mère de Jamal Ahmidan, un des 7 terroristes marocains qui, cernés par la police espagnole, s’étaient suicidés collectivement peu après les attentats de Madrid du 11 mars 2004. Mme Ahmidan a aussi déclaré au quotidien madrilène El Mundo que Jamal s’était radicalisé à l’issue d’un séjour en prison au Maroc. S’agissait-il de Témara ? Et y avait-il été torturé ? La mère ne le dit pas. Quoi qu’il en soit, cela confirme que le "traitement Laânigri" des islamistes, loin de les "guérir", ne fait que les radicaliser davantage. Inquiétant, quand on pense qu’il y en a toujours plus de mille en prison…


Le Matin. Les victimes du remue-ménage

Depuis l’arrivée de Charles Lambroghini, venu tout droit du Figaro, l’équipe du Matin du Sahara ne sait plus à quel saint se vouer. Hassan Alaoui, chef à bord depuis l’arrivée d’Othmane Oumeir, est habilement mis au placard. Il sera chargé exclusivement des activités royales. Pour seconder le nouveau venu, une rédaction en chef collégiale a été mise en place, comportant un Mustapha Moulay, rétrogradé pour "corruption", Ahmed Saïdi, Najib El Amrani et un nouveau venu surprise, Aziz Khamliche. La nouvelle configuration ne fait pas que des heureux. La journaliste vedette du quotidien, Narjis Reghaye a déjà déposé sa démission pour incompatibilité d’humeur.


Femmes. Le Maroc entre droit et chariâ

Nos féministes sont revenues remontées de New York, où se tenait la semaine dernière à l’ONU, une réunion d’examen des progrès accomplis en matière de promotion des droits des femmes dans le monde. La commission interministérielle marocaine présente a maintenu les réserves émises par le rapport de la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), ratifiée par le Maroc en 1993. Toujours de mise, les réserves sur le droit de la mère à transmettre sa nationalité (réserve levée par l’Algérie), sur l’égalité des sexes dans la famille, et sur l’article définissant toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Raison avancée : "les articles en question sont au contraires à la chariâa".


Cinéma. Narjiss et la fête foraine

La réalisatrice marocaine Narjiss Nejjar (Les yeux secs) n’a finalement pas entamé le tournage de son deuxième long-métrage "Wake up Morocco" le week end dernier. En effet, devant tourner quelques scènes à la fête foraine installée sur la Corniche jusqu’au 6 mars dernier et appartenant à un promoteur hollandais d’origine marocaine, elle a étésurprise, la veille du tournage, par le même promoteur, qui demandait 100.000 DH pour la location de son décor moins de 24 heures. La semaine ayant été pluvieuse et les visiteurs ne s’étant pas bousculés aux portes de la fête forraine, le promoteur voulait certainement récupérer ses pertes. Raté.


Patrimoine. Tanger perd son conservatoire

Le bâtiment historique qui abritait l’ancien conservatoire de musique de Tanger vient d’être démoli sans que personne n’y puisse quoi que ce soit. Au cours de la session ordinaire du mois de février du Conseil de la ville de Tanger, le président du conseil, Dahman Derham, a subi une batterie de questions sur le sujet. C’est le conseiller Akechar Touzani qui a ouvert le bal avec la question : "Monsieur le président, qu’est-ce qui a autorisé le propriétaire à démolir l’ancien bâtiment et à raser l’espace vert qui existait ?". Réponse de Derham: "La mairie a procédé à ces travaux après que les habitants de l’immeuble voisin se sont plaints de la conversion de ce lieu… en fief pour les candidats à l’émigration clandestine".


Cérémonie. Les surprises de Khmissa

La 5ème édition des Khmissa, organisée par le groupe Lilas (Citadine, Médina) le week-end dernier à Marrakech, a été une réussite. L’hommage appuyé à Hajja Hamdaouiya (et à Abdenbi Jirari, l’homme de Mawahib), ainsi que le clin d’œil à la cause amazighe, ont été les moments forts du week-end. La présence égyptienne a été, quant à elle, aussi remarquée que diversement appréciée. A signaler, pour l’anecdote, le passage du cheikh Salah Kamal, du groupe Dallah Al Baraka, actuellement en procès contre Azzedine Lakhouaja à Agadir, et qui est venu "discrètement" dans les bras de son épouse, la comédienne Safaâ Abou Sououd, qui comptait parmi les invités de la Khmissa. Le cheikh, qui n’est pas venu que pour la Khmissa, aurait quitté le Maroc en début de semaine.


3 questions à Pedro Canales (Journaliste espagnol à La Razon)

Une année après le 11 mars, la haine anti-marocaine a-t-elle baissé d’un cran en Espagne ?
à l’époque, il y a eu des réactions ponctuelles, des contrats résiliés, des refus de location à des Marocains. Je pourrais même parler de reflux d’un sentiment anti-moros historiquement ancré. Mais en règle générale, il y a juste eu une peur de l’inconnu. Avec les manifestations de solidarité, suffisamment abondantes, exprimées par les Marocains, tout cela est quasiment oublié.

Vu tout ce qui s’est passé et ce qui a été dit depuis un an, la visite du roi Mohammed
VI contribuera-t-elle à faire baisser la tension ?
Je ne pense pas que la visite du roi Mohammed VI soit en relation avec le 11 mars. Il a répondu présent, contre toute attente, au sommet anti-terroriste, et il a fallu au dernier moment arranger une commémoration conjointe des attentats pour honorer sa visite. Mais, au fond, il vient surtout pour couronner l’embellie des relations bilatérales sous le gouvernement Zapatero.

Êtes-vous aussi perdus que nous quant à l’identité des Marocains poursuivis pour le 11 mars ?
Oui. Mais en règle générale, on est passé d’une première phase où les arrestations touchaient des exécutants, voyous, dealers, à des acteurs transnationaux en lien supposé avec Al Qaïda. Mais il reste beaucoup de zones d’ombre.



Billet : Des craintes légitimes (par Driss ksikes)

Idéalement, l’unique capital d’un journaliste est son autonomie. Et l’unique arme qui le prémunit est son sens de l’éthique. Ce système immunitaire, tous les journalistes en sont plus ou moins dotés. Certains le perdent en cours de route faute de vigilance et d’autres le préservent parce qu’ils sont fidèles à une ligne de conduite. Partout dans le monde, il y a deux voies possibles. Soit on fait confiance au réflexe du journaliste, on lui assure une formation appropriée pour le doper et on laisse faire jusqu’à ce qu'il enfreigne la loi. Auquel cas, la justice tranche. Soit on le soumet au regard réprobateur d’une instance qui le rappelle constamment à l’ordre. Et, le cas échéant, le déclare hors jeu. Au Maroc, le code de la presse est toujours liberticide, mais l’état et ses complices ne veulent pas l’amender sans mettre en place un Big Brother qui fasse le ménage en amont. Les 11 et 12 mars, tout le gotha de la presse nationale était réuni pour discuter de la formule de régulation à adopter. Veulent-ils d’un mastodonte qui les regarderait de haut et leur infligerait des salves de sanctions sans appel, à la HACA ? Veulent-ils une assemblée qui ferait le vigile, désignerait les intrus, et déciderait qui mérite sa carte de presse et qui risque de se la voir retirée ? Veulent-ils d’un ordre de professionnels inoffensif qui se contenterait de publier ses rapports sur tel dérapage ou tel autre pour que ça serve d’exemple ? Inutile d’engager un débat idéologique, pour distinguer qui est libéral par principe et qui est makhzénien par procuration. Pour l’instant, le problème est plus simple. Qui seraient nos pairs ? Ceux qui font plus d’allégeance nous déshonorent. Les plus vieux ont juste le mérite de la longévité. Les gros patrons ont des intérêts à défendre. Quant aux syndiqués, ils n’ont pas le temps de faire du journalisme. Alors, de grâce, n’allons pas vite en besogne.



Billet : La marche de l’espoir… (par Karim Boukhari)

La marche pour les séquestrés de Tindouf marque bien un tournant dans la gestion du dossier Sahara. Même si ce tournant n’a pas été relevé dans les kilomètres de commentaires complaisants qui ont accompagné l’événement, et même si la marche elle-même a recelé son lot de coquilles et de débordements hystériques. 15 à 20.000 personnes (et non pas "plusieurs dizaines de milliers" comme cela a été annoncé à la télévision et dans les journaux quasi officiels) ont marché dans les rues de Rabat. Les références aux 350.000 pèlerins qui ont fait la marche verte et au caractère clairement officiel de cette dernière sont sans doute déplacées. Un excès de patriotisme compréhensible peut-être, mais pas très intelligent au moment où on fait tout pour convaincre le monde entier que l’état n’a rien à voir avec les marcheurs du dimanche. Dans le même lot de maladresses évitables, on regrettera que des associations crédibles comme celle des familles de prisonniers militaires aient été snobées par les organisateurs. Politiquement, personne n’a eu le courage, non plus, d’admettre que si on en est là, à disposer des plus vieux prisonniers de guerre au monde, ce n’est pas que de la faute de l’Algérie, de l’ONU, de la Croix-rouge, et du monde entier, mais bien celle du régime marocain qui a longtemps refusé d’accueillir les prisonniers libérés et ignoré jusqu’à leur existence. Le mieux, finalement, est de prendre la version officielle au mot : Watanouna est une ong qui ne roule pour personne et la marche de Rabat est une initiative "civile" et spontanée. On veut bien croire à cette version des faits. D’abord parce qu’il faut se lever très tôt pour prouver le contraire. Ensuite parce qu’elle signifie que les problèmes liés au Sahara s’ouvrent à la société marocaine et ne sont plus du ressort exclusif du Palais. Présentée ainsi, la marche de Watanouna, malgré ses égarements, nous procure une belle satisfaction.



Vite !

Au lendemain de la marche du collectif Watanouna en faveur de la libération des séquestrés de Tindouf, un groupe d'étudiants sahraouis a également essayé de manifester près de la cité universitaire Souissi 1 à Rabat, brandissant des slogans indépendantistes et appelant à l'autodétermination du peuple sahraoui. Une manifestation vite étouffée au sein même de la cité par les forces de l'ordre.

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Le capitaine chinois ayant opéré un transbordement dans les eaux mauritaniennes a écopé de trois mois de prison ferme. Le hic est qu’il est en fuite, probablement chez lui, parce que la justice a omis de lui retirer son passeport, alors qu’il était en liberté provisoire.

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Décidément, Osman a la cote ! Après avoir été nommé "Homme de l’année" par une ONG américaine spécialisée dans les biographies d’hommes politiques, le leader du RNI devait donner une conférence, le 11 mars, à la prestigieuse université d’Oxford, sur le thème "Maroc, réalités et perspectives". Comme quoi, nul n’est prophète en son pays…

 
 
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